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 /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\

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Aramis
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MessageSujet: Re: /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\   19.01.08 2:30

Jamais, jamais cela ne s'était déroulé de la sorte. Jamais on ne l'avait embrassé ainsi, comme si un baiser était une caresse, une offre, et non une agression. Jamais on ne lui avait parlé sur ce ton délicat et tendre, à cent lieues de la concupiscence. Jamais on ne lui avait pris la main de cette manière.

Etrange. Depuis le début de sa visite, Aramis voguait de stupeur en colère, de révélations en indignations. Sa propre âme n'était plus qu'un chaos bégayant, incapable de dire oui ou non, seulement en mesure de subir cet homme, ce Mearas, qui dépassait toutes ses références d'une manière si absolue qu'elle en était terrifiante. Et pourtant ce fut cette simple poignée de main, ces doigts longilignes entrelacés avec les siens, qui le réduisit définitivement au silence. Parfumeur comme félin obsédé se turent, bâillonnés par cette étreinte imprévue, aussi déboussolés que deux adversaires foux furieux qui se déchirent jusqu'à se rendre compte que personne ne les observe. Mais que faisait donc cet abruti de noble? Que cherchait-il, que voulait-il? Le chaton accusait le dragon d'une nouvelle perfidie, sans y croire. Le candide artiste espérait un message d'Ambrosio, sans comprendre pourquoi ils se dirigeaient tout de même vers un lit.

Mais qu'est-ce qu'il veut, nom de Dieu?!

Une porte, un léger sourire, une âme qui se dévoile. Et par la grâce de quelque Muse présente en ces lieux, l'espace de quelques instants, Aramis fut capable d'émerveillement.

Avec quel délice il s'engloutit dans cet antre aux teintes aquatique, à la douceur feutrée de bougies en cire naturelle - par tous les saints, à l'odeur, ce ne pouvait être que de la cire d'abeille... cela existait encore en ces terres désolées? Oh, et ces fleurs, toutes ces fleurs... Le jeune parfumeur n'aurait pas été plus stupéfait de découvrir des murs plaqués or. Il savait qu'Ambroise était riche, mais à ce point-là... Tandis que son ondoyant guide le lâchait pour refermer derrière-eux et s'avancer comme en rêve vers sa couche, Aramis fit un pas vers l'une des vasques, temporairement très peu soucieux de l'image qu'il donnait - le Dieu de toutes les croyances lui en soit témoin, il se fichait complètement de passer pour un naïf attardé, parce qu'il y avait des fleurs, vous comprenez, des monceaux de véritables fleurs! Il les effleura avec une dévotion religieuse. Des orchidées embellies par quelques chardons, plus loin des lys, des oeillets, et là-bas (Aramis en eu le vertige) d'exotiques strelitzias, mauves, oranges, rouges, drapés de bleu dans cet univers de lagon. Toute cette fraîcheur, toute cette vie sentait si bon. Et lorsque le piano vint s'ajouter aux parfums...

Hagard, incapable de la moindre réflexion cohérente (même les recoins les plus secrets du Pairidaeza n'étaient aussi magnifiques), le jeune éphèbe tourna son regard vers cet hôte si merveilleux, si incompréhensible, juste à temps pour le voir s'allonger sur sa couche et lui tendre une main, muette invitation de gazelle suicidaire qui offre sa tendre gorge au jeune lion qui la convoite. Fauve juvénile qui semblait bien près de perdre la raison, lui aussi. Il dévisageait Ambroise comme s'il ne l'avait jamais vu, comme si ce n'était pas cet homme qui lui avait arraché sa chemise pour parsemer sa gorge de marques rouges qui demain seraient de violacés stigmates d'appartenance. Quel coeur secret avait bien pu concevoir cette merveilleuse chambre?

Quelle question. Celui pour lequel Aramis avait composé son parfum, bien sûr.


"Non. Pas comme ça, non."

Non? Comment cela, non? Qui dans cette pièce était suffisamment imbécile pour dire non? Mais ce trouillard de parfumeur, pardi, ce petit con qui à présent se dirigeait vers la porte, le regard troublé. C'est qu'il venait seulement de comprendre ce qu'on lui offrait, vous saisissez? Une corde pour le hisser hors de son puit. Une flamme pour éclairer son coeur longtemps éteint. Cette alcôve, miraculeuse, merveilleuse - cette alcôve où lui-même aurait très bien pu vivre, et cette réflexion fut la dernière avant longtemps qui se rapprocha de la vérité, qui pressentit le lien viscéral qu'il entretenait avec le parfait inconnu qui dormait là. Trop, c'était trop. Arrêtez donc de me donner des espoirs que vous reprendrez ensuite, je vous en prie arrêtez de vous jouer de moi.

Aramis ouvrit la porte.

S'arrêta.

Et sans un regard pour Ambroise, il la referma sur eux. A clé.


"Maintenant nous serons tranquilles."

Sa voix avait quelque peu tremblé, et il était incapable de sourire, mais il l'avait fait. Et à présent il revenait vers son hôte, son père, son amant. Ballerine en haut de la falaise, qui s'apprête à faire le saut de l'ange sans savoir si elle se réceptionnera dans l'écume ou sur les récifs. Il était fou, et il s'insultait mentalement tout en enlevant ses chaussures, en défaisant sa ceinture - réflexe de catin: il ne voulait pas laisser à Ambroise une prise supplémentaire en se laissant dévêtir. Ce fut nu qu'il se glissa auprès du Mearas, se coulant dans son étreinte avec l'aisance d'une naïade nageant dans son torrent, mêlant ses fines jambes de fille à celles de sa proie, à celles de son bourreau. L'embrassant, et déjà ses reins précocément refroidis le brûlaient à nouveau, déjà il recommençait à s'hypnotiser dans l'odeur du noble insensé.

Alors qu'intérieurement, il hurlait, le brave Aramis, il hurlait sa terreur et sa honte, honte de s'être fait avoir, terreur de n'avoir pas pris la bonne décision, la seule qui s'imposait - fuir. Il avait accepté le marché d'Ambroise. Mais lui-même ignoraient ce qu'ils avaient échangé. Il ne savait pas à qui était destinée la dague qu'il serrait entre leurs poitrines.

Malgré l'obscurité, il eut tout le loisir de plonger dans les iris vert et or qui l'envoûtaient, ces prunelles qu'il détestait. Et lui apparut soudain qu'il avait oublié de poser la seule question qui eût peut-être un temps soit peu d'importance en cette soirée démentielle.


"Mais qui es-tu donc?..."

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Ambroise
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MessageSujet: Re: /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\   01.05.08 3:33

"On se fout de qui je suis... Prend-moi...
Car c'est bien cela que tu veux n'est-ce pas...?"

Un baiser comme une ultime attaque, désespérée, un râle arraché à une cage thoracique éventré, à un enfant sacrifié, en secret enterré par l'Antigone condamnée....

"Prendre et ne rien donner... Prendre et ne rien révéler"

Il l'embrasse, l'allonge, l'entraîne dans les replis moelleux de cette couche, emprisonnant ses mains, ses lèvres, son propre coeur dans ces étreintes insensées...

Son propre coeur...

Je m'en fous, il ne vaut rien!
Rien vous entendez!
Sinon, pourquoi m'aurait-il abandonné? Pourquoi m'aurait-il délaissé tout ça pour sauver ce stupide, ce crétin d'Eliel, cette créature dégénérée! Tous! Je les ferais tous tuer! A coups de voeux d'espoirs égoïstes ou altruistes je m'en fous! Je veux juste qu'ils crèvent! Qu'ils crèvent vous entendez! Comme mon grand-père s'est laisser mourir pour les épargner... Toute cette histoire de prophétie, je n'en ai rien à foutre!

C'est bien gentil de penser à l'humanité mais...
est-ce que tu as seulement pensé à moi?
A moi...?

Arrête, Ambroise...
Arrête... tu sais bien que tu n'as pas le droit... Il faut grandir, accepter la Mort comme une facettte de la V...
Ta gueule! Putain, arrête de pardonner! Il t'a laissé au milieu de tous ces nobles, qu'il en paye le prix: impavide et fier, plein de superbe et de morgue, je serais celui qui marche sur les cadavres, préfère bouffer les autres plutôt qu'être mangé, fouler du pied toutes ces valeurs élaborées par les esprits naïfs de ces illuminés, écraser le Peuple plutôt que ployer...

Se faire une place en ce monde... dans ton monde. Dominer tes rêves, envahir tes songes de mèches d'ébènes, de râles de plaisir, d'extase d'émeraude et de soupirs d'or. Sa main redessine les courbes de son corps, effleure le torse, les tétons alors que sa bouche se coule jusqu'au lobe qu'il mordille avant de se hasarder vers le cou sous les accords insolents du piano qui s'envolent...

Son propre coeur...

Je m'en fous, je te le donne...
Regarde, il est tellement piteux, il peine encore à battre. J'ai pas assez de sang pour toutes ces conneries, alors baisons, et en sortant emporte ton misérable trophée et surtout ne reparaît jamais plus...
Abandonné...
Car c'est ainsi que cela doit se passer. Au moins ceux qui ne rendent rien ne mentent pas... ce sont les soi-disant altruistes et généreux dont il faut se méfier.

Voici que sa bouche revient chercher sa soeur alors que la langue part en quête de sa jumelle tandis qu'une main se charge de passer dans le dos de l'éphèbe, vient se plaquer contre la chute de ses reins avant de l'attirer contre lui, exprimer son désir de le posséder...

Mais alors, pourquoi pour une fois ces gestes mécaniques prennent une saveur, une importance toute nouvelle?
Je m'en fous, je ne sais pas et je ne veux SURTOUT pas le savoir...
Vous comprenez...
Si c'est pour le perdre, je ne veux pas voir ce que j'ai gagné.

Alors il se hasarde...
Plus loin, toujours plus loin...
Plus bas, toujours plus bas... laisse courir sa langue le long de la vallée des sens, remonte effleurer d'une caresse humide un téton, se hasarde vers le ventre, semble prête à goûter aux parfums les plus intimes du parfumeur... et puis finalement le manège s'arrête, le doyen vient s'emparer des lèvres de son fils, mais ce n'est que pour mieux laisser ses doigts se risquer jusqu'à l'entrejambe d'Aramis, caresser sans pourtant s'emparer des origines de sa virilité, attiser sans allumer.
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Aramis
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MessageSujet: Re: /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\   13.05.08 12:34

Prends-moi?

Le parfumeur ne put retenir un sourire cynique, ironie teintée d'incrédulité, comme souvent depuis qu'il avait croisé le regard d'Ambroise. Mise en scène, certainement. Son air rêveur lorsqu'il avait guidé son nouvel amant vers sa couche, puis sa convoitise maquillée de désespoir, et maintenant cette étrange tournure alors que c'était lui qui allait prendre tout ce qu'il voulait... tout ceci devait être une mauvaise mise en scène. Ce n'était pas logique. Non, pas logique.

Prends-moi.

Aramis ne prenait pas. Il se contentait de ne rien donner. Toutes ses taquineries salaces brillaient autant par leur efficacité que par l'indifférence totale qui les soutenait, ce qui rendait fous de rage tous ces machos avides de domination (car de ceux-là, ils y en a à la pelle chez les homos comme chez les hétéros). L'aréactivité. Elle faisait enfler leur frustration jusqu'à ce qu'ils aient envie de lui flanquer des baffes, et ce n'était qu'à cet instant que le jeune éphèbe prenait son pied, orgasme pervers de celui qui contemple la détresse d'autrui. Il en irait de même avec le Mearas, forcément, puisque c'était le seul scénario envisageable. Vu le gabarit du gibier, peut-être même qu'Aramis allait utiliser sa stratégie la plus percutante: interrompre leurs préliminaires et s'en aller sans autre formalité, histoire de rendre convenablement cinglé cet artiste déjà bien attaqué.

Des mots, des prévisions simples et familières, qui rassuraient le parfumeur dans cette scène où, justement, rien ne se passait comme prévu.

Sans comprendre comment ni pourquoi, il s'était laissé engourdir par l'étreinte d'Ambroise. Lui qui ne s'était jamais allongé en-dessous d'un autre homme d'entrée de jeu, lui qui avait toujours été le plus affairé, pressé d'embrasser, de cajôler, d'exciter, tout simplement pour garder le contrôle des évènements... Voilà qu'il gisait dans la soie, pratiquement amorphe, se contentant de répondre aux baisers voraces de son vis-à-vis et de retenir de possibles gémissements de plaisir.

Et là où l'anormal virait à l'inquiétant, c'est qu'il n'était nullement pressé de changer cet état des choses. Son esprit, qui d'habitude voltigeait avec malice et cherchait toujours un nouveau moyen d'asservir sa proie, semblait lui aussi se prélasser sur un moelleux duvet, et s'égarait dans des considérations sans importance. Par exemple, que Ambroise devait être plus habitué aux femmes, vu l'insistance avec laquelle il caressait sa poitrine. Que son absence d'hésitations disait que ce n'était néanmoins pas la première fois qu'il couchait avec un garçon. Et d'autres réflexions du même genre sur les préférences du Mearas, pensées qui normalement auraient dû être les armes d'Aramis, et qui se contentaient ce jour-là de le réconforter.

Reste silencieux. Garde au moins cela. Je t'interdis de glapir comme une pucelle que l'on déflore.

Le mal nommé doyen l'embrassa encore, et encore, et Aramis enroula presque machinalement ses bras autour de son cou pour retenir sa bouche dans la sienne. Indice d'une anomalie plus subtile, inconsciente, qui pourtant expliquait les autres en grande partie.

Le venimeux éphèbe trouvait que cet homme sentait bon.

Oh bien sûr, Ambroise portait sur sa peau le parfum inhérent à tout être humain - sueur, salive, sexe, restes peu reluisants de produits de beauté. Mais chez lui, ce piètre ensemble devenait harmonieux, comme un envoûtant visage dont les lèvres, le nez, les yeux pris séparemment auraient été hideux. Et sans même y prendre garde, Aramis avait commencé à déguster ce bel imprévu dès le premier pas qu'il avait fait dans le salon. Il était déjà ivre quand Ambroise l'avait embrassé pour la première fois, et à présent, dans cette chambre onirique noyée dans les plus doux parfums, il frôlait le coma éthylique.

C'était... apaisant. L'écho de quelque chose qu'on lui aurait offert puis prématurément retiré. Un espoir, entrevu pendant une trop brève séance d'écriture, peut-être même une lointaine odeur de Soleil. Raffinement. Intelligence. De la colère, aussi, de la colère, de l'autorité, la résistance farouche de celui qui a décidé que ce serait lui qui mènerait son destin par le bout du nez. Convoitise et brutalité. Et tout cela était séduisant, extrêmement séduisant. Familier, aussi, comme s'il avait toujours connu cette odeur mais qu'il cherchait à la caractériser pour la première fois.

Inconscient petit chaton, tout surpris de s'aimer à travers l'odeur de son père comme il s'est plu dans ses traits.

Il fallut que les lèvres d'Ambroise descendent sous son nombril pour qu'Aramis s'extirpe de son somnanbulisme odorant et se rende enfin compte de la situation: il ne maîtrisait rien. Rien du tout. Et ce constat le fit sursauter plus violemment que toutes les caresses alanguies que son amant aurait pu inventer. Sauf peut-être l'une des plus simples et évidentes: la main sournoisement dissimulée d'un baiser que le doyen des Mearas venait de glisser entre ses cuisses.

Choc. De paresseux, Aramis devint carrément immobile, et la langue inquisitrice de l'autre eut la surprise de ne rencontrer aucune résistance lorsqu'elle envahit sa bouche. Peut-être le Mearas prit-il cela pour un signe de désir, enfin, et dans ce cas il dut en être satisfait. Pourtant c'était faux. Le jeune parfumeur était trop ahuri pour éprouver quoi ce soit, fut-ce quelque chose d'aussi fondamental que de l'excitation.

Jamais on n'avait osé le toucher ainsi. Jamais. Les rares qui avaient sincèrement essayé de lui procurer du plaisir s'étaient vus remballer dès qu'ils avaient trahi leurs intentions, et ce de manière cinglante. Celui qui avait les mains baladeuses, c'était lui, et personne d'autre, vous saisissez? C'était à lui de défaire les boucles de ceinture, de s'agenouiller, de masser, de lécher. En retour, il refusait tout sauf la frustration. Garde tes mains dans tes poches mon grand, je m'occupe de tout.

Bon sang, il était une pute, on ne cherche pas à faire bander une pute!

Il aurait dû s'enfuir quand il en avait eu l'occasion.

Puis sa stupeur daigna enfin devenir de la colère, et Aramis répliqua aussi férocement qu'il le put.

Ta salive qui mord.

Pitié, faites que ma voix soit stable.


"Tu hésites, monsieur le doyen? Je pensais que tu savais comment t'y prendre."

Il le repoussa, le renversa, le plaqua sur ses oreillers d'un baiser qui avait tout d'une morsure et qui trahissait sa colère de s'être fait surprendre. Sa main à lui n'hésita pas en passant sur le ventre clair d'Ambroise, elle ne ralentit pas lorsqu'elle se faufila dans le pantalon ouvert plus tôt par ses soins, et là où sa consoeur s'était contenté d'une subtile provocation, elle s'empara du membre déjà raidi qui se présentait à elle et serra juste un tout petit peu trop fort, avant de reprendre le va et vient esquissé dans le salon. Aramis rit, un petit rire désinhibé qui sonnait faux, avant de mordre le Mearas à l'épaule.

"C'est pas mieux comme ça?..."

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MessageSujet: Re: /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\   14.05.08 22:58

Non, ce n'est pas mieux...

Et puis soudain il délaisse cette enveloppe alors que son coeur s'envole sur une âme de piano.
Il sourit...
De ces sourires de fées charmées de sirènes tandis que le matelot se laisse happer par les flots amers de cette langue avide de bien, de mal faire... Il lui abandonne son corps parce qu'aujourd'hui c'est lui la pute. C'est lui qui paye pour ce parfum pressenti, ressenti viscéral, jusqu'au fond de ses chairs mortes, lui qui se livre, qui pendant un instant... s'est donné.

Instant de trop.
Ambroise sent la colère sourdre et s'amuser à étirer ses boyaux, faire des noeuds de ses tripes afin de mieux dessiner jusqu'à sa bouche un rictus de fauve acculé.


"Qui de nous deux doit payer?"

A qui parles-tu bon dieu?! Arrête là tes délires...

Mon dieu je deviens fou...

Ambrosio rêve et s'envole
Ambroise se débat et s'écrase, chute pour mieux se retrouver prisonnier de ces liens qui l'enserrent.

Je ne l'aime pas.
Non, je ne l'aime pas...
C'est plus que cela...
Mes écrits... Où sont passés mes écrits?
Damné piano! Je hais le piano! Je hais la musique et encore plus l'écriture...
Est-ce que tu m'aurais vu, toi..; au travers ces maigres lignes, hagardes et enflammées comme un animal rachitique qui n'a plus la force que de lancer cette dernière plainte...

Aramis...
Est-ce que toi tu te détournerais aussi, me laissant crever au fond de ce gouffre de peurs et d'incertitudes pesantes? est-ce que toi aussi tu t'en irais, insensible, en laissant ton enfant aux mains des démons qui en feront l'un des leurs...?

Grand-père...
Si tu savais comme j'ai pu te haïr...
Si tu savais comme j'ai pu t'aimer.

Il est trop tard.
Trop tard pour le lui dire, trop tard pour...
Suffit! Assez!
Et celui qui te surplombe, n'a-t-il pas droit à un peu plus d'égards, à un peu plus d'honneurs....? Ton coeur? Cette misérable dépouille, cette défroque qui ferait horreur même au plus pauvre des gueux?
C'est tout? C'est tout ce que tu peux donner...?
Non, ne ris pas...
C'est tout ce que j'ai... ce sont ces mots en sommeil qui d'un songe file leur plus doux espoir, ce sont ces réalités qui sont envies et jalousies pour la plèbe crainte et abhorrée, redoutée et écrasée... Peintures, sculptures, livres, fleurs et surtout...

Ce souvenir du Paradis.


"Du temps où le ciel était encore bleu...
Voilà ce qui était le mieux."

Le voici jeté dans l'arène, sans armes empoisonnées de miel.
Une larme traîtresse s'échappe de ces yeux envoutés de moiteurs étouffées, de paupières refermées. Il s'en fout qu'on le voie, qu'on l'achève ou même tourne son tourment en ridicule...
Il est juste...
Au-delà.
Au-delà de tout cela. Moqueries et mensonges ne sauraient trouver place en ce doux songe, Vilenie et Perfidie déjà s'en retournent en leur lit de cloaque et de bouges grossiers...

Il l'aime.
Il l'aime comme jamais il n'a aimé...
Il l'aime comme il ne saurait l'avouer.

Alors débordant de cette reconnaissance malsaine, il cherche à se détruire sous l'étreinte de ses lèvres, sous le joug de ces doigts qui déjà l'ensorcellent, lui arrache des lambeaux de...

Parfum.

Aramis...
Il a peur mais
Non! laisse le s'imprégner de ces effluves qu'il ne verra peut-être jamais plus.

Pourquoi...?

Il faut retourner à ta vie de tyran, connard trop imbu. Tu n'as pas le droit, tu entends?! Tu n'as pas le droit!
Mais...
Tu as fait ton choix!
Rien n'est impossible ou irrévocable que la Mort... Cette Mort que j'ai vaincu et
Dont tu te joues, oui perfide! Abats ton spectre sur les futurs condamnés
Ne puis-je donc pas emprunter un autre sentier?
Ah! laisse-moi rire, vil dragon de la caverne aux trésors volés... qu'est-ce qui t'appartient vraiment?
Cela.

Quoi cela? Ton âme est déchirée, et deux mondes se harcèlent ta carcasse effemi
Cela.
...
Ne vois-tu pas? Mais enfin ouvre les yeux! Ces notes, ces sons intangibles qui maculent ma chambre... Ces poèmes recueillis comme des orphelins aban
Orphelins...

Voilà ta peine, monarque cruel! Voilà le monstre qui te poursuit, à travers les siècles et les nuages amassés...
Voilà ce qui te fait pleurer.

Une seule larme...
Et qui en dit pourtant plus long que tous les sanglots.
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Aramis
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MessageSujet: Re: /!\ Un instant arraché aux ténèbres... /!\   17.05.08 18:44

"Je me paie comme je l'entends."

Quel con, mais quel con il avait été de lancer cette histoire de paiement! Il s'en était douté, en plus, que cela le mènerait dans une impasse. Avouer que sa propre stratégie de séduction n'était qu'un prétexte fallacieux, ou laisser Ambroise prendre le dessus, sachant que l'égo du jeune homme n'était disposé ni à l'un ni à l'autre. Et maintenant il était pris à son propre piège.

Sans compter que même si le Mearas s'était avéré le meilleur amant du monde, son parfum valait plus qu'une partie de jambes en l'air. Infiniment plus.

Pour masquer sa colère qui ne faisait qu'augmenter avec sa déconvenue, Aramis se répandit en caresses et baisers avec un zèle inquiétant. Délaissant la bouche alanguie de son aîné, le parfumeur s'appliqua à dévorer chaque point de sa gorge, ponctuant sa dégustation de fugitives et vives morsures, marques avouées de rancoeur, marques ignorées de désir. Mais comme sa position nuisait à l'efficacité de la plus inquisitrice de ses mains, le jeune homme finit par abandonner ce champ de bataille pour couler ses lèvres le long des clavicules, entre les seins, le long du ventre. Dégager le pantalon et les sous-vêtements, les rejeter pour sentir l'âcre et enivrante senteur de masculinité qui drapait le pubis dénudé. Les caresses qui ralentissent, la langue qui hésite à venir leur tenir compagnie.

Oublie-moi, pauvre taré de noble. Oublie que c'est moi. Oublie ce que tu as cru déceler, tout cela n'est qu'un monceau de conneries, tu entends? Juste des conneries. Je ne vaux rien, tu ne vaux rien, nous baisons et après nous n'existerons plus l'un pour l'autre. Ne m'oblige pas à envisager une autre solution. Ne m'oblige pas...


"Du temps où le ciel était encore bleu...
Voilà ce qui était le mieux."

Arrêt total.

Ta salive qui mord.

Mon coeur sans remord?...

Lentement, Aramis s'allongea à nouveau. Ses mains vinrent se poser sur les joues du Mearas, l'une d'elle y sentit une larme. Son visage se hissa au-dessus de ces yeux subjuguants, de ces yeux honnis. Pas d'expression sur ses traits androgynes noyés dans l'obscurité aquatique de la chambre, mais une intonation toute neuve dans sa voix. Une hésitation émerveillée qui n'avait plus passé ces lèvres déshonorantes depuis des années.


"Alors ce qu'on dit sur toi est vrai..."

C'était cela, l'odeur de Soleil. Le parfum ne pouvait mentir. Le jeune homme embrassait la peau de quelqu'un qui L'avait réellement vu, qui avait senti Ses rayons sur ses paupières. Il embrassait la peau d'un immortel. Un être qui un jour avait été aussi beau et lumineux qu'un ciel dégagé de tout nuage. Un être à peine entrevu le temps de la rédaction d'un peu de prose.

Un immortel qui baignait dans le sang d'une Etoile.

Aramis l'embrassa. Pas pour séduire. Pas pour asservir. Mais parce qu'il avait besoin de dire quelque chose qui ne pouvait malheureusement pas être exprimé par des mots. C'était la première fois de sa vie qu'il s'aventurait à faire une telle chose. Ironiquement, il découvrait qu'il n'était pas très doué pour ça.

Il embrassa Ambroise, avec douleur et insistance. Peut-être avec amour, il n'aurait su le dire.

L'instant d'après, Aramis était debout dans son pantalon ouvert, ses chaussures et sous-vêtements à la main. Il déverrouilla la porte, sortit, referma à clé derrière-lui. Il courut le long du couloir, retrouva le salon et sa chemise. Il acheva de se rhabiller avec la rapidité méthodique du serial killer qui nettoie un énième de ses crimes.

Sauf qu'au lieu de jubiler, son âme était un grand vide hostile à toute pensée.

Il rassembla ses fioles et pipettes, calfeutra et remballa soigneusement l'oeuvre dédiée à Ambroise. Son regard tomba sur les quelques feuillets, que le noble avait déposés là lorsqu'il avait respiré la nymphe qu'on avait mis en bouteille pour lui. La prose était signée.

Ambrosio.

Quand le ciel était bleu.

Sans réfléchir, Aramis se saisit des écrits, les entreposa eux aussi dans sa valise. Il referma le tout, s'assura d'un regard qu'il n'oubliait rien. En sortant, il prit son manteau dans les bras du valet qui s'avançait, et en échange il lui jeta la clé de la chambre d'Ambroise.


"Vous devriez aller jeter un coup d'oeil, on dirait bien que votre maître s'est cloîtré dans ses appartements et qu'il refuse d'ouvrir."

Et sans laisser le temps au domestique de comprendre que son explication était absurde, Aramis quitta l'antichambre et la demeure au pas de course, l'air impassible.

A l'intérieur, il était en larmes.

Je t'aime. Je te hais.




Désolé. Je ne peux pas.

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