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 Et le ciel...

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Ambroise
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MessageSujet: Re: Et le ciel...   23.03.09 16:39

Ses paupières s'entrouvrent à nouveau, le Destin en peintre tendrement railleur esquisse un sourire sur ces lèvres déjà si pâles... Il se raille de la vie le fier immortel.

Toi qui l'a tant bafouée, cette flamme vive qui consume les êtres, sauras-tu te rire de ces douloureux accents envahissant le timbre de ton amant, d'ordinaire si fier...
Toi qui a foulé tant de fois aux pieds existence et passion, sais-tu seulement que tu ne les as peut-être jamais appelé aussi sincèrement, aussi fort?

Vivre...
Cela sonne comme un rêve. Coulées de harpe, L'île des morts de Rachmaninov résonne dans son crâne à petit pas feutrés, tapinois, tapin des merveilles... Dans une exquise et suave douceur il se sent glisser, porté par la barque et les rames aux ternaires plongeons. Dans ce délire ouaté, il ne perçoit plus ni cris ni présence. Il se sent bien.

De même qu'à la naissance, le réveil est brutal. Une sensation sur sa joue le brûle, force ses paupières à se soulever, laisser pénétrer le mystère qu'est ce regard consumé d'émeraude et d'or. La prunelle mobile cherche et... s'arrête.

Il vit.
Il respire.

Déglutissant faiblement, sa gorge lui fait mal, il cherche à exprimer, tel le nouveau-né.


"Toi aussi tu le veux..."

Tu veux ce qui sommeille sous ce sein à la blancheur liliale... Blancheur trompeuse, neige recouvrant les crimes.
A toi je le donnerais. Je les donnerais. Rachmaninov et tous les autres mais schh...
Chut...
Ne me remercie-pas.

Un rictus _peut-être était-ce un sourire, je ne sais pas_ se joue de la bouche du vieillard conservé. Un goût âcre mêlé de fer imbibe son palais et sa langue devenue molle et pâteuse. Du sang. Il en a recraché tantôt mais ce souvenir est aussi vague que les autres.

La conscience émerge, avive ses lueurs dans le feu de ce regard auparavant éteint.

Un courant, une pierre et la flamme vacille, et la lueur s'évapore...
Si peu de choses pour briser un être alors qu'un coeur, une âme, des sentiments... ça paraît tant. L'injustice est cruelle. De quel droit retire-t-on ce souffle changeant à une créature, quelle que soit la créature? Même les pires salauds ont leur sensibilité, leur intériorité, en témoigne l'infâme tristement étendu au sol.

Piteux spectacle que celui d'un aigle qui tombe et pourtant...
La masse informe et grouillante se réjouit par avance du festin que représente le noble rapace à l'agonie.

Charogne ou charognard il faut choisir.

Lentement, il tourne son visage vers Aramis, ses yeux vaporeux témoignant, paradoxalement, d'une étrange lucidité.


"Je suis à toi."

A tâtons, il cherche sa main, ses doigts, sans tenir compte du sol laissant sur la chair de son bras une éraflure...
Enfin!
Trouvant le coude, il glisse pour parvenir jusqu'à l'extrémité, entremêlant leurs phalange en un ballet langoureux.
Il frissonne.
Ces chairs qui glissent, deux peaux différentes devenues unies, la sensation procurée par ce toucher maladroit, hésitant, et pourtant aveu sincère...
Un geste, si simple... et tant de sensualité.
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Lysa
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Particularité: Une imprevisible folie, lunatique à foison

MessageSujet: Re: Et le ciel...   23.03.09 17:54

Et la voilà qui s'amuse d'Aramis et de ses doutes. Le rire éclate de sa gorge et ses yeux regardent l'éléphant en plein vol.
Presque emerveillée, mais néanmoins moqueuse
Elle ne veut pas le blesser, elle se contente de piquer
Folle devenue serpent ondulant qui se rapproche pour lui répondre
On peut aimer sans retour petit. C'est la tragédie de la vie.


Mais elle aussi s'arrête en plein vol
Le saut de l'éléphant est réciproque à ce moment


Elle n'est pas folle.
Peut être un petit peu obsédée
Peut être un peu lunatique
Mais folle c'est une insulte


Et le regard se voile de douleur
Douleur appuyée par la distance soudaine d'Aramis
Elle reconnaît la peur
Elle reconnaît ce regard blessant né de la différence
Elle le hait


Elle veut le frapper, qu'il ravale ses mots et pleure à son tour
Elle veut le faire pleurer, ce misérable
Et quand il se rapproche d'Ambroise
Se raccrochant avec véhémence à celui qu'elle ne peut plus (ou ne veux plusc'est un peu confus) voir
Et quand il crie son espoir
Elle pense arracher son coeur au doyen
Elle se perd dans les images la follesque
Elle même n'est plus qu'une image perdue au milieu de visions de coeurs arrachés à la petite cuillère et de cris sanguinolents
Ambroise de toute manière ne devait il pas mourir?
Lui qui aura ce regard
Ce regard qu'elle ne voulait pas lui voir
Alors autant qu'il meure à la petite cuillère pour faire crier cet amant inconvenant

La determination se tend
Tandis que le regard reprend cet éclat halluciné propre à ses états de violence

Un geste, si simple... et tant de sensualité


Le doyen vient comme il y a un moment d'apaiser la tempête
Un homme d'exception à n'en pas douter
Un homme qu'elle a perdu


Commun des mortels je ne t'oublierais pas
Si j'avais un papier et un crayon je t'écrirais mes au revoirs
Mais là je ne peux interrompre ce moment qui n'apartient qu'à vous


Ainsi s'éclipse une femme
Une folle pleurant sans larmes
Portant comme une relique un caillou taché de sang
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Aramis
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MessageSujet: Re: Et le ciel...   13.04.09 18:41

Il ouvrit les yeux et le regarda.

Qu'elle était douce, cette phrase. Simple et belle comme un exercice de conjugaison dans un livre d'école. Deux actions, continuité temporelle immédiate. Que désigne le pronom "il"? Discuter l'usage du verbe "regarder"; n'aurait-on pu utiliser le verbe "voir"? Si le second verbe avait été conjugué à l'imparfait, quel temps aurait convenu au premier?

Imparfait? Mais non, non voyons, rien d'imparfait dans ce regard. Au contraire, ils étaient si beaux ces iris d'or voilés de douleur et d'égarement qui s'étaient posés sur lui, entre des paupières trop lourdes, au-delà du voile de sang qui coulait dans l'un des yeux depuis le cuir chevelu déchiré - ce sang, tout ce sang... Il avait entendu dire que ça saignait beaucoup quand on attaquait la tête, mais à ce point-là?

Pourtant Ambroise avait ouvert les yeux et il le regardait.

Il parlait, même. Mais ses mots n'avaient pas de sens pour le parfumeur encore sous le choc, et Aramis s'agrippa au col du noble sans chercher à afficher sur son visage une joie que de toute façon il n'éprouvait pas. Tout ce qu'il voulait, c'était garder ce regard dans le sien, empêcher cette âme de retourner dans les limbes. Parce qu'elle était à lui. Ou que c'était encore plus fort et intime qu'une simple possession.


"Ambroise? Tu m'entends? T'en fais pas, je vais te trouver..."

Soudain un frôlement, et la voix du parfumeur mourut sur ses lèvres.

"... des secours..."

Silence. Il baissa les yeux, interdit, pour découvrir la main pâle qui glissait sur son coude, progressait à tâtons le long de son avant-bras. Trouvait sa paume, ses doigts. S'y glissait. Phalanges entremêlées, peau glacée contre peau brûlante, étreinte frémissante de douleur mariée à une prise surprise et amorphe. Aramis déglutit. Et sa main se referma sur celle d'Ambroise, lentement, comme s'il était impudique de faire cela en public.

Un geste, si simple... et tant de sensualité.

Je suis à toi.

C'était... tellement...

Aramis se mordit la lèvre inférieure, les yeux toujours baissés vers ces doigts mélangés aux siens. Il ne voulait plus regarder Ambroise en face. Il ne le pouvait plus. Tout ceci bombardait de trop d'émotions sa petite âme étriquée, engoncée dans sa perversité, et comme à chaque fois le jeune parfumeur se sentait au bord de la panique d'avoir à gérer tout cela en même temps. Il tourna brutalement la tête, les yeux soudain étincelants, à la recherche de celle qui avait causé cette catastrophe, celle sur laquelle il pourrait se passer les nerfs, évacuer ce trop plein d'humanité qui l'étouffait.

Mais elle était partie.

Stupeur, fureur. Insultes pour le témoin le plus proche, le bon samaritain qui le premier avait tenté de venir en aide à Ambroise et qui à présent s'éloignait en quête de secours - un moyen comme un autre de se rendre utile tout en fuyant le petit con hystérique qui grognait comme un dangereux bâtard défendant le corps de son maître. Il ne savait pas qui était cette femme, il le lui avait dit pourtant. Tout ce qu'il avait vu, c'était qu'elle avait sauté au cou du doyen des Mearas, qu'il avait cru qu'elle voulait l'embrasser, qu'elle l'avait peut-être fait d'ailleurs, et ce n'était qu'à cet instant qu'il avait vu la pierre dans sa main.

Tout puait le sang, sur ce trottoir. Aramis sentait sa tête bourdonner sous l'effet de la haine et de la peur. Des questions sans réponses, aussi. Un baiser? Une agression? Est-ce que tu la connaissais, Ambroise? Est-ce que c'est elle que tu trompais avec moi, ou l'inverse? Est-ce que tu me mentais? Ou pas?

Mais cette main, dans la sienne; quoi que ce fût, ce n'était pas un mensonge.

Le jeune parfumeur s'ébroua, comme il le faisait parfois pour remettre en place ses émotions déglinguées, avant de se pencher vers le Mearas, glisser une main sur sa joue souillée, resserrer sa prise sur la paume qu'on lui avait confiée. S'obliger à chercher le contact de ses prunelles d'or, d'habitude si flamboyantes, ce jour-là si ternes.

Il ne dit rien. Il n'était pas doué pour les grandes scènes romantiques, et à moindre échelle, il ne savait pas rassurer les gens. Mais il resta ainsi, monolithique à l'extérieur, en ébullition à l'intérieur, jusqu'à ce que les médecins privés de l'Etemenanki se décident à rappliquer. Peu importait la folle en fuite, peu importait la suspicion et ce venimeux doute qui le rongeaient.

Parce que ce geste, si simple, tellement sensuel, n'était pas un mensonge.

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