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 Cendre et fange

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MessageSujet: Cendre et fange   24.10.07 23:36

Cyanure est lassée, lasse de ce pesant ennui, elle rôde comme une bête enfermée dans son bureau trop étroit pour elle, la fenêtre s’ouvre sur un ciel immense et gris, la fenêtre s’ouvre sur l’air froid du dehors, l’appel est irrésistible.



Elle essaie pourtant de se détendre l’esprit ; elle va dans les Cellules, tourmentent les prisonniers, les dévisagent froidement, elle a tout droit sur eux et elle le sait très bien. Elle essaie vraiment de trouver dans leurs petites vies – ou plutôt leurs agonies – un détail intéressant, un spectacle agréable. De temps en temps certains lui parlent, beaucoup lui demandent pitié, quelqu’un l’insulte, sans jamais trouver d’autre réponse que ce sourire acide, sans n’apercevoir rien d’autre qu’une silhouette grise.



Ça fait longtemps que ces hommes et femmes l’ont lassé. Elle ne prête plus attention à leurs douleurs, ne s’en réjouis pas non plus.

Elle l’ignore. Cyanure sait que c’est la pire des choses qu’on puisse infliger à quelqu’un.



Alors pour ne pas paraître si indifférente à leur sort elle se demande qui va crever ce soir. Quel va être le premier à pousser son dernier soupir ? C’est un jeu d’une rivalité épuisante pour la plupart des prisonniers. Ils essayent de survivre, vraiment, de toutes leurs forces, certains gardent même des espoirs de s’en sortir, et Cyanure n’y trouvait toujours pas d’intérêt. Rien ne l’amuse, rien ne la distrait.

A leur place, elle ne serait pas restée derrière ces cages. Elle aurait préféré mourir sans doute. Cyanure, comme tu es fière ! Oh, ce n’est pas que tu penses vraiment être au-dessus des lois ou de ces gens ; ça, c’est des pensées de Noble, et tu viens de la Rue. Mais leur jeu de mort ou de vie t’ennuie.



Rien ne te plaît dans l’histoire traditionnelle du pauvre prisonnier torturé qui passe son temps à penser à sa famille, à ce que ses enfants deviendront.

C’est passé, dépassé, ça fait des années que tu regardes ça, que tu vois ces hommes déliraient dans leur sommeil et pleuraient, prêts à te baisaient les pieds s’il le faut pour que tu les laisses sortir, pour qu’ils puissent voir le visage de leur femme et de leurs bambins braillards et gonflés.

Mais quelque fois Cyanure était éprise de bonté ; elle s’arrangeait pour que la dernière nuit de tel ou tel type soit plus douce, plus ardente, plus violente que sa vie misérable et pathétique dans ces cellules infinies.



Jusqu’au moment où le type un peu trop chétif crèvera et que son corps empestera le macchabée jusqu’à tes bureaux où là, enfin, Cyanure daignera accorder une pensée, faire attention au cadavre, et ira froidement aérer les salles avant que l’odeur ne se répande. Elle déteste l’odeur des morts, elle la trouve trop insistante et n’y trouve aucun plaisir.

Elle n’aime pas les entendre pleurer, elle n’aime pas les entendre râler. Mais tout ça, ce n’est rien à côté de la puissante odeur d’un corps pourri et malade qui réclame un tombeau.

Après, il fallait attendre que l’odeur se dissipe pour reprendre un travail normal.



Peut-être qu’un jour derrière les barreaux elle retrouverait la face luisante d’un vieil ami, d’un gamin des rues qui avait grandi et s’était mis en travers de son chemin. Elle se demande comment elle réagirait, ce jour-là.

Non, en fait elle ne se le demande pas. Elle sait très bien qu’elle se posera cette toute petite question un brin gênante qui lui titillerait le cerveau à ce moment-là :



Avons-nous vraiment été amis ?


Elle n’est pas sûre. Elle n’a pas la patience de vérifier, d’écouter, si le visage ne la marque pas c’est qu’il n’est pas important.



Non, la Prison aujourd’hui ne lui apporte aucun réconfort. Quant aux miliciens, ils lui paraissent toujours plus ancrés dans le décor, elle a l’impression de toujours les voir, de toujours supporter leur sueur âcre et leurs manières déplaisantes. Pas de nouveau visage, jamais de nouveauté.

On ne pouvait quand même pas lui demander en plus d’apprécier la compagnie de ces abrutis puants et gesticulants dont le seul plaisir était d’aller faire du zèle en Basse Ville.



Elle ne les aime pas. Elle est née dans la Rue, elle ne peut pas les aimer, pas après les avoir connu de si près. Pourtant elle travaille avec eux et joue la comédie, parce que Cyanure a toujours été une bonne actrice, elle sourit, elle rit, elle parle, charme, en attendant peut-être de découvrir autre chose derrière leur apparence lisse, attendant peut-être de voir si l’un n’est pas comme elle un comédien et si elle peut percer le déguisement.


Alors elle est partie sans que personne ne la remarque, comme d’habitude. Elle va toujours partout, on ne fait plus trop attention à sa présence ou, au contraire, à son absence. Elle est ombre et silence partout où elle passe, c’est si rare que quelqu’un la remarque, ça lui paraît normal de partir quand elle veut, de faire ce qu’elle veut, d’avoir instauré sa liberté dans son absence.



L’air froid l’appelle, elle lui répond, elle marche avec, elle s’entoure dans ses tourbillons, protégée par lui, elle va et vient jusqu’à ce qu’elle s’arrête enfin, quand l’air froid n’est plus seul, quand l’air froid a trouvé sa compagne et qu’il préfère fouetter l’eau brune plutôt que le visage de Cyanure.



Oh, pourquoi avoir choisi la Prâth comme destination ? C’est une bonne question. Après tout, il n’y a rien d’exaltant à observer le fleuve si violent et si sale, là où personne ne venait jamais et où il n’y aurait sûrement rien de très palpitant à faire. Il n’y a jamais rien de très palpitant à faire dans ce genre d’endroits.

Ce lieu n’avait pas de symbolique dans le cœur de Cyanure. Il était sale, repoussant, dangereux, ignoré, inconfortable.

Il n’y avait pas de rapport avec ses Chasses, pas de rapport avec sa vie.

C’était même un endroit qu’elle détestait particulièrement. La Prâth n’avait jamais eu de place dans son cœur.



Cyanure, tu es si bête d’avoir pensé à ça. Maintenant, regarde, tu es là à côté de ce vieux fleuve tourbillonnant, et tu ne sais même pas pourquoi.

Tu n’as pas de cadavres à jeter.

Pas de morts dans ta main dont la seule sépulture serait cette longue terre brunâtre et le fond vaseux de la Prâth.

Pas de blessés ni de témoins dérangeants.



Rien de rien. C’est frustrant n’est-ce pas ?



Cyanure était vraiment lasse. Elle attendait quelque chose d’autre que le quotidien, elle chassait quelque chose d’autre que des piles de paperasse inutile.

La Prâth, elle n’y était jamais allée. C’était un nouvel endroit, qui peut-être la divertissait un peu, c’était difficile à dire.

Le vent glacé bouge à peine maintenant.

Il devient presque…lassant.







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Chuck Avernteous
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   31.10.07 5:07

Grand et imposant, une tache noire se déplace, accompagnée d'une autre tache moins impostante. Ces taches, c'est Mr.Hook et le docteur Avernteous. Mr.Hook, un petit chapeau melon sur le crâne et un foulard bleu et poudré autour du cou, traîne un sac de plastique sur ses épaules.

Chuck marche. Il tient son sac dans sa main droite et il marche. Un pas, lent, devant l'autre. C'est un contraste biaisé, plus ou moins digne de l'antithèse. Il marche, lentement. Ils sont calmes, le vent souffle. Souffle et oblige le docteur à parfois retenir son chapeau noir sur sa tête. Que font-ils là ? Ils marchent, loins de la demeure et la table de chirurgie. Là-bas, le sang a, depuis longtemps, coagulé.

À un moment, le sac de plastique gesticule. C'est qu'il n'est pas vide, au contraire. Un bruit, un murmure, un cri, presqu'animal, se perd dans le vent. Le vent est triste, il voit bien, lui, qu'il y a quelque chose de vivant là-dedans. Bref, ils marchent. Ils sont silencieux d'un silence étrange. Un silence de fausse mort. De mort marchante, amenant avec eux un repos paradoxal. La vie tremble, vaguement appeurée.

Soudainement, ils s'arrêtent. Mr.Hook renifle. Et il renifle quelque chose. Une odeur de cyanure. Une odeur d'ennui et de vivant. Survivre à l'ennui.

La forme informe bouge, à nouveau. Mr.Hook émet un grognement et un sourire de croquemort se plaque sur le visage cendré du docteur. Il glisse sa main dans sa poche de manteau et en extirpe une montre-gousset. Il scrute l'heure, attentif. Un sourire lunaire et une lune osseuse.

Il attend, l'oeil sur l'heure.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   31.10.07 18:33

Il était temps.
Non pas que Cyanure souhaitait que ses invités arrivent en avance. Oh non, une fête était si triste si tout le monde restait ponctuel et sage.

Une fête, ça se jouait avec des surprises, pas avec de l’habitude.

Mais ils avaient bien fait d’arriver maintenant. A trop attendre, on gâche le plaisir. Le désir, ça se chronomètre, ça laisse un vague aperçu et ça se fait attendre. Mais jamais jusqu’au moment ténu où, lassé d’afficher sa patience, la victime se détourne et abandonne la partie. Il fallait être précis et minutieux. Rendre les choses difficiles, jamais impossible. C’était des règles primaires de manipulation, les premières astuces des artistes et des marionnettistes. On ne fait pas de poèmes sans atteindre le cœur, on ne dénude pas de la musique sans en faire une arme.

Il ne faut jamais arriver trop en retard.

Tout ça demandait une observation presque scientifique. Et dans l’Enkidu, il était reconnu que si une personne devait disposer de ce talent, ce serait bien Avernteous.

Cyanure n’avait encore jamais eu le plaisir de le rencontrer personnellement. Mais le gorille qui l’accompagnait attirait suffisamment les regards pour qu’elle le connaisse…de réputation. Et quelle réputation.

Les rumeurs allaient si vite, de nos jours. C’était d’un lamentable : il était devenu quasiment impossible de déterminer le vrai du faux.

La seule chose dont elle était à peu près sûre, c’est qu’ils étaient « collègues », en quelque sorte.

Quel dommage qu’ils n’aient encore jamais collaboré. Elle avait entendu dire que cet homme ne se laissait jamais déstabiliser.

Les rares fois où elle avait travaillé en groupe, elle avait toujours fini par trouver ça…déplaisant.

Il y avait un arrière-goût d’humanité chez ces individus qu’elle n’appréciait guère. Et une forte saveur d’animalité. Aucune délicatesse, aucun trait de finesse.

Mais cessons de nous plaindre. Après tout, les invités attendent.

Mieux encore, ils lui avaient amené un cadeau.


Elle pouvait le voir, de là où elle se tenait : un cadeau bien emballé, très propre, et comme toute personne recevant un cadeau, Cyanure fit naître aux coins de ses lèvres un très, très, très joyeux sourire – question de tact. C’était le minimum qu’on pouvait faire.

Et maintenant ?
Eh bien, que la fête commence.


Elle s’approche. Elle les observe, sa curiosité aiguisée. Elle ne se demande pas vraiment pourquoi ils promènent ces étranges sacs plastiques sur leurs épaules : elle pense connaître la réponse. Ça n’a rien de particulièrement choquant à ses yeux, malheureusement. Elle préfère les morts loin d’elle – la décomposition des corps n’a rien de particulièrement attirant. Oh, bien sûr, ça pourrait être vivant aussi. Tant que ça ne lui parle pas, elle n’y voit pas d’inconvénients.


Au contraire, son regard semble caresser plus profondément la vision de la montre et du foulard bleuté. Elle reconnaît là un semblant de goût, elle apprécie. Les machines sont toujours plus pratiques quand elles sont bien huilées.

La mécanique humaine, c’est exactement la même chose.


Elle, elle ne porte pas de montre. Elles n’aiment pas leur son. Ça résonne, ça perturbe. Un espèce de « tic-tac » des plus désagréables, Cyanure aime le silence. C’est dans le silence qu’elle est douée, dans l’ombre qu’elle brille. Au soleil, c’est trop visible, trop voyant, trop clinquant. Le son est beau, le son est une mélodie lancinante, des arpèges langoureux qui bercent les esprits. Cyanure n’est pas comme ça.

Elle est près de l’homme maintenant. Ça n’a pas l’air de la déranger. Elle aurait pu dire quelque chose, agiter la main, gesticuler vainement, annoncer son arrivée. Beaucoup de gens faisaient ça. Pas elle.

C’était – comment dire ? – une façon absurde de perdre son temps. Il y avait des moyens beaucoup plus agréables de tourner les secondes en sa faveur.

Elle jette un regard sur la montre à gousset. L’heure tourne.

- Vous êtes en retard quelque part, Docteur ? Ou est-ce moi qui ait mis trop de temps à venir ?


Docteur, c’est comme ça qu’on le surnomme. Cyanure ne sait pas vraiment pourquoi, même si elle peut porter une petite idée sur la question maintenant qu’elle s’est rapprochée. Le visage de l’homme lui rappelle ceux des gens qui ont trop souvent vu la mort, et à qui elle ne fait plus rien.

Un regard qu’elle ne croise pas longtemps, juste assez pour remarquer la couleur claire de ses yeux. Des yeux qui contrastent avec le reste de son corps.

Elle ne juge pas plus. Elle se doute confusément que ce n’est pas aussi simple que ça.


- J’ose espérer que ma présence ne vous dérange pas dans votre tâche. Sinon, je peux me retirer. Même si je dois avouer... que cela me déplairait fortement.

Et dire qu’elle s’ennuyait à en crever il y a quelques minutes.

Mais son intérêt est piqué. Cyanure aime les gens, ils lui apportent toujours plus d’amusement que les objets.

Les objets, une fois qu’on en a vu un, c’est comme si on les avait tous vu. Les objets ne vivent pas, les objets dépendent sans cesse du bon vouloir d’un agréable passant.

Les humains, eux, étaient beaucoup plus drôles.

Hélas, ils n’offraient pas tous la même qualité de spectacle. Il lui arrivait, malheureusement, de devoir faire le tri et sélectionner.

Certaines personnes dégageaient tellement d’Art à elles seules que Cyanure n’avait même pas besoin de les jauger. Ça se devinait, simplement.

On ne trouvait pas de ce genre de personnes à tous les coins de rues. Aussi fallait-il toujours faire très attention, quand on en croisait une, à ne jamais la laisser s’échapper.

Ce serait manquer quelque chose. A ses yeux, c’était le plus grand et sûrement le seul péché qui pouvait se targuer d’en être un.

Alors elle espérait bien que ce nouveau compagnon ne s’en irait pas trop vite.
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Chuck Avernteous
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   10.11.07 3:28

Il referme sa montre-gousset et rive un regard direct sur son interlocutrice. Sa bouche se déforme, le sourire s'efface. Un vent souffle et s'essouffle. Il tousse, froid et triste. Mr.Hook observe son maître, il reprend sa marche vers la rivière. Chuck murmure quelque chose. Un murmure d'araignée, un secret assassin.

Une main émaciée se porte jusqu'à son chapeau. Une main blanche et jaunie. Resté immobile jusqu'à maintenant, il effectue une rotation de pantin et avance un pas à l'encontre de Cyanure. Son sourire refait surface, entre le charme, l'heurt et le meurtre. Sa voix est pointue.

- Ah ! Vous êtes bien Cyanure, c'est cela ? Ma chère, vous arrivez juste au moment où je m'apprêtais à prendre le thé. Ce qui me permet de vous invitez à vous joindre à moi si vous n'y voyez aucun inconvénient.

Vlan. Un sourire d'os, semblable au blanc de ses yeux ou à un masque de chirurgien, se contracte sur ses lèvres. L'énorme gorille se rapproche lentement, mais sûrement, de la rivière.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   10.11.07 16:29

Oh, comme il était mécanique, ce pantin aux fils invisibles ! Sa figure, sa figure à elle seule aurait fait trembler les enfants dans leur sommeil délicat !
Ce sourire de mort, non en fait, toute sa personne puait la mort à plein nez, tout son être dégoulinait des derniers râles des agonisants.
Qui aurait eu le cœur à répondre à ce sourire, qui aurait eu le cœur à rester là, alors que d’évidence il ne pouvait que gêner l’homme dans son travail ? On ne cessait de dire qu’il fallait avoir un cœur de pierre lorsqu’on jouait les chirurgiens ; et pouvait-on vraiment rester scientifique devant cet être aux engrenages parfaitement huilés ? Non, non, bien évidemment, et Cyanure ne faisait pas partie des exceptions. Ce masque grinçant glaçait ses veines, masque de sourire morbide qui l’attirait autant qu’il la dégoûtait.
Oui, elle était dégoûtée, écoeurée même devant cet homme à l’évolution mécanique qui avait été créé pour inquiéter les mères de famille. Les machines ne connaissent pas de contrôles, elles contrôlent, jusqu’à ce qu’on trouve l’interrupteur. Et cette idée lui était désagréable, de se savoir sans prises sur un mur duquel elle pouvait tomber à chaque instant, sans emprises sur un être de chair et de sang.
Pareil à un filet de brume qui ne fait que glisser sur le corps. Horrible, horrible pensée !

Elle était écoeurée jusqu’au fond de ses veines de cet être qu’elle devinait…indifférent, lui aussi, à la façon que son regard avait de ne rien exprimer, à la façon qu’il avait de parler. Elle aurait voulu gerber, se laver la bouche des mots qu’elle venait de lui dire, à lui et à son singe géant, qu’ils aillent tous les deux rentrer au cirque humain dont ils étaient sortis.
Recracher les tripes qui lui faisaient défaut et les rendre enfin utiles.

Et, comme c’était étrange, cette répulsion inconsidérée qui se mêlait toujours d’un bien sombre attrait. Un attrait grossier, mal placé, l’attrait que certaines personnes ont pour la mort et ceux qui la donnent, ceux qui en font partie et qui en sont en son noir manteau ; l’attrait d’un artiste qui en rencontrait un autre…et qui pensait que, peut-être, enfin quelqu’un comprendrait son Art silencieux et sans vers, son Art sans couleurs et sans soupirs, son Art aveugle et sourd, que personne ne voyait jamais, à part peut-être ceux qui le pratiquaient…
Et cet attrait si particulier lui coûterait les yeux, cet attrait lui a coûté déjà son âme et son Dieu, ce penchant terrible à ne jamais partir assez vite lui ferait prendre la fuite…Un jour, un jour elle regretterait durement, elle s’en mordrait les lèvres et s’en arracherait des regrets par poignées, avant de tout jeter, comme ça, sur un coup de tête, par-delà la fenêtre où ils iraient, ces regrets, voguant et morts caresser les joues des agresseurs qui l’attendraient au-dehors.. Mais que pourrait-elle y faire, elle, une fois qu’elle serait démaquillée, effacée, grise parmi les grises, une fois qu’elle apparaîtrait comme elle est vraiment, fade et sans saveur, une fois qu’on lui aurait enlevé ce qui reste de son charme déguisé ?
Les regrets, les remords, elle s’en foutait !

Mais hélas, hélas ! Il ne fallait rien montrer aux autres, ni le dégoût ni le plaisir, ni le rejet ni le désir, et à peine se présenter avec un sourire !
Car qui croirait une femme souriante qui ne sait que mentir ?
Qui croirait une ombre qui se prétend lumière dans la nuit ? Quelqu’un qui prétend un jour éteindre les astres et ranger les étoiles jusqu’à les laisser mourir ?
Personne de sensé ne verrait refuge dans ses bras.
Personne d’insensé ne s’y intéresserait.
Il y en a qui croit, il y en a qui espère, parmi ceux qui savent, et ceux-là sont si rares. Ne faut-il pas mieux ne rien savoir plutôt que de connaître la vérité ?
Oui c’est mieux de ne pas savoir. Chuck la connaît déjà, elle ne pourra pas le duper ; mais n’est-il pas assez affreux lui-même pour supporter la vision de l’écorchée infectieuse ?

Tic tac, tic tac, la montre à gousset est refermée maintenant, tant mieux car ses oreilles en sifflaient.
Quant au gorille, il s’en est allé, emmenant derrière lui son petit secret.

- Le thé, Chuck ? En effet, il n’y a pas d’endroit plus charmant pour partager votre compagnie, et je serais heureuse de le faire. Et regardez comme vous toussez, de la chaleur ne vous fera pas de mal. Ça serait malheureux pour un Docteur tel que vous de prendre froid et d’en devenir malade.

« Mais si vous voulez bien, il y a un petit détail qui me titille…Permettez-moi…

Sans attendre elle amène sa main vers le chapeau de l’homme, comme une enfant gourmande le tendrait vers un paquet de bonbons avant de le lâcher, prise de stupeur, en y voyant les vers qui y grouillent.
La mise est impeccable, bien entendu ; se serait-on attendu à moins de la part du docteur Avernteous ? Oh non, ça aurait été décevant.
Alors, comment fait-elle pour trouver un défaut à la mise de l’objet ? Il est impossible de le savoir, néanmoins la folle le réajuste à son goût et le baisse vers la droite, et sa main gantée se retire loin de son méfait, avant de se faire malheureusement taper.

Qu’est-ce qui se passe, à ce moment-là, dans sa tête, pour qu’elle se sente d’agir ainsi ? Oh, pas grand-chose sûrement ? Sinon elle ne se serait pas permis.

- …vous savez, depuis le temps que j’entends parler de vous, je dois me dire enchantée de faire votre connaissance.

Votre ami se joindra-t-il à nous ?
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   10.11.07 19:40

Les yeux glacés de Chuck soutenaient le regard de la femme, échange de couleurs froides et d'odeur corporelles. Elle l'avait touché; non pas que son chapeau soit une partie intégrante de son corps, mais plutôt qu'il s'était enscensé, avec les années, du sang de ses créations artistiques, d'effluves de bombyx et d'analgésique. De mort fine. D'hâvre cadavérique et de pourriture mitigée.

Les étranges narines d'Avernteous reniflèrent silencieusement le parfum du cyanure. Ses yeux d'émeraude et sa peau grise semblaient exhaler une absence plus ou moins désirée. Elle était l'ombre de son ombre, semblable à une réalité oubliée et incarcérée. À des remords sourds, invisibles, indésirés et, pourtAnt, latent.

Cet échange intime ne dura qu'une seconde mais Chuck y fut bien attentif, ayant toujours apprécié, lors des chirurgies, l'odeur des corps avant que le sang ne se répande. Par expérience, il en était arrivé à la conclusion qu'il en était de même pour les vivants.

Si ce n'est qu'il avait toujours trouvé les contacts physiques inappropriés pour les vivants, à moins de travailler à sa décendance. Mais, naturellement, il était bien conscient que son éthique ne regardait que lui. Il ne les trouvait pas dérangeants, il les trouvait seulement... inappropriés, voire, étranges.

Sa voix reprit. Une haleine de tabac et de coagulation cagoulée. Cette voix avait toujours le charme qu'a une lame pour un suicidaire. Son sourire n'avait pas bougé et ses dents se refermaient toujours entre chaque mot, semblables au fonctionnement d'un hachoir mécanique.

- Oui, justement, Mr.Hook s'en est allé quérir deux bancs et une table pour que nous puissions atteindre un confort respectable. ... Je ne voudrais pas vous inviter à partager un tel moment avec moi sans pour autant vous garantir une aisance sans reproches.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   11.11.07 0:35

C’était drôle, oh oui c’était si amusant de voir le docteur mâchait ses mots de sa puissance mâchoire et les réciter avec un froid parfait. Tout était parfait, tout était si minutieusement appliqué, tous les mots tombaient comme des aiguilles rouillées sur une plaie à vif. Ça roulait, ça croulait, ça prononçait sans difficultés, sans erreurs, d’un froid qui aurait glacé l’hiver.
Tout dans sa tête lui criait de partir, pendant qu’il était encore temps ; il était évident que ce médecin ne lui réservait rien de bon, ça sautait aux yeux, ça se sentait plus sûrement que du poison dans le sang.
Ça puait, ça se dégueulait à pleine vue sur la chaussée abîmée, et pourtant ça restait invisible, amassé dans l’ombre, prêt à bondir comme une marée d’insectes sous la peau de ceux qui auraient le malheur d’être prêts. La marée attendait, grouillante et vénéneuse, prête à avaler sous ses eaux les victimes pré désignées et à en faire des cadavres à peine armés d’os.
Qu’est-ce qui pouvait encore avoir l’air dangereux face à la scie qui tronçonne machinalement le bois, lorsqu’on sait que cette scie ne tombera jamais en panne et qu’on est juste devant ?
Le visage de l’animal, les crocs luisants et la dentition acharnée, les yeux brillants de rage et le pelage fauve éclatant ? Les muscles qui se dessinent et prédisent déjà la force du coup qui commence à peine à partir ?

Mais l’enfant, on le sait, tient toujours, incontestablement, à plonger sa petite main rose dans le feu pour y brûler les contours exquis et la transformer en amas de verrues brunes et craquelées, quand il pleure et crie de souffrance.
L’enfant qui rêve que les bras de sa mère s’enroule autour de lui et qui ne reçoit rien que la douleur du feu dans ses os, l’enfant qui aveugle de larmes se cogne et se recogne sur les murs et les meubles, s’il a assez de chances pour en avoir toute fois.
Sinon il papillonne la main tremblante et sort dehors dans le froid et le vent pour trouver une quelconque aide, jusqu’à ce qu’on l’attrape de force et lui serre la main jusqu’à ce qu’il donne ce qui lui reste d’argent.

C’est ça, la Basse-Ville, au contraire de l’image faussement héroïque qu’on cherche à lui donner. La Basse-Ville, c’est la douleur, la souffrance, le havre des naissances cruelles et dramatiques, le berceau de ce qu’on voudrait ne pas voir et qui reste là quand même.
La basse-ville, ça correspond à la saleté propre de Chuck, ça correspond à l’état d’esprit de Cyanure.


Tout son sens animal l’insinuait à partir, l’insinuait à ne pas se prendre au filet, reconnaissant là un chasseur aux pas aisés et connaisseurs ; et cet instinct dans sa tête, elle le renfermait durement dans une bombe prête à exploser à n’importe quel moment, une boîte qu’il fallait enterrer profondément pour ne rien risquer.
Il ne fallait pas qu’elle arrive comme ça à l’improviste ; elle devait être préparée, attendue, soignée, polie, avant qu’on en fasse quoi que ce soit.
Il fallait l’utiliser, la manipuler, comme il fallait faire avec les autres, avec les hommes et les femmes, leur faire voir ce qui leur plaît pour en dénicher ce qui leur fera horreur. Créer de leur habitude le petit cauchemar, discerner dans leur lassitude ce qui les empêchera de se passer d’elle.
Ce qui fatigue.
Ce qui fait sourire.
Les faiblesses, les forces.
Les goûts et les gourmandises.
Tout amasser, tout, pour en faire un trésor personnel, un trésor de personnalité qui remplissait le vide et donnait une allure au pantin le plus désarticulé.

L’haleine était lourde de tabac, l’haleine était lourde et aussi épicé que l’odeur du sang qui couvrait le Docteur. Une odeur récente et ancienne, une saveur qui les avait toutes, le corps humain est complet en ce qui concerne les goûts de peur et de rejet. Oh, un jour ou l’autre on sait ce que c’est que d’avoir peur.
Ce n’était pas très agréable, malheureusement. L’apprentissage pouvait être dur.
Et elle restait là, elle se prit même à rire, d’un seul coup.
Elle s’en sentit vaguement gênée, vaguement fière, ce rire simple et moqueur gâchait le tableau, ce rire semblait casser l’image de machine qui se teignait dans ses rétines.
Parce que ce rire n’avait pas sa place ici, parce qu’elle l’avait tout naturellement, cette place dans cet endroit crasseux où personne ne venait. Oui, on n’aurait pu rêver meilleur endroit pour s’étourdir de cruauté. Il n’y aurait eu que celui-là qui correspondait à cette rencontrer aussi boueuse que le sol qu’ils foulaient.



- Vraiment ? Deux bancs et une table ? Vous me gâtez, Chuck. Auriez-vous donc tout prévus ?

C’est étonnant, et plutôt plaisant.

Montrez-moi le chemin, je vous suivrai.
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Chuck Avernteous
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   11.11.07 8:48

- Mais avec plaisir. Suivez-moi.

Un pas suivit l'autre et il fit dos à la jeune femme qui, comme indiqué, devait la suivre. À mesure qu'ils s'insinuèrent dans la forêt et qu'ils s'approchèrent de la rivière, une odeur de sang semblait s'être étampé dans l'air et sur quelques arbres qu'ils croisaient. Le docteur marchait toujours, apparamment insensible à ce nouveau fait.

Ils débouchèrent sur un clairière plus ou moins éclairée. L'odeur y était, tenace et bourgogne. Au centre, l'énorme gorille se tenait figé dans une posture droite et massive. Ses mains semblaient êtres recouvertes d'un sang noir et encore chaud. À la vue de son maître, il laissa échapper un grognement de satisfaction. Dans le ciel, les nuages semblaient légers et volatiles. Le bout du foulard du macaque était encrassé de boue ou d'un liquide qui avait la consistance de la boue. De sac, il n'y avait plus.

Devant lui, deux chaises d'aluminium, anciennement blanches, étaient disposées autour d'un énorme tronc d'arbre déraciné qui semblait servir de table. Avernteous s'immobilisa à l'approche de l'installation et intima Cyanure à s'asseoir d'un geste fluide. Par la suite, il regarda Mr.Hook.

- Mr. Hook, laissez-moi vous présenter mademoiselle Cyanure. Elle va partager le thé avec nous aujourd'hui.

Le singe porta la main à son chapeau et le souleva prestement à l'intention de la dame. La voix de Chuck revint, entre la surprise, l'incision et l'aimabilité. Tout en parlant, il prit siège devant elle. Sa posture était celle d'un noble et son sourire celui d'un mort.

- À propos, avez-vous une préférence pour votre thé ?

De plus en plus, l'ambiance prenait une teinte aliénée et étrangement adipeuse. Tout était bien, mais il y avait quelque chose qui ne tournait pas. Ceci dit, l'engrenage qui, à chaque tour, sautait un peu plus réussissait toujours à clore son cycle.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   11.11.07 22:05

Et elle le suivit, ombre parmi les ombres, qui se coule derrière son dos avec facilité, qui s’adapte à la vitesse de marche et reste indiscernable, juste un souffle glacé sur l’épaule du Docteur. Elle le suit, il connaît le chemin et cela l’étonne à peine. L’embryon nage dans son univers de laideur, si touchant et si charmant, le crapaud se complaît dans les marécages le plus nauséabonds.
L’odeur du sang flottait dans les airs, ses narines l’aspiraient goulûment, y reconnaissant là un terrain qu’elle connaissait ; mais sa tête s’en inquiétait vaguement, et ses lèvres charnues et pâles souriaient doucement dans le dos du docteur, à l’idée même de l’âme viciée et horrible qui se distinguait dans cette carcasse osseuse et cabossée. Une âme qui paraissait bien vide sans Mr Hook pour la rehausser.
Quel enfer, quel démon l’avait tordu autant, quel diable en avait fait son esclave ? Quel pacte avait-il signé pour qu’elle soit en si mauvais état ? Elle ne voulait pas le savoir, constatant juste le creux que laissait l’absence du gorille.
Comme il était étrange de voir le Docteur sans son coéquipier. Plus encore, de le voir près d’un être visiblement humain et en bonne santé.

Dix fois plus encore que ce soit elle. Etait-ce vraiment une bonne idée que d’accepter de le suivre dans ses méandres de cendre où elle était chez elle….et lui dans son domaine ?


Enfin, il lui sembla que cette petite visite guidée de la boue finissait, et ils arrivèrent dans une clairière plus ou moins dégagée, à l’éclairage irrégulier. Elle était dans son élément dans cette pénombre croissante et éternelle, et jamais elle n’aurait pensé à y allumer la lumière, à y laisser briller les étoiles.
On ne brille pas au soleil, on ne peut briller que dans la nuit.
Mais, tout de même, il y avait un arrière-goût de piège dans l’installation propre et organisée du docteur ; Cyanure se demanda vraiment quel rouage tournait dans sa tête, qu’est-ce qu’il pensait, se demanda même si cet individu avait un jour ressenti quelque chose. Oh, sûrement, quand il était naît ; mais ensuite ? Où se cachait le défaut de la machine, la faiblesse du mécanisme ?
Elle attendrait s’il le faut, mais elle comptait bien le trouver, ne serait-ce que pour le savoir.
Ses yeux s’agrippèrent au foulard autrefois clinquant de Mr Hook ; il paraissait maintenant aussi ensanglanté et acide que le fruit dans lequel on lui proposait de goûter. Un mouvement de méfiance, sans doute, l’amena à plisser les yeux et à dévisager cruellement l’animal qui lui paraissait tellement plus humain que son compagnon ; un moment de méfiance qu’elle laissa échapper avant de le rappeler à elle et de le faire…sien. De le rendre aussi invisible que le néant et aussi frappant que la blancheur dans un monde aussi pourri.

Elle répondit au salut du gorille et se permit une révérence gracieuse, aux allures de ballerine déchue dont la beauté était passée. Sa chevelure luisante recouvrait son regard trop brillant, d’un seul coup. Anormalement brillant, anormalement intéressé.

- Mr Hook, laissez-moi vous complimenter sur vos goûts et vestimentaires et galants. Je suis honorée de vous connaître.


La voix polie et glaciale du cadavre humain reprit, la détournant du gorille qui l’intriguait fortement. Elle se retourna vers la forme décharnée de l’humain craquelé comme un parchemin et se rapprocha. Elle entreprit de déplacer sa chaise pour la placer plus près du médecin et s’y assit, plus ou moins élégamment.
Un sourire évanescent se collait sur ses lèvres grises.
Elle se pencha en avant et laissa les mots s’échapper en une ribambelle joyeuse et admirative, aux arrière-goûts de putréfaction.

- Ce Mr Hook est aussi incroyable que vous !...

D’ailleurs, j’aurais voulu vous demander…ça risque peut-être vous surprendre mais…

A quoi pensez-vous Chuck ?

L’ambiance pesante la prenait à la gorge, et peut-être aurait-elle mieux fait de partir ; mais il était sûr que son attention avait été captée par ce couple étrange. L’ombre avait de quoi se sentir petite en la présence du duo aux allures meurtrières, l’eau avait de quoi se troubler, mais la panthère ne pouvait reculer aussi facilement. Pas quand on est acculé au mur de ses propres vices.
Elle se redressa et s’installa plus confortablement, si c’était possible de le faire, contre le dossier de la chaise. Il était temps maintenant de parler sérieusement ; elle n’avait pas en adulation le thé et les plantes bouillies et décrépies, ni le poison qu’on avait tendance à y verser. Mais elle avait assez eu l’habitude de fréquenter la bourgeoisie maintenant pour connaître un vague minimum sur la question.


-D'ordinaire, je les préfère lorsqu'ils ne contiennent aucune substance nuisible...du moins, s'ils me sont destinés....
Hmmm, excusez-moi...Bref, que me conseillerez-vous mon cher Chuck ?
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Chuck Avernteous
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   12.11.07 0:03

Tout en sortant les trois tasses, le réchaud et trois sachets de thé de différentes couleurs de son sac à main, Chuck écouta la voix grise de sa fortuite compagne de thé. Et puis, il fit claquer une allumette et en alluma le feu tout en versant de l'eau dans un petit marmiton de pierre. À la vue du marmiton surplombant la flamme, Mr.Hook grogna de contentement et s'affala sur le sol en regardant le thé bouillir avec un air enjoué.

- Je crois que je vais vous faire goûter un thé à la pomme, parfait pour ce genre de rencontre fortuite puisqu'il plaît habituellement à tout gens, de tout acabits.

De surprise, il n'y eut aucune trace sur le scriptural faciès de Chuck. Le sentiment qui le traversa ressembla plutôt à une sorte de plaisir sinistre relié à la question franche de Cyanure. Un sourire lui coupa le visage en deux et il glissa ses yeux bleus, trop bleus, dans les émeraudes optiques de son interlocutrice. Déjà, une vapeur chaleureuse montait en de minces filets gris de l'eau réchauffée. Sa voix c'était aiguisé en une question. Il semblait prendre une attention particulière à la prononciation de chaque syllabe, adoptant un débit lent et délicat. Une lueur dansait dans son regard, cruelle et sardonique.

- Ce à quoi je penses en ce moment même ? Telle est bien la visée de votre question, ma chère ?
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   12.11.07 21:46

L’haleine acide claqua sur son visage et embruma son regard. Ses yeux peu scrupuleux et si flous semblaient surpris de devoir partager leur habitat avec deux autres rétines bleuâtres un peu trop insistantes.
Sa respiration se fit douloureusement sifflante, et très lentement, un sourcil fin s’arqua, expression sincère d’une touche de surprise qu’elle acceptait de montrer.
La forme du sourire, la façon dont les lèvres se relevaient en un rictus mauvais, la lourde misanthropie qui s’en découlait l’amena à se taire.
Il restait, en arrière-plan, le son cristallin de l’eau et les tonalités de respiration différentes.
Son regard s’enfuyait sous l’incision du sien, moqueur, et se réfugiait savamment derrière l’ombre artificielle des cils. Elle aurait pu jurer voire danser dans les yeux de son compagnon hasardeux une lueur indescriptible. Elle aurait pu jurer sentir la même dans son regard. Mais Cyanure ne jure jamais et promet rarement.
Elle parût réfléchir un moment et, se décidant enfin à rompre à la question, elle abandonna toute retenue et tout déguisement, se laissant aller à une franchise totale et des plus horrible. Les mots qu’elle s’apprêtait à dire lui brûlaient déjà la cervelle, les gestes qu’elles commençaient à faire déchiraient ses membranes, et tout son corps se nouait de la sincérité cruelle à laquelle elle se livrait, toute son âme réclamait entière la couverture qui camouflait ses dessous cramoisis.

Les apparences n’étaient plus trompeuses ; et celle de Cyanure en ce moment même, face au docteur aux intentions obscures, était des plus tordues et méconnaissables, des plus pâles et invisible, des plus…laides. Sûrement, ce cadavre serait le seul à la voir un jour ou l’autre ainsi ; quant à ceux qui avaient vécu avec elle avant, lorsque la Basse Ville était son terrain de jeu et quand son jumeau rebelle était encore heureux, ils avaient pu discerner auparavant une énergie neutre, une énergie douce, l’énergie des enfants de la ville ; mais ils n’auraient plus reconnu cet enfant recraché au hasard des ruelles dans sa tenue anoblie et dans ses missions travesties.
Un geste brusque, disgracieux, sa main se pose lourdement sur la table improvisée. Son regard se fait plus dur, son front se penche et se colle à celui du docteur. L’haleine fétide lui brûle les yeux, le tabac froid s’infiltre dans ses narines, pourtant elle reste presque calme, presque assurée. Elle ne l’est pas, bien sûr, mais qui saurait l’être devant ce cadavre décrépi ?


- Chuck, s’il y a quelque chose que je ne m’apprête pas à faire, c’est bien de vous sous-estimer. Ne me donnez pas une occasion de le faire, je vous en prie. Vous me paraissez plus…artistique, et sans aucun doute plus intriguant ici que n’importe qui. Il est dommage que je me sois piquée de m’intéresser à ce qui se cache derrière ce regard lourd et cette rencontre fortuite, mais je ne le regrette pas.

Quant à ma question….je suis sûre que vous l’aurez comprise, docteur. Dans quel sens comptez-vous l’interpréter ?....Je n’en ai aucune idée à vrai dire, et c’est hélas bien là ce qui me plaît…Mais si j’ose vous considérer comme digne d’intérêt, je ne compte pas vous rabaisser en répétant inutilement cette même question…


Beaucoup de paroles, d’un seul coup, pour une personne qui préférait la gestuelle et les corps pour communiquer. Des mots aux accents secs et pourris, des mots mordants et chaleureux, prononcés par une voix susurrante et doucereuse, qui faisait bien attention à ne laisser à aucun moment une pointe d’agressivité ou d’admiration se démarquait de la mélopée.
Elle resta là, dans cette douloureuse position, mêlant sa respiration à celle de l’homme qui lui faisait face, guettant sa réaction, en se doutant qu’elle risquait de ne pas la voir. Mais quelque chose, subitement, la détourna de cet entretien silencieux. Elle tourna son visage de suie et calqua son regard sur la provenance de son nouvel intérêt.
En l’occurrence, la théière.

Un sourire ourla ses lèvres, et elle reprit, d’un ton beaucoup plus courtois, reprenant son déguisement faussement amical et ses manières agréables.

- Regardez, mon cher Docteur, je crois que notre thé est bientôt prêt !

L’eau éclatait en bulles multiples, et sa douce ébullition entraînait une lourde vapeur dans l’atmosphère.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   22.11.07 5:29

La peau du front du docteur était sèche, étonnament sèche. Tout au long du discours de la dame, il la dévora des yeux, dodelinant parfois la tête en faisant danser son sourire. Danse macabre. Pendant un instant, il avait eut l'idée de lui mordre brutalement les lèvres et de la pousser au sol en lui plantant une seringue de morphine dans le corps. Mais un tel élan aurait été bien éloigné de l'éthique et, pour l'instant, Chuck avait encore un contrôle respectable sur ses envies.

Bref, son sourire se résorba lorsqu'elle reprit son masque en lui parlant du thé. Il recula un peu son visage et jeta un regard pointilleux vers le chaudron d'eau bouillonnante, sérieux.

- Non. Il faut que l'eau aie bouillie pendant une durée exacte de 8 minutes et 43 secondes pour que le thé soit parfait. ... Mais ne nourrissez aucune inquiétudes, Mr.Hook s'en occupe.

Il retourna son visage vers sa compagne dans un sourire moins délirant et plus respectueux. Il avait réadopté le ton exquis du gentil-homme, mais pendant un instant, les deux personnages avaient discuté dépourvus de leurs apparats. Des visages de monstres.

- Et pour votre question, sachez que je tenais simplement à m'informer de la précision de celle-ci... Un malentendu est si rapidement contracté. Enfin, il est effectivement dommage que vous vous intéressez à moi. ... Beaucoup n'en sont jamais revenus vivants.

Un rire calme, grinçant et blagueur, pleine de sous-entendus relativement sombres, déforma le bas du visage de l'homme. Le rire cessait de se diffuser quand la main du gorille se contracta pour soulever le chaudron du réchaud avant de verser le liquide dans les trois tasses que Chuck avait disposé sur le tronc d'arbre. Le docteur l'observa avec attention.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   26.11.07 22:11


- Dommage…. ?



Un petit rire nerveux secoua le corps de Cyanure. Un écho gracieux de celui, plus grinçant, que venait de cracher Chuck.



- Dommage …..! Docteur, vous êtes vraiment le meilleur ! Vous semblez faire partie de cette catégorie de personnes qui ont un ascendant naturel sur la plupart des gens. Je me trompe ?

Vous puez la peur à des kilomètres, et je me demande bien qu’est-ce qui me prend de rester encore ici.

Vous avez ces yeux de glace qui transpirent la mort. Vous n’êtes même plus…vraiment humain. Et vous oserez tenter de me faire croire que vous êtes un de ces petits criminels idiots qui sont incapables de penser à autre chose que de découper leurs semblables en petits morceaux et se faire une collection de bocaux au formol pour conserver le reste de leurs organes ?

Est-ce cela votre but Docteur ? Me faire penser que vous vous abaissez à ça ? Vous êtes tellement plus raffiné que ce que vous essayer de me montrer. Je me moque de vos menaces voilées et de votre folie dégoulinante, et de vos futiles tentatives d’intimidation. Si ma présence vous devient gênante, dites-le.

Vous savez ce que moi, je trouverai dommage … ?

Ce serait de gâcher autant de talent. Autant de pouvoir. Autant de puissance mal contenue. Imaginez-vous tout ce dont vous êtes capable.

Votre regard. Il donnerait envie à un enfant de pleurer pour atteindre les bras de sa mère. Votre sourire. Un des plus mystérieux et effrayants que j’ai vu. Vos manières tellement courtoises, placées comme par hasard sur un corps qui ne les mérite pas. Votre aura, même, votre aura !....

Vous exsudez la force douceâtre de la mort … !

Et ça, ça ce serait dommage de ne pas l’utiliser correctement … !

Vos mains sont pourries. Tout en vous est pourri. Savez-vous ce que j’ai pensé en vous voyant … ? Au début, je vous prenais pour un simple petit invité qui aurai le prestige inégalé de venir m’amuser.

Mais il a suffi de quelques mots à peine pour dénaturer ce tableau gentillet.

Quelques mots !

Mais qui, qui pourrait prétendre à ça !

Comment les gens se laissent approcher par vous … ? Parce que vous êtes magnétique, vous êtes dangereux, et c’est ça qui fait votre charme, mon cher. Vous attirez le monde, comme une sirène happe des marins envoûtés au fond de leur abîme ; vous me suivez ?

Vous avez là un don rare. N’en abusez pas de n’importe quelle façon. Vous êtes bien au-dessus de ça, j’ai assez vécu pour sentir ce genre de choses.

Je vous avoue que, depuis que je vous ai suivi jusqu’ici, je meure d’envie de prendre mes jambes à mon cou et de fuir en vous laissant loin derrière moi. Vous vous rendez compte, docteur ? Vous vous rendez compte de cette émotion que vous m’avez distillée ? La peur ! Eh bien, sachez-le, je ne suis pas d’un naturel peureux. Je suppose que sinon, cela ferait longtemps que je ne serai plus…en votre charmante présence. Comment avez-vous façonné cette énergie, comment l’avez-vous faite vôtre ? Je n’en sais rien, et j’avoue en être curieuse.

Ce que vous pensez.

Ce que vous vous demandez.

Ce que vous cachez.

Ce que vous montrez.

Ce que vous ressentez.

Oui, je suis terriblement curieuse. Est-il possible qu’un être comme le grand docteur Avernteous ressente ? Qu’il se pose des questions ?



Un sourire perfide pointa sur ses lèvres fines. Il fut le seul signe précurseur du geste fou qui s’ensuivit.

Un geste fou, un geste gracieux et diaphane. Inattendu, sûrement, et là était le but.

Son bras s’étendit, son regard se riva dans celui qui lui faisait face, ouvert à l’inspection qui les attendait. Sa main froide se posa sur la joue de l’épouvantail, ses ongles longs effleurant à peine la peau sèche et glacée.

La main ensuite se retrouva sous le menton, qu’elle releva un peu. Ainsi, il avait encore l’air plus volontaire, encore plus…dangereux.

Loin de finir sa course, elle se glissa sur le torse squelettique, poursuivit les formes des côtés, douce et chaleureuse, palpant les abdominaux et les os des hanches, avant de glisser savamment sur le haut de la cuisse droite, se faisant plus pressante, plus chaude, plus basse.

- Oui, il m’arrive, pauvre ingénue que je suis, de me demander ce qui se passe derrière ces beaux yeux glacés…car n’est-il pas des gens qui cachent toujours leur moi intérieur, souvent vides d’ailleurs, derrière des masques de pierre et d’argile ?
Certains masques arborent la beauté. D’autres font croire à une quelconque jouissance du bonheur. D’autres ne jurent que sur l’orgasme qu’ils espèrent gagner à la fin de la journée. D’autres sont indéchiffrables.
Tous sont intéressants à transpercer.
Chuck, vous avez le potentiel d’un homme bourré de talent. Ne le gaspillez pas à rester à votre place. Evoluez.
La vie n’est-t-elle pas faite pour ça ? Pour évoluer. Même à travers la mort.
Et je suis sûre que vous avez un futur tout tracé dans les chemins de l’ombre. Dans les chemins que je tente d’emprunter.
Vous et moi, Chuck. J’aurai tellement à gagner, si vous pouviez m’aider à….


Elle se tut, d’un coup, son sourire s’évanouissant soudainement, ses pensées s’envolant ailleurs. Une sourde haine commença à l’envahir. Sa main se resserra douloureusement, son regard se fit noir, avant qu’elle reprenne le contrôle et affiche de nouveau ce petit air sournois et agréable qu’on lui aimait tant.



- …..

J’ai cru comprendre que vous portiez un certain intérêt sur les Etoiles ?....





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MessageSujet: Re: Cendre et fange   12.12.07 5:21

Des étoiles bleues et obssédées dansaient dans son regard. Tout au long de la tirade du poison et de ses effluves d'ensorcellement, il vait sertie son visage d'un sourire de charognard. Taillé à coup d'imagination fertile et de rapprochement exceptionnel. Chuck se laissait rarement approcher, respectant une hygiène très stricte et qui se devait d'être plus qu'impeccable. Une hygiène stérile, disons. Bref, il s'était laissé approcher par cette étrange admiratrice qui, aidée d'une éloquence tout de même surprenante de la part d'une vulgaire chasseuse d'étoiles, n'avait cessé de se confondre dans la flatterie morbide.

La passion, il la sentait qui bouillonnait en elle comme une bête, prêt à déchiqueter chairs et viscères. Un frisson le parcoura et, soumis à un nerf plus sensible que les autres, remua rapidement le crâne. Le premier mot qui viendrait à l'esprit serait "psychotique", mais ce ne serait pas tout à fait ça. Loin de défaillir, ses cernes glissèrent sur les replis détaillés de ses lèvres. Son sourire se faisait charcuteur. Un sourire de boucher. Il était en parfait contrôle de la situation. L'avait-il seulement perdu. Sa voix était un lent murmure spectral, extrait d'une caverneuse pensée.

- Oui, exactement... Les étoiles, ma chère. ... Mais, voyez-vous, si vous désirez me... fréquenter, si je puis m'exprimer de la sorte, il vous faudra avoir une parfaite confiance en moi et ne pas déroger de mes ordres en nulle occasion. ... Car, voyez-vous, dans ce plan qui est le mien, tout ce doit d'être parfait. Aussi parfait que l'immaculée conception ou que le piaulement d'un poussin venant de voir sa mère égorgée devant ses yeux.

Il marqua une pause. Lentement, sa voix s'était transformée en quelque chose de fougueux, mais calme. Chez lui aussi, quelque chose bouillait.

- Ce n'est pas pour rien que mon seul camarade est un gorille, c'est que je n'aie pas à me poser de questions sur la loyauté et la constance de son service à mon encontre. ... Si vous désirez que nous travaillons ensemble, je vous conseille d'être aussi fiable que le coup de scalpel sur la jugulaire d'un enfant.

Il trembla, un court instant, de plaisir. Il n'avait pas bougé, sa respiration tabagique se faisant un peu plus forte. Il semblait prêt à mordre. À arracher le cou si près et si vivant de cette douce jeune femme qui avait osé s'approcher de lui. Se retenant, il fit claquer ses dents et reprit la parole.

- Je survie dans les extrêmes, Miss. Cyanure, et j'ignore si vous êtes à même de m'y suivre. ... Le plaisir est dans la plaie et la viande dont je me nourrie est aussi noire que la langue d'un pestiféré. Prenez conscience que si vous acceptez ces termes, vous passez un point de non-retour. ... Je pourrais vous déchirer et je sais très bien que j'y prendrais un plaisir fou et brutal. ... À vous, donc, de voir si vous voulez vous enfoncez dans cette fange qu'est la nôtre ou bien si vous voulez continuer à vous débattre comme ces êtres pitoyables qui forment cette fange universelle et son étonnant inventaire de fiantes et d'organes arrachés.

D'un coup, son sourire s'était effacé et avait reprit un ton gentil-homme. Un regard feutré.

- N'est-il pas ?
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   13.12.07 17:30



- Vous avez une bien drôle conception de la perfection, my Lord, souffla-t-elle, amusée, en haussant un fin sourcil.





Elle sentit la menace qui se dégageait du docteur. Elle ne tenait pas particulièrement à savoir ce qu’il pensait en ce moment même, ayant juré qu’il venait d’avoir un mouvement d’attaque à son encontre. Quel idiot, ce bouffon doctoral.



Pour qui la prenait-il ? Elle n’était pas née de la dernière pluie et ne comptait pas faire partie de sa « fange universelle. » Non, elle était une chasseresse, jusqu’au bout des griffes, politiquement incorrecte et usant de techniques officieuses, mais elle l’était.

Purifier Tsel, il fallait la nettoyer jusqu’au bout. Un jour ou l’autre, les chasseurs aussi seront rayés de la carte. Elle ne se faisait pas de fausses idées.



Pire encore, elle savait ce qu’elle voulait.

Ce qu’il lui demandait était abject, cruel, nuisible, humiliant, mais pour obtenir ce qu’elle voudrait, elle s’abaisserait à tout ça.



Elle connaissait la valeur de la puissance du docteur. Brutal. Fort. Et la couverture idéale pour attirer sa proie là où elle voulait l’amener.

Sans parler des milles jouissances qu’il y aurait à refiler cette même victime entre les mains soigneuses de Chuck.

En échange, que devait-elle faire ? Ne pas le trahir ? Supporter le fait qu’il hache en morceaux tout ce qu’il touche ? Pas grand-chose, vraiment.



Elle réfléchit en sirotant son thé, calmement, tout en détaillant Avernteous. Certes, elle venait de lui avouer son admiration, mais ce n’était pas pour ça qu’elle allait le déifier.

Mais sa haine mortelle, sa haine exagérée, pour cet homme qu’elle haïssait tant et qui était là, quelque part, bien camouflé dans la Basse-Ville, eh bien cette haine-là qui lui coûta déjà plus que son âme. En cherchant bien, elle devrait pouvoir trouver un reste quelque part à donner à Chuck.

Puisqu’elle allait forcément tout récupérer ou tout perdre à un moment donné.



Oh, et quel plaisir elle aurait quand enfin elle mettrait la main sur cette vilaine anguille … ! Quand elle mettrait à terre la rue elle-même…et pour ça, il fallait si peu…si peu…



- Les extrêmes me dites-vous…Chuck, il n’est pas dans mon habitude de dire la vérité, mais je vais vous la dire tout de même. Mon but est très précis.



Il y a…quelqu’un….que je recherche particulièrement. Cette personne, sachez-le, a plus d’un intérêt et ce, pour n’importe qui. Vous comprenez Chuck ? je parle d’une Etoile bien sûr.



Mais pas de n’importe laquelle.



Cette Etoile n’est pas tout à fait comme les autres.

Elle est….démesurément puissante.

Un pouvoir énorme. Vous ne pouvez même pas l’imaginer. Je le connais, vous savez, je le reconnaîtrai. Ma Némésis. Je le reconnaîtrai.

Le problème, Chuck, c’est que cette grande Etoile a la vilaine tendance de ne pas se laisser approcher si facilement. Très, très intelligente pour une Etoile. Et….je veux, j’exige, je ferais tout pour l’avoir.

Si je vous en parle Chuck, c’est que vous êtes l’instrument idéal pour que j’aille jusqu’au bout de cette petite histoire.

Désolée si ce mot peut vous paraître barbare, mais je suis sûre que vous êtes assez grand maintenant pour comprendre l’attirance purement professionnel et intéressé que je porte envers vos talents.

Vous avez vos méthodes de travail, docteur. J’ai les miennes. Nous n’opérons pas de la même façon, et nous sommes encore différents de tous les autres chasseurs.

J’ai réfléchi vous savez. Vous vous faites passer pour un médecin de talent. J’ignore comment vous arrivez à vous attirer de la confiance, et encore plus comment des gens acceptent de venir dans votre salle d’opération, mais néanmoins c’est ce qui se passe. Tant mieux.

Moi, je m’infiltre partout et je joue avec l’esprit des gens. Vous êtes le médecin, je suis la psychiatre.

Vous êtes le scalpel, je suis le poison.



Elle fit une pauvre pour laisser le temps au docteur d’assimiler sa longue tirade. Elle-même continuait de réfléchir.



- Si je vous fais cette proposition d’alliance, c’est que je suis prête à faire des concessions Chuck. Vous faites cher payé votre aide, et avant de promettre quoi que ce soit, j’aimerais savoir si vous, vous êtes prêt à aller dans mes extrêmes personnels. S’il le faut, Chuck, je vous suivrais, même si vos manières me répugnent et vos métaphores m’écoeurent.

Et vous alors ? Jusqu’où pouvez-vous aller ? Serez-vous capable d’arrêter de trembler et de claquer des dents avec l’évidente attention de me mordre si je dois vous parler ? Serez-vous capable de résister à l’épouvantable envie de m’attifer d’un foulard bleu à paillettes et d’un chapeau haut-de-forme ? Voire même, de savoir aussi me faire confiance et de mériter la mienne ?



D’évidence, nous ne sommes pas fait pour co-habiter ensemble. Trop de différence j’imagine. Moi, je ne me base pas sur ce genre de petits tracas. Je pense sincèrement que vous pourrez mettre votre misanthropie et votre gueule effrayante de côté pendant quelques heures, mais en avez-vous vraiment envie ?

Après tout, avant d’établir un marché, il faut être sur de ce que chacun peut y gagner.



Un petit sourire naquit sur le coin de ses lèvres. Il s'ensuivit d'un clin d'oeil joliment appuyé.



- N’est-il pas ?

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MessageSujet: Re: Cendre et fange   14.12.07 22:29

- Certes, certes... Vous êtes le cyanure et je suis le docteur qui apporte la seringue. C'est bien trouvé. ... Le thé est à votre convenance, Milady ?

Son ton allie la neutralité au sarcasme. Il porte, doucement, la tasse de thé à ses lèvres et en savoure une petite gorgée. Ses yeux se ferment pour mieux savourer l'arôme délicat des feuilles de thé. Ses paupières frémissent et il ouvre à nouveau les yeux, observant sa compagne avec une insensibilité toute particulière. Des phares d'océan froid.

Mr.Hook observe la scène avec intérêt, savoure son thé d'une traite et il repose sa tasse sur le tronc d'arbre. Il grogne faiblement et observe son maître avec de gros yeux d'imploration. Chuck dépose sa tasse dans un geste chronométré et sert, à nouveau, une tasse de thé pour le gorille. Celui-ci émet un bruit aigü et content avant de reporter le chaud liquide à sa gueule.

Avernteous analyse la situation dans un calme de mort. Non pas qu'il aie à développer un stratagème, plutôt qu'il juge de l'étendue des pouvoirs de son nouveau pion. De plus en plus, l'impression d'être en face d'une triste blague se développe en lui. Son visage demeure aussi impassible qu'un cadavre, mais il sent que s'installe entre eux un délire politique; une lutte des classes digne des plus grandes révolutions communistes.

- Peut-être qu'une pâtisserie pourrait vous plaire ?
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   15.12.07 21:55



- Une pâtisserie ?...



Elle secoua la tête en souriant franchement, et reposa sa tasse vide sur la table avant de se lever sans préambule. Elle savoura un instant de pouvoir enfin déplier toute sa longue carcasse et détendre chaque ligament et tendons, et aussi accessoirement elle ressentit ce petit plaisir idiot qu’ont tous les gamins lorsqu’ils dépassent de quelques centimètres la tête de leurs camarades. Pas très glorieux, mais elle s’en contenterait.



- Engraissez-vous comme il vous plaît, docteur, je suppose que vous avez tout ce qu’il faut pour vous sucer la moelle de la chair dans votre cabinet. Raaah, mon Dieu…





Elle s’étira calmement, fit craquer chacune de ses vertèbres jusqu’au haut des cervicales. Elle guettait encore une réaction quelconque d’Avernteous, attendant sûrement un sursaut de vie de la part du cadavre décomposé. Mais avec une âme anesthésiée ainsi, il n’y avait pas grand espoir à avoir.

Vraiment. Quel dommage. Bah, elle pourrait bien se débrouiller seule. Elle finirait bien par l’épingler, cette personne qu’elle cherchait tant. Avec ou sans aide.

Elle était pourtant terriblement vexée dans son ego féminin.



- Ça me déçoit.



Dit-elle simplement, en guise d’au revoir.

Elle n’avait quand même pas que ça à faire. N’est-ce pas ? Elle devait ranger son bureau. Classer la paperasse.

Cette sombre idée lui donna aussitôt envie de revenir discuter fleurs roses et papillons avec Chuck qui lui semblait plus que charment et drôle à côté de la tonne de papier qui s’agglutinait sur ses affaires.



Mais un élan de fierté la retint au dernier moment.

Elle n’avait aucune accroche sur ce triste sire, elle le sentait bien, et ça la gênait terriblement. C’était un peu comme se promener avec une coquille vide. C’était….fatiguant.



Un pas, deux pas, elle s’enfonce vers la fin de la clairière, puis hésite finalement, s’arrête et se retourne, son visage dessinant cette moue bien particulière qu’ont les femmes capricieuses lorsqu’elles viennent apitoyer quelqu’un sur leur sort. Les yeux sombres et flous, la bouche tordue sur le côté et des mèches de jais en bataille autour de sa tête. Elle semble avoir retrouvé tout son aplomb et avoir refermé entièrement le déguisement cette fois. Cyanure en entier, en pleine contrefaçon et entièrement naturelle.



Elle revient donc s’asseoir gracieusement, pose son visage entre ses mains et détaille calmement, en silence, toujours cette même personne qui lui pose décidément bien des problèmes auxquels elle ne trouve pas de réponse. Franchement, qui aurait cru qu’un homme pouvait ainsi finir ? Pitoyable. Et pourtant….



Imbécile d’être revenue alors qu’elle aurait pu partir ? Sans doute. Mais pourquoi partir lorsqu’on avait tant à apprendre ?

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MessageSujet: Re: Cendre et fange   16.12.07 4:21

Il regarde la jeune femme partir... puis revenir. Un brin impulsive, mais bien fidèle à son masque. Voix monocorde.

- Bien.

Il dépose aussi, avec délicatesse, sa tasse vide sur la table improvisée. Monsieur Hook, cette fois-ci, semble savourer le chaud liquide avec parcimonie. Soudainement, le visage calme de Chuck se trouble. Sa voix semble théâtrale mais sérieuse. Une pièce sérieuse, bien qu'absurde. Une absurdité pompeuse et gonflée à bloc. En bloc, il reprend la parole, l'ombre de ses mots se formant en sourire. Toujours le ton rose d'un gentil-homme.

- Et si vous ne voulez pas de pâtisseries, Miss. Cyanure, que désirez-vous ex-xact-te-ment ? ... Vous avez parlé de gain, plus tôt, j'attends que vous voux expliquiez...
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   18.12.07 22:10







Non mais quel abruti. Ses sourcils se froncèrent d’eux-mêmes et son petit menton pointu se redressa narquoisement. Hmmmm, qu’est-ce qu’elle avait envie de le ….. !



Non, non, il valait mieux ne pas y penser, de toute façon, s’il aurait été plus ou moins aisé de foutre sa raclée à l’humain, le gorille posait trop de problèmes pour s’en prendre à lui aussi.

De façon générale, ce truc poilu et géant ne donnait que moyennement envie de s’attaquer brutalement à quiconque.

N’empêche, l’envie de lui désosser sa mâchoire la gagnait petit à petit.

Et le coude. Très important, le coude. Avec la bonne torsion et la bonne pression, on pouvait ensuite faire ce que l’on voulait de la victime gémissante.

Mais ce qui lui paraissait le plus intéressant à briser, à casser, à défigurer chez Avernteous, c’étaient ces deux yeux azurs et moqueurs.

Une couleur bleue qui ne lui rappelait hélas rien, la vie ici étant trop grise et morne pour lui permettre de voir de telles fantaisies.



Ses yeux couleur de jungle s’abreuvent de la sauvage furie trouble qui la prend à cet instant précis. Leur vert se trouble et se dérobe de plus en plus, pourtant ils fusillent bien ce regard trop inquisiteur, trop profond et qui lui paraît surtout trop insultant qu’a ce faux gentleman aux allures de Dr Jekyll.



Une petite lutte. Une toute petite. Où elle pourrait se réchauffer ses muscles rouillés par le froid et apprendre deux ou trois choses nouvelles à Avernteous.

Mais il n’en était pas question, hélas. Elle se contrôlait trop bien encore pour sa laisser aller à assouvir ses besoins élémentaires.



- My Lord….Je désire beaucoup de choses, mais ce que je veux par dessus tout, c’est cette Etoile dont je vous ai si longuement parlé.

Le gain pour moi est, bien sûr, de l’avoir sous la main et d’en faire ce que j’en veux. Le gain, pour vous, c’est que cette Etoile a un pouvoir extraordinaire. Je pourrai vous laisser l’étudier, si c’est ce que vous voulez. C’est bien ce qu’aime faire les savants fous, non ? Disséquer tout le monde, et comprendre le fonctionnement.

Inutile de dire que je compte sur votre talent pour ne pas tuer ce gentilhomme tout de suite. Il n’y aurait plus guère d’intérêt pour moi.

Maintenant Chuck, vous êtes convaincu ? ça vous plaît ? Je comprendrai bien que pour vous, ce n’est pas assez. Que vous ne souhaitiez pas aller plus loin. A ce moment-là, il serait bon de finir le sujet maintenant.

Et si ça vous intéresse, vous savez à qui vous adresser.



Elle reprend son assurance et ses manières de comploteuse bien élevée. Reste à savoir si sa proposition d’alliance pour déclencher la guerre a une chance de fonctionner un jour.

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MessageSujet: Re: Cendre et fange   19.12.07 3:33

Il reste impassible. Loin d'être dérangé par le moment de révolte qu'il sent passer dans les yeux de la jeune femme, il esquive un sourire. Il dicte avec calme; ses mots étant aussi harmonieux que le discours d'un manipulateurs de masse ou qu'une des symphonies de Beethoven.

- Inutile de vous répétez, ma chère... Vous ne cessez de remâcher vos dires et ça en devient plutôt inesthétique, si je puis me permettre. Nous sommes tout les deux, j'ose à croire, assez intelligents pour ne pas avoir à surligner le message que nous voulons faire comprendre avec une armée de marqueurs. ... Parlez-moi davantage des détails, ma chère... Les détails!

Ah... Le doux et stimulant sentiment de la supériorité qui se faufile entre les veines et les boyaux de Chuck à ce moment lui insuffle une sérénité toute spirituelle. Mr. Hook dépose délicatement la tasse sur le tronc et entreprend le nettoyage de l'attirail à l'aide d'un peu de neige qu'il ramasse à même le sol. Il est froid, le regard du docteur. Lianes et dards végétaux se fracassant sur le sinueux motif d'un mur de glace sybérien.
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MessageSujet: Re: Cendre et fange   19.12.07 20:11





Visiblement, non, ça ne fonctionnerait pas. Chuck était bien trop prévisible, et ce n’était pas ce qu’il lui fallait. Non pas qu’il était bête, oh non ! Très intelligent. Sûrement trop pour elle. Et cette intelligence le rendait inutile à ses propres desseins.
Dommage, parce que Cyanure n’était pas assez aveugle pour voir la force que pouvait avoir le docteur et son acolyte sur ses projets. Bah, elle en trouverait d’autres. Et puis, franchement, aussi irritant qu’il puisse être, il resterait toujours éternellement plus intelligent qu’elle. Et ça, c’était encore plus irritant que le reste.
Le mur de glace ne se briserait pas. Il n’y avait pas de fêlures. Elle ne pouvait pas le fendiller petit à petit jusqu’à l’éclater de l’intérieur. Et elle n’essaierait pas de s’y attaquer.


Eh bien tant pis. Elle n’allait pas s’en faire une obsession. Elle préférait encore s’incliner devant le maître et partir. Et puis, entre manipulateurs, elle avait un certain code d’honneur au niveau de la perfidie.


- Chuck, vous me décevez, mais je ne vous en veux pas. Toutefois, cet échange a été des plus agréables pour moi et votre thé était délicieux. Pardonnez le flot inesthétique de mes paroles et mon ego peu flatté, mais vous me voyez vraiment, vraiment navrée de votre incompréhension à ce sujet.

Les détails, vous pensez bien que je ne vous les donnerai pas gratuitement. Moi aussi, j’ai besoin d’une totale confiance et de pouvoir compter sur un appui fiable pour mener à bien ce petit pacte que je vous ai proposé. Mr Hook mérite sûrement plus d’attention que moi, je ne vous contredirai pas sur ce point. Vraiment, il est adorable, ce Mr Hook.
Bref, je vous fais en tout cas la promesse que je vous contacterai si jamais je retrouve cet individu. Ce sera…intéressant.

Bon eh bien, je pense qu’il est l’heure de nous quitter, triste sire ! J’espère que nos chemins se recroiseront un jour. Et si jamais vous souhaitez un jour partager votre thé avec moi, vous savez où me trouver. Au revoir.



Elle inclina la nuque modestement, laissant ses longs cheveux ondulés cachaient l’éclat railleur et à la fois appréciateur de son regard.

Elle fit de même en direction du gorille qui nettoyait les tasses avec conviction et, avant de partir, elle reposa une toute dernière fois la main sur Avernteous pour lui rajuster de nouveau son chapeau sur la tête, l’inclinant cette fois-ci du sens opposé à celui qu’elle lui avait donné la première fois.

Un sourire satisfait effleura ses lèvres et elle partit rapidement, ses longues enjambées l’entraînant déjà loin, et la tête déjà perdue dans un brouillard de problèmes à régler.

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MessageSujet: Re: Cendre et fange   19.12.07 22:22

Étonnament, Chuck se disait sensiblement la même chose avant que Cyanure réponde : cette jeune femme, bien que plutôt intelligente et assez élégante pour son style, demeurait quelqu'un d'aisément prévisible. Un pion habile, mais un pion, tout de même.

- C'est réciproque, ma chère. ... Quoi qu'il en soit, si mon scalpel tombe sur votre poisson, je vous fais derechef mes excuses pour son... destin.

Aurevoir, Miss. Cyanure.

Il lui rendit ses salutations en levant doucement son chapeau. Lorsqu'elle fut disparue dans les ténèbres blancs de cet hiver, il se releva, replaça son chapeau avec une minutieuse obsession et se retourna vers le macaque. Il glissa sa main gauche dans la poche intérieure de son manteau et en tira sa montre, y jetant un regard dubitatif.

- Mr. Hook, terminez ceci et placez le tout dans la valise. ... Le temps que nous a grugé cette petite vermine n'a sans doute pas été suffisant pour que notre ami ne meurt de froid et la froideur environnante a dû ralentir l'écoulement de son sang. ...

À ce propos, où l'avez-vous laissé ?

Le gorille termina ses tâches et tendit la valise à son maître dans un geste lourd et servile. Avernteous prit l'objet avec calme et reposa sa montre dans sa poche. Hook prit une direction et le docteur le suivit, blanc d'un sourire amusé.

-Fin-
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