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MessageSujet: Commande...   Dim 16 Déc - 17:31

Le réveil sonna et Phoebé sursauta violemment. Elle était pourtant sûre de l'avoir éteint avant d'aller se coucher. Enervée, la jeune femme frappa brutalement le pauvre engin – si tant est qu'un engin peut être « pauvre » - pour l'éteindre et se retourna sur le côté. Et là, surprise, la place était vide. Vide? Comment était-ce possible? Elle se releva sur son coude et constata que la place était encore tiède. Donc elle avait bien partagé son lit avec quelqu'un cette nuit. Qui? Mais réfléchir lui donna mal à la tête et elle se souvint qu'elle avait légèrement trop bu. Toujours perplexe elle bailla longuement comme un chat et s'assit en s'appuyant contre le mur, tentant de rassembler ses souvenirs. Mais rien ne venait.

Baillant à nouveau elle sortit du lit et alla à la salle de bains, réfléchissant toujours sous la douche, réfléchissant toujours quand elle se brossait les dents, réfléchissant toujours quand elle s'habilla. Et là, ce fut l'illumination!


« Mais oui! C'que j'suis crétine! »

Et haussant la tête comme pour se persuader de sa bêtise elle fit mentalement une synthèse de sa soirée précédente. Elle avait eu une représentation.... Elle incarnait exceptionnellement une femme... Dont le caractère était semblable au sien, sans quoi elle n'aurait pas accepté... La troupe avait été applaudie avec force « bravos » et elle était ensuite allée à sa cabine pour se changer car il y avait ensuite un grand dîner de prévu entre la troupe – que des artistes anoblis, bien évidemment – et quelques nobles mécènes. Mais il était là, devant sa cabine! Exactement, c'était ça! Il était là, à l'attendre. Avec un léger sourire il l'avait félicitée puis l'avait prise par le bras, sans lui laisser le temps de se changer et l'avait limite kidnappée. Elle n'avait eu que le temps de prévenir une de ses amies qu'elle n'assisterait pas au dîner. Elle n'était pas tellement l'héroïne de la soirée, alors ce n'était pas particulièrement grave et puis... elle n'aurait pour rien au monde raté une nuit avec lui.

Ils étaient rentrés à pied chez elle, car elle n'habitait pas loin de l'Opéra et n'avaient même pas dîné. Pas que ça aie particulièrement gêné Phoebé qui était déjà euphorique du fait de la pièce et qui se laissait faire avec délices par son époux. Et c'est pour ça qu'elle avait mis son réveil... pour se réveiller avant qu'il ne parte, comme à son aventure, pour pouvoir en apprendre plus sur lui. Mais il avait encore paré... Comment? Elle avait pourtant mis son réveil fort tôt. Elle jeta un oeil au cadran. 10h42? Il était déjà si tard? Un coup d'oeil à sa montre de poignet confirma cette constatation et elle poussa un soupir mi-amusé mi-énervé. Il avait dû changer l'heure de l'alarme une fois qu'elle s'était endormie. Oui, elle avait tendance à s'endormir rapidement... Et lui, pas.

Elle finit de fermer sa chaussure et se dirigea vers la cuisine. Elle n'avait pas de domestiques, préférant s'en passer et se préparait habituellement son petit-déjeuner seule. Et là, sur la tale, elle vit un papier. Une lettre de sa part? C'était inhabituel. Elle s'en saisit et la lut rapidement.


Citation:
Chère Phoebé,
Bravo pour ta prestation d'hier soir au théâtre! C'était très bien chérie!


Elle interrompit sa lecture et serra un poing avec fureur. On aurait dit un père qui complimentait sa fille pour un beau dessin. Furieuse à présent, elle continua sa lecture.

Citation:
Tu t'es arrêtée de lire pour te calmer n'est-ce pas? J'en étais sûr!


Elle faillit déchirer la lettre dans sa fureur mais décida qu'il était plus sage de lire d'abord tout le message, malgré les provocations.

Citation:
Oui, c'est mieux si tu ne déchires pas la lettre, sinon tu ne sauras pas ce que je veux t'offrir comme cadeau de mariage... Un peu en retard certes, mais ça fait toujours plaisir, non?


Amusée à présent, elle leva les yeux au ciel en soupirant puis continua sa lecture.

Citation:
Va à la Parfumerie Nuit d'Ivresses et demande la commande à ton nom. Débrouille-toi pour porter ce parfum la prochaine fois que nous nous verrons.
A bientôt, chérie!


Pas de signature, évidemment. Mais ce n'était pas si grave...
Souriante, elle alla se coiffer d'un chapeau haut-de-forme, enfila une veste noire et sortit, une canne à la main.

La Parfumerie n'était pas située très loin de son Esagil mais elle ne s'y était jamais rendue, ne jugeant pas nécessaire de s'approvisionner en parfums quand presque toutes ses amies d'un soir oubliaient à dessein ou par mégarde un flacon leur appartenant. Parfois pour avoir une raison de revenir... Mais en général Phoebé leur rendait dédaigneusement.

Elle marchait d'un pas vif dans l'air froid, faisant tournoyer sa canne devant elle, et se regardant dans les vitrines qui défilaient à ses côtés. Vêtue de manière très masculine, elle portait un plastron et un pantalon noir ainsi que de chaussures noires vernies aux pieds. Ses cheveux gris n'étaient pas très coiffés et voletaient librement autour de son visage et son oeil était bien évidemment couvert par le bandeau. Elle s'adressa un sourire à elle-même dans une vitrine et accéléra son pas.

Quelques instants plus tard, elle était devant la Parfumerie et pénétrait à l'intérieur du magasin. La chaleur et les odeurs puissantes la prirent à la gorge et elle leva des sourcils surpris, sans pour autant ressortir. Elle s'approcha du comptoir et s'adressa à la personne qui s'y tenait.


« La commande au nom de Phoebé Adynla s'il vous plaît! »
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MessageSujet: Re: Commande...   Jeu 31 Jan - 9:02

Méphistophélès marchait d'un pas vif dans le froid pour tenter vainement de se réchauffer quand il avisa au loin la petite parfumerie. Il eut un sourire ravi, songeant à la chaleur des lieux et accélera encore un peu le pas.

Pourquoi diable avait-il quitté sa si somptueuse bibliothèque, me demanderiez-vous, et avec raison. Simplement car sa mère allait bientôt fêter son anniversaire et que cette dernière, femme très élégante et cultivée, faisait une collection de parfums. Pas très original comme cadeau, pensez-vous sûrement, que d'offrir à une femme une fiole de parfum qui finira rangée sur une étagère, prennant la poussière jusqu'à une soirée mondaine où elle daignera poser les yeux sur lui, le choisissant enfin pour honorer sa beauté d'une fragence unique que les autres dames lui envieront.
Certes certes mais Méphistophélès avait dans l'idée d'aller quémander un parfum unique, que nulle autre n'aurait.... Un parfum à l'image de sa mère, portant son identité comme on laisse sur les lieux d'un crime son empreinte digitale. Une fragance tellement pure et se mêlant avec tant de grâce à sa propre odeur sans toutefois la cacher que les hommes aux alentours n'aurait qu'à fermer les yeux pour deviner que c'était ELLE, la grande Dame Adélaïde Albërick, qui venait d'entrer.

Fier de son idée, Méphistophélès entra dans la boutique et fut soudain agressé par les odeurs qui s'en dégageaient. Certes, ces dernières n'étaient pas désagréables, loin de là, mais son nez fin était tellement habitué au parfum de ses chères amantes florales que la moindre odeur était considérée comme une gifle violente pour son odorat.

Il prit une petite inspiration et s'évertua à respirer par la bouche tandis que les roses, cachées par les pans de son veston et s'accrochant à ses habits, plantaient délicatement leurs épines jusqu'à frôler la peau pâle et fragile, ne cherchant pas à le blesser mais seulement à rappeller leurs présences.
Il eut un petit sourire contrit et s'empêcha de murmurer des paroles apaisantes. Allons, allons très chères, il ne venait pas ici pour insulter vos délicieuses fragances en achetant une eau de toilette pour sa personne mais seulement à offrir un cadeau d'anniversaire à sa mère si somptueux que cette dernière concéderait à lui pardonner son erreur...

Les roses durent le comprendre car elles relâchèrent légèrement leur prise.

Méphistophélès jetta un regard circulaire à la pièce, notant qu'un... qu'une.... personne attendait près du comptoir, venant certainement passer une commande ou en chercher une.
Il s'inclina légèrement, un sourire amical aux lèvres mais respecta la distance intime entre eux deux, ne cherchant pas à converser si son vis-à-vis ne le désirait pas.

Il préfera s'avancer pour regarder les noms des parfums.
C'était toujours ce qui l'avait fasciné sur ces fioles artistiquement gravées, essayant d'honorer par leur physique leur contenu liquide de diverses couleurs.
Il lut paisiblement les différents noms, notant au passage qu'un créateur de parfum devait certainement trouver l'inspiration pour donner de tels noms à ses créations en respirant simplement les effluves de ces parfums...

Il se demanda soudain si cela n'était pas trop exagéré de lui imposer le nom de sa mère pour le parfum qu'il allait lui commander.
Un peu soucieux, il fronça les sourcils, et se promit de lui demander son avis. Il ne souhaitait pas se faire passer pour un noble capricieux et exigeant, loin de là....
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MessageSujet: Re: Commande...   Dim 30 Mar - 21:40

[Désolée pour le magnifique retard et la longueur assez restreinte du post, mais je savais pas quoi écrire u_u]

Phoebé pianota sur le comptoir. Le vendeur avait pris la commande un léger sourire aux lèvres et s'était éclipsé à l'intérieur de l'arrière-salle, laissant la jeune femme seule dans la Parfumerie même. Elle en profita pour jeter un oeil à ce qui l'entourait. La pièce était très grande et sur les murs s'étalaient des dizaines d'étagères croulant sous les centaines de petites fioles en verre et en cristal ouvragé qui y reposaient, sagement alignées. Certaines étaient hautes et alambiquées, d'autres petites et rondes, certaines empruntaient la forme d'un animal, tel le cygne translucide aux ailes à moitié déployées, semblant vouloir prendre son envol. D'autres prenaient leur formes aux humains, comme cette jeune femme torse nue, tête renversée en arrière et genou savamment replié, minuscule certes, mais bien séduisante. Ce ne fut pas une surprise pour Phoebé que le parfum s'appelle « Luxure » comme elle le lut sur l'étiquette en s'avançant.

Mais peu importait, elle n'allait pas l'acheter. Par contre, elle avait hâte de voir le cadeau de son époux. Que pouvait-il bien lui avoir concocté? Car, sûrement, il avait lui-même choisi le nom et la forme de la fiole du parfum. Connaissant son originalité, ce serait quelque chose comme « Fauve » avec une forme de rossignol. Mouais. Ce serait sans doute un peu moins ridicule que ça. Il était original, pas paradoxal et encore moins fou. Enfin, Phoebé l'espérait. Elle eut un sourire amusé pour elle-même et revint vers le comptoir, faisant claquer ses chaussures sur le sol dallé, comme pour annoncer au vendeur qu'elle s'impatientait. Mais, à la surprise de l'actrice, ce ne fut pas le vendeur qui revint, mais la porte d'entrée de la parfumerie qui tinta joyeusement quand un autre client entra dans le magasin. Phoebé haussa un sourcil amusé en voyant la personne entrer.

Si elle ressemblait à un homme sous certains rapports, cette personne, bien que Phoebé l'ait immédiatement reconnu comme personne de sexe masculin, tenait par certains côtés de la femme. Tout d'abord, une chevelure neige qui lui encadrait le visage et lui retombait dans le dos en de belles boucles bien formées. Il avait aussi le visage fragile des vierges effarouchées et les yeux bleus de la pureté, des yeux entourés par de magnifiques cils noirs. Enfin, c'est comme ça que le voit Phoebé hein. D'autre part, il avait une sveltesse rare chez les personnes masculines bien qu'il le cache sous un manteau. Mais derrière cette apparence de fragilité et de pureté, Phoebé, la si observatrice Phoebé, sentait comme une couche de noirceur, comme des regrets qui l'auraient trop submergé. La réaction de Phoebé ne se fit pas attendre. Elle décida de prendre une voix plutôt masculine, puisqu'on ne voyait pas son opulente poitrine grâce au plastron et au manteau.


« Bonjour! »

C'était une voix veloutée, comme trempée dans de l'acier liquide, ou comme un velours très doux sous lequel se cache une lame effilée. Phoebé s'approcha de l'inconnu en deux, trois pas et fit une légère courbette, quoiqu'un peu narquoise, il faut l'avouer. Puis elle posa sa canne sur le sol et fit fine de s'appuyer légèrement sur le comptoir.

« Je suis Gwendal Weller, et vous, mon cher? »

Ce n'était pas la première fois qu'elle mentait sur son identité, et ça l'amusait toujours autant mwahaha. Hem. Bref.
Quand elle posa affectueusement sa main sur la tête du jeune homme -car elle le dépassait d'une dizaine de centimètres- et frotta gentiment le haut du crâne du jeune homme, sans se poser de questions à propos de la couleur argentée de la chevelure – elle aussi a des cheveux d'une couleur bizarre – il sembla tiquer. Un peu de familiarité avec les nobles ne peut pas leur faire de mal. Rien que parce qu'elle le trouvait « trop chou », Phoebé plongea son regard rouge dans les yeux limpides de son interlocuteur... et eut envie de lui faire un câlin. Mais se retint. Pour combien de temps pourtant ?
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MessageSujet: Re: Commande...   Mer 9 Avr - 10:06

« Bonjour! »

Sursautant violement, Méphistophélès faillit en lâcher le petit flacon de parfum qu'il admirait et se tourna vers son vis-à-vis. Les yeux bleus détaillèrent rapidement l'homme qui lui faisait fasse et, son rythme cardiaque se calmant, il reposa la petite fiole prudement avant de s'incliner à son tour.

La politesse avait toujours été une seconde nature chez lui et il se mordit légèrement la lèvre en s'invectivant mentalement sur le fait qu'il n'avait salué comme il se devait l'homme présent dans la pièce... pourtant en entrant dans la boutique il l'avait vu mais voilà, trop préoccupé par sa petite personne et le cadeau qu'il comptait offrir à sa mère, il en avait oublié ses manières.

A l'intérieur de son manteau, les roses frémires. Ces dernières n'étaient pas dupes pour deux sous et savaient très bien reconnaitre une femme quand elles en voyaient une. Et cette dernière, avec son sourire narquois et ses manières de nobliau gentleman ne leur inspirait aucunement confiance. Bon... elles n'allaient pas provoquer d'esclandre dans cette petite parfumerie sans charme et aux odeurs malodorantes juste parce que ce transexuel de deux sous grimé vulgairement avait tenté une approche comme les autres... Non, il en fallait beaucoup plus, pour l'instant elles se contenteraient de l'observer.

La Mère se glissa dans le creux entre le coup et l'épaule de Méphistophélès, lui arrachant un petit frisson de surprise. Elle ne pouvait le prévenir sur la véritable nature de celle qui lui parlait... le contact mental qu'elle avait avec lui ne concernant que de l'empathie et non de la télépathie.
Au pire elle pourrait planter ses épines empoisonnées dans la gorge gracile de celle qui leur faisait face pour lui arracher un cri féminin révélateur mais elle devait attendre le bon moment pour avoir une excuse....

Parler à son Amour n'était malheureusement pas une raison suffisante.

La femme s'accouda légèrement au comptoir et les Roses remarquèrent avec agacement que Méphistophélès semblait enclin à rattraper son impolitesse...
Nul besoin non plus de préciser que ce dernier était totalement sous le charme de l'homme qui lui faisait face.
C'était mauvais... très mauvais....

« Je suis Gwendal Weller, et vous, mon cher? »

Le jeune albinos, toujours souriant, répondit d'une voix douce certes un peu frêle, à l'image de son physique, se présentant en s'inclinant légèrement par respect pour la personne qui venait d'engager la conversation par les présentations d'usage.

- Méphistophélès Albërick, enchanté de vous connaitre monsieur Weller...


Il se coupa brusquement quand l'homme en face de lui leva la main pour caresser le haut de son crâne, avec familiarité, ses doigts parcourant ses mèches de cheveux.
Il écarquilla les yeux et se raidit, non pas de surprise sous la familiarité de ce geste bien que ce dernier aurait pût lui arracher une exclamation indignée avant qu'il ne s'écarte, remetant ainsi en place cet homme et ces manières fort peu correctes.... non, le fait qu'il se fige fut surtout lié au fait que des centaines d'épines venaient de traverser ses vêtements pour pénétrer avec douceur mais fermeté sa peau laiteuse.

C'est alors qu'elle apparue, la rose Noire, mère de toutes ses créations.
Elle se redresse, se coule dans ses cheveux et ses épines d'argent se dressent vivement vers le visage de celle qui ose poser la main sur son Père, son Amant, son Jumeau, son Âme soeur...
Ses pétales bruissent doucement, menaçante, alors que Méphistophélès, figé par la stupeur, ne fait pas un geste pour défendre l'homme qu'il croit simplement un peu trop familier, craignant par là de fâcher plus encore celle qui le protège et veille sur lui tout en liant ses mèches à sa liane et de l'encourager à tuer son vis-à-vis.
Blême, les yeux écarquillés, raidit, il murmure soudain à ce client qui n'aurait pas dût commettre ce geste, essayant discrètement de reculer pour ne pas que ce dernier, sous la curiosité, celle qui tue les chats (et les personnes trop proches de lui, bien trop proches...) il n'essaye de caresser la rose qui darde sur lui ces éclairs d'argent et de mort...

- S'il vous plaît, monsieur, veuillez cesser tout gestes intimes envers ma personne... elles ne se controleront plus sinon... je suis vraiment désolé pour cette scène, vous n'aviez certainement pas dans l'idée de provoquer leur furie mais....


Il avale difficilement sa salive, le Prince des Roses, alors que les épines s'enfoncent un peu plus et que les roses s'agitent sous son manteau, menaçantes.

- ... Mais si par malheur vous osiez une nouvelle fois poser la main sur moi... je ne pense pas être capable de la retenir...


Elle.
La toute première.
Qui se redresse un peu plus au sommet de sa chevelure.
Propriétaire et propriétée...
Dangeureuse et mortelle.

- Ce n'est certainement pas une menace monsieur Weller... un simple conseil... je vous le jure....


Il s'inquiète, il regrette...
Désolé, désolé de vivre, d'avoir fait un Voeu.
Pardon, pour tout, pour cette scène.
Si seulement vous n'étiez pas venu le voir, monsieur, si seulement....
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MessageSujet: Re: Commande...   Mer 16 Avr - 15:10

Phoebé leva un sourcil intrigué à la vision étrange de cette magnifique rose émergeant de l'échancrure du manteau de son vis-à-vis. Une rose? Qui bouge toute seule? Cela ressemblait diablement à la signature d'une Étoile, ça. Cependant, l'Étoile de la Rose n'existait pas jusqu'aux dernières nouvelles. Un voeu, donc? Un léger sourire ironique flottant sur ses lèvres, les bras nonchalamment croisés, Phoebé toisa l'androgyne qui le regardait, terrifié semblait-il.

- S'il vous plaît, monsieur, veuillez cesser tout gestes intimes envers ma personne... elles ne se contrôleront plus sinon... je suis vraiment désolé pour cette scène, vous n'aviez certainement pas dans l'idée de provoquer leur furie mais...

C'était donc ça. Un Voeu. Sinon, comment aurait-il été possible qu'il parle des roses à la troisième personne. Minute papillon.. Des roses? Il y en avait donc plusieurs? Elles devaient se dissimuler sous le manteau et celle-là devait être la Reine d'entre elles. Qu'importe, revenons au raisonnement précédent. C'était un Voeu, puisqu'il ne parlait pas des Roses à la première personne. Pour une Étoile, son pouvoir fait partie d'elle-même, on dit donc « je ». Il aurait dit quelque chose comme « Veuillez m'excuser, je ne sais pas me contrôler. » En fait, non. Il n'aurait rien dit, puisque s'il avait été une Étoile il n'aurait pas fait apparaître son pouvoir en raison de l'incroyable danger qu'il y avait d'être Étoile et puis il n'aurait pas dit que ne pouvait pas les contrôler. Il est impossible de ne pas contrôler son pouvoir du moment qu'il et là, non? (Ça, c'est la réflexion de Phoebé, typiquement...). Méphistophélès continua alors sa supplication haletante, après avoir avalé sa salive.

- ... Mais si par malheur vous osiez une nouvelle fois poser la main sur moi... je ne pense pas être capable de la retenir...

Cette phrase fit rire Phoebé aux éclats. Mais elle prit bien garde à rester dans les graves afin de ne pas briser sa couverture. Elle avait enfin compris! Ces roses l'avaient percée à jour et étaient tout simplement... jalouses. Que c'était amusant. Et puis c'était comme un défi pour Phoebé qui eut soudain très envie de narguer encore plus les magnifiques fleurs. D'ailleurs, la Rose Reine se redressa un peu plus sur la tête du jeune nobliau et Phoebé entraperçut d'autres roses à travers les fils d'argent qui formaient la chevelure de Méphistophélès.

- Ce n'est certainement pas une menace monsieur Weller... un simple conseil... je vous le jure....

« Je n'en doute pas, mon cher! »

À nouveau, Phoebé laissa échapper un léger rire de gorge, tout aussi masculin, bien sûr. Et une idée germa lentement dans sa tête. Ces roses là, elles semblaient diablement opposées au fait qu'elle soit une femme, puisque l'androgyne semblait étonné qu'elles se comportent ainsi. De plus elles étaient extrêmement jalouses. Quel cocktail explosif mon dieu! Quel amusement! L'idée qui avait germé grandit rapidement. C'était une idée fort simple (et assez débile si je puis me permettre en tan que narratrice... D'ailleurs je suis sûre que vous avez déjà deviné ce que c'était...) que Phoebé mit presque immédiatement en application, sachant pertinemment quels risques elle encourait. Elle se pencha brusquement en avant et vola un baiser au jeune homme. Pas un léger baiser, non, loin de là. Un baiser fougueux et puissant.
Son chapeau haut-de-forme tomba brusquement au sol, tandis que la porte de l'arrière-salle claquait violemment. Méphistophélès, condamné à ne voir que le visage et les cheveux de Phoebé ne put pas savoir que si le haut-de-forme était tombé c'était parce que les cheveux de Phoebé s'étaient brusquement allongés. C'était une des mèches grises qui avait claqué la porte de l'arrière-salle et la maintenait fermé au cas où quelqu'un ne voie cette scène étrange. De même, deux autres mèches avaient fait en sorte qu'on ne voie pas à travers la vitrine du magasin. Et le reste de la chevelure luttait joyeusement avec les roses, protégeant Phoebé de la morsure des plantes aux épines acérées. Et Phoebé jubilait intérieurement (d'autant plus que Méphistophélès n'était pas moche, loin de là, hein...).
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MessageSujet: Re: Commande...   Mar 29 Avr - 8:31

Le rire de gorge de son vis-à-vis le troubla et le fit reculer d'un pas, le regard hésitant, les roses frémissant de rage. Il ne voyait pas la drôlesse de ses propos et essayait vainement de comprendre ce qui avait pût déclencher chez ce monsieur Weller une telle hilarité. Croyait-il simplement que tout ceci n'était qu'un simple tour de magie ? Ou alors se croyait-il assez fort pour éviter ses roses et surtout, surtout, la morsure mortelles des épines d'argent de la Rose Mère.

Méphistophélès n'avait jamais rencontré quelqu'un capable de résister à la Folie destructrice de ses Roses quand ces dernières montraient leur possessivité à son égard en tuant toutes celles et tout ceux qui essayaient de l'approcher... Soit Weller était orgeuilleux, ce qui était une mauvaise chose car ses Roses n'allaient pas lui laisser une seule chance de survie, soit il était sûr de lui... Peut-être n'était-il pas humain... Ou alors très puissant... Une étoile ? Non.... Non la seule qu'il avait rencontré était morte par sa faute et lui avait attiré les foudres familiales... Rencontrer une autre étoile serait un coup de chance extraordinaire.

Ou de malchance.

Le front ridé par ses interrogations mentales, Méphistophélès n'entendit presque pas la réponse de la jeune femme déguisée ainsi que son nouveau rire. Les roses, elles, de plus en plus furieuses, commencèrent par contre doucement à sortir des replis du manteau de leur Père pour l'entourer, les épines en avant, les pétales frémissant de rage à peine contenue.
Elles n'attendaient qu'un ordre de leur Mère bien-aimée pour se jeter sur cette sale catin qui trompait son monde, et leur cher Papa, en se déguisant en homme /Seigneur Dieu quelle honte et elle a OSE toucher notre PERE !/ et qui en plus avait l'audace suprême de se moquer d'elles....

Non, non elles ne pouvaient laisser passer ça. Généralement, elles se débrouillaient pour se venger après et épargner ainsi le spectacle désolant d'un sarcophage de rose étouffant leur victime et la transperçant de leurs épines en faisant jaillir le sang /Pauvre pauvre papa aux yeux si tristes.../ mais là non, elles ne pouvaient pas attendre.
Cette garce avait commit plus d'erreur que toutes ces jeunes femmes de bal... Le toucher, se moquer d'elles, de leur pouvoir... Ne voyait-elle pas qu'elles étaient extraordinaire ?

Les Roses se fichaient bien du fait qu'elle soit une Etoile... Les Roses ne voyait qu'une seule personne en leur Créateur: Méphistophélès... Songer un seul instant que leur existence était dût à un simple voeu était une insulte plus grave encore que tout le reste... Non, leur Père leur avait donné vie en fécondant leur Mère...

Leur Mère, si douce et si dure, Mortelle, Destructice... La corolle tournée vers la Catin, elle ne quittait pas d'une seconde les mèches de cheveux de son chère Amant mais n'attendait qu'un geste pour transpercer la gorge de cette jeune femme... Le Pardon n'existait pas chez elle... On commettait une erreur et on la payait, c'était la seule solution... Elle était calme, beaucoup trop calme, immobile... Figée dans l'attente, ses feuilles formant autour du front de l'héritier Albërick comme un diadème... L'hériter d'une Nature plus sauvage... Prête à se battre pour sa survie...

Méphistophélès releva la tête, le front déridé, plus calme, et offrit un léger sourire hésitant à l'homme alors que dans sa tête, ses pensées tourbillonnaient à mille à l'heure. Il ne voulait pas salir cette parfumerie par un nouveau cadavre... Ses roses allaient mettre en pièce ce gentil monsieur bien amical et cette simple pensée le désolait... Oui, il fallait partir, trouver un moyen de contenter ses roses /Peut-être une bonne dose de son sang suffirait à les satisfaire... elles étaient toujours câlines et paresseuses après avoir goutté à son vin métallique.../... De tout façon si le seigneur Weller se contentait simplement de rire et ne se permettait plus aucun geste alors....

Douce chaleur que ces lèvres se posent, fugaces, un instant, ephémère, capturer les lèvres tendres et les yeux se ferment, il essaie de se souvenir, quand, quand était-ce la dernière fois que des lèvres sur les siennes, et la chaleur l'enivre, et tout disparait, plus rien juste ses lèvres, et la chaleur, la douceur, pour l'instant fugace, qui disparait bientôt, et mille chose en une minute qu'en une heure, la porte qui claque, le hurlement hystérique de ses Roses au creux de son âme et la chaleur, cette chaleur si particulière, ses yeux toujours fermés, un baiser d'homme au parfum de femme... de femme... une femme...

Il ouvre les yeux.
Le spectacle le fige.
Partout, tout autour de lui, ses roses combattent des lianes argentées et Méphistophélès se demande un instant quelle sorte de plante est-ce avant de réaliser que ces lianes ne sont pas le fruit d'une quelconque Nature semblable à celle, emplie de Folie, qui déchire et coupe de leurs épines pour atteindre ce corps masculin /Non féminin, une femme, c'est une femme.../ et le transpercer mais que se sont des cheveux, ses cheveux...

Une Etoile...
Un voeu...
Une vengeance...

Ses jambes vacillent et il manque de tomber à terre, les yeux grands ouverts posés sur le visage de cet être androgyne qui ne semble pas inquiet de la déferlante qui essaye en vain de s'abattre sur lui pour le tuer, le tuer, encore et encore, ELLE. A. OSE. EMBRASSER. NOTRE. PERE.

C'est alors qu'il réalise soudain que l'une d'entre elles ne participent pas à ce combat. Non, la Mère est toujours au sommet de sa chevelure et il comprend soudain que sa sagesse la pousse à attendre le bon moment... Quand elle trouvera la faille, elle jaillera et la tuera d'un revers d'épine, lui tranchant la gorge, faisant couler un sang qui noircira sous le poison...

Là.

La gorge dénudée.
Une fraction de seconde lui suffit.
Elle est rapide et habituée.
Elle en a tué d'autres, des plus coriaces...
C'est sa première Etoile... Elle ira briller dans le ciel avec ses congénères.
A jamais.

Elle s'élance soudain et jubile soudain en transperçant la peau, plantant ses épines le plus profond possible, faisant couler le poison dans les veines...
Et soudain c'est une explosion de douleur qui la fait se raidir et quand la folie quitte sa conscience elle réalise deux choses.

La Catin est toujours en vie.
Les yeux de Méphistophélès sont rivés sur elle.

Et sur son avant-bras, accroché fermement par ses épines, coule sur ses pétales un sang qui noircit rapidement.
Il n'a pas l'air inquiet, le poison ne lui fera rien, elle le sait... Mais le geste qu'elle vient de commettre arrête toutes les autres Roses qui la fixent, ébahies.

... Non... elle n'a pas fait exprès... Elle le jure... Ce n'était qu'un accident... Il s'est placé devant la catin pour la protéger... Elle ne voulait pas... Elle ne voulait pas....

Ses épines glissent hors de la peau, elle recule, les lianes agripant toujours les cheveux de Mpéhistophélès... Ce dernier ne semble pas lui en vouloir... pour l'instant...

En vérité, son esprit ne comprends qu'une chose parmit cette tourmente.

Ses lèvres le brûlent délicieusement...
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MessageSujet: Re: Commande...   Ven 9 Mai - 14:43

Il ouvrit les yeux, et ne sembla tout d'abord pas remarquer le regard narquois de Phoebé, plus étonné par les cheveux argentés de Phoebé qui combattaient férocement contre les roses – bien possessives d'ailleurs – de Méphistophélès. Celle-ci, les bras à présent croisés, léchant pensivement ses lèvres, comme pour garder l'arôme de rose qu'elle avait prélevé sur les lèvres de Méphisto, un léger sourire éclairant son visage, observait l'androgyne, un soupçon d'ironie perçant dans ses yeux. Il avait l'air inquiet, comme parachuté d'un autre planète. Et apparemment ça l'avait grandement choqué, vu qu'il ne semblait plus tenir sur ses jambes. Un instant, Phoebé craignit qu'il ne tombe, mais il parvint à rester debout, ses yeux grands comme des soucoupes fixés à Phoebé.

Toujours est-il que, sans remarquer que la Rose-Mère n'avait pas quitté son trône de cheveux neigeux, Phoebé s'avança à nouveau vers Méphistophélès – car elle s'était éloignée d'un pas ou deux, pour lui laisser le loisir de contempler la lutte des roses contre ses cheveux. Et tout à coup, tout s'accéléra. La roses plongea, épines en avant, arme magnifique et funeste, à laquelle on ne peut pas échapper. Phoebé voulut porter sa main à sa gorge pour tenter de se protéger, mais sachant déjà que sa main arriverait trop tard. Et instinctivement, elle ferma les yeux, car regarder la mort en face lui posait problème. Téméraire, certes, mais pas courageuse, l'actrice. Et elle sentit une chaleur vers la poitrine. Cependant, comme le coup fatal se faisait attendre, elle ouvrit les yeux, au risque de perdre la vie les yeux ouverts. Mais, non, elle ne perdrait pas la vie. Cette chaleur qu'elle avait sentie, c'était le corps de Méphistophélès qui s'était précipité devant elle et l'avait protégée de son bras, s'empalant sur les épines de son propre gré. Je vous laisse juger de la surprise de l'Étoile...

Goutte à goutte, le sang coule, créant un contraste charmant et sublime avec la peau de neige...
Goutte à goutte, le sang coule, noircissant au bout de quelques secondes...
Goutte à goutte, le sang coule, et goutte à goutte, les perles écarlates éclosent en touchant terre...
Goutte à goutte, les larmes coulent, glissant silencieusement sur les joues pâles de Phoebé... Elle pense, à lui.

Ashta, qui lui a fait découvrir son Astralité. Ashta qui s'est sacrifié pour elle. Ashta qui a du sans doute réaliser un voeu d'un homme cupide avant de devenir de gros nuages noirs, assombrissant l'atmosphère déjà sombre de leur monde. Pétrifiée, l'actrice laissait glisser les larmes sur ses joues, sans se rendre compte que les roses quittaient le bras de Méphistophélès, sans se rendre compte que ses cheveux revenaient à leur longueur normale, sans se rendre comte que Méphistophélès semblait perdu dans ses pensées. Ses yeux vides regardaient un passé douloureux, un passé qu'elle avait voulu oublier...


    « Phoebé! Regarde, ces chats, ils sont si mignons! »
    « Oui, Ashta, c'est trop chou! »
    ***
    « Phoebé! Regarde, on voit un peu les étoiles à travers les nuages! »
    « Des Étoiles? Comme nous? »
    « Oui, sauf qu'elles nous ont quittés. »
    « Et les gros nuages, c'est quoi? »
    « Des Étoiles damnées... »
    « Oh, c'est triste! »


Et il était devenu une de ces Étoiles damnées, un de ces gros nuages... Pourquoi est-ce que cela lui revenait maintenant? Parce qu'on l'avait protégée? Pourquoi les gens avaient-ils cette foutue manie de protéger les autres? En plus, il ne la connaissait pas, savait-il même si elle était une femme?

Se reprenant, elle essuya ses larmes de la paume de sa main gauche, l'autre toujours relevée à mi-chemin pour protéger sa gorge. Et elle se réveilla soudain, sortant de sa torpeur. Elle fit apparaître un mouchoir blanc d'un ne sait où et essuya le bras fin de Méphistophélès, tachant le fin tissu de soie de taches vermeilles qui imprégnaient lentement l'étoffe.


« Tu vas bien? Elles m'ont l'air redoutables, tes roses... Et désobéissantes, si j'ai bien compris! »

Elle arborait à présent un grand sourire, un peu penchée en avant pour avoir son visage à la même hauteur que celui de Méphistophélès. Comme toutes les femmes, elle était dotée d'une versatilité étonnante, et, bien que son sourire soit encore un peu forcé, elle recouvrait peu à peu sa bonne humeur. Mais la vue en gros plan d'un visage aussi mignon que celui de Méphistophélès remettrait d'aplomb n'importe quelle fille je vous l'assure [Rochelle kyaaaaaa] et finalement, elle posa deux doigts sur les lèvres de Méphistophélès...

« Cela fait combien de temps qu'elle suivent ta destinée? Tout ce temps d'abstention... Du moins avec les femmes, parce que si j'ai bien compris les hommes ne gênent pas les roses... »

Elle posa un doigt sur un pétale de la Rose-Mère, et, avec un petit sourire narquois, elle salua...

« Enchantée, Rose-Mère, comme vous l'avez bien deviné, je suis une femme. Phoebé, l'astre lunaire, que l'on ne voit plus... »
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Ambroise
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* Constellation protectrice *:
* Pouvoir Astral *:
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MessageSujet: Re: Commande...   Jeu 15 Mai - 13:08

"Mais c'est que l'on s'amuse ici dîtes-moi..."

D'une morgue sans égale son visage fin aux traits aristocratique semble épris, enivré de fierté ainsi qu'un amant portant jusque sur son masque le souvenir d'un baiser. La superbe macule son maintien et cette arrogance presque insolente tant elle est sans pudeur affichée. D'un geste sec et nerveux, il retire ses gants de cuir, enveloppe sombre pour de blanches mains, encore sanglantes d'avoir brisés en leurs étreintes fatales les coeurs de tous ces suppliciés...

Sombrez en cette macabre danse, petits êtres de transe, inclinez-vous, jusqu'au sol, jusqu'à vous avilir de ces révérences pompeuses... Adorez-moi avant de me haïr.


Il l'abhorrait pour l'avoir fait déplacer, et Ambroise l'aimait pour l'exécrer.
Ambroise...
Espèce de connard! Gueux enfoncé jusqu'au cou, jusqu'à ta gueule écoeurée d'immondices que tu avales pour mieux les vomir à leurs faces empressées...

Il allait lui montrer à ce couillon qui avait osé le troubler...
Il allait lui montrer...

Ambrosio sent son coeur battre la chamade à l'idée de le voir, le retrouver

Je vais lui montrer que même en son antre à lui je lui suis supérieur, qu'entre ses effluves je suis roi et puis le briser. Putain de merde je vais le faire payer... Lui faire payer.


"Ttttt. Quel est donc ce manège?"

Un sourire... Oh mon dieu... quel nectar suave, quel soleil pour ces moites ténèbres tissées de sanglots! Dans ses yeux brille un éclat mystérieux, car l'amusement est chez lui une arme à dégainer pour mieux rire des infortunes de la plèbe et des nobles réunis.


D'une main toucher ces délices, imbiber ses poisons, s'en gorger jusqu'à la déraison... qu'il adore en mon corps le reflet de ses propres passions, frémisse de me voir toucher ses fioles tel un arbre face à l'humain cueillant ses fruits...
Car tu connais cela... n'est-ce pas infâme? Monstre insipide! Ne tremblerais-tu point si d'une main débile le criminel s'emparait de tes lignes? A genoux comme une mère supplierait le voleur de te rendre le fils dérobé...

Mort, Deuil... Extase.
Délicat et féminin, le voici attrapant doucement un flacon...

Non, ne rêve pas trop!
Ambrosio... Ambrosio...
Une main vieille et ridée, pourtant plus fraîche et plus tendre que celle d'une mère...
Réveille-toi...

Ambroise... réveille-toi.


"Alors jeunes gens... On veut semer le désordre?
Mais... Il appartient au roi de résoudre cette discorde. Attendons-le tous trois."

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MessageSujet: Re: Commande...   Jeu 15 Mai - 14:05

Douleur....
Douleur si vivace qu'il croit un instant qu'elle n'est pas de lui...
Enfant gâté vivant dans l'or et le coton, que connais-tu de la douleur à part celle qui embrase tes doigts quand tes soeurs, tes mères, tes amantes se nourissent de ton sang comme d'autres d'amour....

Douleur, à son bras et l'espace d'un instant la frayeur tapie au fond de lui manque de tout submerger. Que s'est-il passé ? A-t-il perdu le contrôle ? Va-t-on encore l'attaquer ? Pourquoi sa rose l'a-t-il blessé alors qu'elle ne sont capable envers lui que d'amour et de possessivité....

Quand les deux vont par paire dansant, le rosier grimpant ploie sous les larmes...

Solitude.
Et douleur.
Le fruit de leur amour nourrit leur haine et il se sent si seul...
Si désemparé...
Et le sang coule dans son bras en un son ténu et humide clapotant sur le sol de cette parfumerie...

Un doux effleurement sur sa joue l'informe que la Reine Mère tente de se faire pardonner cette erreur à grand renfort de caresse...
Ses lèvres, lentement, esquisse un sourire et il ouvre les yeux pour tourner son visage vers celle fidèle qui ne vit que pour lui, pour l'aimer et le protéger, la rassurant du regard.

Non, bien sûr que non je ne t'en veux pas.
Comment pourrais-je, je t'aime tant...

Les roses recouvrent doucement son bras, buvant à même la plaie l'ambroisie salvatrice qui les enivre et les calme... Il n'y a plus rien dans cette pièce... plus de tromperies, plus d'attaques, plus de maléfices....
Il n'y a que la douceur de ses roses et leur amour qui prend naissance au creux des pulsations de son propre coeur meurtrit.


La femme pleure mais elles n'en jouissent pas... Elles se contentent de caresser leur Père, filles dociles et aimantes, adoucies par ses sourires et la tendresse de son regard. La catin, la sale putain menteuse ne vaut plus rien à leurs yeux... La Rose Mère a certes raté son coup mais elle est morte pour ses Dames hautaines, méprisantes. Il n'y a ici que leur Père, ses Amantes dévouées et la Non-Existence.
Rien de plus....

C'est pour cela que c'est d'un geste léger, comme une liane qui claque sans douleur, qu'elle se saisisse du poignet de Phoebe rapidement, lui faisant lâcher son mouchoir qui effleure la plaie encore vive de Méphistophélès, le tachant de sang. Elle ne doit pas le toucher... Elle n'est plus rien et ne doit pas se prendre pour plus importante qu'elle n'est...
Lui adresser la parole est déjà de trop mais c'est à peine une colère sourde qui pointe quand la Non-Existence s'adresse à leur Dieu.

« Tu vas bien? Elles m'ont l'air redoutables, tes roses... Et désobéissantes, si j'ai bien compris! »


Il regarde le sourire éblouissant de la jeune femme et essaie de sourire en retour mais les vagues de douleur provenant de son bras le font plus grimacer qu'autre chose.

- Ne vous inquiétez pas, elles savent s'occuper correctement de moi... Et vous savez, elles ne sont pas désobéïssantes... Juste un peu jalouses. C'est comme un petit caprice d'enfant, pardonnez leur... Elles sont impulsives et je m'excuse encore du geste que leur Mère a eut envers vous.... Heureusement, le malheur a été évité....


Politesse oblige, il répond d'une voix douce sans lui tenir rigueur de la scène précédente... Ce n'est pas de sa faute si ses Roses se montrent à ce point possessives envers lui... Et elles ont dût détecter la supercherie dès le départ ce qui a attisé leur haine envers la jeune femme...

Il a un léger voile devant les yeux et craint un instant de s'évanouir... Mais non, ce n'est que de la lassitude... Il restera seul à jamais, c'est tout... Cette simple idée le fatigue tant....
Il ne peut pas se battre contre celles qu'il aime plus que tout, ce serait les trahir, et il leur doit temps....

Et puis, il ne sera pas vraiment seul, elles seront là, ses douces Amantes bien-aimées.... Fi ! La chaleur humaine n'est pas si importante et il peut sans nul doute se passer de ce besoin sans aucun manque en retour.

Depuis combien de temps n'a-t-il pas fait l'amour ?

Cette pensée colore ses joues de vermeille...

« Cela fait combien de temps qu'elle suivent ta destinée? Tout ce temps
d'abstention... Du moins avec les femmes, parce que si j'ai bien
compris les hommes ne gênent pas les roses... »


Il rougit encore plus et confus, baisse la tête. Autour de lui, les roses frémissent légèrement et appuient leurs caresses sur le bras et le visage de leur Bien-Aimé Créateur. Il réponds d'une voix douce, presque sourde... un simple murmure qui à peine franchit ses lèvres disparait dans l'air.

- Non... Les hommes aussi sont parfois victimes de leur courroux... Elles ne font confiance à personne.... Elles n'aiment pas les femmes par jalousie bien féminines mais savent que les hommes... attirent plus mon regard... Elles sont plus douces et attendent le bon moment pour attaquer avec eux alors qu'avec les femmes elles se passent de manière.... Elles sont là depuis toujours... Avant elles, je ne vivais pas...

C'est alors que la jeune femme s'avance et posant un doigt sur le pétale de la Rose-Mère la salue, d'une voix douce. Raide, ébahit qu'elle ose ce contact que jamais personne n'a essayé d'avoir avec sa chère Epouse, il reste muet et n'ose aucun geste.

Elle se redresse, hautaine, et pose ses pistils sur la jeune femme, les pétales frémissant légèrement alors qu'aucune des roses ne bougent, figée dans l'attente. La Non-Existence ne fait décidement que commettre erreur sur erreur...

« Enchantée, Rose-Mère, comme vous l'avez bien deviné, je suis une femme. Phoebé, l'astre lunaire, que l'on ne voit plus... »

Méphistophélès ferme les yeux et son âme a comme un sanglot.

/Non je t'en prie... Non je t'en prie ne fait pas ça... Une fois déjà tu as porté la main sur elle dans l'intention de lui ravir la vie... Mais pas une deuxième fois... Mon bras me fait si mal ma douce amie... Mon bras me fait si mal et je sais que la douleur reviendra car je ne pourrais m'empêcher une nouvelle fois de m'interposer.../

¤Mais mon Maître, cette catin a osé poser le doigt sur ma personne... Elle a souillé ce pétale qui vous est destiné de son empreinte graisseuse de sale humaine... Comment pourrais-je lui pardonner alors qu'elle se moque, se joue de vous comme de moi et ose encore nous braver en nous salissant de sa personne... Elle vous parle et derrière ce ton de bon-enfant je distingue l'hypocrisie... Cette hypocrisie que je retrouve dans chaque personne qui s'adresse à vous, mon bon ami... Je vous en prie, laissez moi en finir avec elle... Nulle douleur ne subviendra, elle mourra paisiblement... Je veux juste venger l'affront qu'elle vous a fait dans les règles, sans plus... Je vous aime tant...¤

/.../

La rose de son épine griffe le doigt de Phoebe en un geste vif, ses épines empoissonnées déversant dans cette petite plaie le liquide qui, s'il n'est pas mortel, est une promesse de souffrance à venir.... Pour la tuer, il en faudra plus... Et l'Epouse fidèle se relève, s'apprêtant une bonne fois pour toute à trancher la gorge à cette jeune écervelée..

Mais soudain la porte s'ouvre.

D'un même ensemble, les Roses se cachent dans le replis des vêtements de leur Père, sous ce grand manteau noir qui les dissimule si habilement. La Rose Mère, vivement, se place sur l'oreille de son maître en une simple décoration immobile, ne frémissant plus, retenant le moindre de ses mouvements comme d'autres retiennent leur souffle.

Et Méphistophélès ouvre les yeux au son de cette voix masculine qui les salue bien étrangement....


"Mais c'est que l'on s'amuse ici dîtes-moi..."


Le jeune Albërick déglutit et se tourne vers celui qui vient de parler, son coeur ratant un battement. Il a certainemen été attiré par le coup d'éclat dans la boutique... Oh malheur, si ce dernier, par la vitrine, a vu ses Roses attaquer la jeune femme, tout cela remonterait aux oreilles de son père et s'en était finit de lui....

Ses pensées se figent et toute pensée rationnelle quitte son esprit quand ses yeux rencontrent ceux du jeune homme...

Le charisme de ce dernier est tel que son salut poli se bloque dans sa gorge. Il ne peut détacher les yeux de la silhouette près de la porte qui les toise, le sourire aux lèvres....
La beauté de ce dernier est telle que Méphistophélès sent son corps réagir et s'enflammer tandis que le regard du visiteur se pose sur sa propre personne.

Désirable...

Comment un homme peut-il se montrer aussi sensuel alors qu'au fond de ses yeux brillent une lueur de moquerie teintée de colère...

Mais Mephistophélès ne voit ni moquerie, ni colère, juste un regard lumineurx qui flamboit sous le faible éclairage et ses lèvres étirées en un sourire qu'il trouve charmant....

Il ignore la jeune étoile à ses côtés qui vient de se faire blesser par l'épine argenté de son Epouse et n'a pas l'intention pour l'instant d'apaiser sa douleur en lui donnant de son sang, seul antidote.

Son Epouse...

Cette dernière a un tout petit mouvement. Elle sent avec terreur le poul de Méphistophélès s'accelerer et la lueur dans son regard facilement reconnaissable. Cet homme lui plait... Il le fascine avec facilité comme les mouvements langoureux du flutiste devant le serpent... Elle-même sent la torpeur la gagner sous le sang qui vient de la nourrir et craint de ne pas pouvoir défendre son Amant contre ce Monstre aux longues dents qui vient d'entrer...

Le Loup dans la Bergerie.

Oh non oh non non non...


"Ttttt. Quel est donc ce manège?"


Il s'avance, effleure du regard les fioles qui ont valsé au sol lors du combat entre la chevelure animée d'une vie propre et ses Soeurs. Mephistophélès reprend doucement ses esprits, et la fascination laisse enfin place à la peur.
Il baisse la tête, contrit et se tourne vers Phoebe, ne sachant quoi dire.

Ses yeux se pose sur la légère blessure à son doigt et il se mordille la lèvre inférieure... D'un geste vif, il ramasse le mouchoir tombé au sol et imbibé de sol, ses reflexes revenant et son intelligence submergant la fixité stupide qui gagne son esprit quand il pose le regard sur le nouvel arrivant. Il doit la soigner et vite...

Il approche le mouchoir des lèvres de la jeune femme, profitant du fait que ses Roses soient contraintes à l'immobilité à la présence du Noble qui vient d'entrer et murmure tout doucement en pressant le tissus contre les lèvres fines de la jeune femme, faisant perler le sang.


- Buvez....

Un regard doux la rassure tendrement. Son souffle se calme, son coeur s'apaise et il ose enfin se retourner vers l'homme, souriant avec politesse avant de s'incliner, son émoi presque disparu.
Le danger est si présent que le désir qu'il ressent envers cet inconnu est submergé d'ondes d'alerte.

Il doit faire attention...


"Alors jeunes gens... On veut semer le désordre?
Mais... Il appartient au roi de résoudre cette discorde. Attendons-le tous trois."


- Nous n'avions nullement l'intention de semer le désordre dans cette petite boutique, cher monsieur... Lorsque le "Roi" arrivera, je tiens à lui présenter mes excuses et à le dédommager, naturellement, et non pas à fuir comme un lâche en fuyant mes responsabilités....


Voilà, retrouver ses esprits, sa maitrise de soi...
Un coup d'oeil vers l'actrice aux cheveux d'argent lui apprend que cette dernière a suivit son conseil et dans son esprit retentit le léger soupir de soulagement. La situation est entre ses mains... Il ne tient plus qu'à payer le parfumier pour terminer tout cela.... Et passer commande, bien entendu.

Il avait faillit oublier l'espace d'un instant la raison de sa venue...


Dernière édition par Méphistophélès Albërick le Dim 17 Aoû - 11:28, édité 1 fois
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Aramis
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MessageSujet: Re: Commande...   Sam 17 Mai - 20:29

Il y a des jours, comme ça, où l'on sent dès le réveil que les vingt-quatre prochaines heures seront abominables. Pourquoi, on l'ignore, mais c'est une quasi certitude. Méchante humeur. Pluie de mauvaises nouvelles. Et parfois même une ou deux catastrophes.

De toute évidence, la journée d'Aramis était de celles-là.

Le jeune parfumeur avait passé la nuit seul, ce qui lui arrivait quand même au moins quatre fois sur cinq, mais ne contribuait jamais à améliorer son moral. Qui plus est, il avait très mal dormi, ne s'assoupissant que pour faire des cauchemars informes qu'il oubliait aussitôt après s'être réveillé en sursaut.

Même s'il avait une petite idée de leur sujet.

En désespoir de cause, il avait fini par se lever à quatre heures du matin pour prendre une longue douche brûlante. Mais si l'eau avait lavé ses angoisses, elle l'avait définitivement réveillé, et Aramis n'était pas du genre à tourner en rond dans son bel appartement des Esagils. Tourner en rond laisse trop de place à la pensée. Tourner en rond vous oblige à repasser sans cesse devant votre bureau, couvert des feuillets volés à un noble aussi inspiré que peu scrupuleux. Des mots que vous avez eu le tort de relire une dizaine de fois la veille au soir, comme vous auriez pu le faire d'une lettre d'amour.

Aramis avait enfilé son manteau et s'était rendu à la parfumerie. Chacun des trois apprentis employés par le patron avait sa clé.

Il pensait se sentir mieux dans son antre privé, au milieu de ses fiches et de ses essences favorites, isolé des odeurs du monde grâce à un impressionnant système de ventilation. Mais même là, son humeur maussade perdura, d'autant plus que son travail resta d'une stérilité impressionnante - à croire qu'il ne connaissait plus son métier. Il s'acharna des heures durant à mélanger rêves et senteurs sur le papier (les huiles qu'il utilisait étaient trop précieuses pour qu'il les risque dans des combinaisons mal inspirées), sans obtenir rien d'autre que des parfums déjà existants, et le plus souvent de son fait. Pour finir il envoya valser plume et bloc-note, avant de se renverser dans son fauteuil, de poser un bras sur ses yeux et de décider qu'il allait tuer quelqu'un avant la fin de la journée.

Quelqu'un, c'était Anton, le vendeur.


"Eh, Grenouille! Il y a..."

Aramis fit un bon spectaculaire lorsqu'un courant d'air lui amena l'odeur du jeune homme: ce con avait ouvert la porte.

"Dehors! Ferme ça tout de suite!"

Et comme le vendeur effrayé obtempérait prestement, le parfumeur ajouta en hurlant:

"Combien de fois faudra que je te le dise?! Personne dans mon bureau, personne! Utilise l'interphone, merde!"

"D... Désolé..."

Désolé, désolé... Aramis renifla machinalement l'air autour de lui avant de faire la grimace. Et voilà, il y avait une autre odeur que la sienne dans la pièce. Anton ne lui aurait pas paru plus présent s'il avait été vautré sur sa table de travail.

A ceux qui s'étonneraient néanmoins d'une telle fureur, on rappellera qu'en plus Aramis haissait qu'on l'appelle Grenouille. C'était laid comme mot, grenouille. Et en plus ces abrutis avec qui il travaillait le prononçaient avec une espèce d'affection moqueuse ("oh, la gentille grenouille, le gentil taré") qui avait le don de mettre le jeune homme hors de lui.

Ulcéré mais déjà résigné (après tout, il savait que ce n'était pas un bon jour), le parfumeur se leva et alla jusqu'au panneau de commande qui jouxtait la porte pour pousser la ventilation à fond, avant d'appuyer sur un bouton voisin pour activer le sus-mentionné interphone:


"Qu'est-ce qu'il y a encore?"

"Euh... déjà je voulais te demander où était la commande Adynla, tu sais le..."

"Le cocktail érotique, oui je sais. C'est Trévor qui l'a fait, pas moi. Autre chose?"

Aramis ne faisait plus de parfums aphrodisiaques depuis que le patron avait reçu des plaintes les concernant. A ce qu'il paraissait, ils étaient un peu trop... efficaces.

"Ok, le flacon doit être dans un de ses cartons. Et oui, il y a encore un truc... enfin je ne sais pas, peut-être que..."

"Abrège."

"Il y a une noble qui voudrait passer une commande. Enfin, une ou un noble, je sais pas trop... Vu les vêtements, une Albërick."

Le jeune parfumeur sembla enfin marquer un semblant d'intérêt pour les paroles d'Anton. Une Albërick, pour une commande? En voilà une information intéressante. Créer un parfum pour un être riche permettait d'utiliser les meilleurs produits. Créer un parfum pour un être riche ET cultivé laissait envisager le chef d'oeuvre.

Et puis cette noble-là avait au moins la décence de venir jusqu'à la parfumerie pour faire sa demande, elle.


"C'est bon, je m'en occupe. Mais si tu rentres encore une seule fois dans mon bureau, je te jure que..."

"Ca va, ça va, t'excite pas... Je vais chercher le parfum de Trévor."

*Essaie d'oublier de revenir.*

Mais Aramis ne le formula pas à voix haute: il avait déjà épuisé son quota de disputes avec ses collègues, ce mois-ci. Soupirant, le jeune homme se saisit de ses gants et consentit à quitter son refuge, abandonnant celui-ci aux bons soins de l'aération. Tout en drapant ses doigts de cuir sombre, il s'autorisa un prudent accès d'optimisme: si une Albërick était là pour lui demander un parfum, il avait peut-être quand même bien fait de se lever ce matin-là.

Pensée qui s'éclipsa dès qu'il arriva à proximité de la porte qui reliait l'arrière-salle à la boutique. Les voix qui lui parvenaient à travers le panneau étaient indistinctes et leurs paroles incompréhensibles, mais rien n'aurait pu tromper ses narines: quelqu'un avait brisé des flacons exposés.


*C'est pas vrai, mais c'est pas vrai...*

Quelques pas amples, un battant ouvert sans précaution aucune. Et un instant de stupéfaction que même un excellent comédien comme Aramis ne put totalement dissimuler.

Primo, il n'avait jamais senti une odeur de rose aussi prononcée, même pas dans la serre du Pairidaeza qui leur était consacrée. Cette fragrance était si prononcée qu'elle éclipsait presque les fantômes des quelques parfums à l'enveloppe détruite, et qu'elle rendait les senteurs propres des différents protagonistes quasiment inexistantes. Mais surtout, elle se colorait d'une nuance étrange, à la fois chaude et sombre, que Aramis eut tôt fait d'identifier comme une variante de l'arôme ultime: ces roses-là étaient teintées de soleil.

Et secundo, les trois personnes présentes avaient de quoi désarçonné le plus blasé des hommes. Comme souvent quand sa vue et son odorat se contredisaient, Aramis eut un léger vertige. Il avait néanmoins pour politique de faire confiance à son nez, et ce que celui-ci lui apprit après avoir fait abstraction de l'odeur de rose était pour le moins surprenant.

L'homme distingué en train de rajuster son haut-de-forme sur sa chevelure argentée. Une femme. Sauf erreur, qui sortait d'une nuit bien plus agréable que celle d'Aramis.

La fameuse Albërick. N'en déplaise à Anton, c'etait un jeune homme, tout à fait charmant soit dit en passant - mais l'heure n'était pas au fantasme. Pas encore tout du moins.

Et puis lui, bien sûr. Lui sur qui ses yeux s'étaient posés en premier, comme deux iris de fer auraient été attirés par un aimant.

Aramis ne retint pas le sourire narquois qui lui venait: alors cette fois, il avait daigné se déplacer...

Le jeune homme s'inclina brièvement, et son fugitif désarroi redevint le masque séducteur et venimeux de courtisan qu'il arborrait d'habitude. Lorsqu'il parla, il parvint même à marier dans sa voix la serviabilité et la réprimande:


"Bien le bonjour, messieurs. Aramis Lekain, parfumeur. Il semblerait que vous me deviez quelques explications sur ce qu'il s'est passé ici."

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MessageSujet: Re: Commande...   Dim 18 Mai - 14:47

Il rosit de manière charmante à sa deuxième question, et Phoebé se mordit la lèvre inférieur, de petites fossettes se formant aux coins de sa bouche alors qu'elle souriait en essayant d'étouffer un gloussement. Il semblait si pur de cette manière, presque gêné par ces roses dont elle sentait pourtant qu'elles lui tenaient à coeur, et le prenaient presque en otage. Ce fut sans surprise que Phoebé apprit que Méphistophélès préférait les hommes : quand on a un physique pareil, c'est plutôt logique.

Malgré le fait que Phoebé soit peut-être futée, il lui arrive de faire des erreurs assez... disons, manquant de réflexion. Sans doute à cause de toutes ces odeurs qui flottent dans l'air de la parfumerie, troublant les sens, en excitant d'autres. Oser poser un doigt sur la Rose-Mère était réellement déconseillé. Un instant, elle se troubla, devant l'air désespéré de l'androgyne. Il semblait presque lui en vouloir. Elle retira vite son doigts du pétale, se sentant coupable et se coupa sur une épine. À moins que ce ne soit l'épine qui l'ait attaquée. Toujours est-il que la plaie la brûla soudain de manière violente, pas comme était censée le faire une blessure aussi bénigne. Les épines devaient être empoisonnées. Phoebé porta son doigt à ses lèvres pour en extraire le poison, mais son bras s'immobilisa à mi-parcours. La porte s'était ouverte et une voix avait troublé le silence régnant dans la parfumerie.


Mais c'est que l'on s'amuse ici, dites-moi.

Phoebé tourna la tête, droite à nouveau, oubliant un instant la douleur qui pulsait dans son doigt et remontait lentement dans son bras vers l'épaule. L'individu qui venait d'entrer était encore un personnage étrange. Phoebé, qui pourtant avait l'habitude de se sentir dominante par rapport à bien des gens et parfois daignait considérer certains comme ses égaux, ne put retenir presque un geste de courbette, alors que Mephisto semblait pris d'un mutisme soudain et paralysant. L'actrice en profita pour remettre son haut-de-forme et d'y coincer ses cheveux de manière à redevenir « un homme ». À vrai dire elle avait plus envie de se découvrir devant l'être qui venait d'entrer, mais elle lutta contre cette infériorité instinctive qui lui venait.

Un regard vers Méphisto lui indiqua que les roses s'étaient dissimulées dans le lourd manteau de l'éphèbe qui observait l'étranger comme hypnotisé. Il semblait à Phoebé voir un serpent charmer une colombe. Malgré la douleur qui pulsait à présent jusque dans sa poitrine, elle eut un sourire. Les roses devaient crever de jalousie. Elle aussi, certes, mais elle était satisfaite pour le moment. Bien sûr, elle aurait aimé voir une telle expression d'adoration chez Méphisto envers elle, mais il dédiait ce regard à l'inconnu, au grand dam des roses mortelles qui n'osaient pas se montrer. Ce qui amena la travestie à se demander pourquoi elles se dissimulaient. Avaient-elles aussi un complexe d'infériorité envers cet homme mystérieux?


Ttttt. Quel est donc ce manège?

Phoebé voulut répondre, mais la douleur s'intensifia et elle se retrouva à genoux sans comprendre pourquoi. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle comprenait comment les rivales des roses avaient péri : empoisonnées. Elle allait donc mourir? Non! Il était trop tôt. Elle voulut se relever, mes ses jambes se dérobèrent sous elle. Elle n'était pas si faible pourtant. Furieuse contre elle-même, elle prit une grande inspiration et se releva en s'appuyant contre le comptoir. Méphisto se tourna vers elle, un regard cette fois plus effrayé que fasciné et rencontra les yeux dilatés par le poison et la peur de mourir de Phoebé. Presque sans s'en rendre compte, il ramassa le mouchoir de Phoebé et lui pressa contre ses lèvres.

- Buvez...

Elle hocha la tête et aspira les quelques gouttes vermeilles, avalant avec difficulté et ravissement. Effectivement, la douleur reflua rapidement et il ne resta bientôt qu'une légère douleur, plutôt normale, dans son doigt coupé. Elle reprit son mouchoir et se l'attacha autour du doigt blessé, mêlant son sang et celui de Méphisto, reprenant peu à peu son calme et sa respiration. Et se souvenant brusquement qu'il y avait une troisième personne présente, qu'elle avait oubliée dans son délire empoisonné. Elle se tourna vers lui, en même temps que la jeune homme aux cheveux blancs comme neige.

"Alors jeunes gens... On veut semer le désordre?
Mais... Il appartient au roi de résoudre cette discorde. Attendons-le tous trois."

- Nous n'avions nullement l'intention de semer le désordre dans cette petite boutique, cher monsieur... Lorsque le "Roi" arrivera, je tiens à lui présenter mes excuses et à le dédommager, naturellement, et non pas à fuir comme un lâche en fuyant mes responsabilités....

Phoebé sourit inclina légèrement son buste en avant. Elle répondit en reprenant sa voix masculine, c'est-à-dire plutôt une voix de ténor-baryton aux intonations veloutées.

« Evidemment il est de même pour moi. Nous lui expliquerons la situation – elle jeta un oeil à Méphistophélès, comme pour lui dire 'Mais que dirons-nous exactement? Pas question de dire que je suis une Etoile, il est potentiellement dangereux' - et je rembourserai ma part. Enchanté, d'ailleurs. »

Après un instant d'hésitation, Phoebé choisit de ne pas tendre la main pour serrer celle de l'inconnu. Elle risquait de se prendre un vent. Ce qu'elle préférait éviter. À ce moment la porte de l'arrière-salle s'ouvrit. Phoebé constata avec une légère surprise que la personne qui entrait n'était pas celui qui avait pris la commande mais quelqu'un d'autre. Encore une personne au physique délicat, d'ailleurs. Il sembla se figer un instant en voyant le spectacle. Phoebé expira par la bouche, assez énervée par tout ça en fin de compte. Elle n'était venue que pour récupérer le cadeau de son époux et voilà qu'elle se retrouvait à draguer un androgyne dont le voeu l'attaque, souffrir le martyre, rencontrer un personnage énigmatique et devoir expliquer un désastre au Parfumeur en inventant une excuse valable. Et tout ça en se faisant passer pour un homme out en sachant pertinemment que Méphistophélès savait qu'elle était une femme et que les autres, pas si bêtes, ne tarderaient pas à le deviner, à moins qu'ils ne le sachent déjà. Aussi reprit-elle sa voix féminine en répondant, ôtant puis remettant son haut-de-forme afin que ses cheveux retombent se manière féminine tout en saluant le Parfumeur.

« Oh et puis merde. Je suis Phoebé Adynla, actrice et artiste anoblie. Je suis venue chercher un parfum commandé pour moi. J'ai eu un léger différend avec le Sieur Méphistophélès Albërick. Je vous demande pardon et suis prête à rembourser les dégâts. »

Elle avait résumé, sans entrer dans les détails, mais il était certain que cette excuse ne suffirait pas aux deux hommes présents. Elle espérait juste qu'ils auraient la délicatesse de ne pas vouloir entrer dans les détails.

[Ma pauvre Phoebé... =.=']
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Ambroise
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Synthèse
* Constellation protectrice *:
* Pouvoir Astral *:
Particularité: Laissez-moi voir... connard suffisant et prétentieux? Habile manipulateur?

MessageSujet: Re: Commande...   Dim 18 Mai - 20:26

Des explications?
Mais je vais t'en donner des explications moi... connard!
C'est toi qui m'en dois! Toi qui a kidnappé mon âme, infâme magicien a enfermé le voeux du génie dans un écrin de douleurs! Je vais t'en faire bouffer moi des réponses, à toi qui a entrevu ce que nul ne devrait savoir...

Ambrosio...
Son coeur s'affole, à lui faire mal, à l'éreinter de ces toussoments rachitiques devenue apothéoses d'opéra, explosion de cristal...

Je vais t'apprendre à lui faire mal, infâme traître! Je te ferais ravaler ton sourire
Oublier ces soupirs
Pourquoi...? Qu'ai-je donc fait...?
Mal...
A en rire, à en crever...










Et le voici de sourire, d'une voix onctueuse déposer un filet de miel, sarment de ces vignes lointaines, aux crépuscules oubliés vole leur trouble irréalité.


"Mais enfin, monsieur... personne ici ne vous traite de lâche. Je ne doutais point de votre honneur, ni même de votre intégrité."

Politesse qui pourrait presque paraître écoeurante ou obséquieuse si le murmure franchissant ces lèvres, portes pour les damner, n'avait parue à ce point... lointaine et mystérieuse. Si ce murmure enfin, paré du rictus étirant sa lèvre n'avait laissé dégager quelque effluve malsaine.

"Tiens donc, une comédienne... voyez-vous cela."

Est-il moqueur? méprisant? sarcastique?

"Je savais que j'avais déjà vu ce charmant minois quelque part. Il va sans dire que je suis ravi de pouvoir faire la connaissance d'une si belle âme, suffisamment charitable pour venir nous sortir de notre ennui moribond le temps d'une représentation."

... Non, tout simplement séducteur.





Sa prunelle flamboie, joug insensé d'un empire qui se perd déjà en sa rage délétère... en cette obscure colère. Il s'avance...
Un pas, un arrêt.
Il toise Aramis, de loin, en apparence indifférent, figé en cette attitude froide et fière. Il craint de lui sauter à la gorge s'il fait ne serait-ce qu'un geste de trop. Plus de manières, de paroles pompeuses...


"Ces jeunes gens n'ont qu'à partager la somme nécessaire aux réparations. Peu importe les raisons de cette dispute: un minimum de savoir-vivre permet en général d'éviter de telles situations."

Il s'en fout que le mignon ait trompé la belle ou qui sait quoi d'autres: il lui faut ses feuillets! A tout prix...
Il en devient presque malade...
Que d'angoisse...
Les a-t-il déchirés? les a-t-il seulement lu? et... aimé?
Son avis ne vaut rien, tu peux venir me dire en face que tu m'exècres et que ces écrits c'est de la merde, tes compliments comme tes critiques me passeront si loin au-dessus de la tête qu'en comparaison le ciel en paraîtrait presque proche...

Sa voix est devenue soudain... d'une neutralité presque glacée. Nonchalant sans pourtant rien avoir de ces nobles oisifs qui laissent se traîner leur luxueuse misère dans les bras d'une existence toute entière consacrée aux plaisirs, une aura comme un animal fauve semble déployer ses griffes autour de la silhouette gracile du doyen, paradoxe d'une puissance envenimée de folie pour un être à ce point frêle qu'il en paraissait fragile. Présent et à la fois retiré, presque désintéressé face à la scène qui se jouait en ce théâtre de réalité, il prend juste la peine d'enfiler son costume de névroses habituel afin de se fondre en cet environnement étranger, sans percevoir encore qu'il se trouve parmi eux une des étoiles dont il désire la mort.

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MessageSujet: Re: Commande...   Mar 20 Mai - 9:02

"Mais enfin, monsieur... personne ici ne vous traite de lâche. Je ne doutais point de votre honneur, ni même de votre intégrité."

Le regard tourné vers l’homme au charisme troublant, Méphistophélès eut à peine conscience des roses qui le griffaient légèrement de leurs épines, encore groggy par son sang. Elles ne mettraient pas longtemps à se remettre de cette petite « douceur » et leur caractère emporté marqué d’une jalousie et d’une possessivité certaines referait surface pour causer certainement d’autres dégâts…
Surtout depuis que cet homme était entré et l’avait captivé.
Il émanait de lui une aura de danger et pourtant emplie de grâce qui le subjuguait… Il ne parvenait pas à détacher son regard de lui… Pourtant, il ne savait pas pourquoi il se sentait autant fasciné par cet homme… Non, il n’était pas commun mais tout de même… Jamais un tel désir ne l’avait enflammé… pour personne.
Serait-ce à cause de l’abstinence ?
Probable…
… Certainement même étant donné l’agressivité lasse de ses Roses qui essayaient enfin de détourner son esprit par de légères blessures dont il n’avait cure.
Oubliée, la jeune actrice derrière lui.
Oubliée, sa commande pourtant si importante…
Oubliée, la petite boutique de parfums…
Oublié, le Roi…

Non, pas oublié.
Car la porte s’ouvre soudain à la volée, le faisant violement sursauter.
Le Roi entre, conquérant, dans son domaine, assuré.
Mais si sa démarche lui donne son impression, Méphistophélès ressent plus qu’il ne voit sa stupéfaction muette…

Curieux, sachant que ce n’est pas trois clients qui ont attiré ainsi son regard, le jeune Albërick se détourne et contemple pour la première fois les dégâts que les Roses et les Cheveux de l’étoile ont commit…
Et il reste muet lui aussi en contemplant l’ampleur des dégâts… Non, c’est beaucoup plus que ce qu’il avait entraperçut tout à l’heure assez rapidement,
Des fioles fracassées au sol… Quelques étagères renversées….
Et soudain l’odeur…

Il vacilla, étourdit, sous l’impact soudain des odeurs mélangées qui lui frappèrent non pas le nez mais les nerfs placés entre ses deux yeux, lui arrachant aussitôt une grimace de douleur sous la migraine qui vient à peine de le submerger.
Lui qui n’a vécu qu’avec la seule fragrance délicate de ses roses, le voilà pantelant devant une telle violence de sensation odorante.
Un cauchemar pour son pauvre nez qui n’a jamais habitué à un tel choc des senteurs.
Vivement, il attrape un de ses mouchoirs dans la poche intérieure de sa longue veste en cuir, effleurant au passage une rose qui le caresse de ses pétales, et le retire d’un geste vif avant de le déplier et de le coller sous son nez.

Il ferme les yeux et inspire lentement le parfum délicat de ses chères et tendre…
La migraine reflue peu à peu et son souffle ainsi que son rythme cardiaque se calme…
Voilà qui est mieux.

Le silence dans la pièce le trouble et il ouvre timidement les yeux pour faire face à l’étrange scène qui se déroule sous ses yeux. Instinctivement, il se recule auprès de Phoebé et contemple l’échange visuel entre le « Roi » et le jeune Noble qui vient d’entrer dans la boutique…
Ils semblent discuter entre eux par le simple biais de leurs yeux et Méphistophélès n’ose pas les troubler dans ce dialogue muet qui ne le regarde pas…

Puis le propriétaire de la parfumerie, très certainement, se détourne, rompant l’échange visuel pour susurrer d’une voix mielleuse et pourtant sèche, dévoilant ainsi la colère qui sourde doucement en lui tandis qu’il contemple une nouvelle fois les dégâts brièvement avant de les regarder, un sourire aux lèvres qui ne peut que faire frissonner le jeune homme aux cheveux de neige…
Frissonner d’effroi ou de désir ?
…. Pourquoi diable d’effroi ?


"Bien le bonjour, messieurs. Aramis Lekain, parfumeur. Il semblerait que vous me deviez quelques explications sur ce qu'il s'est passé ici."


Il lança un coup d’œil à Phoebé, assez inquiet quand à la tournure des choses mais remarquant non sans soulagement que cette dernière allait déjà beaucoup mieux.
Le sang de Méphistophélès avait dût faire refluer en très peu de temps le peu de poison qui s’était glissé dans son propre sang…
Parfait, un problème déjà en moins, et non des moindres.

Il eut un léger soupir de contentement mental et se demanda soudain ce qu’ils allaient répondre… Certes, Phoebé avait assuré au jeune homme aux cheveux d’ébènes qu’elle paierait elle aussi sa part de dégâts mais… quelle excuse inventer ?

L’esprit vide, encore choqué par la scène précédente et désormais tourné vers le nouvel arrivant, Méphistophélès ne put que rester les bras ballant, maugréant en silence contre la stupidité soudaine dont il faisait preuve.
Allons, il n’était plus un jeune adolescent gouverné par ses hormones, que diable ! Un peu de tenue et d’esprit, un hériter d’Albërick ne se comportait pas ainsi, surtout devant une jeune femme…
Rasséréné, il se courba légèrement vers le parfumeur, ses mèches venant effleurer tendrement son visage alors que la Rose Mère ne cillait pas.

Tournée vers le parfumeur, elle réfléchissait.
La situation actuelle ne lui plaisait pas… oh non, pas du tout.
Entre l’autre catin qui faisait sa pimbêche et boudait car elle n’avait plus l’ascendant sur son cher Époux, l’autre dégénéré au charisme animal et au sourire de faux jeton hypocrite blessé et le nouvel arrivant avec son hypocrisie qui n’avait même pas l’audace de foutre tout ses gens à la rue pour avoir dégommé son magasin sans excuses valable, tout ne se présentait pas pour le mieux pour elle…
De plus, l’odeur qui les submergeait et les rendait lasses la contraignait à effleurer la nuque gracile de son Père et Amant pour qu’ils sortent enfin de là au plus vite…
C’était insultant, de savoir que Méphistophélès pouvait savourer une autre odeur que celles dont-elles le charmaient chaque jour…
C’était insultant et énervant… Elle aurait pût punir le jeune parfumeur pour avoir créer de telles merveilles capable de ternir l’éclat de leurs senteurs l’espace d’un instant auprès de son Époux mais elle dodelinait faiblement, callée derrière son oreille, sa tige formant un collier autour de son cou sans pour autant l’étrangler, alors attaquer une nouvelle fois quelqu’un…
Et puis Méphistophélès aurait encore la bêtise de jouer les preux chevalier en défendant encore ce jeune inconnu… Quel gâchis…


« Oh et puis merde. Je suis Phoebé Adynla, actrice et artiste anoblie. Je suis venue chercher un parfum commandé pour moi. J'ai eu un léger différend avec le Sieur Méphistophélès Albërick. Je vous demande pardon et suis prête à rembourser les dégâts. »


L’exclamation de la jeune femme les tira tout deux de leurs pensées respectives et Méphistophélès se redressa vivement, comme piqué par l’une de ses roses un peu trop vivement…
Elle s’était finalement présentée et leur avait avoué qu’elle était une femme…
Mais pas une Étoile.
Il se souvint alors du regard que l’actrice lui avait lancé tout en rassurant le jeune homme dont il ignorait toujours le nom…
Il devait y avoir un danger quelque part… Et si ce danger concernait Phoebé car elle était une étoile, peut-être devait-il aussi songer à protéger son Vœu… sait-on jamais…
Il n’était pas parano ou imbus de lui-même mais même si ses Roses étaient la preuve éternelle de son erreur, elles étaient aussi ses seules amies… Il se devait de veiller sur elle comme elles le faisaient pour lui…
Plus qu’une dette d’honneur, c’était son Destin…

"Tiens donc, une comédienne... voyez-vous cela."


La voix de l’homme le trouble encore et il plisse l’espace d’un instant les yeux pour savourer l’onctuosité de ce simple murmure… sensuel…
Une pique de jalousie lui vrille un instant le cœur juste avant qu’il ne la chasse comme une guêpe, étonné par ce brusque éclat sentimental auquel il ne s’attendait pas…
Il doit vraiment se ressaisir, il perd le contrôle de lui-même, à cause de ses sentiments… non de ses désirs primaires et cela n’est pas du tout, du tout quelque chose qu’il se pardonne…
Une perte de contrôle lui a valut de tuer une Étoile et même si celle-là est des moindre, elle est toute fois inacceptable.

"Je savais que j'avais déjà vu ce charmant minois quelque part. Il va sans dire que je suis ravi de pouvoir faire la connaissance d'une si belle âme, suffisamment charitable pour venir nous sortir de notre ennui moribond le temps d'une représentation."


De toute façon, nul doute qu’entre lui et le parfumeur, se déroule une scène qui échappe totalement à Méphistophélès… scène qu’il ne cherche d’ailleurs pas à comprendre.
Autant est-il discret dans son comportement, autant respecte-t-il la discrétion de ceux qu’il côtoie.


"Ces jeunes gens n'ont qu'à partager la somme nécessaire aux réparations. Peu importe les raisons de cette dispute: un minimum de savoir-vivre permet en général d'éviter de telles situations."


La voix est certes glaciale mais le jeune Albërick n’en a cure… Il tient enfin l’occasion de se présenter au parfumeur et de le rembourser, totalement, de n'importe quelle façon. Après tout, ce sont ses Roses qui ont commencé avec leur Jalousie coutumière et le jeune noble ne veut pas que Phoebe soit concernée par un quelconque troc alors que ce sont eux -Méphistophélès et ses Roses bien entendu- qui ont commencé l'attaque...
Il s’avance d’un pas, sourit doucement, les joues un peu rosées, au jeune Roi qui les toise sans quitter toutefois le Noble des yeux.


- Ce monsieur a tout à fait raison et je m’excuse pour ce dérangement inopportun qui a gâché de longues heures de travail… Pour toutes ces fioles brisées et leurs contenus, vous pouvez proposer le troc qu’il vous plaira, en rajoutant bien entendu celui de ma commande
, je suis près à vous rembourser dès l’instant… Cette jeune femme n’a absolument rien avoir avec tout cela et je tiens à prendre en charge toutes les réparations dont votre boutique aura besoin… Je vous prie une nouvelle fois de m’excuser… Mon comportement fut intolérable et sachez que la honte m’envahie tandis que je contemple les dégâts qui ont été occasionné au court de cet échange fort peu aimable… Ceci est vraiment indigne de ma part et je ne me trouverais satisfait que lorsque j’aurais regagné un peu de votre estime…

Les yeux baissés, Méphistophélès songe soudain que son père, tout chef de famille neutre qu’il soit, n’aurait certainement pas apprécié qu’il se rabaisse ainsi vers un simple parfumeur… Certainement aurait-il lancé à ce pauvre homme un regard dédaigneux sans présenter nulle excuse… La culture n’empêche pas l’arrogance… Surtout chez le Comte Albërick.
Mais Méphistophélès ne tient de lui que son intelligence tandis que la vie l’a forgé à considérer ceux qu’il rencontre comme un égal. Pas de rang, juste deux jeunes hommes dont l’un s’excuse… Pas de Rang dût à la simple naissance, pas d’orgueil mal placé, juste un respect mutuel: Voilà comment il conçoit ses échanges et pour l’instant cela lui a plutôt réussit…

Il ose jeter un œil à Aramis, assez nerveux quant à la réponse de ce dernier… Mais son esprit est aussi tourné vers Phoebé… Il sait bien que cette dernière ne le laissera pas s’en tirer comme ça et qu'elle proposera elle aussi n'importe quel troc pour rembourser sa part... Mais il ne peut la laisser faire... Plus qu'une galanterie, c'est une question d'honneur... S'il n'avait pas été blessé et que son sang n'avait pas touché son mouchoir, nul doute que la jeune femme serait à terre entrain de hurler de douleur par sa faute...

Il songe soudain que peut-être, en sortant, s'offrira à lui la possibilité de poser une nouvelle fois son regard sur le visage du jeune inconnu qu’il n’aura sans doute même pas intéressé… Non, son regard reste posé sur le parfumeur et le jeune homme aux cheveux de neige ne peut qu’hausser mentalement une épaule lasse…
Après tout, il le mérite bien…. Et puis, fantasmer certaines choses n’arrangent pour l’instant pas les choses…
Laissons donc les pulsions pour un échange plus courtois entre personnes civilisées…

Ce qui n’est pas du tout l’envie de la Rose Mère qui laisse les paresseuses sommeiller sous le manteau, à l’abris des odeurs, ne vivant qu’avec la pulsation cardiaque de leur Père non loin d’elle et sa chaleur les protégeant pour mieux fusiller de ses pistils les trois personnes qui détournent chacune à leur manière l’attention de son Bien-aimé d’elle.
Si seulement ils pouvaient tous crever… Elle la Catin, qu’elle aille se travestir ailleurs pour séduire d’autres nobliaux et que les deux autres règlent leurs différents dans leur lit au lieu d’empoisonner l’air avec leurs regards chargés en électricité.
Franchement, que c’est agaçant toutes ses histoires… Si elle devait faire un Vœu elle aussi, elle souhaiterait être enfermée dans une pièce totalement close avec ses Filles et son Époux pour toujours…
Et peut-être cela est-il réalisable…
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Aramis
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MessageSujet: Re: Commande...   Sam 24 Mai - 19:30

S'il adorait son antre soigneusement ventilé, Aramis évitait en revanche de mettre les pieds dans la boutique de la parfumerie. Déjà parce que les créateurs perdent toujours de leur aura mystique lorsque leurs admirateurs peuvent les voir en chair et en os. Mais c'était surtout parce que tous ces patriciens qui testaient d'innombrables parfums en d'innombrables jets d'innombrables aérosols emplissaient l'espace d'un épais nuage de senteurs, et l'addition des raffinements individuels donnait un résultat véritablement nocif - si vous peinez à visualiser la chose, imaginez-vous dans une salle de concert où quatre orchestres symphoniques joueraient en même temps la Pastorale de Beethoven, le Printemps de Vivaldi, le Dies Irae de Mozart et le Bolero de Ravel à son paroxysme.

Alors ce jour-là, avec une bonne dizaine de flacons en miettes sur le sol et autant de grandes quantités d'humeurs répandues dans l'air... Rien d'étonnant à ce que le parfumeur soit pris d'un vertige qui deviendrait bientôt une migraine carabinée. Il nota d'ailleurs que l'Albërick semblait lui aussi incommodé, bien plus que les deux autres, bien plus qu'un nez ordinaire. Information pour le moins intéressante, mais qui pour l'heure n'était pas prioritaire.

Ces yeux. Ces yeux d'or et de lapis lazuli, ce regard trouble et dérangeant qui se coulait le long de sa colonne vertébrale en une onde brûlante et délicieuse. Du désir, du désir à l'état brut malgré la menace latente - ou justement grâce à la menace latente, qui sait? Menton levé, visage figé dans une impassible attitude attentive et distinguée, Aramis se noyait dans les iris d'Ambroise, il s'y engloutissait avec le masochisme haineux et amusé qui avait rythmé l'ensemble de leur première rencontre. Si le parfumeur semblait parfaitement serein, quoique agacé par le désordre de sa boutique, à l'intérieur il bouillait, gémissait, ricanait et pleurait, envahi par des images de peaux nues et luisantes, les harmonies de sa voix, le goût de sa bouche, de son ventre, et son odeur, l'odeur de ses cheveux, de sa salive, de sa sueur, de son entrecuisse.

Et le triomphe, bien sûr, le triomphe un tantinet effrayé du gosse pryomane qui voit son incendie prendre et n'est pas certain de tout maîtriser: Ambroise était venu. Môssieur le doyen des Mearas était venu jusqu'à lui.

L'exclamation de la travestie le tira de sa morbide contemplation, et ce fut une bonne chose, car il est des signes d'excitation que même le plus ingénieux des hommes ne saurait contenir. Aramis obligea (difficilement) ses yeux à rompre le contact avec ceux de son père ignoré, et il dévisagea la comédienne en feignant une surprise polie quant à la révélation de son véritable sexe. Brièvement libéré de la fascination que le Mearas exerçait sur lui comme sur les deux autres, le jeune homme parvint à s'étonner de l'explication de la distinguée demoiselle, surprise qui transparut d'ailleurs dans l'éloquent coup d'oeil qu'il jeta à la boutique: un "léger différend", ça?!


"Eh bien, je suppose que je dois remercier l'Azur pour la grande maîtrise dont vous avez fait preuve..."

C'était une remarque plus dubitative qu'acide, qui de toute façon n'eut pas le temps de recevoir de réponse: Ambroise avait pris la parole, s'adressant à la dénommée Pheobé, et on aurait pu croire que la température de la pièce venait de grimper de dix degrés, tant étaient perceptibles la séduction qu'il exerçait et la jalousie palpable qu'il déclenchait chez ceux qu'il délaissait.

Ceux?

Aramis jeta un coup d'oeil sur le côté, et il n'eut aucun mal à remarquer l'éclat alangui qu'avait prises les prunelles de l'Albërick. La lumière incomparable d'une envie presque bestiale, de celles qu'ont les adolescents. Le parfumeur ramena son regard sur le doyen, aussi furieux qu'incrédule. Ambroise, foutu animal, créature infernale, est-ce cette Etoile que tu as tuée qui t'as donné cette aura démentielle, ou bien l'as-tu achetée au Nuage avant-même que celui-ci se dévoile, et avant ta propre venue sur Terre?

Cependant, Aramis avait un avantage sur ce qu'il se refusait à appeler ses concurrents: il avait déjà croisé Ambroise, et il s'était déjà abreuvé à sa fontaine de paradoxes, au point de partager sa couche, presque au point de partager sa chair. Il avait lu ses écrits. Il avait mis ce qui restait de son vieux coeur dans un parfum. Comme tout le monde, le bel éphèbe était séduit. La différence, c'était que lui le savait. Il se sentait excité et jaloux, il percevait la soumission inconsciente qui les mettait tous aux pieds de cette pourriture de noble. Et parce que la force des gens comme Ambroise vient du fait que leur influence est indécelable, Aramis se sentait capable de tenir tête au dragon. Il l'avait déjà fait.

Et si c'était dangereux, c'était également jouissif.


"Vos paroles sont sages, monsieur de Mearas, même s'il sera malaisé d'évaluer les dégâts et de définir un juste milieu. Au fait, je me dois de vous présenter toutes nos excuses: si votre parfum est terminé, la cristallerie n'a pas encore achevé son flacon."

Car oui, aussi vicieux et retors qu'il soit, Aramis avait corrigé son esquisse et en avait envoyé la formule aux artisans de la parfumerie le soir-même de leur entrevue. Quant au nom, il s'était imposé de lui-même.

Et puis cette excuse lui permettait, l'air de rien, de dévoiler l'identité du noble, un nom qui sentait le souffre et ne manquerait pas de faire tiquer les deux belligérants.

Revenons-en à ces deux-là, d'ailleurs: voilà que c'était au tour de l'Albërick de s'avancer, et Aramis s'en voulut de ne pas lui avoir prêté attention plus tôt. Ce jeune homme fin et délicat était en tous points opposé aux brutes avec lesquelles le parfumeur avait l'habitude de partager ses vices, mais ce dernier n'en appréciait pas moins les idées peu recommandables que ce corps juvénile faisait naître en son esprit - ce qu'il aurait pu appeler "varier les plaisirs". Sans compter qu'il était très conscient du regard qu'Ambroise posait sur lui, et qu'il se doutait qu'il attiserait la colère du noble honni en s'intéressant de près au jeune Albërick, au lieu de lui parler de ses écrits dérobés.

Et soudain, un argument supérieur à toutes ces histoires de coucheries. Lorsque Méphistophélès fit un pas vers lui, Aramis comprit que c'était lui, la source de cette magnifique et ennivrante odeur de rose. Le regard du parfumeur parcourut la jeune silhouette de haut en bas, de bas en haut. S'arrêta sur la somptueuse fleur sise sur l'oreille du noble héritier.

Le rêveur de senteurs eut un sourire indéfinissable, avant de s'incliner.


"Monsieur, il n'est point question d'estime, tout comme les raisons de cette rixe m'apparaissent négligeables. Je laisse à votre appréciation le partage du remboursement, et me contenterai de recevoir votre dédommagement avec toute la discrétion nécessaire."

Le parfumeur releva la tête, jeta un autre regard panoramique sur les dégâts, comme pour les évaluer le plus justement possible. Ses yeux s'arrêtèrent sur la comédienne, ses riches vêtements, et les courbes très discrètes qu'il y devinait uniquement parce qu'il savait la vérité. Ses cheveux, surtout, lui semblaient particulièrement intéressants - il aurait aimé les sentir de plus près. Il croisa son regard, hocha la tête en un distingué assentiment. Elle n'aurait pas de mal à payer, elle non plus, et elle insisterait pour le faire. Cela se voyait que la gente dame n'était pas du genre à faire des concessions. Il songea que Trévor serait ravi de se faire payer en nature (ou tout du moins d'essayer) par une créature aussi vive et fière.

Parce que de ce point de vue là, évidemment, lui-même était davantage intéressé par celui qui lui faisait face.


"Heureusement nous conservons les formules de tous nos parfums, donc rien de tout ceci n'est irremplaçable. Mais le coût en matières premières gâchées doit malheureusement être assez important."

Ignorant ostensiblement le Mearas, Aramis s'approcha encore du jeune patricien, jusqu'à franchir cette distance limite qui faisait qu'en tendant le bras il aurait pu toucher Méphistophélès. L'odeur de rose, forte au point d'être plus animale que végétale, éveilla dans ses reins la même chaleur que l'odeur d'Ambroise. Il frémit. Les mains dans le dos, il avait l'air nonchalant et poli, il s'appliquait à garder un sourire songeur mais pas obscène. Sauf que ses yeux noisettes souriaient à leur manière, et que s'ils n'avaient pas le magnétisme de ceux de son père, ils n'en possédaient pas moins la même lubricité tentatrice.

"Si j'osais, je vous demanderais bien..."

Pause étudiée. Une main qui s'élève vers cette joue pâle, un visage qui s'abaisse vers celui du damoiseau, s'enivre de cette senteur unique. Et puis, juste avant l'affront, un regard qui glisse sur le côté et un doigt qui pointe la chevelure de neige.

"... cette rose me semblerait un bon début. Son parfum est proprement merveilleux. Puis-je vous demander d'où vous la tenez, monsieur?"

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MessageSujet: Re: Commande...   Dim 1 Juin - 23:23

"Tiens donc, une comédienne... voyez-vous cela."

Phoebé se raidit. Elle n'appréciait guère le ton mi-moqueur mi-charmeur de l'inconnu. D'ailleurs elle n'appréciait pas du tout l'atmosphère qu'il avait créée en entrant.

"Je savais que j'avais déjà vu ce charmant minois quelque part. Il va sans dire que je suis ravi de pouvoir faire la connaissance d'une si belle âme, suffisamment charitable pour venir nous sortir de notre ennui moribond le temps d'une représentation."

Cette seconde prise de parole du noble lui hérissa l'échine. Toute cette séduction mêlée de moquerie... Et puis Phoebé sentait une jalousie diffuse mais fortement présente de la part des deux autres. Elle se sentit soudain très lasse, quoique flattée qu'un aristocrate aussi charmant cherche à la séduire. Elle voulut répliquer une phrase cinglante qui lui rende la pareille, mais il avait déjà repris la parole, s'adressant à présent au parfumeur, séduisant lui aussi certes, mais gay, donc ne présentant aucun intérêt pour Phoebé. Elle sentait entre ces deux-là un lien particulier qu'elle était incapable de définir. Toujours est-il qu'Aramis répondit à l'inconnu d'une voix veloutée.

"Vos paroles sont sages, monsieur de Mearas, même s'il sera malaisé d'évaluer les dégâts et de définir un juste milieu. Au fait, je me dois de vous présenter toutes nos excuses: si votre parfum est terminé, la cristallerie n'a pas encore achevé son flacon."

Certes, évaluer les dégâts serait malaisé. Le reste ne la concernait pas. Mais... minute papillon! Il avait dit « Monsieur de Mearas ». Un Mearas? Dans quel pétrin s'était-elle encore fourrée? Phoebé était peut-être futée et c'est bien pour ça qu'elle évitait certaines personnes, se connaissant, mais là, tous les malheurs du monde avaient décidé de lui tomber dessus... Elle jeta un regard curieux au Mearas puis reporta son attention sur Méphistophélès qui s'était avancé à son tour pour proposer de tout rembourser lui-même. La comédienne lança un regard furieux à l'androgyne. Comme si elle allait laisser faire cela!

Elle voulut prendre la parole, mais, à nouveau, on interrompit son élan verbal. C'était le parfumeur cette fois, qui répondait à Méphistophélès. Et quelque chose disait à Phoebé qu'il allait se passer quelque chose de pas bon. Pas bon du tout.

Pourtant, il ne semblait ne rien se passer, mis à part qu'Aramis attendait de Méphisto et de Phoebé qu'ils jugent eux-même de ce qu'ils allaient rembourser. C'était déjà mieux que la solution proposée par l'Albërick et Phoebé aurait volontiers proposé de payer en nature si elle n'avait compris que le parfumeur était plutôt attiré par les hommes. L'éphèbe s'approchait de l'androgyne en affirmant que la seule perte était en matières premières. Phoebé haussa les épaules. C'était quand même onéreux les matières premières, surtout quand c'était pour les nobles.

C'est à ce moment-là que la sonnette d'alarme se mit à sonner dans la tête de la jeune femme. Peut-être parce que le regard d'Aramis avait accroché la rose perchée sur l'oreille de Méphistophélès. Mais aussi, elle n'était pas fute-fute cette rose... Se laisser voir de manière aussi ostensible dans un endroit où les odeurs sont souveraines... Bien que Phoebé n'éprouve aucune sympathie pour la plante à épines, elle serra les lèvres jusqu'à ce qu'elles deviennent blanches quand le jeune homme brun désigna la rose en la demandant comme dédommagement. Pauvre Méphisto. Il allait s'enfoncer dans un bourbier.

Mince. Il risquait de laisser échapper un mot malheureux à propos de Phoebé. L'actrice étouffa un profond soupir de lassitude. Qu'est-ce qui avait pris à son époux de l'envoyer chercher un parfum pile ce matin-là ? Hein ? Il voulait vraiment qu'elle crève ? Et elle s'avança à son tour (métaphoriquement parlant).


« Messieurs les gays, si vous me passez l'expression, vous vous séduirez, vous jalouserez et compagnie en mon absence si vous le voulez... »

Elle jouait la jalousie d'une femme à qui on ne prête pas attention et on peut dire qu'elle éprouvait de l'exaspération à être tombée ici à ce moment-là. Toujours est-il que le « si vous le voulez » n'était pas tellement une option. On sentait qu'elle était assez en colère – était-elle uniquement feinte, cette colère ? - , bien qu'elle sache qu'elle ne pouvait absolument pas se mesurer au Mearas question charisme et qu'elle ne faisait que rivaliser avec Aramis et Méphistophélès.

« Je propose comme part du remboursement de ma part un abonnement gratuit pour toutes les pièces jouées à l'Opéra pour tous les employés de la Parfumerie. Étant donné que les places y sont onéreuses – il arrive qu'on se retrouve à échanger un carrosse avec deux chevaux pour avoir une loge – je pense que ça suffira, d'autant plus que ce ne serait pas seulement pour les pièces où je joue, mais les autres, dont les opéras et les ballets, comme les simples concerts de musique de chambre ou d'orchestre. »

Elle fit se fit craquer les phalanges des doigts dans le silence qui régnait dans la Parfumerie.

« Et j'aimerais bien récupérer le but de ma venue : un parfum... et non pas une place pour assister aux jeux de l'amour entre hommes, certes très séduisants et charismatiques, mais ça ne présente aucun intérêt pour moi. Faites vos jeux, amusez-vous, à trois ça peut être drôle aussi même si je doute que des nobles soient partageurs, mais laissez-moi prendre mon parfum et me tirer d'ici, ok ? J'ai autre chose à faire qu'à glander ici avec vous! »

Vers la fin de sa tirade, elle était devenue légèrement agressive et elle n'avait pas pu éviter un frémissement assez peu naturel de ses cheveux.

*Putain de merde de foutu enculé de pouvoir d'Étoile!*


Son attitude ne se trouble cependant absolument pas et elle resta semblable à elle-même, c'est-à-dire énervée, bouillante de rage et prête à exploser – en apparence. Elle se tourna vers le Mearas, perdant toute mesure cette fois, répliquant avec un temps de retard aux phrases séductrices qu'il lui avait lancées plus tôt.

« Je suis ravie que mon 'charmant minois' vous divertisse le temps d'une pièce et vous sorte d'une torpeur toute aristocratique mais j'dois dire que le 'Tiens donc...' m'a que moyennement plu. »

On pouvait dire que Phoebé s'énervait quand elle commençait à faire un mix du langage soutenu et du langage familier – ce qui donne bizarrement, vous en conviendrez.
Elle ôta cependant rapidement son regard vengeur du noble. Sa personne magnétique la troublait de nouveau et tout son être s'hérissait de devoir faire des concessions non voulues à cet être que Phoebé avait présent qualifié d'« abject ». Elle plissa les lèvres et croisa les bras, sur la défensive, attendant une réponse à ses tirades virulentes, espérant que son intervention aurait – au moins pour le moment – ôté la rose de Méphistopélès des esprits des hommes présents.


[Voilà, et encore désolée du retard >.> Et j'aime pas mon post en plus >.>]
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