<= "Refuge" ,Quelques mois auparavant, après la Rencontre du prophète, l'échange avec le Renard.Plusieurs mois s’étaient écoulés, Eliel ne se réveillait pas. L’adolescent plein d’entrain redevenait plus sombre, moins bavard. Il ne jouait plus la donne, n’essayait même pas de faire semblant. L’inquiétude était trop grande.
Oh comme c’était cruel ! Il venait enfin de comprendre le pourquoi de son existence, il y avait enfin quelque chose de palpable, de concret, dans cette lutte qu’il avait toujours idéalisé !
Et on lui enlevait celui qui le guidait. En suspens, comme le silence qui attend d’être brisé.
Kaliel aussi, semblait s’être figé, dans l’expectative de son retour.
Son père ne savait plus quoi faire pour le dérider, et pensait même, ô comble du geôlier, à lui chercher de la compagnie qui ramènerait ce sourire tant chéri.
Le jeune homme en avait sourît tristement :
« C’est une bonne idée… ça me changerait. », avant de se refermer dans un mutisme inquiétant.
Il avait même eu une pensée pour le renard, fugace. Ce serait refusé, cela aussi, il le sentait.
Dans la paranoïa ambiante, il n’avait plus pu sortir, la milice ne laissait rien passer, il y avait là bien trop de risques, lui qui avait tant d’âmes à protéger. Alors, pas de sacrifice inutile. Oui, aucun.
Sauf que, l’air était trop lourd ! Il n’y tenait plus !
On lui avait dit, qu’un message lui parviendrait à son réveil. Mais se tenir tranquille ne lui ressemblait pas ! Cette naïve innocence dans laquelle il faisait semblant de se complaire le tiraillait d’avantage.
Et ces hommes avides de vengeances, et ce peuple qui se déchirait. Et ces vies qu’il n’avait pas su retrouver, ni… réconforter.
Kaliel prit sa décision. S’habilla en vitesse. Des vêtements de serviteurs, là une perruque blonde. Il passerait. Si on le hélait, il suffisait de clamer haut et fort le nom d’un rude maître, pour qui il faisait une course urgente, qui se fichait bien de l’actualité. Le Chef de lignée, par exemple.
Il fallait éviter la ville ? Bien. Il restait la périphérie. S’il n’y trouvait rien, au moins cela lui permettrait de changer d’air.
Il suffisait de passer les grilles, de contourner soigneusement la décharge douloureuse et de rejoindre le fleuve. Au moins, ce sentiment d’oppression serait plus léger.
Même si c’était inconscient.
Sans s’en apercevoir, il avait rejoint les abords de la centrale.
Il inspira longuement et pleinement l’air froid nocturne, observant sardoniquement cette centrale qui alimentait les frontières des castes.
Et…
Etonnant ce mouvement.
Mais quel chahut ! Voilà qu’une cohorte fantomatique dirigée ça et là par des semblants d’autorités, hagardes, à la recherche de l’invisible.
Kaliel retînt son souffle.
« Les Elefs… », il n’avait pas oublié. Sa mère lui avait conté une jolie histoire… qu’Eliel avait tristement remis dans le contexte.
Des porteurs, des morceaux d’âmes, qui n’avaient plus que pour émotion, quelques rictus, des regards vides, une énergie morte qui bougeait encore. Des chairs en suspens (comme Eliel !) que des contrôleurs putrides croyaient contenir.
Ses poings se serrèrent, sa mâchoire se crispa. Il ne pouvait s’en empêcher, comme un aimant, peu à peu et discrètement, il s’approchait d’avantage.
A la fois discret sans être caché (ne pas donner un quelconque prétexte aux gardes), les armoiries aux service Mearas en évidence.
Il y avait un groupe, un groupe qui paraissait être moins malmenés, moins déconsidérés.
Kaliel s’approcha encore, presque étonné. Y aurait-il parmi ces hommes, de ceux qui voyaient au-delà des clônes ?
HJ : C'est une (longue) entrée en matière, je ne peux pas faire mieux pour l'ouverture. 
C'est un peu rapide aussi, j'ai speedé, sans vraiment me relire, l'heure du départ du boulot approoooche !_________________
"Du chaos naît une étoile."
Charlie Chaplin