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 Songes solitaires.

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Dorian

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MessageSujet: Songes solitaires.   14.10.07 16:06

La salle était vide, vide et silencieuse. Un silence pesant et étouffant, comme les tentacules d'une pieuvre de ténèbres, elles l'entouraient, s'insinuait dans les plis de ses vetements, et pourtant, il restait là. Assis dans l'ombre, songeur et peut être torturé, peut être seulement. Ils n'étaient pas nombreux ceux capable de lire entre les lignes qu'il exhibait. Pour beaucoup, il était pédant, égoiste et hautain. Un digne fils Mearas, s'étalant dans les limbes d'un luxe écoeurant, se vautrant dans les délices du vice...Une apparence qu'il entretenait, qu'il alimentait...

Ses yeux caressèrent la scène, promontoir de bois précieux, dorures sculptées dans l'or pur. Ici s'élevait les voix les plus pures de Tsel, mais seules les notes pouvaient se parer d'innocence...Le vice s'habillait de blancheur, mais son masque grimaçant se revelait en transparence.

Il soupira doucement, songeant a son fils « enfermé » dans une cage, une prison dorée, un cocon protecteur mais si illusoire. Kaliel restait l'ange dans son enfer, sa lumière et son espoir. Il sentait les filets de mouvoir dans l'ombre de la Noblesse, et il n'aimait pas ça. Il était aguerri aux manoeuvres des siens, mais pas Kaliel...
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Kaliel Mearas
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   21.10.07 5:27

Justement, en parlant de l'ange en question.
Figurez-vous qu'il s'était assez facilement envolé, enfin, peut-être pas si facilement, mais on accordait tout à ses grands yeux innocents...
Et Kaliel savait en profiter, ce n'est pas aux frémissements de l'adulte qu'on accepte si aisément les limites.
Et c'était en dépassant largement les bornes que l'adolescent suivait son père, le sourire en éternelle grimace, à l'ombre d'une alcôve, formentant quelques farces...

Pour ôter un peu de cette obscurité dans laquelle son père étouffait.
Le souhait avait depuis longtemps été prononcé, il était encore et toujours appliqué, Kaliel ne pouvait faire autrement, que de l'aimer.
Que de vouloir sortir son père de ses tourments.

Sans se douter qu'il en était la cause.


Pas d'importance, aucune !
Il ne sert à rien de se ronger l'âme par quelques pensées importunes ! Et Kaliel se demande, quelle blague inventer, de celle qui causent du soucis mais sont immédiatement pardonnées, de celles qui font rennaître le sourire et une franche accolade, de celles qui un temps, écartent la douleur, assèchent les pleurs.
Illumination!

Il trouve, enfin, plutôt, La chose le trouve. Elle est perchée bien haut, est-ce judicieux de s'en munir?
Eh, c'est que cela lui irait à ravir ! Et c'est une sacrée boutade que voilà, une de celle qui les fera rire aux éclats après une belle frayeur !
Ni d'une, ni de trois, Kaliel n'hésite plus, et dans les coulisses bondit sur ce drap un peu sâle, qu'il saisit, puis comme figé dans les airs, comme une plume soufflée, Kaliel reccueille en ses mains le fameux masque précédement hors de portée.

Il se pose rapidement. Quelle image a t-il du donner? Celle d'un ange étrange, au voile accompagné, grandissant vers les sommets pour...
se déguiser ?

Oh, il s'anime de clarté, souriant de toutes ses dents devant sa trouvaille albâtre.
Un masque, un masque souligné d'une larme, un drôle de pierrot dont il s'affuble, ce farfadet!
Il se drape dans la toile qui fut blanche, et le revenant se meut en une subtile engeance de flottement et de bruits.

Il apparaît sur scène.
Et disparaît soudainement.


Il est sûr de son enchantement, de son effet l'enfant. Et continue sa représentation d'un "Houuhouuhouu" évocateur et chantonnant.
Il flotte, oui, il flotte, sous son masque provocant qu'il ne laisse pas entrevoir...

"Ouhouhouh, aucun opéra, ne peut se défaire de sa croix !"
s'exclaffe le fantôme sans pouvoir retenir un timbre rieur.
Il disparait aussi tôt, dans les méandres des lourds rideaux.

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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   21.10.07 12:48

Dorian avait fermé les yeux. Une manière d'échapper a quel que chose qui le rongeait, qui le rongeait mais le maintenait en vie, comme une contradiction ironique, comme un pied de nez cynique de la vie. Il avait souhaité et il avait perdu. Une défaite au goût amer, douceureux. Un semblant d'amour. Il le savait, il l'avait deviné, si douloureusement. Plongé dans ses songes acides, il ignorait la présence de l'ange qui tenait sa vie entre ses doigts innocents, inconscient des pensées joyeuses qui agitaient l'esprit d'un farfadet lumière dansante au milieu de ses ténèbres. Il n'entendait pas ce fils se grimé dans l'espoir de faire naitre le sourire sur son visage trop fermé.

Houuuhouuu !


Dorian ouvrit subitement les yeux et dirigea le faisceau argent de son regard sur la scène. Là ! Un pan s'immaculée souillée qui s'échappe dans les coulisses. Lentement, il se redressa, un masque de pierre figé sur son visage.

Ouhouhouh, aucun opéra, ne peut se défaire de sa croix !


Ce rire...Ce rire toujours présent dans cette voix encore fluette. Dorian laisse un sourire étrange fleurir sur ses lèvres, un sourire qui n'est que pour cette silhouette faussement terrifiante cachée sous un drap sali. Le masque se fissure doucement, craque pour révéler le visage du père qu'il est. Cet enfant aura sa peau...Encore une fois, Kaliel avait déjoué sa vigilance, s'était enfouit de ses appartements, mais...Dorian ne savait lui en tenir rigueur, non, il ne pouvait laisser éclater une colère qui s'éteignait aussi rapidement qu'elle était venue. Sa lumière, innocente, joyeuse, farfadet qui parcourait la vie en y jetant ses rires. Comment lui en vouloir...

-Kaliel ! Tu ne penses donc pas a mon pauvre coeur ? J'ai bien cru qu'il allait se décrocher, Fils !

Une voix grave, faussement sevère qui résonne dans l'opéra vide. Un rire soujaceant au reproche. Dorian n'est qu'un père face a la lumière. Il imagine les prunelles dorées, illuminées de rire, d'innocence, il imagine le sourire, douceur et rêve unis, il imagine le visage fin de cet ange qu'il étouffe.

-Sors de là et viens donc m'expliquer ce que tu fais ici !
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   25.10.07 11:15

Et tu fermes les yeux, quand le vide à tes pieds t'appelle langoureusement à tomber.

C'est ainsi qu'il se jette, l'ange voilé, de ses hardes poussierreuses, il mime la chute d'un damné.
Quand le masque tombe.

Et ses yeux, brillent plus que d'anciens jours.
Son rire se fait débordant d'amour alors que ses mèches s'envolent, dansante sur son visage épanouit.

Il s'écroule à terre. La chute ne fut malheureusement pas contrôlée et le lutin se prit les pieds dans les draps pour se vautrer malencontreusement sur le premier rang.
Se désempêtrant des haillons qui s'amusent à lui barrer le passage d'un air retrouvé, sa tête surgit soudain, un peu bêtement, et ses cheveux décoiffés luisent en une tempête affolée.

" Oui, bon; j'étais pas supposé atterrir là. "

Il dévisage son père, à demi-outré.

"ça ne se voit pas ? Je répète un rôle eh !"

Il suffit parfois, de broder un peu cette réalité. De lui ajouter du fantasque, du merveilleux, pour rogner un peu, sur le sombre qui nous gâche les yeux.
Il suffit parfois d'imaginer le roman réel, qui se fout bien de l'éternel et s'habille du facétieux.
La vie n'appartient pas aux gens trop sérieux, elle deviendrait crasseuse.
Kaliel s'est décidé à ne plus jamais verser une goutte, ou d'un rire douloureux car il ne pourrait l'arrêter. Il s'est décidé à être heureux, heureux pour tous, même si la vérité le trahissait, il s'en fichait.
Que vivent les déguisements des traits, il les maniait relativement bien. Il était heureux, point.

Et cela lui suffisait, suffisait à le satisfaire, de faire rire son père.

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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   07.11.07 22:05

L’enfant fugitif est digne des plus grands voleurs. Habile du regard qui caresse l’innocence, il manie son déguisement aussi bien que ses aînés qui en perdent leurs déguisements vieillis et ridicules aux côtés de celui de l’enfance.
Il déjoue adroitement les pièges de la retenue et amène à la confiance, sous cette apparence dorée qui se présume lavée de tous péchés. Peut-être, peut-être qu’il y en avait, derrière ce regard lumineux et solaire. Peut-être qu’il y avait là, quelque part, une tâche d’ombre…oh, comme elle l’espérait ! Elle ne pouvait supporter l’idée d’une lumière éternelle, ne pouvait imaginer un sourire trop facétieux qui ne cache rien…Mais on lui avait dit, on lui avait bien dit que cet enfant enjoué était… un ange.
Un ange ? Vraiment ? Elle ne pouvait y croire. Pas devant l’habilité du mensonge, la franchise criante de la disparition.
L’enfant est armé de plus de vices que de vertus, se prétendant héros joyeux là où il triche et abuse de la confiance mal méritée.
Rusé et malin, il a endormi sa maison et s’est envolé, petit ange doré perdu qui croit s’affranchir et se cogne aux barreaux de la cage.
On n’a pas verni cette cage, on n’a pas crée cette prison de luxe pour que l’ange s’échappe et tourbillonne aux alentours.
Non, ce n’est pas un ange, ni même un enfant. Elle ne veut pas qu’il en soit ainsi, elle n’admettra pas ce que les autres acceptent comme vérité. La lumière est toujours ombrée, on n’y brille pas, la lumière ne fait qu’éblouir et aveugler…


Les remous qu’il laisse derrière lui n’ont guère l’air de l’affecter. Il n’est plus là, et le monde s’en indiffère, jusqu’à la remarque, la critique, la panique.
« Où est-il ? »
Beaucoup se le demandent, et aucun ne sait la réponse. Prudents, personne ne pense à alerter le père - ils ne se présument pas assez fous, ils se croient sûrement assez rusés pour déjouer les pièges d’un enfant qui n’a que la moitié de leur âge -, et coulants ils se mettent à chercher, resserrant les mailles du filet au fur et à mesure et agglutinant discrètement de l’aide pour retrouver le petit prince qui s’est envolé, ailleurs.
Le petit prince fuyant dont nous connaissons d’ores et déjà la fin, quand il retourne chez lui, soufflé par le venin de quelque reptile malsain.
Petit prince, petit prince, où te caches-tu ?
Ce n’est pas dans cette ville que tu pourras trouver un champ de blé, ni les arbres géants contre lesquels tu pourrais poser ta tête et reposer ton âme. Pas d’oasis dans le désert, juste le sable et le vent qui fouette, et tu es le prince de cet univers, et c’est pour ça qu’ils te cherchent maintenant…égaux à la poussière que tu foules de tes pas.
Chacun pense à ce qui pourrait se passer. On s’inquiète, autour, on se pose des questions, on écarte les possibilités.
Pourquoi elle, maintenant et ici ?

Elle est une chasseuse. Une chasseuse incapable de mettre la main sur sa proie ne mérite pas ce nom. Quoi donc de plus naturel que de l’inviter à jouer à cette petite chasse à l’homme ? De gré ou de force, elle est rajoutée au projet, tisseuse de la toile qui est censée se resserrer soudainement autour de l’enfant-prince qui s’est montré trop capricieux.
Il a fallu sourire, promettre, parler, obtenir des idées, des informations. Tout ça pour suivre la trace du chenapan fuyant et le remettre sur le perchoir de sa cage, le fier oiseau qui finirait par se couper les ailes contre les bords.
Le luxe affriolant appelle les âmes damnées qui virevolte autour, envieux et anxieux, cherchant leur part et cherchant la plaisance d’un quelconque seigneur.
Cyanure malheureusement n’aurait rien désiré de plus que d’être laissée tranquille, espérant futilement ne pas devoir prendre part au débat et donner de la voix.
C’est dégradant, de jouer les mamans. Et elle ne compte pas rester longtemps la nourrice d’un nourrisson un brin trop ambitieux – mais pouvait-on appeler nourrisson un homme qui savait déjà mentir et disparaître aussi vite ?
Une petite aventure qu’on qualifiait déjà de dramatique.
Pourquoi ?
Cette petite histoire la réjouissait, elle. Quel plaisir de voir un peu d’agitation, quel plaisir de voir s’écrouler l’ordre au profit d’un gamin.
Un gamin, elle voulait bien, mais alors quel gamin ! On ne pouvait pas lui en vouloir : au contraire, il aurait fallu l’applaudir pour son geste !

Et on les voit déjà, ceux-là qui ne sont que modération, ceux-là qui restent timorés dans leur gestes et qui cherchent les ennuis, qui cherchent à se trouver des complications en se posant ces quelques petites questions :
Et s’il mourrait au détour d’une rue ? Si les Sîns le trouvaient un peu trop maladroits, s’ils sentaient en lui le vice qui coulait de son sang ?
Dans quel état aurait-on retrouvé la colombe ?
Aurait-on pu retrouver ses plumes ?
Qu’est-ce qu’on fera de moi ?


Cruel, cruel seigneur que ce prince dédaigneux qui abandonne ses servants à la morsure du froid. Enfant, tu es coupable, et pour cela tu mérites plus qu’une prison, tu mérites plus que du mépris, plus que ce qu’ils t’offrent.
Le masque de l’enfance…
Mais dans le jugement qu’elle s’en fait il n’y a pas de présomption d’innocence.
Un brin d’admiration pour ce criminel bien particulier. A sa manière il meurtrit, elle aimerait le connaître cet enfant qu’elle doit chercher. La curiosité…où se trompe-t-elle , où a-t-elle raison ?
Pourquoi ne pas alors avoir laissé ce prince fuguer seul ? Mais après tout, n’était-ce pas une insulte pour le pêcheur aguerri que de voir l’anguille qui file entre les doigts pour retourner à son univers marin ?
Plus elle y pensait plus elle se disait que ça l’était, et qu’en tant que question de fierté elle se devait de se plier aux règles et de repiquer l’anguille.
Mais pour beaucoup d’autres raisons, elle aurait voulu laisser la bête se faufiler entre les perches et remonter la rivière – pour mieux revenir.
C’est triste à dire, mais il faut le savoir : il est stupide de croire que nous sommes libres, mais libre de croire que nous sommes stupides…

Les échos des voix résonnent dans le vide de l’opéra. Il aurait pu paraître vide, il ne l’était pas, c’était bien là ce qu’espérait Cyanure. Ses pieds foulaient les débris du dernier spectacle, le bois craquait douloureusement sous la pression.
La chasseuse avait rempli son rôle, la femme avait trouvé l’enfant ; plus, elle avait au passage retrouvé le père.
Deux pour le prix d’un, elle aurait pu être fière, si ce père lui-même n’était pas censé représenter le malheureux gradin supérieur de l’échelle sociale à laquelle elle était liée. Il ne manquait que la présence de cet homme dont la réputation n’était plus à faire pour clore de façon presque comique cette petite chasse à l’homme dont le protagoniste principal se tenait là, les cheveux tout décoiffés et la mine bien embêtée. Difficile de se dépêtrer des hardes qui l’entoure.

La scène a quelque chose d’irréel. Le père et le fils jouant à cache-cache au moment où l’opéra est vide.
Son regard s’attarde sur le fils. Alors, c’est lui, ce petit prince ? L’adolescent rebelle qui n’est finalement venu ici que pour complaire à son père ?
Il ne lui apparaît qu’une touffe de cheveux en bataille et des gesticulations.
Et là, envers et contre tout, elle se mit à rire, sur la scène vide, et elle en descendit rapidement, riante et tourbillonnante, s’amuse de voir le père souriant, lui qu’elle connaît si peu, le salue rapidement, sans se poser d’arrière questions, et arrive là, devant le premier rang, admirant ce prince que tant cherchent en vain dans ce déguisement qui le colle et l’empêche de voler à sa guise.

- Souhaitez-vous que je vous aide... ?

Et puis elle se rappelle du rang de ce jeune homme, du respect qu’elle lui doit. Le sourire disparaît de ses lèvres et de son regard. Elle reprend rapidement, d’une voix plus froide, se faisant neutre.
Oui, elle lui doit honneur et respect, ne serait-ce que parce que son père est juste à quelques mètres d’ici. Ne serait-ce que parce que le voleur mérite qu’on admire son travail.


- … mon seigneur ?...
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   07.11.07 23:41

-Ne le touche pas.

De hurlement, il n'est pas. C'est un ordre. Il claque, il heurte, il dérange mais il exige d'être exécuté. Le sourire s'en est allé, reviens le masque de pierre. Ce masque qui porte son nom. Chasseur. Petit soldat, petit pion qui traverse l'échiquier en pensant toucher le Fou. Mais le Roi n'est jamais loin, jamais, il interdit et ordonne, le Pion s'inclinera ou sera éliminé. Un pion qui sera remplacé par son frère. Qu'elle n'oublie pas.

Il restait calme, froid, intouchable et c'était ainsi. Il descendit les marches menant à la scène, son attention n'est plus portée sur le pion. Il regardait l'ange qui illuminait sa vie, car ange, il l'est quoiqu'on en dise.

-Tenterais tu d'obtenir quelques avantages a te montrer aimable et souriante ? Oublie. Cela n'efface en rien ta faute. De chasseur tu n'en a que le nom, mais tes capacités restent bien moindres.


Il ne la jugeait même pas digne d'être regardée et le sourire qui fleurit sur les lèvres du Maeras n'est que pour son fils. Alors, il lèva les bras, attrappant l'adolescent sous les aisselles et le fait descendre a ses côtés.

-Te laisser berner par un enfant, même aussi doué que le mien est véritablement pathétique, aurais je commis une erreur a signer ton affectation ? Les balais auraient peut être été plus apte a retenir ton attention non ?

Il est acide et hautain. Il est ce que l'on a fait de lui avant et parfois, le masque revient, vite, très vite.
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Kaliel Mearas
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   08.11.07 3:56

Les deux yeux, comme deux soucoupes écarquillées, tressautent, surpris. L'adolescent ne s'attendait pas à se retrouver en face d'un nouveau venu, il lui semblait pourtant avoir bien vérifié qu'il n'était pas suivi, il en était persuadé. Et voilà que deux yeux d'un vert tenaillant, transperçaient son ambre, comme si désireux de la fendre, de... comprendre.
D'instinct Kaliel se méfie, c'est après tout l'Enkidu qui se dresse devant lui. Capturant les astres, muselant l'éclat, promesse de carnage et de souhaits ensanglantés. Garant de cette ère viciée, de ces oiseaux tous en cages... Et tout sourire, toute bonhomie ne pourrait pas lui enlever ce sentiment, cette.. sauvagerie qu'il ressent.
A lui étreindre le coeur....
Est-ce le serpent ?
A vraiment faire peur.
Regarde mieux

Son regard est curieux, de ceux qui mordent pour goûter, de ceux qui goûtent pour vraiment apprécier.
Les enfants seuls savent ce qu'ils cherchent.

Regarde l'adulte qui devant toi, est aussi perdu que les autres.

* Que cherches-tu, renard ?
Tu te montres et m'aspire de ton regard.
Tu te dévoiles dans l'ombre.
En cette forêt de brume qui t'enveloppe,
et protège ta robe de caresses malencontreuses *

Kaliel lui sourît, la crainte de l'inconnu dépassé, alors que son père se couvre du guerrier...

On risque de pleurer un peu si l'on s'est laissé apprivoiser...

* Moi, j'ai déjà décidé de ne plus verser de larmes.
Il faut attendre, c'est ça ?
Attendre que tu ais accepté, plus que d'une approche,
que ton coeur soit en paix.
Que ton coeur soit prêt.
A lui laisser la chance de... *


La colombe est patiente. Elle attendra que le goupil, y soit habitué. Mais la colombe n'est pas sotte, elle a bien vu ses airs carnassiers. Elle ferme les yeux Le monde devient ce que tu veux, qu'est ce qu'il lui en coûte ?
Quelques plumes.

Son père claque et défend comme un fouet aimant, Kaliel n'a pas quitté des yeux la prédatrice, pas même lorsque son père se saisit de lui, d'un élan protecteur.
Il tranche avec sa langue, l'enfant en biais lui répond, bienveillant. Il comprend l'inquiétude, il saisit la crainte. Mais cet air amusé, dans son horizon n'est pas feinte.
Alors que le père se fait sermon, le fils lui, resplendit, pensif.
Il devrait peut-être avoir honte ? Se retrouver mortifié d'une telle position en face d'être qui pourraient le menacer ? Sans doute, il devrait.
Et ce sont quelques grimaces simiesques qui accompagnent le flot grinçant du père. Kaliel ne laissera pas refroidir l'atmosphère.
Si le regard l'impressionna, si la promesse silencieuse l'étouffa, il avait aimé ce rire qui avait retentît, ce rire fusant du néant, jaillissant spontanément, aussi intense que la verve de son père à être bouclier.

Le gamin, se fiche bien des conventions, il faut certes, les respecter pour tous, mais dans un cercle particulier, l'étiquette s'envole.

Et la prudence ?


Il n'est pas seulement pétri d'inconscience. Ce n'est pas parce que tu ne vois pas l'oasis, qu'elle n'existe pas.
L'essentiel est invisible pour les yeux...
* Je n'ai pas peur des nids ondulants, ni de leurs persiflements, Renard, je me moque de leur abattement.
Cette planète n'est que chaos, la lumière a depuis longtemps, déserté nos vie...
... on ne voit bien qu'avec le coeur.
mais tu vois, même dans le noir.
Il y en a encore et j'y crois.
De l'espoir. *



Les grimaces cessent, l'enfant redevient sérieux. Il s'avance, se libérant de l'emprise paternelle et tend la main vers elle:

- Je m'appelle Kaliel .
Kaliel... Mearas.
Qui es-tu, chasseur ?


Aucun fromage en son bec, à convoiter. Aucune pitance, si ce n'est sa propre chair, à remporter. Aucun frisson ne parcoure plus le ramage. Et même, s'il n'est pas si pur, si innocent, serait-ce toi, chasseur, qui voudrait entacher son plumage, de ton propre sang ?
Regarde, regarde bien, il n'est déjà plus blanc.
Pourtant...
Il sourit encore.

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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   08.11.07 23:32

Piquée, la fière chasseuse l’est. On salit son titre, on salit ses honneurs qu’elle a gardé tant bien que mal, honneur sans raisons d’être qui voguaient sans âmes. Elle n’accepte guère la critique, défaut commun à tous les hommes et femmes s’il en est : l’erreur, on ne l’aime guère, elle qui n’est qu’échec et pèse si lourdement sur les épaules trop frêles. Il n’y a pas de port gracieux, pas d’élégance quand on traîne derrière soi ses faillites et ses échecs, l’humeur tordue et l’esprit pris de remords.
Mais ce plaisir, elle ne se l’offre pas, elle se contente d’une vague honte peut-être, sous les ordres secs et triomphants du père qui descend.

- Seigneur, je n’oserai pas tenter de me faire pardonner quelconque faute.

Répond-elle entre deux respirations. Mais son attention, son attention est fixée ailleurs. Sur deux points qui l’agacent.

Ce regard d’ambre.


Le mépris, l’arrogance d’un Noble parfumé, elle peut le supporter, parce qu’elle sait qu’elle peut le rendre. Elle sait qu’il y a une possibilité de vengeance, elle sait qu’elle pourrait faire quelque chose pour troubler.
Mais son indifférence … !


L’ambre qui coule des yeux de l’enfant
L’ambre qui s’éteint comme une larme
Oui….c’est bien un ange.

L’ignorance ! Combien de fois l’a-t-elle déjà vécu cette cruelle vérité ? Mais rien, rien ne peut donner l’habitude, on ne prend pas l’habitude de n’être rien, il n’y pas de parade pour l’abattre…
Aucune parole, aucune émotion ne vient à bout de l’ennemi le plus grand : l’indifférence. Qui saurait y faire face, lorsque la Némésis ne vous regarde même pas ? On peut s’en prendre à la peur, à la colère et à la haine, même au mépris ; mais cet ennemi, non, aucun attaquant ne semble assez méritant pour s’y opposer. Il les délaisse sur leur haine, avide d’autre chose, écartant si facilement ceux qui le gênent. Soit.



Et il y a le Prince, souverain à ses dépens Le regard fier et si beau qui la capitonne

Dans les parois de verre d’une rétine doucereuse Mais le verre petit prince ça coupe

Et ça serait dommage de gâcher ce beau plumage

De teinter la nuance et de salir l’innocence



Le père évolue et arrache des commissures de ses lèvres les plus viles insultes et les plus basses ironies, écorche douloureusement les tympans agacés de la femme qui fait bien attention à ne pas répondre à la provocation. Facile, ça aurait été facile de tomber dans le piège ; et n’a-t-on pas appris au roseau à plier là où le chêne se brise ?
Alors le roseau plie – qu’importent au fond ses réponses, dans l’oreille d’un sourd elles ne sauraient que temps perdu.
Et le temps perdu, Cyanure le sait bien, ne se regagne pas.
Hélas ici cet homme n’est pas le seul à la provoquer.
Qu’attends-tu, l’Ange, pour faire preuve de mécanique et déjouer les engrenages qui s’emboîtent en craquant ?
Qu’espères-tu trouver en me regardant, qui ne soit ni pourri ni gâté par les années passées ? Un reste de pureté ?
Petit prince tu es le pire des Anges et le meilleur des tourmenteurs.



Oh non il n’est pas seul, il y a l’enfant, qui se sied à son âge et qu’elle ne comprend pas. Et elle, que doit-elle dire, que doit-elle répondre pour s’évader habilement de l’insulte sans en tordre les mots ? Dans quel sens incliner la tête pour ne recevoir aucun coup sur le dos ? Tout en sachant que les paroles n’auront aucun effet, à part celui peut-être de renforcer le comique de la situation ou de se retourner contre elle ; son ego, elle veut bien le mettre de côté, si elle y gagne plus qu’elle n’y perd.
Aimable et souriante, elle ne l’est plus vraiment à vrai dire. Qu’importent les figures à poser sur son visage si personne ne les voit ! Pourtant quelque chose l’attire, un détail la captive, et ses yeux, interloqués, aperçoivent les grimaces de l’enfant grotesque. La comédie humaine semble bien lancée, et la satire du père en est bien cruelle.
Belle colombe étouffée, tu ne peux t’envoler mais on te laissera peut-être chanter…

Les piques acides qui auraient dû la blesser sont devenus fleurs à ses pieds. Les grimaces bien cachées de l’adolescent amènerait le sourire aux lèvres d’un mime qui en aurait perdu la tête ; oui, tout cet être angélique est irrésistible, tentateur d’un genre nouveau qui s’exprime par le rire. Petit prince tu es bien sadique de laisser la chasseuse s’enfoncer ; mais comment t’ignorer lorsque tu fronces ainsi les sourcils ?
Moquerie perfide qu’elle ne peut ignorer. Le sourire vient de lui-même, mais les lèvres sont mordillées savamment. Pourtant, il est impossible de se contrôler plus longtemps ; et elle rit, encore une fois, gentiment et pas très fort, pour ne pas dévoiler l’enfant qui dort. L’Ange, lui, a joué cruellement de ses beaux atours, et avant même qu’elle ne puisse espérer se rattraper, il s’échappe de l’étreinte paternelle et s’approche.
Il tend sa main vers elle.
Le petit prince, après tant de désaccord, chercherait-il à l’apprivoiser ? Pour en faire quoi ? Il ne resterait que les yeux pour pleurer.
Ce regard n’a pas cessé, elle a l’impression qu’il ne s’arrêtera jamais.

Qu’il est drôle, qu’il est attachant de se voir proposer une main si douce, si fraîche. Une main qui n’a pas travaillé, qui n’a pas souffert, une main qui appelle à la toucher.
L’Ange lui aurait-il lancé un sort pour qu’elle se laisse aller ?
Quel charme monstrueux cache-t-il derrière ses prunelles d’ambre pour que tous ceux qui le croisent en perdent leur nom ?
Aveuglée, elle est aveuglée sûrement, au même titre que les autres adultes. En a-t-elle conscience, de cette méfiance qu’elle garde tout en offrant déjà ses yeux et son esprit à ce corps étrange, ni enfant ni homme, à peine adulte et trop mature.
Elle comprend maintenant pourquoi ce père si hautain sait se montrer si doux pour cet être qui ne peut attirer qu’affection.
On ne peut pas y rester…indifférents.
Hélas, ou peut-être heureusement…

Elle saisit sa main malgré tout, malgré les risques qu’elle encoure. La réalité, la réalité n’existe pas si on ne la teinte pas de faux, elle qui seule continue d’exister quand tout ce à quoi l’on croyait s’effondre…
Cette réalité, elle l’ignore, et tant pis si elle se retrouve engluée dans les yeux d’ambre du gamin. Elle saura en partir, elle saura s’en déchasser, comme l’ombre sait rester si contraire à la lumière tout en étant si proche d’elle.
Du moins elle espère, que la couche de glace qui pare l’intérieur ne se brisera pas, et que le vide sera soigneusement protégé.

Elle saisit la main et la porte doucement à ses lèvres. Elle l’effleure, sent la douceur, n’y dépose qu’un vague baiser avant de relâcher la main. Marque de respect peut-être, pour ce Noble qui n’en est pas un seulement grâce à son argent, mais qui l’est aussi de cœur bien malheureusement.

- Enchantée…Kaliel. Mon seigneur Kaliel.
Pour vous je suis...votre humble servante.

Elle observe encore un peu cet ange dont elle a l’impression de sentir encore la paume dans la sienne. Qu’y a-t-il, derrière, plus loin ? Elle doit avouer s’y perdre…le père et le fils la rendent confuse, le manège familial aurait fait tourné la tête à plus d’un.
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   10.11.07 11:05

Désobeissance. Elle a désobeit. Le prix lui sera revelé. Mais seulement lorsque l'ange fermera les yeux, seulement lorsque ses rêves s'envoleront encore plus que tout, par delà ce nuage eternel, lorsque son sourire en remontrera a Râ. Dorian se tait, l'enfant séduit. Il a toujours séduit, charmé, envouté. Innocence flétrie, conservée dans le formol d'un coton paternel, protection, barreau...Prison. Mais il fait ce qui doit être fait.

Les Pions savent, les Pions ne sont pas ignorants, ils ne doivent pas ignorer...Jamais, et elle, elle plonge dans l'oubli. Elle a oublié sa place, son rang et la pièce maitresse ne peut fermer les yeux. Comme le serpent, il attendra patiement et attaquera. L'ardoise de ses yeux scintille un instant, une seconde si brève, si tenue que cela paraît un rêve. Mais le rêve peut être cauchemar, même pour un chasseur d'ephémère, elle se saura bien assez tôt.

-Kaliel, vas tu enfin me dire ce que tu fais ici ? Tu sais que je n'aime pas te savoir trainant je ne sais où.

On ne brise pas les barreaux, mais que faire lorsque ceux ci sont de verre face au sourire angélique ? Sa main se pose sur une épaule frêle, le force a reculer de quelques pas, a l'éloigner. Affection qui guide ce geste ne peut être mise en doute, même si il cherche a cacher le joyau qui dors au creux de l'oreille de son fils. Tuer. Il devra tuer un jour. C'est écrit quelque part au fer rouge dans les boyaux d'un nuage étouffant. Tuer. Arracher une vie pour une autre. Le prix est immense, mais il s'en acquittera lorsque le jour viendra.
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   17.11.07 8:15

Affrontement.

L'on combat toujours, par peur, pour protéger son trésor et parfois un peu... son coeur.
Toujours réagir pour défense, par l'attaque, meilleure stratégie selon les hommes de vie, ceux que la hargne garde à lutter, même sans espèrer...
Même sans prier, ils s'accrochent sans savoir, ils continuent, même enlisés, même à moitié étouffé.
Mais vous savez, même sans la voir.
La lumière continue de briller dans le noir.

On le secoue, on le retient, cela s'ébroue, cela le maintient, ce cocon soyeux où le sang ne perlera pas, où nul ne transpercera l'hymen, le chevalier Dorian y veille, comme l'aviateur, il découvrît lui aussi... un petit prince.
Mais celui-ci ne peut pas à jamais, être sauvé de ceux qu'il aime...
Un jour aussi, il lui faudra partir, il lui faudra murir, couvrir une autre forme...
Kaliel est une étoile.
Kaliel aime les étoiles.


Et il y a aussi des roses qu'il faut aider... à s'épanouir.
Si les fleurs ont des épines, elles ont tout de même du mal à éclore, si elles sont rongées de l'intérieur, et son voyage à lui, au jeune Kaliel, ne fait que commencer.
Il y a une suite, même après le désert.
Il y a une suite. Même après l'amer.
Il y a une suite, les larmes ne sont pas une fin, juste un rappel...
" C'est tellement mystérieux,
le pays des larmes ! "
Au second acte !


" Papa . "

* Tu as voulu me dessiner un monde que je ne voyais pas, un monde sublimé, un monde où je suis prisonnier, mais si mes yeux semblent parfois te le crier, tu ne l'écoutes pas, n'est ce pas?
Ce que tu crains le plus, c'est que j'emprunte ma propre voie...

" Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules,
et c'est fatigant, pour les enfants,
de toujours et toujours leur donner des explications. "

Mais...
Cela fait longtemps, que j'ai entamé les pas.
Cela fait longtemps, que je marche... juste derrière toi.
*

" Une répétition je t'ai dit.
Un simple rôle, un inédit. "


Il en faut parfois, pour rappeler au silence, que malgré sa présence, vous n'êtes pas seul.
" J'ai toujours aimé le désert.
On s'assoit sur une dune de sable.
On ne voit rien.
On n'entend rien.
Et cependant quelque chose rayonne en silence... "

Des cœurs qui battent, des âmes qui aiment, ce sont des murmures, des pensées que vous n'entendez pas, mais qui vous couvrent, vous entourent, vous choient... Vous êtes parfois devenu trop aveugle, à vous boucher les oreilles, à vous noyer de vos larmes de souffrance, à en oublier ce qui avait vraiment de l'importance...
Elles sont bien là...
Les étoiles.
Elles brillent derrière mes doigts !
Il suffit de fermer les yeux ....


Mais les réouvrir, c'est encore mieux !
Car l'on s'aperçoit, qu'il n'y a pas qu'elles qui sont...
Pleines d'éclat.


Même sous la moisissure, même sous la gangrène des meurtrissures, même si l'odeur suffocante vous fait tourner la tête : pourriture !
Même si l'aspect vous parait immonde, à vous en effrayer, à vous faire fuir votre propre reflet, même dans cette excrétion d'humanité, après avoir stagner, il peut naitre les plus belles âmes, il peut renaitre de cendre nauséabondes, les plumes d'un amour plus fécond.
Peut être n'est ce qu'un rêve, sous l'humus de votre désespoir, peut-être n'est ce qu'une petite voix enfermée dans un coffre noir.
Mais elle continue de murmurer, même dans le cauchemar, n'abandonne pas, n'abandonne pas ceux qui se sont perdu, il faut parfois...
Parfois un peu tourner en rond, même revenir sur ses pas, parfois, il faut piétiner pour réussir à se relever.
" Ce qui importe, ce n'est pas d'arriver,
mais d'aller vers. "

Ce n'est jamais facile... la vie.

Mais Kaliel n'est pas prêt d'abandonner


Même si tous croient que tout est fini.
Il vous le dira, que même dans le noir, les âmes ont encore de l'éclat, même si on ne les voit pas.

Ce sont encore ses mains, celles que l'on croit sans taches, celles où le sang coula pourtant, il y a bien longtemps...
-Ces mêmes mains, qui tout à l'heure, recueillaient l'ombre d'une déférence, pour être ensuite ballante sur l'absence d'une réponse.-
C'est parce qu'il connaît le prix de cette sève d'agonie, c'est parce qu'il connaît la douleur de la moindre larme arrachée, qu'il ne veut pas faiblir.
Ce sont ses mains qui se joignent sur celles de son père, l'amenant à s'apaiser, puisque celui-ci est enfin disposé à l'écouter.

"Comment reprocher aux chasseurs, de ne pas avoir osé entraver le chemin de celui que je rejoignais ?
Non, père... Tu n'as rien à condamner, ou bien...
Oui ils sont coupables, coupable de m'avoir protégé, d'avoir veillé à ce que je te retrouve sans encombres -parce que je le sais- je ne me fais pas d'illusion, je sais que je leur dois ma protection.
Le seul qui est à blâmer, c'est peut-être ton idiot de fils qui n'a pas envie de se laisser rogné par la léthargie du présent qu'on oublie.
Et c'est mon tord, mais...
Ce chasseur n'est pas responsable, et s'il l'est de quoi que ce soit, alors ma faute est plus grande."


Il reprit son souffle sous cette longue tirade pour immédiatement reprendre ;

"La preuve n'est elle pas là ? Devant toi ?
Elle est présente, était à ma suite, il n'y a eu aucun danger, aucune échappée, aucune fuite."

*Renard, je n'oublie pas tes crocs lorsque la faim viendra, je n'oublie pas que la douceur contre la survie, n'a parfois aucun attrait.
Mais aussi sauvage que tu es, j'apprendrais... à t'apprivoiser.
" Tu deviens responsable pour toujours
de ce que tu as apprivoisé. "
Je n'ai jamais eu peur...
Des responsabilités.
*

Oh bien entendu, les questions viendront, les interrogations fuseront, même s'il parvient à duper le père, il n'en demeure pas moins que la colombe sait passer entre les mailles acérées, il n'en demeure pas moins qu'elle sait battre des ailes et... s'envoler.
De cela aussi, il devra se justifier, à d'autres regards, celui en face, qui se fait d'ébène. Il le sait, qu'un sourire ne suffit pas toujours, il le sait, mais il a déjà commencé à tracer devant lui, la carte qui devra les guider.
On se méfiera de lui, on cherchera à le réduire au néant, mais Kaliel est patient, il sent aussi, que d'autres pourraient le suivre, sans se demander, sans trop s'interroger... Car à rester figer, à vouloir trop savoir, on se retrouve parfois de sel.
Il compte bien sur cet espoir, sur ce peut-être renard. Il peut se tromper le gamin, l'avenir est incertain, surtout en ces mains à qui il confie... sa vie.




Note du joueur (très) farfelu :

Après Kaliel, j'écrirais un bouquin sur l'estime de soi, et je me ferai disciple de Coelho -je le suis déjà de St ex- SBAFF

je dédie ce personnages à tout ceux qui rognent trop l
eur vie de fantasme sans tenter d'atteindre leurs rêves.

*trop la classe*

Les citation en italique sur la droite (et entre guillemets) sont toutes de St exupery,
j'en ai agrémenté mon texte une fois écrit, comme l'on rajoute des guirlandes aux sapins pour qu'ils soient plus joli,
même si le message est d'essence, on a parfois besoin de ce qui brille et ait déjà reconnu, pour se faire comprendre.

*penser à se reconvertir en gourou*

*c'était mes deux minutes du peuple mégalo*


"Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve.

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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   17.11.07 23:31

Il est beau n’est-ce pas ?
Cet ange aux ailes blanches.
Celui dont on préserve l’éclat, derrière des yeux étanches.


Qui l’a touché, qui l’a tiré de sa cage d’éther pour lui mettre les pieds sur la terre ?
Par-dessus le ciel, au travers de la lune. Il aurait dû y voler !
Où ? Ailleurs ! Loin ! Mais pas, pas ici, pas dans…ce merdier !
Il aurait dû être une étoile, peinte sur l’éternité.
Dans un endroit que les grandes personnes oublieront, parce que là-bas jamais elles n’iront.

Et le mépris du père, et sa navrante colère, elle l’oublie la chasseresse ; rien d’autre ne la caresse, que cet être volage au doux verbiage.
Car quel homme pourrait se dresser haineux sans en prendre le remords soyeux ?


Parce qu’il est beau, Kaliel, beau dans sa peau, et même au-dessus.
Il aveugle, Kaliel, quand sa plume prend des ailes.
Il est si beau, elle s’en crèverait les yeux ; qu’est-ce qui l’a marqué, qu’est-ce qui l’a rabaissé, pour qu’il se lève au-dessus de la pourriture ?
Il lui rappelle, ce qu’elle…
Elle est.

Pas grand-chose

Pas grand-chose


Sans ponctuation, sans accentuation
La phrase coule et se tord
Et le serpent lui-même se mord
S’il pouvait seulement voler
Lui aussi
Voler

Y perdre l’esprit

Si ça peut aider à revenir
Au début
Sans avenir

Rappelez-vous.

La souffrance de l’enfance
Et les larmes de celui qui reste seul
Son regard qu’il jette aux…aux autres
Comme on jette un os à un chien
Parce qu’ils ne sont pas comme lui
Parce que lui, il est seul
Parce que lui, il a été abandonné
Plus tôt que prévu
Trop tôt
Il voit les autres cet enfant et il respire avec les autres doucement sans faire de bruit pour ne pas réveiller sa mère qui s’est depuis longtemps endormie…
Il voit les autres et il vit avec doucement sans faire de vagues pour ne pas gêner son père qui part….

La balançoire, vous dira-t-il, il a appris à en faire tout seul.
Comme un grand.
C’est ce qu’il dira l’enfant
Comme un grand

Il ne sait pas bien lire, à vrai dire, il ne sait pas faire grand-chose : il est petit, vous comprenez ?
Quand on lui demande si ça va, il répond toujours « Oui, et toi ? »
Et il lave ses mains quand il rentre chez lui, s’il peut rentrer chez lui ; il essaie…de faire comme un grand.
Pour que ses parents, soient un jour fiers de lui.
Ils le seront, n’est-ce pas ? C’est ce que vous voudrez lui dire ; Il répondra pas un sourire, l’enfant sent quand on lui ment.

Et quand vous lui offrez un doudou, à cet enfant, il vous regarde avec un sourire, gentiment ; il sait que vous ne comprenez pas, que lui ce qu’il voudrait, c’est son père près de lui.
Et l’enfant seul vit avec les autres et grandit avec eux.
Il ne lave plus ses mains, et il ferme toujours les yeux
Pour que les autres ne voient pas…les larmes qui perlent à leurs bords
Parce que son père lui avait dit, qu’un homme, c’était fort

Et que ça ne pleurait jamais
Et qu’il en sera fier
Et s’il est fier
Il reviendra
Pour le prendre dans ses bras
Comme les autres
Les autres…
Ceux-là qui ne sont pas grands
Ils n’en ont pas besoin
Même les chanteurs le disent
« Boys don’t cry »


Et ça fait lui fait mal à l’enfant perdu dans la masse
Des fois des gens s’arrêtent près de lui et marchent à côté
Le plus près qu’ils peuvent sans le repousser
Certains lui diront ceci :
« Elle est belle, la vie. »
D’autre lui diront ça :
« Il n’y a pas de justice dans ce monde . »
Et l’enfant jamais ne répondra
Que oui, la vie est belle
Et qu’elle est injuste
Injuste d’être belle et si heureuse, alors que lui est seul
Et la justice emprisonne des gens
Et la justice en fait tuer d’autres
Mais ce que l’enfant pense
C’est que la justice ne lui a pas rendu ses parents
Quand il lui a demandé pourquoi les autres en avait.
Quand il a demandé ce qu'on avait laissé
Pour lui
Et que les grandes personnes ont dit
Qu'on lui avait laissé les souvenirs
Et des tombes et des fleurs
Pour y mettre de la couleur

Il ne cherchera pas à vous apitoyer cet enfant
Il dit que ça ne sert à rien :
Vous êtes un Autre

Et l’enfant seul promettra d’être heureux pour vous
Pour que vous, vous ne soyez jamais vraiment seul


Il prendra ses responsabilités cet enfant
Elles ne lui font pas peur.
Il a gardé celle d'être joyeux pour les Autres
L’enfant deviendra grand

Trop tôt
Il voudra se rebeller
Se venger
De tous ces cons d'en-haut
Qui ne le comprennent pas
Il voudra les rendre seul
Le veul.

Il voudra beaucoup l’enfant
Quand il sera devenu grand
Et qu’il aura abandonné les fleurs
Pour un monde de désert
Que lui aura-t-on laissé des pétales, à part leur odeur
Dans des flacons de verre
Il vous dira que ses études, il les a fait seul
Et qu’il n’a jamais eu besoin de personne
Et dans sa chambre il montera le son
Vous savez bien ? Celui qui le garde vivant
« Boys don’t cry »


Il fera semblant, de se moquer de papa et maman
Il fera semblant de se moquer du temps
Il respirera avec les Autres aussi fort qu’il pourra, pour attirer l’attention
Il n’ira plus sur la tombe
Ne changera plus les fleurs
Sa figure se ridera
Et il mourra seul
Comme le chien qu’il a été, diront les fous
Et vous ne comprendrez pas...Rappelez-vous.

Vous êtes un Autre


Un jour l’enfant deviendra grand, et ce jour-là il pourra rendre l’injustice.


Et c’est difficilement qu’un murmure s’échappe de ses lèvres, tandis que le verglas se crève :

- « Monseigneur, vous êtes bien glacial…mais votre fils n’a pas d’égal…

Elle se fait songeuse, la vénéneuse, songeuse tandis qu’elle doit ajouter des mots au silence, pour ne pas laisser paraître ses carences….

- …que ce soit dans l’art de vous échapper ou dans celui du dégel.
J’ai suivi votre fils jusqu’ici…puisqu’il voulait vous rejoindre.
»


La plume est sans elle, dans son monde d’irréel ;
Mais le vent s'en fera la dentelle

Jusqu’à ce que la plume tombe.
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   05.04.08 13:31

Que faire lorsque l'Etoile se dresse
défenseur...

Que faire lorsqu'un sourire...

Que faire lorqu'un regard...

Que faire...

Sourire.

Laissez voir une seconde d'éternité
l'amour, la tendresse...

Son joyau de lumière, son opale
éclairée, sa vie.

Petit farfadet luminescent qui détourne
pour mieux embrouiller, il sourit le père, il sourit devant
une telle malingnité, une telle sournoiserie innocente.
L'enfant sait ce qu'il dit, sait ce qu'il fait, mais garde ses
dessins cachés, comme toujours, comme elle.

Elle qui rit en cet instant dans ses
yeux, elle/ lui qui rit car il sait que son père est fait à
son tour.Un soupir.

-Diantre Kaliel ! Chaque ride que
compte mon visage est l'image de tes pitreries. Prend garde a ne pas
user ma patience, fils.


Quelle est légère cette
tape ! Juste une caresse sur la joue d'un enfant malicieux. Il n'est
pas dupe, il sait...Cet enfant n'est pas de sa chair, n'est pas de
son sang, mais les liens de l'âme sont tellement plus puissant.
Il sait que l'enfant se moque, qu'il joue, il sait qu'il ne lui en
voudra pas, il sait que le chasseur s'en ira sans rencontrer sa
colère. Farfadet ! L'iris d'ardoise se fixe sur le prédateur,
il fixe et les lèvres bougent.

-Sans égal...Tu ne crois pas si
bien dire. Peut être te pardonnerais je ce manquement.


Il sait que l'ignorance l'accueille,
ses paroles sont de vent, mais l'image doit être rendue.

-Tu lui dois ta sauvegarde a mes yeux,
pour lui et juste pour lui, je veux bien avaler cette fable. Quant à
toi, fils, on discutera plus tard de ta...passion pour l'opéra.
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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   19.05.08 12:05

Si la solitude est une amie, si le coeur crie à l'infamie, d'un désert devenu trop grand. Si à toi aussi, ta petite planète te semble soudainement exsangue, que le peu, peut être oublié par l'envie de ce qu'il y a à côté, l'envie de voir l'ailleurs, de voir plus loin que l'intérieur d'une petite planète, une toute petite planète, celle qu'enferme ton cœur.
C'est ce désert-ci, qui luit dans la nuit, rappelle toi, l'enfant que tu étais, rappelle toi l'adulte que tu crois être, mais ne définit pas, ne fige pas celle que tu appelles "vérité", elle n'est qu'un aspect de ce qui pourrait être réalisé.
Qu'un aspect.


Alors l'enfant, si ton cœur immense ne répond qu'à l'écho de tes battements... Il faudra aussi entreprendre un voyage : ton voyage, celui vers la vie, celui qui ne te rendra pas ce que tu as perdu, mais celui qui enrichi, celui qui te donnera de l'inattendu, celui qui peuplera ton cœur... de myriades d'oasis.

Il suffit de l'entreprendre, cette traversée, il suffit d'aller au delà. De sa peur. De ses habitudes. De franchir le pas.
Quitte à en être ébranler.

Tu verras, c'est terriblement vivant que de frissonner. Cela te rappelle un peu, que tu ressens. Qu'il n'y a pas que du vide et de l'écho, qu'en cherchant bien, il y a aussi de l'eau

"Ce qui embellit le désert
c'est qu'il cache un puits quelque part..."


Il faut oser, oser, ne plus avoir peur, de ce bonheur inespéré, celui pour lequel il faudra lutter, bien au delà des autres : contre soi-même.
Il n'y a pas plus grand ennemi, ni plus grand théorème que celui qu'on se fabrique, à l'intérieur, croyant que c'est un mieux qui tuera le mal, mais ne t'apportera pas le bien... C'est contre celui-là qu'il te faudra lutter d'abord, l'enfant, pour aller de l'avant... Pour que cet autre que tu ne reconnais pas... Pour que celui que tu te figures ait sa propre essence, sa propre vie, son propre chemin... tracés de tes pas.

On est tous un peu marqué, de grandes balafres de son passé. Cela ne sert à rien de les dissimuler. Cela ne sert à rien... de les couvrir. Elles ne feront que pourrir. C'est à l'air qu'elles pourront mieux cicatriser, c'est à l'air et sous la lumière, qu'elles seront dissimulées par ce que l'on trouvera à côté : des yeux lumineux, de ceux qui regarde vers les cieux, de ceux que l'espoir d'un avenir rendra radieux, de ceux qui voudront vous offrir leur présent pour devenir... celui qui aura accepté de grandir, sans perdre l'enfant.

Des pensées qui s'entrechoquent, soudainement ramené aux présent par l'accolade de son père.
Kaliel sourît et réplique en riant :

- Je crois qu'il me reste encore un crédit à rides dans ce cas, car tu ne fais pas bien vieux père !

Je ne t'userai pas, Papa, au contraire, j'essaie de trouver un chemin où nous pourrions tous aller... Et se reconstruire.
Et se construire.


Il sait qu'il aura droit à un sermon, une fois rejointe les pénates, "sa sécurité", l'importance de "sa vie", il doit faire attention plus encore que les autres, car il n'est pas "n'importe qui", que les créatures autour de lui sont loin d'être aussi avenantes qu'elles y paraissent.

Il sait aussi que ce qu'il va demander risque d'être très mal pris, mais il sent que c'est un des pas possibles vers l'un des sentiers.
Ceux qui amèneraient tous ceux qui le croit impossible... à l'espérer.

Son regard s'ancre en celui d'ébène, comme s'il voulait réchauffer de ses yeux, les ténèbres de son cœur. Il murmure :

- Nous nous reverrons... sûrement.

Il sourît, une dernière fois, s'incline poliment avant d'effleurer doucement sa silhouette lorsqu'il se dirige vers la sortie du bâtiment.

Dis, renard... Une plume ne sombre pas, elle volette et effleure au passage les joues de l'être... qui la ramassera.

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MessageSujet: Re: Songes solitaires.   25.05.08 20:49

Et c’est comme si, en ce petit instant, fragile, épure, lessivé, elle….l’entendait. A l’intérieur ?


Comme si…il résonnait. Echo, courbé, qui ondule et l’atteint.
Il lui semble l’entendre, alors qu’il ne décroche pas un murmure.
Il lui semble même discerner, quelque part, au fond de ce qu’elle croyait mort, un battement manqué.

Pourquoi est-ce que ses mots résonnent ?
Même lorsqu’il ne les dit pas.


Il manque un battement.
La machine s’affole.
Jamais un battement ne manque.
Jamais.
La machine ne veut plus communiquer.


*Cyaaaanuuuurrreeee, tu le sens ce qui tape contre ta poitrine ?*


C’est quelque chose…qu’on t’a donné. Livré à ta naissance.
Ça bat. Ça frappe. Ça pulse.

Ça renouvelle ton sang à une vitesse que tu n’imagines même pas.
Parce que tu ne sais pas.
Mais qu’est-ce que tu croyais savoir ma grande ?
Tu savais rester…de glace.
27 ans…..pour apprendre quoi à la fin ?
27 ans….pour comprendre que tu as loupé quelque chose.
Ce quelque chose que tu ressens dans le rire du petit prince.
Ce quelque chose que tu vois dans le regard de Dorian.
Dorian, il a l’air si beau, lorsqu’il regarde son fils comme ça.

Kaliel…petit prince.
Il est tombé là…comme une étoile filante.

Le firmament ne pouvait peut-être pas porter sur ses épaules de si jolis yeux.
Le firmament était peut-être jaloux de son rire de grelots qui faisaient sonner milles étoiles en même temps.
Le firmament est bête, et toi, Cya, tu es faite pour le punir.
En l’arrachant petit bout à petit bout.


On t’as fabriqué pour ça.
Taillée pour tenir la route :
Visage insensible aux rides.
Les yeux qui percent, mais qui ne voient pas.
L’esprit de la chasseuse gangrenée, qui abuse de tout dès qu’elle le peut.
Le sourire séducteur et la voix suave.
Tu étais faite…pour être une machine. Prototype auto-séducteur à la ruse de renard.

Obéir, obéir, et ne pas réfléchir.


Mais là, là, en cet instant où elle voit le prince tombé du ciel, l’accouché des nuages, elle se dit que les Etoiles là-haut vont le payer.
Parce qu’on lui a dit que les Etoiles portaient un très mauvais virus.
Parce que c’était son boulot, de les chercher, de les trouver.
De les vendre, comme des bêtes harassées.
Parce que Dorian, lui, attendait des résultats, passif, protégeant son fils comme un père bien attentionné.

Et puis, surtout, surtout parce que ce serait triste si le petit prince arrivait à repartir vers le ciel qui l’a accouché n’est-ce pas ?
Il ne serait plus sur terre.
Et maintenant qu’elle le savait là, elle ne voulait plus qu’il s’en aille.

Elle était presque…apprivoisée ? Ou alors juste éveillée.
Comme on éveille le fauve qui dort, lascif, pour jouer avec.


« Si vous aviez ses rides, mon seigneur, elles vous pareraient à merveille. A votre place, je ne m’inquiéterai pas pour ça. »

Elle s’incline devant le père, d’un certain côté, elle a raison.
Cet homme mériterait de vieillir, de gagner quelques pattes d’oies aux bords de ses yeux, d’avoir des creux aux bords des lèvres.

Il mériterait de vieillir, vu que son âme restera toujours jeune de toute manière.

« Merci de votre gratitude, seigneur. »

Elle se relève, réajuste ses mèches bouclées toutes noires.
Elle sent qu’on la regarde, alors elle détourne les yeux vers Kaliel, qui ancre son regard dans le sien.
Il ne doit pas voir grand-chose de toutes façons.
Ses orbes émeraude sont trop froids pour ça.
Comme elle aimerait, là, d’un seul coup, que le temps s’arrête.
Qu’elle puisse filer une bonne fessée à ce gamin présomptueux.

Mais c’est le petit prince, il doit l’apprivoiser non ?

Il tente, il essaie, c’est déjà bien, on ne dompte pas une panthère si facilement.

--Nous nous reverrons... sûrement.--

* ….je suis ce que tu désires le plus au monde.
Je vais venir….car tu sais, la passion, elle n’a pas de sens si on n’en abuse pas.
Cherche, cherche, tu me trouveras.
Oublie-moi, et je te retrouverai.*



Elle lui fait un clin d’œil vide de sens et se détourne pour laisser le passage aux deux hommes.

Le prince l’effleure, du bout de son épaule juvénile, et malgré elle Cyanure tend sa main, presque pour le serrer contre elle dans un effort maternel.
Un ultime sursaut de raison et de logique froide et dure l’arrête.


Dis, petit prince, dis, est-ce que les fleurs fanées ont vraiment une chance de…repousser ?
Dis, petit prince, si c'était moi qui te ramasser ?


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