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| | | Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs | |
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| Auteur | Message |
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Medea M .:: Milicien ::.


Nombre de messages: 121 Age: 18 Âge du perso: 19 Date d'inscription: 28/10/2008
 | Sujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs Jeu 25 Déc - 0:04 | |
| Il était si rare qu'Angela apparaisse que Médéa en fut plutôt retournée. Elle essayait de la questionner, mais celle-ci se refusait à répondre. Elle devait le reconnaître, elle s'était un peu laissée emportée et elle en avait honte. Et avait-elle bien fait d'apparaître ainsi? Elle ne savait pas, mais maintenant c'était trop tard, il ne fallait plus y penser. Mais Médée elle, y pensait encore! Surtout avec tout ce qui avait été dit. Non, elle ne se souvenait pas avoir entendu toutes ces choses, mais il fallait reconnaître que chaque famille s'arrangeait pour connaître les petits secrets des autres. C'était très utile lors des coups bas. Ça permet de garder une certaine supériorité sur les autres aussi. C'est comme ça que des personnes qu'elle n'avait jamais vue connaissait son nom. Si c'était des femmes, c'était toujours pareil, des petits moqueries par-ci par-là. Pour les hommes ça dépendait : s'ils étaient un peu vicieux, ben il tentaient de s'approcher très près d'elle, pour être le premier à ne pas s'être fait attaquer et à profiter de sa vertu. Il fallait qu'elle arrête de penser à ça, parce que dès le début de leur rencontre, c'était ce qui revenait le plus souvent dans sa petite tête. Est-ce que ce n'était pas étrange : pour une fois qu'elle semblait se lier à une homme, c'est-à-dire pour de vrai, elle doutait encore plus qu'à l'accoutumée. Lorsque c'était les autres hommes, elle se laissait tellement faire les premiers instants. Mais oui, bien sûr, pas d'alcool ici, pas de quoi lui faire tourner la tête. Maintenant elle était obligée de réfléchir avant d'agir. Enfin, réfléchir comme elle pouvait avec son esprit à elle bien sûr. D'ailleurs pour le moment, elle avait du mal a suivre les événements. Elle était plutôt, disons bouleversée. Parce que Angela, parce que Méphistophélès, parce que les Roses, parce que tout, tout semblait bizarre, semblait ne pas coller comme ça aurait dû. En temps normal, ne serait-il pas déjà à terre, couvert de sang?- Ainsi… vous possédez vous aussi vos propres roses… si magnifiques…Elle revint sur terre, elle revint à lui. Ses ... propres roses? De quoi pouvait-il bien parler? Elle s'embrouillait les pensées, car elle voyait dans ses bras toutes ces petites corolles noires agrippées à leur père. Ses propres Roses, où voulait-il en venir? Ce devait être une sorte de message codé. A quoi faisait-il référence? Hélas, Médée n'avait jamais été très forte en devinette. Qu'étaient les roses pour lui? Son amour! mais ça n'avait aucun sens. Elle n'aimait personne! Mais ce garçon était plaisant. Un peu triste apparemment, mais plaisant. Mais là n'était pas la question. Qu'étaient les roses? Heureusement, Angela lui souffla discrètement la réponse. Un secret? Oui, personne ne devait être au courant de l'existence de ses roses. Dans le cas contraire, elle en aura entendu parler elle aussi. Il voulait donc dire qu'elle avait elle aussi ses propres secrets. Elle réfléchit mais ne mit pas de temps à trouver la réponse cette fois-ci, elle n'était peut-être pas très douée, mais elle savait ce qu'elle cachait. Si elles ne s'étaient pas trompées dans la signification, il devait sans doute vouloir parler d'Angela. Et des autres bien sûr, mais il ne devait pas encore savoir qu'elles étaient-là. Et quoi ... Devait-elle lui en parler? Peut-être que c'était mieux, vu qu'elle était au courant pour son secret ... Devait-elle révéler le sien?
*Tais-toi, j'en ai marre de tes doutes, de tes gémissements ... J'en ai marre de toi Alors va-t'en, je ne te retiens pas. Je ne sais même pas pourquoi tu es encore-là Rozenn. Ah si, pour abreuver ta soif de violence, de meurtre! Ma soif ??? MA SOIF??? Mais de quoi parles-tu? C'est TA soif de vengeance! Je dépend de toi, ça m'énerve mais je n'ai pas le choix. Et reconnais que je t'ai sauvé plus d'une fois ... voila comment tu me remercies?*
Médée frappa sa tête de ses poings. Qu'elle se taise, bon dieu, qu'elle se taise. Bien sûr qu'elle avait raison, mais elle avait tord aussi. Ce ne pouvait pas être vrai! Et pourquoi pas? N'avait-elle pas pensé plus tôt que si Méphistophélès était comme les autres, il serait déjà coloré de rouge de la tête au pied, baignant dans son sang. Elle pleura, pleura en silence, se frappant encore la tête. Pour le moment, ce n'était pas le jeune homme qui lui causait cette peine, mais comment pouvait-il le savoir? Elle ne s'était pas rendue compte qu'un peu plus tôt, il lui avait pris la main pour la baiser. Ce fut tellement délicat, et elle était déjà si loin dans sa réflexion, qu'elle ne comprit pas qu'il était entrain de partir, qu'il lui faisait comprendre que c'était fini. Non, pour le moment elle s'en voulait d'être elle-même. Elle se détestait, oh oui qu'elle se détestait. Elle était dans un de ses moments de raison qui la rendaient triste, qui la déprimait. Elle se rendait compte de qui elle était vraiment, et qu'elle n'avait rien à faire sur cette terre! Les trois autres redoutaient ces instants, car Médée devenait réellement imprévisible. Elles se souvenaient toutes de la fois où Médée avait retourné son propre couteau contre elle. Elles avaient dû s'y mettre à trois pour empêcher ce geste. Mais comme tout ses autres moments de lucidités, ça ne dura pas longtemps. Et celui qu'elle vivait actuellement n'échappa pas à la règle. Angela lui souffla que si elle tenait à ce garçon, elle ferait peut-être mieux de lui parler. Elle réfléchit, oui elle devait le faire. Elle tourna son visage vers celui du jeune homme et tenta d'ouvrir la bouche, mais une pensée intercepta son intention. Qu'avait dit Angela? Non pas à l'instant, mais lorsqu'elle lui avait parlé à lui. Il l'appréciait beaucoup, c'est ça? Et Elle disait qu'elle aussi l'appréciait. Elle regarda Méphistophélès plus intensément, qu'est-ce que ça signifiait? Ooooooh, trop de questions, plus de questions! Tout ce que ça faisait, c'était lui donner un mal de crâne! Angela lui souffla ce qu'il avait fait quand elle ne faisait plus attention. Son regard intense se transforma en regard interrogatif. Il était une énigme à lui tout seul, du moins c'est l'impression qu'il donnait. Voulait-il partir? Mais pourquoi? Ah oui, elle avait dit qu'ils auraient mieux fait de ne pas se rencontrer ... Mais pourquoi avait-elle dit ça?? Médée rageait, pas étonnant qu'il veuille s'en aller! Elle n'était pas d'accord, elle était contente de connaître son existence et d'avoir partager ces moments avec lui. Ces moments? Rozenn ne manqua pas de lui souffler qu'il y avait tout de même eu un incident. Oui, c'est vrai. Et puis ses roses ne semblaient pas vouloir de se présence. Peut-être était-ce vrai alors : chacun d'eux avait quelque chose qui l'empêchait de pleinement s'attacher à l'autre. Elle soupira, détournant son regard. Elle ne se rendait jamais compte de l'impacte de ses actes, elle ne pensait jamais à l'interprétation que pouvait en faire son interlocuteur. Elle soupira une nouvelle fois, que devait-elle faire?
*Saute-lui au cou Va-t'en Parle-lui*
Oui, bon, ça ça compliquait les choses. Elle le regarda à nouveau. Les deux premières propositions ne lui convenait pas : Si elle lui sautait au cou, les roses la tueraient sans doute, et puis elle n'avait pas très envie de faire ça pour le moment, ils se connaissaient si peu. Fuir? Mais elle ne voulait pas fuir du tout! Elle voulait rester. Bon alors il fallait lui parler. Elle prit son courage à deux mains mais elle n'y arrivait pas. Elle détourna la tête une fois encore. Pourquoi n'y arrivait-elle pas? Mais il fit un geste qui l'alerta. Enfin ... Du coin de l'œil elle crut voir quelque chose bouger, qu'elle interpréta comme un mouvement de sa part. Elle se retourna vivement et plaça ses main en avant, comme pour l'empêcher de bouger, bien qu'elle ne le touchait pas.- Ne partez pas!Elle se ressaisit, ses bras s'abaissèrent.- Je veux dire ... Pardon. Peut-être que vous ne voulez pas rester en ma compagnie. Ne vous inquiétez pas je comprendrai.*Mais t'es trop beeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeete! C'est pas comme ça qu'il va rester Arrête de jouer les victimes Médée*
Elle fut surprise, Rozenn venait de l'appeler Médée. Ça faisait longtemps. Mais là n'était pas l'important. Elle se redressa et joua avec ses doigts, plutôt embarrassée. Ses yeux voyageaient dans tous les coins et recoins possible.- Écoutez, je ... c'est à vous de voir. Vous savez, j'ai l'habitude de ... de ... enfin, avec mes "roses" comme vous dites, c'est pas toujours facile.Son ton était un peu désabusé, un peu mélancolique. Son regard c'était fixé au sol, une multitude d'autres souvenirs venaient de la submerger. Mais elle resta digne cette fois, elle ne voulu rien montrer. Elle laissa tomber ses mains le long de son corps. Elle avait fait une phrase qui semblait plutôt digne de son rang cette fois ... Bravo Médée, c'est bien. Oh non, les trois autres redoutaient un nouveau moment de lucidité. Décidément, Rozenn était totalement contre la venue de ce garçon dans son cercle de connaissance et Lisa, même si elle l'appréciait, commençait à s'inquiéter. Seul Angela restait muette. Elle semblait attendre la suite. Elle voulait voir ce qui allait ce passer.
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 | Sujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs Ven 26 Déc - 17:14 | |
| Elle semblait si troublée par ce qui venait d’arriver qu’il en eut le cœur brisé, ce pauvre et pitoyable Bibliothécaire si gauche, si caricatural dans sa manière d’agir tant il était risible. Bredouillant, maladroit, il ne pouvait pas aimer sans douleur et comme toujours, la fuite fut la seule solution qu’il trouva pour protéger les autres de lui-même, de ses roses meurtrières qui n’agissaient finalement qu’en pensant à son bien-être avant tout. Etait-ce leur faute si ce monde pullulait de monstres humains, de sales petites garces, d’êtres humains si médiocres qu’ils méritaient à peine qu’elles les tuent, qu’elles les vident de leur sang comme on le ferait avec une truie. Méphistophélès n’arrivait pas encore à comprendre que tout ceci bien loin de lui causer de la souffrance était censé le protéger. Et les roses furent enfin comblées, soulagées quand il décida de partir, de quitter cette sale pimbêche à l’esprit dérangé pour regagner sa chambre, leur petit nid à eux, où elles le combleront de caresses pour lui faire oublier sa médiocre existence. Seigneur, qui serait-il sans ses roses ? Pas un regard ne se poserait sur lui, à peine un vague coup d’œil à sa chevelure de neige, et encore. Il n’avait aucun charisme, aucune personnalité, il n’était que l’esclave qui cherchait parfois à retrouver sa liberté en désirant, en respirant à son propre rythme, loin des décisions qu’elles prenaient pour lui. Il n’était… qu’un rien, parmi d’autres rien sur cette terre. Mais ce rien leur suffisait à elles, les véritables reines de ce royaume perdu, grisâtre et puant. C’était leur petit rien à cajoler comme les dames de compagnie s’amusent à nourrir le petit chien qui fait le beau auprès d’elle en espérant recevoir une sucrerie comme remerciement.
Ce n’est pas qu’elles le poussèrent à lui tourner le dos plus vite, à accélérer son pas, à oublier ce visage d’enfant qui, troublé, qui se frappait encore et encore. Il aurait voulu retenir son geste, l’empêcher de se faire de mal mais s’eut été l’empêcher de vivre et la Rose Mère n’intervint pas quand les roses le forcèrent à nouveau à se retourner, attrapant la main qui s’était tendu vers la jeune femme pour la baiser de leur pétale et la guider vers la sortie du Pairidaeza. Elle se frappait encore et le bruit de ses coups étouffés le rendait presque fou, presque malade tant il avait envie de la prendre dans ses bras, de déposer des baisers sur son visage comme il le faisait avec ses enfants, sans autre envie que celle de la protéger. Mais ne devait-il pas avant la protéger de ses roses menaçantes ? Ces dernières le lui rappelèrent via quelques discrètes griffures. De l’une d’elles soudain perla une goutte de sang et les voraces manquèrent de le faire chanceler en allant la cueillirent, affamées. Depuis combien de temps ne s’étaient-elles pas nourrit ? Cela expliquait leur férocité, leurs envies de meurtre. Méphistophélès soupira, capitulant. Il devait rentrer au plus vite pour les nourrir, rester une minute de plus en compagnie de cette si charmante personne pour lui parler, pour se promener encore dans les allées du Pairidaeza et ainsi satisfaire son désir égoïste ne ferait que la mettre encore plus en danger car les roses, impatientes, ne manqueraient pas de l’attaquer dans l’unique but de faire comprendre à leur père que cette fois-ci s’en était trop, beaucoup trop pour qu’elles puissent encore supporter la vision de cette petite folle et de ses yeux larmoyants posés sur leur Créateur.
- Ne partez pas !
Ce qu’elles n’avaient en revanche pas prévu c’était que la jeune femme retrouve à nouveau ses esprits, beaucoup trop vite pour qu’elles puissent avoir le temps de l’entraîner hors du Pairidaeza. La rage les figea d’un même ensemble et ce fut comme un chœur de diablesses en furie qui résonna dans l’esprit de Méphistophélès. Ce dernier, abasourdit par la douleur, ferma les yeux et ses lèvres mordirent la peau tendre de ses lèvres jusqu’à se faire saigner. D’un baiser, la Rose Mère vint aussitôt dévorer la larme de sang avant de faire taire d’un brusque claquement de liane les roses qui se tournèrent d’un même ensemble vers la folle, la défiant cette fois-ci en silence d’approcher. Le sang bourdonnant à ses tempes, l’esprit troublé, Méphistophélès essaya de calmer les battements affolés de son cœur, la respiration courte tant le choc, presque électrique, avait été violent. Cette fois-ci, les roses ne vinrent pas l’apaiser, ou même se faire pardonner, trop occupées à fixer rageusement cette sombre idiote qui avait commit l’impair de lui ORDONNER de rester ! Même si sa voix avait été des plus désespérée et que ce n’était là qu’un simple mais puissant cri du cœur, elles, elles les furies, ne voyaient dans cette phrase qu’une interdiction formelle. UN ORDRE A LEUR ROI ! Les épines cliquetèrent comme autant d’épées jaillissant de leur fourreau mais Méphistophélès attrapa avec vigueur la première rose passant à portée de main, crispant son poing sur les épines qui transpercèrent sa peau fragile, la faisant crier de surprise et de douleur. Aussitôt dans son cœur, une épine vint le blesser mais il l’ignora, bien qu’avec difficulté, pour souffler entre ses dents de manière à ce que Médéa ne l’entende pas, lui tournant toujours le dos. - La première qui la touche, je l’arrache… Choquée, la Rose Mère resta un instant sans bouger avant de se précipiter sur la main pour qu’il libère sa fille de son emprise. Cette dernière se réfugia aussitôt sous la veste, tremblante et la liane abîmée, encore marquée par le geste de violence pure que Méphistophélès avait eut à son encontre… et par elle, à l’encontre de l’ensemble des roses. Bouleversées, ces dernières s’inclinèrent et rampèrent à terre pour regagner leur place sous la veste de leur père, venant rassurer leur jeune sœur qui étouffait ses sanglots contre sa chemise, ses larmes comme des perles de rosée glacée venant tremper le fin tissus et le faisant longuement frissonner. De son autre main, il sortit un mouchoir de sa poche et vint enserrer sa main ensanglantée, ne laissant même pas son épouse s’abreuver à la source comme elle en avait eut l’intention et apaiser ainsi sa souffrance de délicates griffures amoureuses. L’impatience l’avait lui aussi gagné et ses roses une fois de plus, comme ce jour où il les avait réprimandé avec colère dans la bibliothèque pour avoir menacé l’autre imbécile de noble, en avait payé le prix. Délicatement, retrouvant son sourire, il se tourna vers Médéa, surprit tout de même qu’elle ait essayé de le retenir… et qu’elle le fasse encore, bredouillant, ne semblant pas avoir remarqué la scène qui s’était déroulé, bien que rapidement, sous ses yeux, ce qui était certainement une bonne chose. La menace pour les roses avait été clairement comprise et elles se turent, étouffant leur colère quand la voix de la jeune femme retentit à nouveau, si détestable. - Je veux dire ... Pardon. Peut-être que vous ne voulez pas rester en ma compagnie. Ne vous inquiétez pas je comprendrai.- … Oh… mais… ce n’est pas que je ne veux pas rester en votre compagnie très chère… souffla Méphistophélès, attristé à la pensée que la jeune fille le croit capable de la fuir d'une manière aussi... cruelle...
Mais peut-être l'était il ?
- Écoutez, je ... c'est à vous de voir. Vous savez, j'ai l'habitude de ... de ... enfin, avec mes "roses" comme vous dites, c'est pas toujours facile. - Je le devine sans peine… Hésitant une dernière fois à quitter ce paradis, se demandant cette fois-ci si son départ n’allait pas lui causer une souffrance plus grande que celle qui pesait sur ses épaules si il décidait de rester à ses côtés, Méphistophélès songea soudain que c’était lui, le Père et le Créateur, le comte des Roses… le maître de ses filles et de sa femme. Si ces dernières désiraient lui désobéir, alors il mettrait sa menace à exécution, devant Médéa pour leur donner une bonne leçon s’il le fallait et peut importe la souffrance occasionnée. Certes, la soif, la colère et le manque les avaient rendu tous irritable et ce n’était certainement pas une bonne chose que de prolonger de trop leur rencontre ce soir… mais rien ne l’empêchait de la saluer cette fois-ci plus poliment, l’invitant simplement à se revoir dans un autre endroit que la Pairidaeza. La bibliothèque par exemple, ou même ses appartements où les Roses se sentiraient assez en confiance pour ne pas se sentir menacé par cette frêle jeune femme, même si cette dernière possédait un couteau… Maintenant qu’il y songeait, ses appartements ne seraient certainement pas un lieu convenable pour une deuxième rencontre. Dieu seul savait ce que la jeune femme penserait alors de lui s’il l’invitait à le rejoindre dans ses quartiers personnels. Non, la bibliothèque conviendrait mieux et c’est plus calmement qu’il s’approcha, oh juste de quelques pas, la rassurant du regard. - Il se fait tard et cette journée fut assez éprouvante pour nous méritions tout deux une bonne nuit de repos… ainsi que nos roses. Toutefois… j’aimerais que l’on se revoit, quand vous l’aurez décidé. Pour ma part, je travaille chaque jour à la Bibliothèque de Tsel qui est ouverte jusqu’à 20h… Si vous désirez y passer, pour un livre ou pour que l’on se reparle, j’en serais enchanté…
Il était encore gauche dans sa manière de s’exprimer et à nouveau des rougeurs délicates vinrent colorer ses joues. Il n’avait jamais invité quiconque d’une manière aussi explicite, à part ce parfumeur mais il doutait vraiment que ce dernier se donne la peine de venir frapper à la porte de ses appartements pour saluer la Rose Mère. De toute façon, il tenait beaucoup plus à revoir Médéa que ce jeune homme que ses roses avaient attaqué. Il n’était qu’un vague souvenir, une erreur alors qu’elle… elle, sa petite princesse, était sa chance de pouvoir vivre à nouveau comme avant son Vœu. Il serait toujours là pour elle, et c’était ce que ses mots désiraient lui faire comprendre, assez maladroitement. Qu’importe l’heure à laquelle elle passerait, si elle désirait bien entendu le revoir, il serait là, en compagnie de la Rose Mère, à lui sourire et à la couver de ce même regard doux qu’il posait à cet instant sur elle. Ils étaient deux enfants avec leur propre secret. Ils n’étaient pas uniques mais ils s’étaient rencontré, au détour d’un chemin emprunté par hasard par le Hasard. Et Méphistophélès, malgré la rancœur de ses roses, malgré les griffures qui naîtront sur son corps dès qu’il aurait franchit le seuil de sa chambre, et malgré le fait qu’il savait pertinemment qu’il la mettait en danger, ne voulait pas la quitter, pas définitivement.
Même si c’était égoïste, il l’aimait… |
|  | | Medea M .:: Milicien ::.


Nombre de messages: 121 Age: 18 Âge du perso: 19 Date d'inscription: 28/10/2008
 | Sujet: Re: Petites fleurs, fleurs, fleurs ... Petites fleurs Sam 27 Déc - 12:29 | |
| Il se passait quelque chose là-bas. Ou plutôt il s'était passé quelque chose. Médée n'en avait aucune preuve, si ce n'est que toutes les petites fleurs avaient disparu, pfiou, cachées sous le manteau de leur créateur. Du moins c'est ce que supposait la précoce, car elle n'avait pas été très attentive.
Ce devait être la fin. Pourtant c'était différent, c'était spécial ... plutôt cela l'avait été. Maintenant c'était fini, tout se finissait un jour, non? Elle avait elle aussi envie de dire "Pourquoi", le pourquoi des dernières secondes ... Mais elle n'eut pas besoin, car il se retourna. Il souriait, peut-être que finalement les trois autres ne l'effrayaient pas tant que ça. Peut-être que tout irait bien. Oui, il lui murmurait même qu'il aimerait rester. C'était une fin heureuse ... Car elle pensait cependant que c'était une fin. Il y avait quelque chose qui lui faisait comprendre que tout ne serait pas un bel arc-en-ciel chatoyant qui mènerait vers un futur meilleur. Parce que c'était impossible. Elle rit, oui elle rit. Pas très fort, mais son âme ayant perdu toutes ses illusions, elle ne savait pas comment réagir. Quelle petite sotte, oh oui que c'était drôle de la voir croire de pareilles bêtises. Et bientôt un prince viendrait sur son cheval blanc. Mais peut-être pourrait-il avoir des cheveux blancs? Il devinait sa peine? Oui, c'était déjà pas mal. Qui pouvait se vanter de la deviner? Qui pouvait se vanter d'avoir essayé? Et elle, pouvait-elle comprendre sa peine à lui? C'est vrai, elle ne pensait qu'à elle pour le moment, mais lui? Ça ne devait pas être simple non plus. Il devait sans doute toujours les surveiller, ces petites roses. Elles étaient si agressives! Peut-être qu'elles avaient même déjà tué - Quoi? Ils les auraient laissé faire? - Peut-être qu'elles avaient déjà tué. Elles ne seraient pas si différentes alors, elles se ressemblaient peut-être. Mais si elles avaient déjà tué, au nom de quoi l'auraient-elles fait? Et qui? Ah mais bien sûr, c'était évident. Pourquoi n'aimaient-elles pas Médée? Peut-être bien parce qu'elle restait trop avec lui, peut-être parce qu'elle appréciait trop leur créateur. Et si d'autres filles s'étaient intéressées à lui? Que devenaient-elles? Médée était différente, on lui avait fait comprendre, peut-être que les petites avaient peur? Non, elle les avait vues se dresser devant elle pour marquer le rempart qui devait les séparer tous les deux. Alors pourquoi vivait-elle toujours? Méphistophélès les empêchait-elles d'agir? Pourquoi? Ah ben oui, parce qu'il l'appréciait, du moins d'après Angela. Raison de plus! Il lui semblait parfois que les créatures dépassaient le créateur. Mais peut-être avait-il repris le contrôle. Elle se posait trop de questions, la Médéa naïve et un peu folle se mélangeait sans cesse avec la lucide. Angela frissonnait, du moins si cela était possible. Oui, elle avait raison, ils n'auraient pas du se rencontrer, tout cela présageait peu de bonnes choses ; mais elle était comme ces parents qui laissent leurs enfants manger encore et encore, même en sachant le résultat, ils ne veulent pas les peiner et font passer d'abord leurs désirs. Mauvaise idée, très mauvaise idée. Mais Médée semblait un peu heureuse. Était-ce possible d'être un peu heureux? Effleurer du doigt le bonheur, comme avoir un avant goût qui nous promettait plus, et peut-être encore plus que plus? Stop! On secoue la tête, on remet les idées en place. Trop de philosophie, du moins si s'en était.- Il se fait tard et cette journée fut assez éprouvante. Nous méritions tout deux une bonne nuit de repos… ainsi que nos roses.Oui bien sûr c'était mieux. Ils devaient se quitter ... Comment dirait-on pour bien parler? Ils devaient se quitter pour mieux se retrouver. C'était mieux, sinon la soirée se terminerait avec un cadavre gisant au sol. Mais celui de qui? Elle frissonna. La deuxième partie de la réponse lui échappa partiellement, elle pensait trop aux roses ... Elle pensait trop tout court. Oui, se reposer serait mieux. Demain elle retrouverait la raison. Demain, elle ne penserait plus à cet homme. Du moins c'est ce qu'espérait Rozenn.- … j’aimerais que l’on se revoit, ... travaille chaque jour à la Bibliothèque .. passer, pour un livre ... j’en serais enchanté…Voila à peu près ce qu'elle avait comprit de la réponse, heureusement, c'était le plus important. Il serait ravi qu'elle emprunte un livre. Elle sourit, puis se raidi. Son sourire était toujours-là mais peut-être paraissait-il un peu spécial. Emprunter un livre? Elle? Elle cligna frénétiquement des yeux. Un livre de quoi? Un livre bien sûr ... Elle connaissait à peine les titres de ceux qu'elle avait chez elle. Non pas qu'elle détestait les livres, non, le problème n'était pas là. C'était très embarrassant. Elle toussota, cherchant à reprendre contenance. Elle venait de se lier avec un garçon qui ne comprendrait peut-être jamais son handicape. Quel handicape? Ce n'en était pas un elle exagérait. Cependant, elle ne le disait pas, une nouvelle vague de moquerie se répandait en général. C'est pourquoi chut, elle ne dirait rien. Il le saurait un jour, il le saurait sans doute bientôt. Mais pas pas pour le moment, il valait mieux attendre. Peut-être attendait-il un réponse? Oui sans doute. Elle pinça un peu les lèvres, ennuyée. Que devait-elle dire? Ce qu'elle voulait, bien entendu. Mais que voulait-elle? D'habitude les trois autres ... Non plutôt les deux autres lui disait quoi faire. Pourtant ça faisait un bout de temps qu'elles ne parlaient plus, comme si elles s'étaient calmées, ou cachées. Elle frissonna encore, c'était un peu bizarre.- Et bien je ... j'aurais sans doute besoin d'un livre un jour, je saurai où aller.Ah oui, ah oui bravo. Parce qu'avant qu'il ne soit-là, peut-être ne connaissait-elle pas l'existence de la bibliothèque, la seule et unique de Tsel. Elle baissa un peu la tête, ce n'était pas très malin comme réponse. Elle la redressa et sourit.- Il semblerait donc qu'on se reverra.Son sourire s'effaça un peu. Et les Roses? Elle toussota à nouveau, oui, elle avait oublié l'espace d'un instant qu'ils n'étaient pas seuls. Peut-être que finalement il valait mieux ne pas y aller. Elle verrait bien, pour le moment elle voulait dormir, parce que sa tête commençait à lui tourner. Trop de nouvelle choses dans son esprit. Elle joua un peu avec ses mains, un aurevoir c'était bien mais elle ne savait pas trop comment finir. Un signe de main? Oui c'était pas mal. Elle s'exécuta, un peu gênée de ne pas savoir quoi faire d'autre. Elle s'éloigna, d'abord à reculons, pour encore le voir un peu, puis elle se retourna et s'enfuit. C'est vrai que la soirée fut éprouvante, c'est sans doute pour ça qu'elle partit comme une voleuse. C'est ce qu'elle pensait en tout cas. Que ferait-elle maintenant? Allait-elle rentrer chez elle? Lydia lui demanderait sûrement où elle était. Quoi que non, ça faisait longtemps qu'elle ne posait plus vraiment la question. Elle se doutait que sa fille avait quelque chose de bizarre qui lui trottait dans la tête lorsqu'elle sortait. elle ne voulait plus savoir. Alors Médée rentrerait à la maison, tout simplement.
Elle le reverrait peut-être un jour après tout. |
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