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 S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]

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Chandra
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MessageSujet: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   06.08.09 19:52

    S'il y avait eu aurore ou crépuscule en ce sombre monde, le soleil aurait entamé son réveil d'une longue nuit. Mais il n'y eut aucun changement, ou presque, au lever de ce jour qui serait aussi inexistant que les précédents. Aucun soleil brillant n'éclairerait l'intérieur des appartements des nobles, n'éveillerait les enfants endormis, ne donnerait de clarté à cette ville qui s'enfonçait lentement dans sa mélasse. Mais à qui cela importait-il ? Le soleil, qu'était-ce ? N'était-ce pas seulement une légende ? Personne n'avait vraiment jamais vu le soleil de ses yeux, pas même la vieille, pas même celle qui s'est si longtemps prise pour ma mère, ou ma grand-mère.

    Sur le toit de l'aile des Ishtars, très exactement au-dessus de la chambre de celle qu'il qualifie de maîtresse, est assis un adolescent aux traits encore enfantins. Ses yeux noisette sont perdus dans la vision du déchet qu'est Tsel, et ce sourire qui danse sur ses lèvres, à quoi est-il dû ? Le dos droit, assis en tailleur, le danseur si légèrement vêtu, contemple ce qui sera sa ville à présent. Il a été un voyageur pour de nombreuses années, et le souvenir de sa vie sédentaire n'est pas un encouragement à le devenir. Et pourtant, il se sent empli d'une joie presque douloureuse à l'idée d'avoir à nouveau un domicile fixe. Il s'ébrouerait presque comme un jeune chien. Cela fait presque une heure qu'il est là, plongé dans sa méditation qui n'en est pas vraiment une. Il n'a pas besoin de beaucoup de sommeil et préfère ne pas dormir pour ne pas être tourmenté pas des rêves loin d'être agréables. Sa main se lèvre un instant et caresse l'animal rachitique qui passe à côté de lui. Ce n'est plus un chat, c'est une loque.

    Si j'avais quelque chose à lui donner à manger, je le lui donnerais. Mais je ne suis qu'un esclave, je ne m'appartiens plus, pas même à moi. Je ne suis qu'un objet. Un objet ne peut rien donner. Ce chat sera mort demain s'il ne trouve rien à manger. Encore un cadavre. Cette ville n'est qu'un monceau de cadavres qui sert de piédestal à quelques autres, qui ont su survivre. Le cadavre de ce chat ne pourra même pas servir de nourriture à ses quelques rares congénères, il n'a que les poils sur les os. Pauvre petit. Moi au moins, en tant qu'esclave, je suis nourri. Un esclave mort ne servirait à rien. Mais de toutes façons, je ne mourrai pas. Je veux lui servir, à elle. Elle a quelque chose...

    Un sourire étire les lèvres fines du jeune garçon et après une caresse au félin maigrelet, il se laisse glisser vers le bord du toit. D'une main il se retient pour ne pas chuter au bas de la maison. Après s'être balancé un instant, il se jette à travers la fenêtre grande ouverte du couloir de la demeure. Il atterrit sans bruit, aussi félin que le chat qui miaule aux nuages, qui miaule sa faim et son désespoir, assis sur le toit. Et puis, aussi discrètement qu'il était arrivé, l'animal se glisse dans la gouttière, saute d'un toit à l'autre et disparaît à l'horizon. À l'intérieur, l'androgyne s'est relevé et referme la fenêtre qu'il avait ouverte une heure plus tôt. Puis d'un pas assuré et silencieux, il se dirige vers le centre de l'Aile...

    Elle ne m'a pas convoqué. Elle ne voulait même pas de moi au début. J'aurais appartenu à quelqu'un d'autre si cette petite fille... Quelle influence à cette petite fille sur elle ? Dois-je la remercier ? Lui dois-je quelque chose ? Peut-être n'a-t-elle rien dit... Mon intuition ne me trompe pourtant que rarement... Je ne sais pas. Dois-je aller la voir ? Elle dort surement encore. Je n'ai pas le droit de décider quoi que ce soir de mon propre chef. Mais que dois-je faire alors ? Elle ne m'a jamais rien demandé... Certes, je suis là depuis peu, mais...

    Et finalement, l'adolescent à la peau mate et dorée s'arrête au milieu du couloir. Il hésite. Il ne sait pas quoi faire. Lui, si indépendant et solitaire, voudrait pouvoir l'aider, faire quelque chose pour elle, peu importe ce que c'est. Il ne sait plus si il est raisonnable d'aller frapper à sa porte. Et si, en la réveillant, il s'attirait son ire ? L'indécision le presse d'un côté puis d'un autre, et soit son pied nu effleure la moquette en direction de la chambre de sa maîtresse, soit il recule, vers l'escalier qui l'amènera à sa chambre, à son cagibi, doté d'un lit dur et d'un pot. Finalement, le désir de la voir, de revoir ce masque qui semble cacher un tel secret, le force, le pousse vers la porte. Il effectue les quelques pas de trop, et, enfin devant la porte, lève la main. S'il frappe ici, ce sera la petite fille blonde qui viendra ouvrir la porte. Elle pourra lui dire si la Reine dort. Il frappe.

    C'est la deuxième fois que j'entrerai dans ses appartements. Si je me souviens bien, il y a un petit couloir, beaucoup de portes, un petit boudoir et sans doute sa chambre derrière. Je ne suis pas entré là. Je n'y entrerai sans doute jamais, à moins qu'un esclave ne lui soit semblable à un chien. Ce qui m'irait aussi bien.

    La porte s'ouvre, et c'est bien la gamine blonde qui est là. Elle a le sourire aux lèvres et sans un mot amène l'adolescent au petit boudoir. Puis elle frappe à la porte de la chambre, ouvre la porte. Des paroles murmurées, que l'adolescent n'écoute pas, trop impressionné par la grandeur des lieux, qui ne l'avait pas autant frappé la première fois, tant il était sous le choc. Et puis la petite fille le pousse en avant, dans la chambre. Dans sa chambre. Il trébuche, se rattrape et finalement tombe à genoux devant elle, à moitié par accident, à moitié parce qu'il le voulait.

    A-t-elle l'air fâché ? Je le savais, je n'aurais pas dû venir, j'aurais dû rester dans ma chambre jusqu'à ce qu'elle m'appelle. Venir de mon plein gré, en tant qu'esclave... C'est impardonnable...

    Il frémit, et lève son visage féminin vers la femme devant lui. Elle est tellement grande, impressionnante... Et pourtant, il sent une fragilité. Alors, pour lui, pour lui tout seul, il se murmure sa phrase, cette horrible phrase, en un souffle à peine audible :

    « Bon, ben ça, c'est fait... »
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Aurèle Ishtar
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   07.08.09 17:06

    Fatigue. La fatigue. Voilà longtemps qu'elle ne l'avait pas ressentie aussi foudroyante, la frappant de part en part, harcelée de courbatures.
    C'était l'un des prix à payer.
    Et cela ne faisait que commencer.


    Elle pensait avoir pris le rythme depuis, mais non. Deux mois qu'elle s'agitait, trois jours par semaine, dans cette clinique. Incarnant Jenaëlle la sauveuse, Jenaëlle le rat parmi ces autres...
    La rumeur avait vite courue, et la plèbe s'était ramenée, lancinante et plaintive comme les vagues se jetant sur la grève... Un sifflement désespéré aux lèvres.
    Jenaëlle avait épongé, lavé, suturé, Jenaëlle avait souvent été découragé, s'était souvent salie, s'était souvent énervée contre ces ignorants pas même foutu de prendre correctement soin d'eux.

    Mais cela faisait parti du jeu, du deale, de l'enjeu. Du pari débile qu'elle avait prit, « voir avec ses propres yeux ». Attendant patiemment, d'apercevoir les Sîns, de s'insinuer parmi leurs ramures... Mieux en étouffer la racine mieux en gâter les fruits, qui jamais ne donneraient rien d'autre que de la pourriture.
    Alors... Il fallait de la patience... Et de l'énergie.


    Aurèle avait trouvé plus prudent de ne pas atténuer toutes les blessures dues à sa dernière aventure. Ainsi, elle passerait juste pour plus robuste que la moyenne, il avait fallu convaincre Nouna de ne pas s'en mêler. Et la petite fille toujours rêveuse avait -pour une fois- cédé. Laissant sa fille pas tout à fait remise de sa captivité.

    C'était aussi étrange, combien... elle devenait bien plus flexible depuis son arrivée à lui. Cet encombrant paquet.
    Aurèle eut un haussement de sourcil dédaigneux. Elle ne connaissait toujours pas l'expéditeur, chose assez déconcertante pour une personne souhaitant s'attirer ses bonnes faveurs. Et elle se méfiait des cadeaux... d'autant plus, des marginaux.

    Le milicien qui s'était présenté à elle ce matin-là, presque gêné, lui avait remis ce pantin qui se débattait, griffait et mordait encore ces gardes jusqu'à... qu'elle ouvre sa porte.
    C'est à peine si elle lui avait accordé l'obole d'un regard.

    L'homme avait vaguement tenté d'expliquer l'utilité de cette offrande :

      «  Il sait danser, il danse même très bien et... il ne manquera à personne ».


    L'impassibilité évidente du Chef Ishtar freina toute autre tentative, l'homme mal à l'aise se contenta de lui remettre un rapport, une sorte de  certificat de qualité , relatant une étude approfondie sur les aptitudes, les goûts, le caractère, les attitudes et les tares de « l'objet ».
    Il avait au moins fallut tout ça... pour... lui plaire ?

    Derrière son masque, Aurèle restait perplexe. Dévisageant ces prunelles brunes pétrifiées. L'animal avait rentré griffes et crocs, il semblait comme anesthésié. Il n'avait rien d'effrayant, mais plus que quiconque, elle se méfiait des apparences...

    C'est alors que la porte s'ouvrit derrière elle, plus grand. Une petite fille au costume de soubrette et à la longue chevelure blonde en sortît. Observant, curieuse, ce nouveau phénomène,. Elle avait sourît, son regard s'était ensuite tourné vers le masque... sans un bruit. Revenant vers le Korakaï. Avant de refermer cette porte, ouverte un instant.

    Aurèle avait tiqué, Nouna ne se mettait jamais en avant devant un tiers, jamais. Ce pour ne pas se faire remarquer. Était-ce là, un caprice ? Ces dernières années, l'Ishtar avait pu constater que la maturité de sa mère n'était plus ce qu'elle avait été, que cette dernière était prise d'assaut convulsif... joyeux et inconscients.
    Un comportement qui l'effrayait et... lui procurait un peu d'apaisement. Comme si la possibilité d'une seconde chance, pouvait lui être offerte...
    Et entêtée comme seul sait l'être un enfant, Nouna n'oublierait jamais une promesse vieille de quarante ans.

    Alors l'Ishtar avait congédié les gardes peu rassuré de laisser ce chat sauvage « libre » de tout mouvement. Décidant de trancher plus tard quant à son devenir. Elle ne pouvait se permettre une intrusion pareille... pas face à l'enjeu actuel, mais... la petite fille ne lui avait laissé d'autres choix, que d'accepter.

    Aurèle achevait sa toilette, l'aube rayonnait... derrière l'épais manteau nuageux. Et de lourdes cernes emplissaient son regard d'une étrange langueur. Enveloppée dans un peignoir, sa chevelure défaite...
    Devrait-elle porter son masque même à l'intérieur, à présent ? Celui qu'elle supporte de moins en moins, à force de laisser enfin, à son corps, plus de liberté qu'il n'avait jamais connu ?
    Ce sera un voile alors, un voile le temps de gérer cette présence importune. Elle le choisit anthracite et brodé, le voile permet une distinction plus nette... mais aussi plus troublée.
    Comme suggérant le mystère effleuré.

    Disposé là, à proximité. Au côté du rapport qu'elle effleure... et relit.

      Il s'appelait « Chandra », c'est ce que les hommes avaient découvert. Il n'était pas sociable, semblait atteint d'un mutisme étrange et... avait un certain don pour la danse.
      Toute une lente traque était décrite, faits et gestes d'une proie choisie, lentement... piégée.


    On lui avait délibérément offert le compagnon le plus bizarre, pour attiser sa curiosité, tout en connaissant son dégoût de la surenchère. Mais ça ne révélait rien de plus sur son auteur et... sur le garçon efféminé.

    On toque à la porte. Aurèle appose hâtivement son voile. Nouna ne prévenait jamais quand elle entrait. L'Ishtar est dérangée par cette intrusion soudaine et le fait clairement savoir. Elle n'est ni apprêtée, et n'a pas encore complètement tranché.
    La petite fille lève les yeux au ciel, presqu'amusée.

      - A moi il me plait déjà.
      - Nouna, sais-tu au moins ce que cela implique.
      - Oh, Jena', apprécie un cadeau quand on t'en fait un.
      - Il s'agit d'une vie humaine, Nouna, tu n'y es pas insensible habituellement
      - Celui là, il a quelque chose... Un petit quelque chose... Comme toi... Et... Si ce n'est pas toi qui le prend, Jena... Ce sera pire.


    Comme une bête abandonnée que l'on voudrait sauver...
    Aurèle aurait de loin, préféré, que sa mère s'amourache d'un chat errant... qu'un saltimbanque envahissant.
    La petite fille a déjà pris ses aises, ne se comportant déjà plus comme une servante, mais comme une habituée des lieux, prenant initiatives sans craindre la dispute.

    Derrière son voile, Aurèle ne peut s'empêcher de sourire, devant cet acte vindicatif, défiant clairement le pouvoir en place. Quelle impératrice Ariane aurait-faîte ? Mais si sa génitrice l'avait adopté, le masque prendrait les précautions qui s'imposaient.

    C'est à ses pieds qu'il se prosterne brusquement, Nouna l'air rieur, a soigneusement fermée la porte derrière elle. Rassurée sur ce qu'elle pressentait... Ce qui rendrait à sa fille, un peu de gaîté, celle qu'elle perdait jour après jour, qui durcissait son visage aussi sévèrement que son masque.

    Aurèle sait qu'elle est piégé, qu'elle n'a rien à redire, si ce n'est à se protéger. Et s'interroger sur la phrase prononcée...

      - Voilà des initiatives bien étranges... pour un prisonnier. Aurais-tu cesser de te débattre pour tendre la patte ?


    Ses cheveux au blond enflammé balance en avant, quand elle s'accroupit à sa hauteur.

      - Saches que je ne donne pas de sucre, ni ne récompense pour rien.





Dernière édition par Aurèle Ishtar le 11.08.09 14:47, édité 1 fois
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Chandra
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   08.08.09 0:52

    - Voilà des initiatives bien étranges... pour un prisonnier. Aurais-tu cesser de te débattre pour tendre la patte ?

    Il relève les yeux vers elle, qui est si mystérieuse. Cette fois, pas de masque pour dissimuler le secret, mais un voile. Le voile anthracite dissimule avec art et grâce le visage qui ne veut se montrer. L'adolescent est cependant perturbé : le voile, à la différence du masque, dissimule le visage entier. Où sont les yeux, ces yeux qui l'avaient fasciné, hypnotisé ? Ils sont invisibles, tout comme le reste du visage. Il se mord les lèvres, incertain. Il ne sait pas comment réagir, il est perplexe.

    Initiatives ? Quelles initiatives ? ... Que je sois venu ? Que je me sois aventuré en son domaine ? Je le savais bien, je n'aurais jamais dû venir. Jamais. J'aurais dû... Me débattre ? Donner la patte ? Pardon ? Ah... les soldats. Pardonne-moi, pardonne-moi de m'être débattu, pardonne-moi. Je ne savais pas que c'était pour... Je ne savais pas qu'on m'amenait à Toi. Comment aurais-je pu savoir ? Si j'avais su, je ne me serais pas débattu, jamais. Comment pouvais-je savoir ? Je... Personne n'a jamais... Je... Je te donne la patte ... ? Cela suffira-t-il à me faire pardonner, ô ma Reine ? Je te donne la patte, et tout le reste avec. Même si je n'a rien à donner en réalité. Rien du tout, puisque je suis déjà à Toi, n'est-ce pas ?

    Elle s'accroupit. Elle s'accroupit, elle est si proche de lui. Lui, qui ne connait que la solitude, qui n'aime pas le genre humain. Il ne supporte pas le contact humain. Et cette proximité, malgré le fait que ce soit la sienne le perturbe, le choque. Et c'est plus un réflexe qu'autre chose quand il saute en arrière, juste assez pour ne plus être si proche d'elle, si proche qu'elle aurait pu le frôler. Il n'aime pas le contact humain, non, il ne le supporte plus, depuis ce lointain jour où on lui infligea un contact odieux. Et même si c'est elle, il ne peut pas, il ne supporte pas.

    - Saches que je ne donne pas de sucre, ni ne récompense pour rien.

    Son visage n'est que culpabilité, n'exprime que ce sentiment. Il s'excuserait des centaines et des milliers de fois, mais son expression désolée ne l'excuse-t-elle pas ? Il a l'air tellement désemparé. Il baisse les yeux, conscient que la fixer n'arrangera rien, et se redresse. Il avait sauté en arrière et atterri sur ses coussinets. En s'aidant d'un bras, il se remet gracieusement à genoux, avec une légèreté dont il n'est plus conscient tant elle est automatique, et se prosterne presque devant elle. Il ne sait que faire.

    Je l'ai sûrement énervée. Forcément, bondir en arrière... Mais je, je ne peux pas... Comment lui expliquer ? Me faire pardonner ? Je ne veux pas qu'elle m'en veuille. Les autres, ça m'est égal. Mais elle... Que faire ? Je n'aurai pas dû sauter en arrière si violemment, plutôt m'éloigner doucement, lui faire croire que sa proximité me gênait en tant qu'esclave... Pas un bond si brusque, effrayé. Mais toucher quelqu'un... Non ! Non, non, non ! Je ne peux pas. C'est impossible. Que faire ?

    Le pauvre enfant se prend la tête dans les mains. Il est si perplexe, si déstabilisé. Jamais il n'a voulu faire bonne impression auprès de quelqu'un. Faire bonne impression auprès d'une personne qu'il ne connaît pas lui est donc extrêmement difficile, d'autant plus que sa misanthropie l'a tenu éloigné de ses congénères et qu'il est malhabile à savoir ce que veulent les gens. Il a cependant une certaine intuition, qu'il perd s'il est déstabilisé. C'est pourquoi, il repose ses bras, et relève les yeux vers sa maîtresse, qui est accroupie à quelques pas de lui, comme un enfant intéressé par un petit chat. Quelque part dans la chambre, le petite blonde sourit aussi, mais Chandra ne lui prête plus attention. Il la regarde. Ses lèvres esquissent des paroles muettes, puis finalement se ferment en un pincement triste. On peut dire de son expression qu'il fait les yeux du chien battu.

    Elle a dit que je devais faire quelque chose. Je ne veux pas de sucre, mais lui rendre service. Comment lui dire ? Comment lui dire que je suis prêtà tout pour elle ?

    Alors, il porte la main à son coeur, fait mine de s'en saisir et l'offre à sa Reine. C'est une manière de se mettre à ses pieds. Encore une fois, de s'humilier. Mais, il est désolé, il ne pourra pas la toucher. Ilne pourra se tenir à une telle proximité. C'est impossible. Ou plutôt, ça lui est impossible.
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   11.08.09 15:59



    Il avait bondi, à sa dernière phrase. Il avait vivement reculé, comme pour esquiver le coups qui viendrait le heurter... qui tardait à venir. Prêt à tout pour en encaisser le moins, familiarisé à la violence, à la barbarie.
    Qu'avait été le traitement réservé à ce gamin, pour se jouer tourbillon ?
    La femme voilé fronce les sourcils à cette réaction. Ne serait-ce pas, pour mieux ajouter quelques farces à une comédie bien rodée ?

    C'est un excellent comédien en ce cas, le regard, tout le faciès s'harmonise avec les sentiments qu'il voulait porter. Comme si dépourvu de mots à placer, il jouait d'un panel d'expressivité exacerbées... pour se faire comprendre. Désespérément.

    Serviteur...


    Pourquoi a-t-il si vite accepté son sort ? Pourquoi ne se rebelle-t-il pas d'avantage ?
    Aurèle se méfie plus encore. Elle aurait préféré qu'il s'ébroue, qu'il réponde, qu'il ait un comportement plus agressif.
    L'excuse aurait été toute trouvée pour le renvoyer. Et le rôle plus crédible ? Était-ce tellement gros, que Chandra ne pouvait feinter ? Ou l'était-ce assez, justement, pour qu'elle y accorde de l'intérêt ?

    Pourquoi ce jeune gamin, ce chien errant, ce pouilleux qui n'avait d'autres manières que celles de la rue... Pourquoi et comment, pouvait-il se prosterner devant elle, lui accorder autant de déférences, d'égards ?

    La seule admiration qu'elle n'aie jamais connue, n'était en fait qu'une crainte profonde pour ses jugements. Elle effrayait. Elle avait toujours profondément intimidé son entourage, les Nobles qu'elle gouvernait, et le service qui s'affairait.
    Comme nimbée dans une aura terrible, une aura d'autorité, d'inflexible.

    Alors, cet élan spontané ? Ce geste si théâtral, et enfantin à la fois ?

      - Tu me donnerais ton cœur, Korakai ?
      Ne sais-tu pas qu'il est dangereux de l'offrir au prédateur ?
      Un cœur, n'aura d'autre destiné, que d'être dévoré.


    Elle se redresse doucement, lenteur délibérée comme pour ne pas effrayer, par de gestes trop brusque, l'adolescent sauvage encore à ses pieds.

      - Garde-le. S'il a une quelconque valeur. Peut-être te seras-t-il précieux. Plus utile qu'à moi.
      On ne s'offre pas comme ça, Chandra.
      A moins de vouloir oublier sa propre existence. Est-ce ainsi que tu le perçois ? Est-ce ainsi que tu te vois ? Que tu me vois ?


    Ses pieds nu embrassent un épais tapis, elle fait quelques pas sur le côté, fouille un tiroir, se saisit d'un objet discrètement, observant sa génitrice, comme si Chandra n'avait plus aucune importance :

      - Et si c'est un espion ?


    Elle sait les dégâts qu'un tel danger occasionnerait. Comment pourrait-elle ignorer ce qu'elle échafaude lentement au sein de l'ennemi ? Comment ne pas être consciente de la souffrance qu'elle fera endurer ? Celle qu'elle ne veut pas voir dans sa seule antre, le seul endroit où elle aspire à la paix...

      - Oh... Regarde-le... Je ne le crois même pas capable de mentir.
      - Tout le monde est capable de mentir, Nouna.
      - Non Aurèle, toi, tu ne sais pas. Pas vraiment.


    Derrière le voile, un sourire triste.

      - Je ne peux pas prendre le moindre risque. Je ne peux pas m'encombrer encore. Pas en ce moment.



    Elle se retourne vers l'enfant :

      - Lève-toi.
      Je ne te demanderai pas ce que tu as subi. Ni pourquoi tu te fies soudainement à moi, mais puisque tu te donnes ainsi. Il faudra que je m'assure de ta dévotion.

      - Aurèle non !
      - Nouna, je ne te demande pas ton consentement. Et c'est à cette seule condition, que j'accepterai son intrusion.


    La petite fille semble déstabilisée à la vue de la fiole au liquide sombre, que tient sa progéniture, elle triture ses mains. Fuit désormais le regard qu'elle pourrait croiser du gamin. Elle ne veut pas voir ça, mais... elle sait aussi qu'elle ne réussira pas à aller au delà de la réserve de sa fille.
    Un dernier regard quand même, pour cet être qu'elle vient de faire recueillir :

      - Il y a beaucoup de contraintes, tu sais... Pour voir... Au-delà d'un masque.
      Mais... Je pense que toi aussi, tu comprends un peu. Un peu au travers. Peut-être parce que tu as souffert, peut-être parce que tu n'es pas heureux.


    L'Ishtar reste silencieuse.

      - Tu peux décider de partir si tu le veux.


    Un regard vers la Reine, qui opine de la tête.

      - Si tu ne veux pas... Risquer cela.
      Mais... Même si cela te parais dangereux, peut-être cruel, je peux t'assurer. Aurèle n'est pas comme ça. Aurèle est belle, et elle ne le sait pas.

      - Nouna... Va plutôt, t'occuper du repas.
      - Mais je crois, tu sais... Je crois qu'elle le vaut. Qu'elle vaut qu'on se sacrifie. Pour la voir sourire.


    La petite fille part, laissant les deux protagonistes seuls, plongeant la pièce dans une semi-pénombre, comme si la clarté s'était enfuie avec elle. Une atmosphère lourde, une tension un peu triste.
    Aurèle reprend, tendant doucement la fiole de ses mains nues, de son bras couverts de cicatrices.

      - Alors, esclave, es-tu vraiment prêt à me confier ta vie ? Une simple gorgée, suffira à le prouver.

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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   12.08.09 15:08

    Je le sais. Je sais que donner mon coeur n'est pas recommandé. Mais si c'est pour Toi, je ne vois pas où est le mal. Tu saurais en faire bon usage. Tu sauras en faire bon usage, n'est-ce pas ? Je n'en ai rien à faire de mon coeur, de ma vie. Derrière ton masque tu caches ce que tu connais de la vie, n'est-ce pas ? Tu devrais donc savoir, ou du moins deviner, non ? Je sais.. J'ai vécu aussi, moi aussi... Tu... Je ne veux pas oublier ma propre existence.. Quoique, je ne l'avais pas vu comme ça... Oublier ma propre existence... Ce serait si simple et si agréable... Mais, je ne le mérite pas... Car Toi, tu ne peux pas, et Tu es celle qui le mériterait le plus... Je ne peux pas m'élever si haut... Moi, pouvoir avoir ce privilège ? Et Toi, non ? Impossible, impossible... Si je Te donne mon existence, ce n'est pas pour m'en débarrasser, c'est pour que...

    C'est une infamie. Je ne devrais pas Te la donner. Parce qu'en Te la donnant, je Te demande de porter mon fardeau avec moi, pour moi... Alors que tu as déjà tant, tant à porter... Et pourtant c'est en te la donnant que je peux T'être le plus utile, non ?

    Elle se lève lentement, avec une majesté et une douceur qui éblouit l'adolescent. Il est immobile. Il fait le mort. Il a peur d'encor commettre une erreur, de la blesser, d'éveiller des soupçons qui n'ont pas lieu d'être. Que faire, que faire pour qu'elle accepte son existence ? Elle semble si méfiante... Qu'a-t-il fait ? Elle s'éloigne...

    Il n'est rien, rien du tout. Il est moins qu'un des chats rachitiques de la ville, il est moins qu'un des rares rats qui courent dans les caniveaux. Il n'est même pas une chiure de mouche.
    Elle s'est détournée de lui, elle fouille dans un tiroir. Elle parle à la petite fille... La petite blonde semble avoir toute sa confiance... Comment a-t-elle fait ? Comment la gamine a-t-elle fait pour s'approprier cette confiance ? Sa confiance...

    Elle fouille dans un tiroir... Que cherche-t-Elle ? Il essaie de ne pas écouter la conversation. Mais il ne peut s'en empêcher. Grâce à ça il apprend leurs noms, deux noms, l'un qu'il chérira. Qu'il essaiera peut-être d'apprendre à dire, tout seul dans sa cellule, son semblant de chambre... Et l'autre, pourquoi pas l'autre aussi, si ça peut Lui faire plaisir...

    - Lève-toi.
    Je ne te demanderai pas ce que tu as subi. Ni pourquoi tu te fies soudainement à moi, mais puisque tu te donnes ainsi. Il faudra que je m'assure de ta dévotion.


    L'adolescent se lève.

    Pourquoi, petite fille, petite Nouna, ne veux-tu pas qu'Elle fasse selon ses désirs ? Pourquoi lui parles-tu avec tant de familiarité ? Pourquoi t'écoute-t-Elle, et répond-Elle à tes injonctions ? Pourquoi, petite fille, détournes-tu le regard, sembles-tu si gênée ? Tu n'as pas besoin de me le dire, petite fille, petite Nouna, je sais qu'un masque cache souvent un beau visage, un lourd secret... Je ne comprends pas tout, hélas... Elle se cache bien, je ne comprends pas tout... Mais j'essaierai, parce que je veux savoir... Je veux pouvoir Lui dire que je suis à Elle...

    ... Que je parte ? Mais quelle idée ! Pour aller où ? Retourner dans les rues crasseuses de cette ville, retomber entre les griffes des gardes et appartenir à quelqu'un d'autre ? Est-ce vraiment ce que vous voulez pour moi ? Que je danse, que j'appartienne à un vautour aux serres crasseuses, à l'oeil lubrique ? Non, non, mille fois, non !

    Je préfère mourir de Ta main.

    Il s'approche autant qu'il peut de sa Reine, et sans effleurer ne serait-ce qu'un bout de tissu, un bout de chair de Sa personne, il se saisit de la fiole. Il ne sait pas ce qu'il y a de dedans, et ça lui est égal. Si c'est Elle qui lui donne, malgré le regard triste de la petite blonde, malgré l'obscurité qui s'est posée comme une chape de plomb, de désarroi et de désespoir sur les deux personnes, il le boira. Et, il s'exécute, il apporte le goulot de la fiole à ses lèvres, jette la tête en arrière, et en quelques longues gorgées, avale le liquide sombre.

    Le flacon, il le lâche, et l'objet chute doucement, heurte la moquette sans se briser, rebondit mollement. Est-ce une lueur de défi qui illumine un instant le regard du danseur ? Il tombe à genoux, et, lente, une gouttelette glisse de ses lèvres, caresse son menton, et finit délicatement sur le tapis. Le silence s'est fait attentif.
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Aurèle Ishtar
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   18.08.09 2:43


    C'est une chute. Des mouvements qui se ralentissent, chaque geste est vu, re-vu, insaisissable, inaltérable, qu'on ne peut prévoir ni changer. Ni arracher. Récupérer cet étui mortel, stupide.

    C'est une chute de verre, sur le molletonné d'un tapis, qui adoucit sans bruit... son cri... muet et sourd.
    Aurèle derrière ce qui la cache, Aurèle a pâli bien plus qu'un cadavre ne le pourrait jamais.
    Bien plus que le linceul qui viendra bientôt couvrir ton visage, Chandra... si elle n'agit pas.
    Si elle ne réagit pas.

    C'est une chute, qu'elle voit. Et revoit encore. Ce sont des certitudes qui s'affaissent, derrière son visage horrifié.

    C'est une chute, s'écroule, un pans d'univers : une victime.

    C'est une chute, innocente, pourtant vindicative.

    C'est une chute.


    Comment agir ? La question n'est pas... comment guérir. Aurèle sait guérir. Aurèle connait bien les moyens, les contre-sorts. Mais...

    Comment agir... face à un comportement aussi désespéré ? Aussi extrême et passionné ? Qui se donne, sans demander ? Qui prouve... à en mourir... pour exister. Dans ce confinement d'existence, ce rôle étriqué, cette parade de vie qu'elle lui accorderait ? C'était un fanatique. C'était un désespéré, et son cœur à elle, sur le point d'exploser, ses yeux prêt à jaillir de leurs orbites. Comment pouvait-il avoir osé ?!

    Mais après tout, ne venait-il pas de lui offrir la solution idéale ? Faire disparaître l'objet des suspicions. Anéantir les tracasseries... d'une simple fiole vidée. Le cercueil liquide des ennuis dissipés.
    Il suffirait de le laisser là. De le regarder... doucement s'éteindre. Là, prenant conscience de chacun de ses sens qui s'aguerrissaient si violemment, ne l'étaient que... pour être annihilé, jusqu'à ne plus percevoir que l'épais cocon... D'une toile... noire.

    De précieuses minutes s'écoulent, précieuses pour le condamné qui gît désormais à ses pieds, le regard figé vers elle.

    Est ce qu'il ne s'en doutait pas ?
    Il ne pouvait pas. Ne pas en douter. Il devait forcément savoir, ce qu'il se passerait.
    Comme si le dévot remettait en question, la foi du Seigneur qu'il servait. Comme si, après avoir remporté l'épreuve, c'est avec un défi, qu'il lui répondait.

    Ébranlée, elle doit pourtant se décider. Une mort en plus ? Une croix à ajouter, au fer rouge sur sa peau déjà constellée ? Un souvenir qui reviendra peut être la hanter, d'une phrase plaintive... en écho.

    Aurèle a la main qui tremble quand elle soulève son voile. Et c'est rageuse qu'elle le jettera finalement à terre. Elle hurle un nom, vocifère sur une salle tenue secrète, recelant de produits rares et étranges. Elle ordonne, impérieuse, à son ange, de lui fournir...

    Derrière la porte, le bruit d'une course, de tumulte et de fouilles. Aucune question : inutile. Nouna trouverait.

    L'épaisse chevelure d'or et de flammes l'auréole désormais. Elle s'est pendu vers ce corps qui peine à respirer. Peu respectueuse de l'effarouché, elle l'agrippe, le porte presqu'à son cœur, pour lui lancer à la figure des mots cinglants, qu'il entendra peut-être :

      « Peut-on être aussi stupide, et se dire à mon service ? »


    * Penses-tu que je pourrais sacrifier de mon temps pour ta misérable existence ? Pense-tu vraiment, que je pourrais me résoudre à tout donner ? N'as tu jamais entendu parler des rumeurs sur le masque impitoyable, Enfant ? Penses-tu vraiment les monstres capables de pitié ? *

      « Crois-tu que parce que je ne te laisserai pas mourir, ta vie m'importera ? » Elle est rageuse, son regard gris semble se consumer, quand ses lèvres frémissent, culminant au-dessus d'un menton tremblant.

      « Cette vie, maintenant, tu me la devras.
      … Mais je ne te pardonnerais pas ce geste. »


    * Stupide, inconcevable. On ne se donne pas ainsi à moi sans rien attendre en retour. Me prends-tu pour vampire ?
    Qu'est ce que tu es ? Une vermine s'accrochant à ma robe ? Une vie piteuse prête au sacrifice absurde qui ne me fera pas même cillé ? *


    Elle en tremble. Et le traîne jusqu'au grand lit. L'adolescent n'est pas lourd, et l'adrénaline pour toute force, elle parvient à l'allonger, peu attentive aux plaintes émises.

      « Si tu ne voulais pas que je te touche, il fallait y penser avant. »


    Le légendaire Masque n'est plus qu'une femme incandescente, brûlante et fébrile. Dont la colère perle au front, gronde en soubresauts. Ce n'est plus l'acier froid d'un regard, mais la verve et la rage craintive devant cette vie, qui pourrait lui échapper.

      «  Tu me la dois ta vie. Tu me la dois. »


    Elle n'a plus que ces mots à répéter, les seuls qu'elle parvient à formuler, pour toute prière... à s'accrocher. A vivre. A ne pas laisser s'entasser, un cadavre de plus, qui doucement pourrirait... derrière son masque d'injuste.

    L'Aurèle ne sait pas s'attendrir. L'Aurèle ne sait que crier, s'ébattre, se débattre, s'acharner... et continuer... continuer et qu'enfin, ce sablier indéfectible... épuise ses derniers jours.

    La porte s'ouvre, la course d'une petite fille aux bras riches d'onguents et médecines, qui se précipite vers l'auteur du crime. Comme si elle lui offrait la possibilité d'une rédemption, le regard embué de larmes...

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Chandra
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   18.08.09 23:16

    Il sent sa force le quitter. C'est avec l'énergie du désespoir qu'il tente de rester à genoux, vertical. Mais lentement, lentement, même cette énergie le quitte, devant l'absence de réaction. Cette énergie le quitte, mais pas ses espoirs, et son corps s'affaisse doucement sur le côté. Tout est flou, rien n'est net, précis. Cligner des yeux lui est une souffrance intolérable, une demande d'énergie énorme. Mais il ne veut pas fermer les yeux, il veut voir, voir.

    Alors, pour ne pas cligner des yeux, il les garde ouverts. Parfois, par un douloureux automatisme, les paupières se ferment. Mais il veut voir, il veut savoir, alors il les rouvre aussi sec, et il continue à fixer cette femme qui reste immobile. Comme si elle voulait qu'il meure. Le temps passe. Sont-ce des heures, des minutes, ou juste des secondes ? Il est incapable de savoir. Il ne fait que la regarder. Il veut emporter le souvenir, l'image de cette femme magnifique et insensible avec lui, en Enfer ou au Paradis.


    Tu es là. À quoi penses-tu ? ... Je ne pense plus. Je meurs. Je meurs pour Toi. À quoi penses-tu ? Que veux-tu ? Tu m'as pourtant donné la fiole... étais-tu si sûre que je la boirais ? Dans ce cas-là, as-tu voulu ma mort ? Si tôt ? ... Certes pour toi... mon existence est une souffrance... Mais, et si je ne l'avais pas bue, qu'aurais-tu fait ? Ou si je n'avais bu qu'une gorgée pas assez pour me tuer ? Puisque que tu ne m'as demandé de boire qu'une seule gorgée... T'ai-je prise à dépourvu ?

    Et brusquement, Elle s'agite. Elle jette son voile, elle est tout à coup emplie d'une vie qui semble trop puissante pour son frêle corps, elle parle fort, vite, furieusement. L'adolescent ne comprend qu'à peine. Il a fermé les yeux. Il n'ose pas regarder ce visage dévoilé. Ce serait une insulte. Il a les yeux fermés, serrés. Il a l'impression de sombrer dans une mer de mélasse, doucement. Les paroles violentes d'Aurèle ne lui sont qu'un léger brouhaha. Il a froid.

    Et soudain, il n'a plus froid. Plus froid du tout.
    Elle, elle l'a saisi, elle le tient contre elle. Et il sent sa chaleur contre lui. Et pourtant ce contact chaleureux lui est odieux. Il se débat. Il a l'impression de se débattre, car ses mouvements sont imperceptibles. À peine un frémissement de sa peau. Il ne veut pas, il ne veut pas être dans ses bras.

    Des paroles cinglantes tombent dans son oreille, qu'il peine à comprendre. Il ne veut pas entendre. Que ces paroles soient un monceau de reproches ou une suite de malédiction, ça lui est égal. Il ne veut juste, juste pas être dans ses bras.


    Lâche-moi, lâche-moi... Lâche-moi ! Je suis stupide... D'accord... Mais... lâche... lâche-moi... S'il te plaît... Laisse moi mourir en paix...

    « Crois-tu que parce que je ne te laisserai pas mourir, ta vie m'importera ? »

    Mourir ? Oui, laisse-moi mourir... J'ai si... sommeil. Tu ne veux pas, me laisser mourir ? Pourquoi ? ... ma vie ne T'importe pas... Pourquoi... pourquoi ne me laisses-Tu pas mourir... alors ?

    Ses yeux sont à nouveaux entrouverts. Ils ne voient qu'une auréole enflammée et un regard d'acier... Le reste est flou, brouillé... Sombre. Seuls l'acier et les flammes sont là. Bien là, elle le brûlent et le percent, l'achèvent encore plus. Il ne voulait pas voir, et pourtant il regarde. Il regarde ce visage qui aurait dû rester caché.

    « Cette vie, maintenant, tu me la devras.
    … Mais je ne te pardonnerais pas ce geste. »


    Est-ce une question qui se pose ? Ma vie... est à toi. Laisse-moi... mourir, et... ne me... pardonne pas. Jamais, jamais.

    Ses pensées sont confuses et sombres, et seule l'image de la grande dame insensible se bat contre cette femme enflammée dans les ténèbres qui prennent possession du garçon. Même le contact si odieux, il ne le ressent plus. Il ne sent plus qu'une grande et froide obscurité qui lentement le couvre et le gèle.

    Pourtant, quand elle le traîne, quand elle le pose sur le lit, il sent une chaleur revenir, un court instant. Il ne veut pas mourir. Il a survécu à chaque fois, il n'a jamais succombé à des menaces de mort subite bien plus dangereuses. Et il mourrait maintenant ? Ce serait inconcevable... Il aurait fait tout ce chemin, survécu pour
    Lui servir, Lui appartenir et il mourrait dans ses bras ? Ce serait profondément sot. Ce serait sa pire bêtise. Il essaie, il lutte. Un gémissement s'échappe de ses lèvres entrouvertes, desséchées.

    « Si tu ne voulais pas que je te touche, il fallait y penser avant. »

    Penser... avant quoi ? De toutes façons, c'est trop tard... Que je lutte, ou non.. Tu as choisi ce poison pour moi. Quelle délicate attention, quel présent de qualité... Alors il est trop tard... Tu m'as touché, j'ai survécu à ça.... Je ne pouvais pas... m'échapper, alors il fallait bien que... je subisse.

    «  Tu me la dois ta vie. Tu me la dois. »

    Je ne peux pas Te la devoir, de toutes façons, je ne peux pas, puisqu'elle est à Toi. N'est-ce pas ?

    La petite fille revient.

    Mais, laisse, laisse, ce n'est pas la peine, pas la peine... Comment Te faire comprendre ?

    Ses yeux sont clos à présent. Il n'a plus la force de les ouvrir. Et pourtant, il veut avoir la force de lui dire que ce n'est pas la peine. Alors il se force, il remue les lèvres, il cherche à dire quelque chose. Il n'a pas l'habitude de ces consonances, le « o », le « r », le « l » lui sont étrangers depuis plus de dix ans... Il cherche...

    « An...O... O... èle... » balbutie-t-il, accablé par le froid qui le paralyse. Il n'y arrive pas, il y arrive si peu que des larmes de frustration perlent à ses yeux. Et comme il n'y arrive pas, il se cantonne à la seule phrase qu'il connaît, qu'il murmure pourtant bien doucement, avec un filet de voix faible et moribond. « Bon, ben ça c'est... fait... »
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   24.08.09 8:45


    Belle, incapable de mensonge et par conséquent cruelle. L'Aurèle a trop goûté l'amertume d'une innocence bafouée pour encore s'en formaliser. Elle était chef de famille, autorité et responsable. Elle était fille, elle avait un court moment, été mère, elle connaissait les trois âges, elle ne s'était jamais épanouie en tant que femme et ne se destinait qu'à ordonner ce monde, qu'il soit un peu plus viable...

    Même s'il fallait d'abord passer par la destruction... que le printemps renaisse de ses cendres.


    Pour arriver à ses fins, l'Ishtar demeurait implacable, ne détournant jamais son regard de cet immuable destin qu'elle préparait en vain. C'était son unique raison de vivre, de persister et de lutter, alors personne ne pourrait l'en détourner... lui faire perdre du temps.

    Non. Plus personne, maintenant.


    On l'en avait déjà trop dépossédé, arrachant des pans d'éternité et de mémoire aux chairs altérées, elle ne pouvait se permettre... elle ne pouvait pas... Elle de devait pas... prendre en pitié, ceux qui disparaitrait bien vite, avant elle... sans connaître cet âge d'or rêvé...

    Mais cette humanité qu'elle pensait recluse dans une de ses boites sombres, celles de secrets, réservée à la seule source de bonheur qu'elle percevait... Cet odieux coffret s'entrouvrit... prit de pitié, au regard du frêle papillon d'orient se débattant, dans le piège qu'elle avait elle-même composé... Nectar qui éradiqueraient tous nuisibles, sans épargner la beauté, implacable et cruelle, rappelez-vous...
    « An...O... O... èle... »

    L'inébranlable, l'acier tressaillit, portant sur ce corps tordu, l'impénétrable limbe d'un regard. Elle ne lit pas dans tes pensées Chandra... Et jamais elle ne le pourra. Ni ne pourrait t'exaucer.
    En choisissant de la servir, en choisissant de te sacrifier, tu t'es liée à elle, tu t'es confondu... à sa destinée... à ses desseins terribles. Oui, ta vie, elle te la prendra. Et elle décidera quand il te faudra mourir, ne te laissant pas le loisir de choisir. Tu ne seras plus Korakaï, tu ne seras plus Enfant, ni même homme... mais une ombre. Une simple ombre qui jamais ne pourra s'envoler loin d'elle. Souffrant ce qu'elle endurerait, appréciant les plaisirs qu'elle y trouverait.
    Tu ne seras plus Chandra... qu'à travers elle.

    Le Masque l'ouvrirait, cette cage infâme: elle l'ouvrait.
    Laissant s'échapper ses prisonniers, laissant pénétrer en elle...
    une infime partie d'humanité refoulée, quand le papillon crachait sur elle...


    Ce qu'elle lui ferait vomir.


    Sur ce lit, devenu Arche de Noé, Aurèle maintient la tête de l'esclave entre ses cuisses, quand Nouna, s'efforce de contrôler ses membres. L'obligeant à rejeter ce qui s'est insinué, comme le ressac d'une mer... grise. L'adolescent vomira sur les draps précieux, elle reprendra possession de son corps, pour le retenir encore, le baffrant d'une mixture noire et d'odieuses essences.

    Tu ressentiras Chandra, oh par les Dieux, tu ressentiras.
    Une souffrance insoutenable, car voilà ton corps qui renaît, renaît de ses flammes,
    de ce bûcher où elle t'avait condamné... Comme si elle te purifiait...
    D'une existence à oublier.


    Il se passera plusieurs heures de lutte, d'observation. Plusieurs heures où s'écouleront les doutes... les regrets ? La hantise de s'être trompé. Qui sait, si, la médecine administrée suffirait ?
    L'adolescent aura été lavé des excréments que son corps venait de rejeter, il gisait, enlisé sur le matelas moelleux de sa maîtresse, couvert par de nouveaux linges frais.
    Aurèle dormait à côté, affaissée à moitié sur son propre lit, elle s'était écroulée à veiller, tenant fermement le poignet de l'esclave – son pouls, qu'elle surveillait.

    Nouna l'avait couverte d'un châle sans l'éveiller. Caressant doucement ce front pâle et ses mèches échappées.

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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   29.09.09 17:34

    C'est une mort trop doucereuse qui enveloppe l'adolescent pour qu'il l'accepte. Non, maintenant qu'il a décidé de survivre, il refuse cette mort qui l'enveloppe trop vite, trop fort, contre laquelle il aurait besoin d'un peu d'aide. Un tout petit peu d'aide. Il ne sent plus ses pieds, ni même ses jambes, ses doigts sont glacés, il peut à peine les mouvoir. Lentement ses bras se laissent aller à cette torpeur glaciale, comme s'il se noyait lentement dans un cercueil de glace. Et étrangement, face à cette mort froide et aimable, son coeur bat comme un papillon affolé, bat à toute vitesse, d'une manière si effrénée, si irrégulière. Sa tête est brûlante, ici la neige n'ose pas s'aventurer, elle fondrait trop vite. Il est déchiré entre feu et glace. Il souffre.

    Il ne ressent plus rien que la douleur de sa tête qui explose de la chaleur irradiée avec trop de violence. Il ne ressent plus rien que son coeur qui bat trop vite, que sa bouche desséchée. Il n'entend plus rien qu'un silence assourdissant de promesses mortelles. Il ne sent plus rien qu'une odeur de charnier. De mort. Ses yeux sont aveuglés par ses paupières baissées. Il ne sait même pas qu'il se débat. Il ne sait pas que ses membres qui lui semblent si froids s'agitent sans l'avertir. Sa bouche s'ouvre et se ferme comme celle d'un poisson hors de l'eau.

    Pauvre garçon qui résiste, qui résiste face à cette mort qui a envie de l'emmener avec elle dans son royaume de fantômes. Il ne sait pas que peu importe qu'il vive ou qu'il meure, car s'il a la mort d'un côté, il a Aurèle de l'autre. Aurèle qui est sans doute bien pire que la Faucheuse, parce qu'il s'est dédié à elle. Alors que la mort... ce n'est que la mort. Mort qui ne le prendra pas cette fois. Il n'empêche qu'elle essaie encore et toujours.

    Et tout à coup la conscience lui revient. Une lumière qui l'éblouit, alors qu'elle est faible. Mais après cette obscurité sinistre, toute lumière semble éclatante. Une odeur immonde qui le frappe, qui le fait rejeter encore, encore de ce rendu qui est cause de cette odeur. La sensation d'être tenu. D'être touché, d'être trop touché. Ses jambes, des petites mains, sa tête, une chaleur plus intense. Il voudrait se dégager. Un mouvement trop brusque, son coeur rate un battement. Il semble lui dire : ne te fatigue pas, j'ai déjà assez de mal à te tenir hors de portée des mains squelettiques de la maîtresse des Enfers. Chandra voit des étoiles, le noir. Chandra ne voit plus rien, il a à nouveau perdu connaissance.


      Ciel noir et infini, recouverts de nuages trop épais. Et là, au milieu, une étoile flamboyante. L'enfant qu'il est redevenu s'approche de l'étoile qui brille, tend les mais pour l'attraper. Mais voilà que l'étoile se retourne, et c'est la sublime Aurèle masquée qui le toise de son regard acier. L'enfant se recroqueville et se met à pleurer. Il a peur, pourquoi ne veut-elle pas de lui ? Pourquoi le rejette-t-elle ? Une chaleur douce l'enveloppe pour le consoler. C'est sa mère, sa si belle et gentille mère qui le câline et le réchauffe. Et voilà que le visage change. Le teint basané devient blanc, les cheveux noirs s'illuminent d'un rouge douloureux. Les doux yeux noisette deviennent argent tranchant. Et pourtant, pourtant, elle reste enveloppée autour de l'enfant, protectrice, comme une mère...


    Non !

    Il se redresse brusquement sur le lit luxueux. Tout devient noir devant ses yeux pendant quelques secondes, sa tension est trop basse, il est trop faible. Et puis lentement, la lumière revient à ses yeux, l'éclaire. Son souffle est court, il se sent épuisé. Que s'est-il passé ? Sa mémoire lui fait défaut. Il ne sait plus, il ne sait pas. Ses yeux balaient ce qui l'entoure. Et là, il la voit. Elle est écroulée sur le rebord du lit, agenouillée par terre. Sa tête repose sur un bras, tandis que l'autre agrippe avec la force du désespoir son poignet. Il tressaille. Comment a-t-il pu ne pas s'en rendre compte plus tôt ? Délicatement, avec l'autre main, il retire les doigts solides. Étrangement solides pour une noble. Un mouvement attire son regard. C'est la petite fille, elle est assise à côté et caresse protectivement la tête de la noble. Vite, vite, il détourne le regard. Il ne veut pas voir le visage, il remercie le ciel d'avoir été en trop mauvais état tout à l'heure et de n'avoir pas pu saisir ses traits. Il se repent d'avoir vu une partie de ce visage qui devait lui rester caché.

    Et maintenant ? Je ne suis pas mort, j'en suis bien conscient... Et c'est grâce à Elle. Pourquoi ? Je ne comprends pas... était-ce pour me mettre à l'épreuve ? Pourquoi me sauver ? Certes, je Lui serai plus utile vivant que mort, mais je serai moins gênant mort que vivant. Est-ce que je dois La réveiller ? En tous cas, il faut que je quitte cette couche qui ne me sied pas. C'est la Sienne ! Il faudrait dans la mesure du possible que je La couche sur Son lit... Mais... La toucher ? Je ne peux pas ! Je ne peux pas... Si ?

    Il hésite, mais entretemps il a quitté le lit trop luxueux. Il se doute que les draps ont été changés, car il a encore ce vague souvenir d'un éveil court et douloureux. Tout était souillé à ce moment-là. À présent, tout est blanc et propre. C'est alors qu'il remarque qu'il porte une simple tunique blanche, en lieu et place de son habituelle tenue de danseur. Une main à son cou, à son front... où sont ses bijoux, ses bracelets, ses colliers ? Il tourne sur lui-même, en proie à une surprise désespérée. Certains lui venaient de sa mère, et des souvenirs sont liés à toutes ces breloques, qu'elles valent quelque chose ou non. Il contourne le lit, s'approche d'Aurèle endormie. Il n'ose pas la toucher, n'ose pas croiser le regard de Nouna. N'ose pas la réveiller. Alors, il attendra. Il attendra pour la remercier. Pour se donner encore. Et pour récupérer ses souvenirs.
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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   16.10.09 8:47

    C'est un rêve. Encore un. De ceux dont on attend rien, de ceux dont on ne voudrait rien recevoir, de ceux qu'on aime oublier, sitôt réveillé.
    Le genre à vous rappeler ce qui se cache en vous, cette lente gangrène qui ne se sent pas tout de suite Ce sont des images absurdes, des bruits incohérents... Des paysages délirants, des paysages... inexistants. Ce sont des visages, à peine effleurer d'un regard... fuyant la mémoire.
    Froid. Frisson. Est-ce l'extérieur ? N'est-elle pas assez couverte ? Ou serait-ce... à l'intérieur... qu'elle se morfond, cette Reine des glaces ?

    Il y a de la chaleur pourtant... Là, au bout de ses doigts. Une chaleur apaisante, une chaleur faiblement rythmée au bruit d'un cœur qu'elle avait menacé d'arracher.
    Comme ce matin là. Ce matin si froid. NON !

    Elle ne veut pas qu'on lui ravive. Que ce soit sa flamme, sa haine, son fléau...
    Sa raison de survivre.


    Elle entends des pleurs, et à l'intérieur... à l'intérieur, tout se glace plus encore...
    Les pleurs de l'enfant s'éloignent...

    Son bras se tend, se tend... Elle veut rattraper cette chaleur qui s'échappe, qui s'enfuie... Qu'on emprisonne...

    Loin d'elle.


    Rien, elle ne peut rien : RIEN.
    Elle ne peut même pas empêcher ses larmes, ses convulsions, ses cris :

      « NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! »

    Sa main a fendue l'air... Au travers de cheveux défaits, ses yeux hagards contemplent l'esclave qui s'est levé, pour revenir à cette main qui enserre; de nouveau, ce poignet.

    Nouna n'a pas dit un mot, elle s'était pour lors, contentée d'observer les manœuvres de l'adolescent. Le réveil soudain de sa fille l'avait fait sursauter.

      « Jena... »

    C'est un murmure... En échos aux réminiscences d'un cauchemar bien réel... Vieux de près de 20 ans. Une mère ne sait-elle pas toujours ô comment calmer les peurs de son enfant ? Une mère ne sait-elle pas chasser les monstres du dedans ?
    La petite blonde s'approche, amorce un geste d'apaisement, mais Aurèle ne laissera à quiconque le temps de réagir.
    La femme de fer s'est ressaisie, se débarrassant vivement du poignet prisonnier, elle contourne l'esclave et lance sans se retourner, glaciale :

      - « Il semble que je sois déjà en retard. Anne, tu t'occuperas de lui en mon absence. Veille à ce qu'il ne commette plus d'impair. Je ne le tolèrerai pas... une nouvelle fois. »

    Seul son dos; couvert du châle de Nouna, leur est perceptible, quand sa tête s'incline, dardant un regard gris meurtrier, comme l'aurait fait une lame qui tranche dans la chair :

      - « Ne te crois pas sauvé pour autant, esclave. Ce que tu as avalé te condamne à mes remèdes. Tente ne serait-ce qu'une seule fois de t'échapper, ou de me nuire... Et tu mourras. »

    Prenant la direction de la penderie (une large pièce n'était pas de trop pour contenir les effets de l'élite), sa voix s'éloigne :

      - « Aménage-lui quelque-chose ici, Anne. Ce serait trop dangereux de le laisser courir toute la tour. Autant pour lui que pour nous. Il t'aidera dans tes tâches. Apprend-lui, s'il m'ennuie trop, je le laisserai mourir. »

    Une porte qui claque, une dernière sentence :

      - « Je reviendrai sûrement tard. »

    Nouna est abasourdie, mais n'en demeure moins pas lucide face à cette mascarade. Aurèle avait donnait le change, et seul une œil averti aurait décelé les tremblements de ses mains, la fuite de ses regards. Une voix d'ordinaire bien plus douce, quand elle s'adressait à son aînée. Le leader des Ishtars perdait rarement son sang froid, ni ne montrait de manière aussi manifeste, aucun signe de faiblesse... même devant sa propre mère.
    Les traits tirés par une nuit épuisante, Nouna persistait à sourire devant cet enfant qui n'avait probablement rien compris de ce qui se déroulait ici. L'inquiétude de la petite fille était pourtant palpable, mais... qu'y pouvait-elle ? Aurèle avait choisi cette route, la seule à laquelle elle pouvait encore se raccrocher.
    La fatalité venait de lui imposer celui qui aurait pu être son enfant, il y avait de quoi être ébranlé, après tout. Mais quelque part, c'était aussi... encourageant. Ainsi, derrière le masque l'âme se ravivait, loin de se figer au-devant des meurtrissures qu'elle s'imposait.

    Il faudrait expliquer beaucoup de chose au gamin, lui trouver un coin où vivre.



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MessageSujet: Re: S'il y avait aube ou crépuscule en ce sombre monde [Aurèle]   28.10.09 18:32

Perdu. Je suis totalement perdu. Cette femme en serait-elle plusieurs ? D’abord, le Masque. Celle à qui je me suis dévoué, donné, offert. Ensuite, ensuite, cette femme qui m’a guérie, cette lionne à la chevelure de flammes, qui m’en voulait presque de m’être sacrifié. Maintenant, cette femme désespérée. J’aimerais, apprécierais qu’elle me lache le poignet. Je n’aime pas qu’on me touche. Elle le sait pourtant entretemps. En plus, elle me serre le poignet si fort que ça en fait mal. Lâche-moi, lâche-moi, laisse-moi être. Je peux te consoler de mille et mille manières, en dansant, en faisant des acrobaties. Mais ne me touche pas, ne me touche pas. S’il te plaît. Non, je ne suis pas insensible à ta douleur… mais…

Et la voilà qui fait encore volte-face. La mère désespérée à disparu, voici à nouveau le Masque. Mais un Masque encore plus dur, plus froid. Un masque de glace, qui ne laisse rien transparaître qu’une cruauté glaciale. Elle donne des ordres, explique. L’adolescent écoute, enregistre, mais tout lui est incompréhensible. Cette femme à qui il a lié son destin, il ne saura jamais la connaître, c’en est presque désespérant. Et la voilà qui part déjà. Il se jette en avant, veut la poursuivre, mais la porte lui claque au nez. Il reste, dépité, devant cette cloison, il n’ose pas la suivre plus avant. En désespoir de cause, il se retourne vers cette enfant qui a été appelée Nouna et Anne.

Que sais-tu, toi ? Vas-tu m’expliquer peut-être quelque chose, ou me laisser dans l’obscurité ? Me parquer dans une chambre exigue jusqu’à ce qu’Elle rentre ? Ou bien me dire quoi faire, me charger d’un tâche. Que je me sente enfin utile.

Elle semble comprendre son regard, puisqu’elle se lève. Son sourir est las, semblable à celui d’une vieille personne. Cela produit un effet curieux sur ce visage gamin. Il y a là bien trop de choses bizarres pour que Chandra ne cherche à comprendre plus. Autant suivre et obéir. Même si ce renoncement lui fait à présent horreur, il ne sait que faire d’autre. Il la suit. Elle ouvre des portes, parcourt des couloirs. Là, une petite porte. Elle l’ouvre. Une petite chambre, un lit, une table, deux placards, une commode. Et une petite porte au fond, sans doute un simulacre de salle de bains. C’est luxueux pour un bohémien qui n’a jamais vécu que dans une roulotte, par monts et par vaux.

C’est pour moi ?

Elle sourit, semblant comprendre le regard éloquent.
« Ce sera ta chambre. » Elle s’avance vers la commode et ouvre le tiroir du haut. « J’ai rangé tes bijoux là. Ce qui te servait de vêtements, en revanche, il a fallu s’en débarasser. »
Le visage de l’adolescent qui s’était éclairé à la vue des bijoux, s’assombrit quand il apprend que ses vêtements ne sont plus.
« Je vais prendre tes mesures, il va falloir te faire un livrée, pour qu’on reconnaisse que tu es bien au service d’Aurèle Ishtar. »

Je comprends. Mais les livrées sont laides, elles couvrent tout le corps. Je n’aime pas ça. Aurai-je le droit de porter mes bijoux ?

Encore, la petite fille répond à ce qu’il ne dit pas.
« Tu as le droit de choisir dans les grandes lignes la coupe de ta livrée. J’avais imaginé une tunique sans manches qui permettrait que tu portes tes bijoux. Puisque tu ne sembles pas craindre le froid, cela devrait aller. »
Le visage de l’adolescent s’éclaire. Cette petite fille est une perle de clairvoyance. Elle a su deviner ce qui lui correspondrait. Même si une tunique c’est déjà être bien plus habillé qu’il ne l’ait jamais été auparavant. Cependant, du moment qu’on voit ses bijoux, et qu’il n’a pas à porter de pantalon, tout lui convient.
« En attendant, voici une tunique simple. Celle avec la livrée sera prête demain. »
Il se saisit de l’habit blanc, reconnaissant.
« Ah, voici de quoi signaler que tu appartiens à Aurèle Ishtar, en attendant, si tu as envie de te promener, pour éviter que tu ne sois capturé et offert à quelqu’un d’autre… » ironise-t-elle en extrayant d’une poche de sa robe un bracelet en forme de serpent qui s’enroule autour du bras. La tête du reptile est visiblement marquée du blason Ishtar.
« Il faut le mettre en haut du bras, là. » explique-t-elle en désignant la portion de bras juste en-dessous de l’épaule.
« Change-toi vite, je t’attends dehors. » ajoute-t-elle, désirant lui laisser un intimité dont il n’a à vrai dire pas besoin.
Il se dépêche, quitte la chemise trop grande, enfile la tunique. Ses colliers sont bien vite à nouveau autour de son cou, ses multiples bracelets résonnent à ses poignets et à ses chevilles. Ses boucles d’oreilles encadrent son visage féminin. Et le serpent Ishtar orne à présent son bras, bien en vue. Une ceinture de fil blanc tressé de fils d’or, un cadeau de la vieille, enserre sa taille, cintrant la large tunique, qui s’arrête aux genoux. Ignorant la brosse posée sur la commode, dont il ne connaît pas l’usage, Chandra se repeigne de ses doigts, replace l’anneau doré qui lui sert de chouchou dans ses cheveux et parfait le tout avec son pseudo-diadème. Il ressort.

« Bon, maintenant, je vais t’expliquer quelques petites choses à propos d’Aurèle… » commence Nouna, avec un regard de connivence, après avoir jaugé avec un regard bienveillant la tenue de l’esclave.


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