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 Le parfum des cendres chaudes

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Aramis
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MessageSujet: Le parfum des cendres chaudes   23.09.09 5:41

[j'attends le piaf céleste, mais ce n'est pas exclusif ^^]


Comme Ambroise longtemps avant lui, Aramis se tenait sur les remparts de Tsel, tourné vers l'immensité vide du désert. Il ne savait plus depuis combien de temps. Plusieurs heures, sans doute. Assez longtemps en tout cas pour que ses genoux commencent à trembler; au lieu de rentrer chez lui, il était monté sur le muret craquelé pour s'y asseoir, les jambes pendant dans le vide. Il aurait pu perdre l'équilibre et chuter; vu la violence de certaines rafales de vent qui s'engouffraient dans ses cheveux et son manteau ouvert, c'était un risque certain. Mais quiconque aurait croisé le regard vide du jeune homme se serait rendu compte qu'Aramis s'en foutait de tomber.

Deux Mearas avaient disparu. Le chef de la Milice, Dorian de Mearas. Et surtout le doyen, Ambroise de Mearas. Son Ambroise. Sans un mot, sans une excuse, sans un sarcasme ou une énigme. Il s'était évanoui dans les entrailles de l'Etemenanki et nul n'en avait retrouvé la moindre trace. Mais ce n'était pas le pire.

Aramis l'avait cherché. Cherché, cherché, encore cherché. Pendant des jours et des nuits, sans prendre un instant de repos. Il avait parcouru les immenses sous-sols de la place forte en long, en large et en travers, sans résultat. Il avait interrogé tout ce que le palais comptait de domestiques, sans rien apprendre de nouveau ni sur l'un ni sur l'autre des disparus. Il avait épluché les archives d'architecte qui pourrissaient dans un recoin de la bibliothèque des Albërick, à la recherche du moindre indice, du moindre passage secret. Il en avait trouvés certains, qui de toute évidence n'avaient pas été empruntés depuis un bon siècle. Mais il avait continué à chercher, encore et encore, persuadé qu'Ambroise ne pouvait pas avoir disparu de son plein gré. Pas sans le lui dire. Il lui était forcément arrivé quelque chose. Peut-être qu'il avait été victime d'un complot de son chef de milice, peut-être les deux hommes étaient-ils pris dans un piège des Sîns, peut-être... peut-être... Il était forcément arrivé quelque chose!

Et puis, un soir où il s'épuisait à déchiffrer un antique livre de maçonnerie, Kolia était venu le voir. C'était un vieux valet d'Ambroise, l'un de ceux qui vouaient une admiration aveugle au doyen des Mearas - Aramis le soupçonnait d'en avoir été l'amant, bien des années plus tôt. Une autre particularité différenciait Kolia de la plupart de ses collègues: il appréciait le jeune parfumeur. Ce fut sans doute pour cela qu'il vint à lui, ce soir-là, pour lui dire que peu avant sa disparition Ambroise avait consulté l'un de ses registres de comptes, un registre qui en vérité avait une destination bien précise: les comptables du Mearas y recensaient scrupuleusement tous les bâtards de leur maître, le nom de leur mère et la somme qui devait leur être versée chaque mois jusqu'à leur majorité.

Kolia avait trouvé un nom dans ce livret, un nom qu'il avait montré à Aramis en lui disant que c'était peut-être cela qu'Ambroise avait voulu vérifier. Et le bel éphèbe avait vu son monde s'écrouler.

Ce nom, évidemment, c'était celui de sa mère, accompagné du prénom et de la date de naissance de l'enfant qu'Ambroise lui avait fait.

Son prénom. Sa date de naissance.

Lui.

Alors Aramis était monté sur les remparts et il y était resté toute la nuit, à respirer l'odeur minérale du désert. Une fragrance pure et forte qui noyait ses pensées trop nombreuses, ses sentiments trop confus. C'était mieux ainsi; il n'était pas prêt, non il ne pouvait pas être prêt. Il ne voulait pas savoir, pas comprendre.

Son père. Ce monstre assoiffé de sang qui avait massacré les Etoiles.
Son père. Ce fils de pute auquel il ressemblait trop pour être aimé de sa propre mère.
Son père. Le meilleur amant qu'il ait jamais eu.
Son père. Le seul homme pour lequel il ait jamais éprouvé un putain de quelque chose.

Son père qui avait disparu, peut-être parce qu'il s'était rendu compte qu'il était amoureux de son propre fils, ou peut-être pour une toute autre raison.

Que voulez-vous penser de cela?...

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Kaliel Mearas
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Synthèse
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* Pouvoir Astral *: Lévitation
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MessageSujet: Re: Le parfum des cendres chaudes   23.09.09 22:55

<= Trois semaines avant, le sauvetage de l'Ophucius.


    L'envol, c'est sûrement ce qu'il préférait, ce que personne n'était à même de concevoir, de ressentir. Plus qu'être léger, plus qu'éthéré, plus que s'élever extraordinairement sur l'immensité... C'était le ciel qu'il visait. Pour arracher des pans nuageux d'un regard lumineusement solaire.

    Alors même alourdi d'un fardeau dont il s'était joué l'aveugle, même si l'effroi lui engourdissait le cœur... Il y avait toujours cet appel à l'air libre : où se jeter. Éperdu et libéré. Loin des masques d'innocence, des sourires rassurants rodés. Pouvoir hurler tout son saoul à la Lune – Celle qu'il sent confusément présente – Aux étoiles fraternelles, toute sa colère, son désarrois, pour enfin chuter...

    Et atterrir. Vidé. Épuré des rancœurs et des larmes. Épuisé enfin, par ces slaves inlassables ne cessant de l'attaquer. La colombe le sait, elle sait son sacrifice inéluctable. Elle l'a accepté. Mais quelques sursauts l'habite encore, lorsque les prédateurs mordent ses chairs.

    Sîn.

    Cruelle épée, déversant une vision unique sans chercher à comprendre. Juge de l'injuste et bourreau implacable. Lentement, les allusions s'étaient regroupées : sa ressemblance surnaturelle, les mises en gardes maternelles... Lentement, ce passé honni, se reconstituait, harcelant le jeune homme. Lacérant ses débris d'enfance.
    Tu le savais Kaliel, au fond de toi. Elle ne te l'avait jamais vraiment caché, l'anormalité de ces conditions, de son âge. De son effroi à la moindre mention de...
    Lentement, les événements se reconstituaient, formant un tableau terrifiant, regroupant ses mises en garde « N'approche jamais le doyen, Kaliel, jamais ! », qu'il avait naïvement lié à la vindicte de son père... Les périodes, sa naissance. Ses mœurs à lui décrites alors qu'il peinait à récupérer d'une chute où l'Ophucius s'était libéré.

    Noircissant encore cette nuit... teintée de gris.


    Il est des moments, où même les petits princes pleurent silencieusement. Leurs derniers lambeaux naïfs s'évaporeront aux premières lueurs... vivantes.

    Trois semaines éreintantes que Kaliel aurait préféré ne jamais avoir vécu. Trois semaines à endurer colères, douleurs et méfiances, auprès des Sîns dont l'Ophucius s'était rapproché. Trois semaines pour assimiler ce monde exacerbé, découvrir la disparition de leur maître, cette instabilité à la lumière d'autres étrangetés, d'autres destins irrémédiablement liés.
    Et le sien qui jamais ne l'oubliait. Le sien qui continuait de le poursuivre.

    Pour la première fois depuis longtemps... Ou plutôt... Une seconde fois, en leur présence: l'étoile avait laissé éclater sa colère. Refusant d'être terrassé par cette fatalité ennemie contre laquelle on ne luttait, Kaliel bien qu'éructant de rage, avait fini par l'accepter. Sans pouvoir s'empêcher de chercher des raisons, de comprendre cet enchaînement, cette sourde horizon... Et...

    « Non. »


    Son poing s'était abattu sur la table, dardant les témoins d'un regard furieux.

    « Non. »

    Ce n'était pas tolérable. Avoir survécu jusque là, avoir été souillé à ce point et laisser le destin triompher par l'un de ses Nième coup retors ?

    « Non. »


    Kaliel refusait de céder. A la souffrance, au ton désabusé de ses pairs. Il rejetait toute instance, tout sauvetage. Fuir... le condamnerait à l'obscurité.

    Et l'adolescent préférait encore, l'âcre douceur lactée de ses nuages. Aucun n'aurait pu le retenir, même s'il n'était pas encore remis, même si c'était terrible, même si c'était suicidaire, Kaliel retournerait en son antre glacée. Même si l'Etemenanki se dressait en gibet. Kaliel y avait encore des âmes... à sauver.
    Et l'amertume d'un père... à adoucir.

    Il ne savait rien des rumeurs, rien du chaos qui l'attendrait. Les Sîns après leur éclat, s'étaient tapis dans l'ombre, attendant l'heure où ressurgir pour trancher des gorges. Imitant la couleuvre, ils s'étaient isolés, se coupant des nouvelles du monde...que Kaliel avait la folie de vouloir rejoindre.

    « Je serais plus utile parmi eux. Ils ne sont pas tous des monstres. »

    Et la colombe s'était envolée, se perchant maladroitement sur le rempart qu'il avait autrefois gravit... Des semaines qui lui paraissaient années. Qui avait égrené son cœur d'un peu plus de lourdeur. Le temps orageux était semblable à ses humeurs, et la nuit son seul refuge. Lui qui ne s'était pas couvert pour pouvoir rentrer, lui duquel le visage s'était peu à peu dévoilé aux affiliés du même nom. Lui, bien obligé de faire escale sur cette muraille... pour reprendre son souffle.

    Sans avoir perçu plus avant, la forme qui hésitait... pour se retrouver nez à nez à elle :

    « Hey ! »

    C'est un bras qui se tend, l'adolescent agit presqu'instinctivement à l'apparition qu'il lui semblait, déterminée à mourir.
    Ce que le regard surpris du suicidaire contredit un court moment, soudainement déséquilibré, qui, la bourrasque aidant, l'empêcherait de réfléchir plus en avant.

    L 'effroi. C'est ce que la colombe, un instant, partagea avec lui, en plongeant vers cette main happant le vide... pour être entraîné par elle.

    « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

    Le cri vient du plus profond de ses entrailles, et sans réfléchir, il fond sur cette forme qui en ressentira bien vite le choc. Il l'agrippe par la taille, presqu'enfouissant sa tête contre son torse. Pour lutter de toutes ses forces contre l'attraction terrestre, contre cette chute.
    Ils ne planeront que quelques secondes, quelques précieuses secondes où Kaliel aura miraculeusement réussi à transformer cette course fatale... en une dégringolade mouvementée.

    C'est contre la relique métallique d'une fondation... que Kaliel, réservant ses derniers efforts à se délester de son poids avec moins d'accrocs, poursuivra sa trajectoire. Le laissant épuisé et sonné.

_________________
"Du chaos naît une étoile."
Charlie Chaplin
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