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Aramis
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MessageSujet: Non   20.01.08 21:20

Non.

Trois lettres, une seule syllabe. Pas compliqué, comme mot. Et généralement, les gens n'ont aucun mal à en comprendre le sens. Pourtant, le médecin des Esagils avait l'air d'avoir un blocage à ce sujet.


"Ecoutez, vous avez un début de bronchite. Ca ne se traite convenablement qu'avec des antibiotiques."

Non.

"Ca risque de dégénérer en pneumonie."

Non. Non, et non!

"Je suis désolé, en temps que soignant, je n'assumerai pas ça. Débrouillez-vous."

Voilà, ça c'était déjà mieux. Aramis était parti en claquant la porte, et il s'était directement rendu dans les bas quartiers, à cet hôpital que tout le mode connaissait. Il s'était assis dans un coin de la salle d'attente, entre les mères de familles débordées et les alcooliques, l'air mauvais, étouffant sa toux dans un mouchoir qui lui servait également à se masquer un peu le nez - les désinfectants, mon dieu, leur odeur forte, acérée, qui prenait à la gorge... Un parfumeur, même enrhumé, dans un endroit pareil, c'était comme une oreille absolue enfermée dans une boîte de nuit: une torture. Ce n'était pas qu'à cause de sa maladie qu'Aramis avait les larmes aux yeux.

Car c'était bien là le drame: malgré toutes ses précautions, les masques hygiéniques qu'il portait en période d'épidémie, les monceaux de foulards dans lesquels il s'emmitoufflait au dehors, le jeune homme ne pouvait pas toujours passer entre les mailles du filet. Il lui pouvait attraper froid. C'était rare, mais quand cela arrivait, cela tournait rapidement au calvaire. Avoir le nez bouché l'empêchait de travailler correctement, le privait de son art, sapait son moral. En plus, le nez qui coule n'était guère un atout question séduction. D'habitude, il s'en sortait au bout de quelques mois, avec une voix cassée et une indéniable déprime.

C'était la première fois que cela dégénérait en bronchite. C'était également la première fois que l'esthète avait une vie sentimentale qui ne le satisfaisait pas pleinement (merci Ambroise et ses foutues ambiguïtés). Et ce que cet abruti de médecin refusait de comprendre, ce qu'il espérait bien faire rentrer dans le crâne des soignants locaux, c'était qu'il refusait complètement de prendre des antibiotiques, à cause de l'un de leurs effets secondaires possibles. Son cauchemar, la seule véritable angoisse de sa vie, celle qu'il n'osait même pas ouvertement formuler. Comme le musicien qui craint de perdre ses mains. Comme le peintre qui devient aveugle.

La seule vraie terreur d'Aramis, c'était l'anosmie. L'altération de l'odorat.

Il toussa encore, avant de lancer à la femme qui gérait l'accueil:


"Dites, loin de moi l'idée de vous bousculer, mais vous comptez me laisser toute la nuit ici?!"



[j'attends Anaël, mais ce n'est pas exclusif ^^]

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Anaël
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* Constellation protectrice *: Ophucius
* Pouvoir Astral *: Guérison, absorption d'énergie vitale
Particularité: Une tâche de vin sur l'oeil droit

MessageSujet: Re: Non   25.01.08 21:37

La femme de l'acceuil, une infirmière qui avait déjà quelques années (voire décennies) derrière elle, regarda la chochotte aux cheveux bruns. Son bisage ne reflétait pas ses sentiments et ses yeux, bien dissimulés derrière ses lunettes dissimulaient son mépris pour cet homme délicat qui ne souffrait pas la compagnie des réels miséreux. Encore un qui se croyait tout permis! Pas un noble, ils avaient leurs médecins privés, mais monsieur était assez bien fringué pour être un de ces arrivistes et parvenus de plébéiens qui s'élevaient dans la société. Qu'il attende, ça lui ferait les pieds!

- "Il y a des personnes qui sont là depuis plus longtemps que vous, alors prenez votre mal en patience monsieur. Vous n'êtes pas à l'article de la mort, il me semble."

Il y avait énormément de travail à la clinique. Les infirmières faisaient de leur mieux pour prendre rapidement en charge les patients, mais avec seulement trois médecins, elles ne pouvaient pas faire de magie. Les gens devaient attendre, sauf les urgences. Et l'attente les rendait fous. Heureusement, le personnel avait assez de caractère et de sang froid pour gérer les débordements intempestifs.

Le pire étant les alcooliques et autre drogués, capables de piquer des crises brutales et incontrôlables. D'ailleurs, en parlant de crises. Voilà qu'un homme d'une cinquantaine d'années, commençait à s'énerver. Assis non loin d'Aramis, voilà qu'il beuglait, encouragé par la remarque du jeune homme.

- "Ouais, c'est qu'on voit un toubib? Ca fait des heures que j'attends bordel de merde."

Il se leva et l'infirmière se raidit, prête à le rembarrer.

- "Asseyez-vous monsieur."

Elle semblait indiquer par son ton qu'elle ne le redirait pas.

- "Ouais, c'est ça pétasse, tu vas mieux me causer d'abord!"

L'infirmière se leva, mais une silhouette imposante se saisit du bras de l'ivrogne qui tenta vainement de se débattre, avant de sentir ses forces diminuer, le laissant étrangement docile.

- "Allez chercher un brancard, vous voyez bien qu'il fait un malaise!"

Aussitôt dit aussitôt fait! L'ivrogne fut embarqué et emmené dans un box un peu plus loin. Momentanément groggy, il ne causerait plus d'ennuis... Anaël n'aimait pas utiliser son pouvoir ainsi, mais si ça pouvait éviter un esclandre... Il fit demi tour et alla voir l'ivrogne, alors qu'une autre infirmière venait chercher Aramis pour le conduire dans un box inoccupé. Petite, un peu potelée, blonde, avec un visage chaleureux, l'nfirmière souriait, agréable, alors qu'elle questionnait Aramis et prenait ses constantes.

- "C'est tout pour moi monsieur, un médecin va venir vous voir rapidement."

Et elle retourna à ses affaires, laissant le beau jeune homme brun seul. Pas très longtemps... Anaël fit son entrée dans la salle, avec les notes de l'infirmière dans la main et observa Aramis.

- "Bonjour. Je suis le docteur Valari, retirez votre chemise s'il vous plait, je vais vous examiner."

Il se saisit du sthétoscope et le posa sur le dos du jeune homme, écoutant les râles bronchiques. Effectivement, il était déjà bien prit.

- "Quand cela a-t-il débuté?"
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Aramis
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MessageSujet: Re: Non   13.05.08 15:24

[je sais, mon retard tient du record; mais des évènements récents font que j'ai un soudain et inexplicable désir de t'embêter What a Face ]



L'infirmière de l'accueil le remballa sans ménagement, ce qui lui valut un regard haineux de la part du parfumeur. Enfin, un regard haineux singulièrement atténué par une buée de larmes. Aramis détestait qu'on le fasse attendre, c'était vrai. D'habitude, il se contentait pourtant d'insulter en esprit les incapables qui géraient le lieu, quelque soit le contexte. Il ronchonnait dans son coin, balançait une remarque acide si on venait le chercher après un délai vraiment trop long, et l'affaire était classée. Là, il était malade, sans doute fiévreux, son moral frisait le zéro absolu ( - 273,15 ), et en plus, ce que cette gourde derrière son comptoir n'aurait pas pu comprendre même avec un cerveau supplémentaire, c'est que cette salle puait, mon Dieu elle puait, c'était atroce.

Pas les gens. Enfin si, mais ce n'était pas un problème. Aramis était habitué à la puanteur humaine, c'était simplement devenu une composante désagréable de son environnement, un peu comme les bruits de moteurs en centre-ville. Et contrairement à ce que pensaient ses semblables à l'odorat moins sensible, les nobles puaient autant que les plébéiens, leurs émanations étaient simplement d'autres natures (cocktail indigeste de parfum, crème à raser, huiles de massage, sueur et sexe au lieu de crasse, maladie, sueur et sexe). En général, le parfumeur ignorait ces informations nauséabondes, et si cela devenait vraiment insupportable, soit il prenait une douche interminable en gardant le visage sous le jet, soit il allait jusqu'aux portes de Tsel pour s'oublier dans l'immense odeur du désert.

Les humains, il savait les gérer. Non, le problème c'était ces désinfectants, ces putains de désinfectants bon marché qui le mordaient aux sinus à travers son mouchoir et son rhume, si violemment qu'il en avait des vertiges. Alors oui, il en avait marre d'attendre, mais il en avait surtout marre d'attendre ici. Le parfumeur s'enlisait tellement dans son tourment et la peine que celui-ci lui causait qu'il se rendit à peine compte de la charge menée par l'un de ses voisins, et il l'aurait sans doute complètement ignorée si une information olfactive n'avait pas soudain percé la tourmente alcoolisée qui l'entourait.

Une information qui le fit tressaillir des pieds à la tête et lui causa une nouvelle quinte de toux.

Aramis releva les yeux, mais il n'y avait là que deux brancardiers et l'autre impotent qui faisait son malaise. Plus loin, l'infirmière de l'accueil et une autre, avec un type en blouse blanche qui s'éloignait. Malgré son dégoût, le jeune homme se força à s'écarter de son mouchoir pour renifler plus attentivement la pièce. Non. Plus rien. Il ne l'avait pas inventée pourtant, pas ça, pas cette odeur. D'accord, il avait le nez sérieusement congestionné, mais de là à se tromper sur un sujet pareil...

On l'appela. Il secoua la tête pour s'éclaircir les pensées, rassembla ses affaires, se leva et suivit l'infirmière précédemment entrevue. Elle le mena jusqu'à un box à l'autre bout du couloir, fausse pièce exiguë qui aurait pu lui tirer un commentaire acerbe si elle n'avait pas eu le bonheur de comporter un vasistas entrebaillé. Savourant le courant d'air pourtant frisquet, Aramis se laissa triturer par l'infirmière avec un désintérêt total et évident. La pauvre était une femme, bien sûr (personne n'est parfait), mais il était surtout préoccupé par ce qu'il avait cru sentir dans la salle d'attente.

On le laissa seul, et le parfumeur continua à réfléchir tout en toussant occasionnellement dans son mouchoir.

Le Soleil. Il n'avait croisé son odeur qu'une seule et unique fois, et pourtant il aurait pu la reconnaître parmi mille autres. Il s'était souvent demandé s'il était capable de reconnaître une Etoile ainsi, rien qu'à l'odorat; après tout, elles avaient bien une marque visible, non? Pourquoi pas une signature particulière dans leur parfum?

Sauf que s'il était pratiquement certain d'avoir décelé une odeur d'Etoile dans la salle d'attente, la disparition de la fragrance le laissait sceptique. Une senteur ne s'évanouit pas comme ça. Si quelqu'un sort d'une pièce, il laisse sa marque olfactive derrière-lui, comme une interminable traîne de mariée. Une marque qui reste sur place longtemps, très longtemps après que son propriétaire ait disparu. Celle de la salle d'attente, elle, s'était évaporée aussi brusquement qu'elle était arrivée. Là, plus là.

La porte à moitié refermée s'ouvrit à nouveau, et Aramis émergea de ses pensées pour saluer d'un signe de tête l'homme qui venait d'entrer. Machinalement (une bronchite ne change pas les bonnes habitudes), le jeune homme le jaugea d'un unique coup d'oeil de haut en bas. Bel homme, mais sobre à en être monolithique. Sans doute intelligent. A l'odeur, hétéro, hygiénique, fatigué. Et... un truc bizarre, mais ça relevait du détail, et Aramis en avait assez de mettre son pauvre nez à l'épreuve.

Allez, quand même une petit phrase pour annoncer la couleur.


"Me déshabiller, déjà? Vous êtes un rapide, vous."

Le parfumeur s'en tint cependant là: il avait besoin de ce toubib. Pas la peine de le faire fuir avec un pseudo-harcèlement. Il se débarassa donc de sa chemise et se fit la réflexion que dispensaire ou pas, ils pourraient chauffer un peu plus, quand même. A moins qu'il ait de nouveau de la fièvre. Chier.

Encore une fois, Aramis se laissa docilement ausculter, respirant quand il le fallait, toussant quand il ne le fallait pas - et pourtant Dieu sait qu'il avait envie de faire des commentaires, avec ce distingué médecin dans le dos... Au lieu de cela, il répondit aux questions qu'on lui posait et tendit à Valari une lettre griffonnée par son toubib habituel.


"Ca fait six jours, maintenant, quatre que c'est franchement douloureux quand je tousse. Mon médecin a fait faire des analyses, et selon lui c'est bactérien."

Le jeune homme se retourna et darda un regard rien moins que menaçant vers la blouse blanche.

"Je ne veux pas d'antibiotiques. Je suis parfumeur. Je ne peux pas risquer l'anosmie."

Voilà, comme ça c'était clair et net. Voyons donc la capacité de compréhension de monsieur le docteur.

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