La vertu fascine, mais il y a toujours en nous l'espoir de la corrompre.
Nom : Voodoo
Prénom : Cyanure
Age : 27
Date de naissance : 13 avril 234
Statut : Roturière
Métier : Chasseuse d’Etoile, momentanément ‘en congé’ pour raisons médicales
Lieu de naissance : Basse-Ville
Lieu de résidence : Dortoirs en tout genre
Lieu de travail : Quartier de la Milice
Caractère Un éclat de rire, un sourire jeté à la dérobé, une main qui tient l’arme, une adulte qui joue à cache cache…avec des étoiles. Cyanure ou la dualité faite une. Tselienne entreprenante, elle se repose avec confiance sur son instinct, suivant ses intuitions et ses envies du moment, ne se posant pas de questions, agissant sans dilemme. Ignorant la justice ou l’idéal pacifique, elle vit, pleinement, sans se soucier des restrictions de sa classe ou de l’ordre imposé par son métier.
Née dotée d’une curiosité perverse, c’est une corruptrice, qui sans raisons et inconsciemment va à la recherche des limites et de l’étrange. Fascinée par les Etoiles, elle les aime autant qu’elle les chasse ; du reste, la brune mêle délicatesse et force, unifiant des sentiments a priori contradictoires. Elle n’a peur ni du sang, ni de la mort, ni de perdre, ni de blesser ; délicieusement inconsciente de la portée de ses actes et du respect de la norme. Comprenez franche, individuelle, terre-à-terre, voluptueuse, égoïste et sans-gêne. Coupable, qualifiée innocente par défaut. La justice se blesse sur les remparts de l’inconscience et pardonne les beaux fautifs.
Elle ressemble à un enfant qui emprisonne un papillon pour le voir dépérir. Ou quelqu’un qui glisserait sa main dans l’eau et admirerait les ondulations et les remous troublés, chatoyants, troublants.
Sa tendresse est poison, sa patience arme. Elle est attrayante, étrange, calme et joueuse – et tueuse, aussi. Sans pour autant se montrer déloyale, on pourrait même lui concéder une certaine forme d’éthique. Avoir toujours une raison derrière ses gestes, laisser les enfants de côté, ne pas séparer les couples, par exemple.
Et puis il y a la corruption. Une pulsion perverse, insatiable, un besoin de décadence, de prendre au jeu, de mener la danse et de voir couler l’être – séduit, ami, inconnu, Etoile. Cyanure n’en tire pas de plaisir ; elle est fascinée, captivée, elle l’incarne, et ne saurait agir autrement. Non, elle n’a pas peur de blesser, elle le cherche, même, inconsciente et joueuse comme elle est, à pervertir – comprenez, moralement - ceux qui l’entourent.
Et comme il faut une métaphore pour décrire cette impression lancinante et ce besoin aussi tangible que l’envie sexuelle, nous prendrons l’image d’un enfant dans un puits – qui sombre, résiste, se noie – et de celui qui contemple son agonie avec amour, y voyant une beauté qui effraierait la plupart du peuple.
Vous voyez, comme à l’amour peut se mêler les envies que seules donnent la décadence…
PhysiqueVisage d’airain, boucles d’ébène, opulence et ampleur, dans un uni de couleurs sombres, effacées et délavées ; des noirs d’ivoire violents, des gris perlés, graphite, charbon, onyx, pourpre et outremer, unis dans leur même fade coloris, qui bien qu’élégant, manque de caractère et de personnalité. Seule touche de couleur, éclat d’émeraude malicieux – les yeux félins et purs de la belle. « Certains yeux absorbent la lumière, d’autres la donnent » ; à la fois couleur de l’espoir et couleur de l’envie, une teinte malachite, animée d’une perpétuelle curiosité et d’une jeunesse inhabituelle, décore les prunelles en amandes de la Chasseuse. Couleur de l’envie…
Gestes souples, larges, démarche assurée, la chasseuse est en harmonie avec son corps. Elle mêle la discrétion à la force, capable de se camoufler dans la foule comme de la fendre. La chasse est un jeu large, à prendre au figuré ; pour obtenir ce qu’elle désire, Cyanure sait user de ses charmes, se montrer avenante.
C’est un beau sourire qui s’étend sur ses lèvres, ambigu et patient, alors qu’elle effleure, indécente insouciante, un bras, un visage, une hanche ; ses hautes pommettes et ses joues à peines rosies par la proximité qu’elle affiche si ouvertement avec tous. Des défauts, on peut certes lui en trouver, dans la modestie de ses tenues, la forme particulièrement anguleuse de son visage, la longueur de son nez, ses yeux rieurs étirés au-dessus de pommettes hautes et visibles. Rien qui ne la dérange ni ne la complexe, la chasseuse sait sublimer la norme par l’erreur.
L’attentat Sîn lui coûtera peut-être plus cher ; amputée d’un avant-bras et généralement couverte de blessures mineures dues à la proche déflagration, et qui mettront encore du temps pour s’effacer, Cyanure a pour l’instant était mise ‘en congé’ et doit s’habituer à travailler avec un corps diminué. Elle continue pourtant à sourire, pétillante de curiosité et de perversion, et bien que momentanément handicapée n’a pas perdu du charme ambigu et périlleux qui est devenu…sa signature.
Signe Particulier : Amputée de l’avant bras droitHistoire« Tu te rappelles, lorsque nous étions jeunes ? Devrais-je te remplacer le contexte, les rues basses et sombres, notre père furieux, notre mère effondrée, et le bruit de la ceinture ? Celle qu’on utilise pour fouetter les méchants enfants ; celle qu’on peut éviter, ensembles.
S’il te plaît, fais un effort pour moi…Je me rappelle tellement bien. Nous étions si liés. Toi et moi, les jumeaux des rues, des têtes brûlées qui ne réfléchissaient pas plus loin que le bout de leur nez et qui se mêlaient de tout ; Surtout de ce qui ne les regardaient pas.Ensembles. Invincibles imbéciles, nous étions à envier. Unis, et personne d’autre. Je te défendais lorsqu’ils t’insultaient, tu m’offrais ta vie, tes amis, sur un plateau d’argent, pour quelques poings bien placés. On jouait aussi, petits acrobates de Tsel. Un essaim d’enfants qui jouait à cache-cache. Je les trouvai, tu te cachais le mieux. Qu’est-ce que j’aimai ce jeu. J’y joue encore, parfois, mais ce n’est plus pareil. Tous les deux, avant, on voulait devenir Nobles. On rêvait de leurs grandes maisons, on rêvait de l’enfance luxueuse et tendre qu’ils devaient forcément avoir, et petit à petit, l’envie s’est transformée en jalousie, la jalousie en rancœur.Nous voulions une punition, une justification. Et quoi ? Aurions-nous dû attendre, ronger notre os, accepter nos cages et nos conditions ? Nous étions des enfants, nous croyions au meilleur des mondes, à l’absolu et à la bonne solution. Plus tard bien sûr, nous avons appris qu’il y a parfois des moments où les questions ne trouvent aucune réponse, et où aucune action n’est juste. Mais notre rancœur l’était, juste. Ou tout du moins, elle demandait justice, pour la pauvreté, la misère. Ça revenait au même, dans nos pauvres petites têtes.
Nous étions animés par cette haine commune. C’était notre but, notre destinée. On parle souvent d’amour, mais par Anu, la haine est bien meilleur lien que toute l’affection du monde. Je trouve ça dommage.
C’était à cause d’eux que nous nous pelotonnions dans le lit le soir, complotant en silence contre l’Homme, à cause d’eux que la Milice nous réveillait le matin, car nous fuyions durant la nuit, et encore à cause d’eux que nous devions nous cacher, fuir et vivre en ombres, des acrobates émaciés et refoulés sous la semelle de leurs bottes.
Si tu te poses la question, je n’ai jamais fait semblant de les haïr.
Je leur en voulais tellement. Pour ça, bien sûr, mais aussi pour quelque chose de beaucoup, beaucoup plus important, que toi, mon Frère, tu n’as jamais appréhendé. Peut-être que le recul et l’âge t’auront mené à la même réflexion que ta sœur, des années plutôt.
Je les détestai, parce que je savais bien qu’eux n’avaient idée de nos colères et nos haines, parce que contrairement à nos pensées, ils ne se terraient pas dans des grands châteaux pour fuir notre juste colère…ils vivaient, comme toi et moi, comme tous les autres, et cette idée je ne pouvais pas la supporter, je ne pouvais pas supporter leur indifférence. Notre rage…ne menait à rien, sinon à un mur, à notre propre consumation. Nous n’avions pas pour ennemis que des spectres.
Cette idée m’a toujours rongée, fatiguée, perturbée. Nous n’avions pas plus raison qu’eux. Et puis il y a eu Amanda.
Tu ne l’as jamais aimé, je sais. Et pour cause : cette éternelle jalousie te rongeait vraiment trop les sangs.
Elle était mon amante, et jamais je ne l’oublierai. Elle te détestait, tu la haïssais aussi. Ça me plaisait. Je la supportai peut-être uniquement pour cette brusque étincelle de frénésie mal étouffée ; « Si seulement je pouvais le buter, celui-là… » ça m’apaisait, me sustentait, m’excitait.
En général, tu détestais mes conquêtes, féminines ou masculines, et tu m’en voulais toujours terriblement de ne pas te donner toute mon attention. Parce que tu prenais nos relations incestueuses pour du sérieux. Pas moi, non. Je ne crois pas au jumelage parfait. Il faut des différences pour s’accrocher à quelque chose.
Nous avons toujours tout partagé. Et tu ne voulais pas admette l’idée que je puisse avoir besoin de quelqu’un d’autre que toi. Comme si le sang que nous partagions te donner la légitimité de proclamer tes droits sur moi. Pauvre jumeau, tu as toujours été si naïf.
C’était toi qui avais besoin de moi. Tu venais me chercher pour rester à côté de moi, et moi je collectionnai tes rivaux et rivales avec un plaisir si vif ; j’adorai la folie qui te prenait lorsque tu te jetais contre mes relations, décidé à tout saccager. Mon frère, n’est-ce pas moi l’incendie qui alluma ta propre âme ? Tu étais si grand alors !
Mais Amanda était une rivale de trop, pour toi. J’étais jeune à l’époque, je ne connaissais pas toutes les ficelles du jeu de la séduction. Ni de celui de la mort. Maintenant…je rirai presque. Du poison pour l’amante de Cyanure, comme c’était bien trouvé, cher frère. Aurais-tu pris les devants de notre relation à double tranchant ?
Parce que cette fille là. Je l’aimais. A quel point cela devait-il t’être insupportable, qu’une inconnue, une débauchée de premier ordre, gagne ce que tu n’auras jamais eu que lorsque j’avais envie de te susurrer des mensonges, au creux de ton épaule alourdie par le sommeil ?
Quand Amanda est morte à cause de cette étrange maladie, ça m’a bouleversé. Et toi, tu t’es éloigné. C’était ta vengeance, j’imagine. Tu imaginais sans doute que j’allais ramper en pleurs à tes pieds, implorant ta pitié et ta compassion. Si tendrement naïf. Je t’aimais aussi pour ça.