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 Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée

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Andréa

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Âge du perso : 268 ans
Date d'inscription : 24/01/2007

Synthèse
* Constellation protectrice *: Balance
* Pouvoir Astral *: Manipulation des Ombres et de la Lumière
Particularité:

MessageSujet: Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée   18.11.07 20:59

Nom: Oublié depuis des siècles
Prénom
: Andréa
Surnom: Le Guide, Andy. (Papychou, vieux croulant… Rolling Eyes)
Age: 268 ans
Date de naissance: 2 Février, An 7 de l’Avant
Statut: Roturier
Métier: Sauveur d’Etoiles ?
Lieu de naissance: Tsel
Lieu de résidence: Un petit appartement dans la basse ville
Lieu de travail:
/

*

Emplacement de la Marque
: Sur sa clavicule (côté gauche), ce qui l’oblige à toujours la cacher.
Constellation protectrice: La Balance

Pouvoir Astral: La Balance. Symbole d’équilibre. Un équilibre parfait qui réconcilie les contraires, le juste milieu entre les opposés. Entre Ombre et Lumière. A chaque individu sa part d’ombre, et sa part de lumière. Cette dualité qui se joue en chaque être, reflet du ciel où le jour autrefois succédait à la nuit. Andréa est un être double, tout en lui reprend la dualité et l’opposition, jusque dans son pouvoir même. Maître de l’ombre et de la lumière, il joue de ceux-ci pour se défendre ou attaquer.
Il est capable de donner forme et consistance à l’ombre, que ce soit pour en faire des armes ou des soldats aux apparences variés. Il est capable également d’absorber la moindre once de Lumière et de plonger la zone choisie dans une obscurité totale où nul n’est capable de voir. De la lumière il se fait un bouclier solide. Il peut également rendre aveugle ses ennemis par de violent flash de lumière aveuglante.
De son pouvoir il maîtrise désormais toutes les ramifications et il est capable de s’en servir presque sans y penser, comme si cela lui était tout à fait naturel, et malgré la puissance de ses dons.

*

Caractère: (défauts, qualités, tics, etc.)

Physique
: Il y a quelque chose de dérangeant dans ce personnage, comme un décalage, quelque chose qui ne va pas. On peut le percevoir dès le premier abord, cependant nul ne parvient à comprendre d’où provient cette étrange sensation. S’il donne cette impression c’est que ce corps jeune, aux traits encore marqués d’innocence, est en totale contradiction avec l’esprit vieux de plus de deux siècles qui l’habite.

Son visage de jeune homme aux traits lisses, à la bouche rieuse, aux lèvres roses et au menton pointu, au nez fin et droit, aux joues colorés qui viennent tout juste de perdre les rondeurs de l’enfance, est le reflet d’une jeunesse apparente, une candeur presque naïve. C’est un visage sur lequel le temps n’a pas laissé d’empreinte. Mais le regard dénote, comme un faux accord dans la mélodie, une fausse note qui fait grincer les dents. Cet oeil là, unique et seul sans son homologue, a déjà tout vu, ce bleu délavé, noyé par trop de larmes anciennes et qui n’a jamais plus retrouvé l’éclat d’autrefois, cette couleur passée témoigne de l’âge de ce regard. Et la mélancolie qui l’imprègne, comme un regret éternel, ne peut échapper à quiconque observe ses yeux. Son regard est celui d’un vieillard, fatigué et terne, plein de cette tristesse douce-amère qu’apporte l’expérience, empli de cette sagesse que seule confère le nombre des années. Cette prunelle céruléenne est une fenêtre ouverte sur son intériorité, lucarne azurée par où s’échappent des émotions qu’il ne peut retenir. Car si son visage demeure serein, toujours empreint de cette même expression de calme imperturbable, son regard est aussi transparent que l’eau claire et l’on y lit aisément toute la gamme des sentiments qui le traverse. Quand il sourit ses yeux restent infiniment mélancoliques, parfois même nostalgiques, assombris par de longs cils fournis qui adoucissent encore la ligne allongée de ses yeux. La symétrie de son visage est brisée par le cache oeil sombre qui dissimule en permanence son œil borgne. Cette particularité physique ne fait qu’accroître le mystère opaque qui l’entoure, et l’aura de secret ancien qu’il dégage.
Et puis au dessus de ce regard pâle éclate soudainement le feu de sa chevelure, un roux éclatant, mèches sanglantes, flammes dévorantes et rougeoyante. S’il y avait encore un soleil, il aurait fait flamboyer cette masse de cheveux épais et brillant dont l’oranger s’assombrit par endroit et se change en une teinte presque rouge. Le bout de ses mèches caresse doucement le bas de ses joues, l’os de sa mâchoire. Leur longueur masque parfois son œil unique ou chatouille la pommette.
Avec le même contraste qu’on remarque sur son visage, son attitude entière est en contradiction avec son corps même. Sa silhouette est jeune, mince et élancée de jeune homme tout juste sortie de l’adolescence, son corps sec. Il est grand, plus que la moyenne, et cette supériorité de taille amplifie l’impression de sage domination qui émane de lui. Malgré la jeunesse conservée de son organisme, il se meut avec une lenteur mesurée, comme s’il économisait chacun de ses gestes et calculait le moindre de ses déplacements. Il évolue avec précaution, observe toujours avant d’agir, ses gestes ont la douceur et la grâce d’une caresse légère, esquisse de sentiment à interpréter, véritable pantomime énigmatique. Quand il marche, c’est comme si il voulait éviter de blesser le sol sous ses pas et s’astreignait au plus de légèreté possible. Son port de tête altier fait parfois penser à celui des Nobles, menton légèrement relevé, le regard au dessus des foules, avec une dignité qui lui sied mieux qu’à quiconque. Et pourtant la jeunesse d’un corps se prête peu à la dignité d’un maintien princier, à l’allure de sage qu’adopte malgré lui l’Ancien. Et ce qui dérange justement, c’est que dans le cas d’Andréa, la jeunesse apparente n’est pas en décalage avec cette attitude.
Tout n’est que contraste et contradiction, l’âme et le corps se déchirent entre jeunesse et vieillesse, sagesse et innocence, l’espoir que promet l’aube d’une vie et celui qu’ôte cruellement le crépuscule d’une existence.

Signe particulier: Borgne


Dernière édition par le 18.11.07 23:01, édité 2 fois
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Andréa

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MessageSujet: Re: Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée   18.11.07 21:16

*

Histoire :

Le monde n’est plus que contours flous et silhouettes indécises, cris indistincts et hurlements déchirants, silences brisés et vies fauchées… Terrible scène d’apocalypse baignée de lumière sanglante, un rouge carmin qui s’écoule de partout. Elle baigne dans ce liquide poisseux et chaud, comme un bijou précieux et fragile dans son écrin de velours incarnat. Un bijou brisé. Elle était si précieuse…
Lui la regarde, à la fois tétanisé et tremblant de tous ses membres. Ses jambes flageolantes ont cédés sous son poids, à genou dans la terre souillée il ose à peine la toucher. Ses doigts frémissants effleurent sa chevelure blond vénitien, s’imprègnent de ce sang dont elle est maculée. Sa souffrance est bien plus que physique. C’est une douleur intérieur, violente et insoutenable, comme une blessure profonde, si profonde qu’elle aurait touché son âme. Il sent à peine les éclats de verres sur ses joues, il sent à peine cette douleur à son œil droit, ses jambes blessées, ses bras entaillés. Il ne voit pas les gens qui courent autour de lui, cherchent des proches, s’appellent, hurlent sans fin les prénoms de ceux qu’ils ont perdus. Il ne sent plus l’air chaud et lourd, ni le goût métallique du sang dans sa bouche. Il ne se rend pas compte que la terre a cessé de trembler. Il ne voit même plus qu’il n’y a plus de soleil.
Le Cataclysme pour lui, c’est cette enfant morte, allongée dans la boue et le sang, au visage si tourmenté qu’on ne pourrait même pas croire qu’elle dort. Madenn. Sa si chère petite sœur. C’est une partie de lui-même qu’il contemple, sans vie et sans autre couleur qu’un rouge obsédant.

Il ouvre brusquement les yeux, cherche instinctivement de l’air. Il a l’impression d’avoir le souffle coupé, et cette douleur intestine qui n’en finit plus de le transpercer de son dard abject. Il se redresse dans l’obscurité, passe une main tremblante sur son front trempé de sueur et respire lentement, attendant que les battements de son cœur se calment un peu. Il y avait bien des années que ce cauchemar, si effrayant de réalisme, n’était plus venu le tourmenter. Cette scène si réelle, c’est la même qu’il y a des années, des siècles même. Qui aujourd’hui peut encore se souvenir du grand Cataclysme ? Y a-t-il seulement une seule autre nuit que la sienne qui soit perturbé de tels cauchemars ?
Machinalement il effleure son œil borne, stigmate encore visible de la catastrophe qui bouleversa le monde il y a si longtemps. Avec un soupir las il se laisse retomber sur les oreillers, fixant le plafond d’un œil absent. Ce visage… Aujourd’hui il est flou, presque effacé. Il ne se souvient plus vraiment des traits de sa sœur. Il se souvient juste l’avoir tant aimé qu’il a longtemps pensé ne pas survivre à sa mort. Parfois, il arrive qu’il lui substitut un autre visage, dont le souvenir est plus net. Celui de Maria…

Maria était jolie, c’était indéniable. Elle avait toute la grâce qui sied à la jeunesse, et un rire qui rappelait encore celui d’un enfant. Maria avait toujours des rêves, des rêves de soleil et d’avenir. Maria avait toujours cette étincelle dans les yeux qui la rendait plus vivante que n’importe qui. Et si tous les humains avaient été comme Maria, la Lumière serait déjà revenue. N’importe quelle étoile aurait accepté ce sacrifice pour quelqu’un comme elle. Mais les humains ne ressemblaient pas à cette jeune fille… Leurs rêves étaient cupides et égoïstes. Ils avaient soif d’or et de pouvoir. Le soleil ne les intéressait pas, il était trop lointain pour eux.
Les rafles avaient débuté quelques années après le Cataclysme, quand les premières étoiles avaient commencé à manifester leurs dons. Depuis, cela avait été une chute sans fin vers l’horreur. Andréa se souvenait encore parfaitement le jour où ils étaient venus le chercher. C’était au cimetière, un jour sombre, comme tous les autres. Il avait 14 ans. Il faisait danser des lucioles au dessus de la tombe de sa sœur. Il souriait. C’était une époque où il lui arrivait encore de sourire.

« Tu vois Madenn… disait-il de sa voix claire et enfantine, tu vois, la Lumière n’a pas complètement disparu. Il en reste encore… Quelque part, en nous. »

Pauvre petite étoile… Si il avait pu savoir alors combien cette Lumière en lui allait lui coûter cher. Il n’avait pas vraiment compris ce qui s’était passé ni quel était cet endroit étrange où on l’avait emmené. Toujours est-il qu’ils étaient tous là. Les Etoiles. Porteuses de Lumière… Cela a duré trois ans. Trois ans, enfermés nuit et jour dans ce laboratoire sordide, cobayes d’expériences scientifiques. La Lumière les attiraient comme des papillons. Lorsqu’ils ont réussi à percer le mystère des dons, les choses se sont encore accélérées. A cette époque, Andréa espérait toujours revoir ses parents. Malheureusement ce ne serait jamais le cas. Il ne devait plus revoir ni ses parents, ni les autres étoiles. Ses frères et ses sœurs, ses amis. Tous furent séparés, dispersés un peu partout, envoyés chez les Nobles exaucer des vœux cupides. A chaque nouvelle Etoile qui s’éteignait, le cœur d’Andréa s’assombrissait plus encore, à l’image même du nuage qui obstruait le ciel.
Au final, il avait eu de la chance. Mais ce n’est que bien plus tard qu’il le comprendrait, au moment même où il prendrait conscience des destins infiniment plus tragiques qu’avaient parfois connus ses frères. Lui on l’avait offert, lot le plus attrayant parmi le reste des cadeaux, bazardé là comme un vulgaire objet, au mieux un objet très précieux.
Il avait donc quitté Tsel et l’odieuse tragédie qui s’y déroulait. Le Noble chez qui on l’avait envoyé était un homme étrangement ordinaire, quoique particulièrement intelligent. Très cultivé, riche bien sur, calme et réfléchit, ce caractère plutôt bon était assombri par son ambition sans limites. Il devait avoir environ quarante ans, peut être même un peu moins. Il avait été très profondément marqué par le cataclysme durant lequel il avait perdu sa femme. Cette perte l’avait particulièrement éprouvé et l’avait poussé à se jeter à corps perdu dans une quête de pouvoir et de domination. Il souhaitait s’élever sur le monde en ruine tel un monarque absolu. La plus précieuse de ses richesses avait un visage si doux qu’il parvenait même à attendrir cet ambitieux personnage. C’était sa fille. Maria. Elle avait 15 ans, soit deux ans de moins qu’Andréa. Pendant plus de trois ans, elle demeura la seule source de Lumière dans sa vie. Pour elle, il faisait apparaître ses si précieuse lucioles. Simplement pour voir ce sourire si sincèrement émerveillé fleurir sur ses lèvres. C’était si simple, mais il y avait tant d’année qu’il n’avait plus vu quelqu’un sourire avec tant de sincérité. Maria était un soleil à elle seule… Très vite ils devinrent si proches qu’on ne les voyait plus l’un sans l’autre. Ce fut elle qui persuada son père de lui accorder la liberté de circuler comme bon lui semblait dans l’immense propriété. En effet, si Andréa s’était attendu à devoir exaucer un vœu aussi malsain qu’égoïste et à s’éteindre dans les plus atroces souffrances, cela n’arriva pas. Le père de Maria prit grand soin de son Etoile, en attendant de pouvoir l’utiliser au moment le plus propice, précisément quand toutes les autres Etoiles seraient mortes. Il posséderait alors la toute dernière Etoile, un pouvoir considérable. Son vœu serait particulièrement décisif à cet instant. Non sans ignorer ce sombre dessein, Andréa vécu cependant dans un bonheur relatif. Il s’efforçait de ne pas songer à Tsel, à sa famille, à ses amis. Il s’efforçait d’oublier, de ne vivre que pour Maria. Il l’aimait profondément, exactement comme il avait aimé Madenn. Cinq années s’écoulèrent ainsi, durant lesquels il oublia presque qu’il y avait un monde en dehors du manoir. Mais ce monde devait se rappeler brutalement à sa mémoire, un après-midi d’avril. Une pluie diluvienne s’abattait sans relâches sur les alentours depuis plusieurs jours à présent et le ciel paraissait plus sombre encore qu’à l’ordinaire. C’était une de ses tempêtes qui arrivait parfois, noyait tout puis repartait au bout de quelques semaines. Blotti dans un fauteuil, Andréa était plongé dans un livre datant d’avant le Cataclysme et dont les pages pleines de paysages ensoleillés le faisaient doucement rêver. On trouvait parfois de vrais trésors dans l’immense bibliothèque du manoir… Maria quand à elle venait de refermer le livre qu’elle lisait, assise par terre, sur l’épais tapis qui recouvrait le sol, adossé au fauteuil du jeune homme. Elle se redressa pour s’agenouiller face à lui, levant sur le roux un regard perçant.

« - Andréaaa…
- Hm ?... » Marmonna t-il d’un air absent sans détacher les yeux de sa lecture.

D’un geste rapide la jeune fille se hissa sur l’accoudoir du fauteuil pour s’emparer du livre.

« - Qu’est ce qu’il y a ? Demanda doucement le jeune homme dépossédé.

- Tu ne m’as jamais raconté… »

Une légère hésitation fit baisser sa voix au point qu’elle n’était plus à présent qu’un murmure.

« … ce qui t’étais arrivé. A toi, et aux autres. Les étoiles… »

Comme la plupart des gens qui avait vécu le cataclysme, Maria connaissait l’existence des étoiles, mais ne savait presque rien à leur sujet. Une expression douloureuse assombrit brusquement le visage d’Andréa. De douloureux souvenirs s’imposaient à son esprit, imposant et étouffant. Voyant cela Maria s’en voulu aussitôt d’avoir posé la question. Se mordant nerveusement les lèvres, elle allait s’excuser lorsqu’il lui répondit doucement :

« C’est vrai. C’est parce que je crois que j’ai préféré oublier… Mais si tu veux savoir… »

Cette après-midi, il lui raconta tout depuis le début, en n’omettant pas de lui parler des dons des Etoiles, et la véritable raison de sa présence ici apparut soudain comme une atroce évidence à la jeune fille. Andréa culpabilisa même un peu de lui causer tant d’effroi et de peine, alors qu’elle comprenait que son père allait certainement l’utiliser pour satisfaire sa soif de pouvoir. Mais elle n’imaginait même pas en réalité quel odieux vœu formulerait ce père tant chéri.
Il se passa plusieurs jours, la tempête ne cessait pas et les deux jeunes gens occupaient leur journée à parler du passé, des étoiles, des nobles et à remuer tout un tas de vieux souvenirs. Un soir, un domestique vint chercher Andréa et le conduisit jusqu’au bureau du père de Maria. Il ne fallut pas plus de quelques secondes à l’Etoile pour comprendre ce qui se tramait. Il n’était jamais convoqué dans ce bureau, et n’avait jamais d’entretient avec le patriarche. Leurs rencontres n’étaient d’ailleurs qu’occasionnelles. Cette fois-ci, le moment était venu… Andréa ne savait pas vraiment comment appréhender cet évènement. Mourir à ce moment là, en exauçant un vœu cupide, s’éteindre et rejoindre ses frères, assombrir encore un peu plus le nuage… Cela le terrifiait. Il était résolu à faire tout ce qu’il pouvait pour se dérober. De toute façon il n’avait rien à perdre. Du moins rien qui ne soit au moins aussi cher au père de famille qu’à lui. Le noble n’y alla pas par quatre chemins, lui annonçant de but en blanc qu’il exigeait qu’Andréa exauce son vœu. La suite en revanche était désagréablement plus surprenante. Le jeune homme s’était tant attendu à un vœu de richesse ou de pouvoir qu’il mit un certain temps à comprendre la demande de l’homme.

« Maria. Je veux qu’elle m’aime. Et je la veux pour moi seul… »

A cet instant son regard était si brillant d’une convoitise malsaine qu’il fit peur au jeune homme. Il se mit à trembler de tous ses membres tant l’idée atroce que suggérait ce souhait lui était insupportable. Avait-il bien compris ?
Cet homme était si affecté par la perte de sa femme qu’il avait reporté tout son amour sur sa jeune fille. Cependant tant d’années à ruminer sa peine et à voir sa fille s’embellir, devenir chaque jour plus femme, cela avait fait germer dans son esprit torturé un désir malsain. Maria ressemblait à sa mère comme deux gouttes d’eaux, peut-être même avait-elle encore plus de charme et leurs caractères étaient si semblables que le pauvre homme, aveuglé par sa souffrance, avait finit par ne plus faire aucune différence entre la mère et la fille. Cette obsession avait même prit plus d’importance encore que son ambition et aujourd’hui il ne désirait plus qu’une chose : sa fille. L’idée d’utiliser son vœu pour obtenir ce qu’il souhaitait s’était petit à petit imposée.
Naturellement, Andréa refusa obstinément de céder à ce caprice immoral. Le noble le menaça, cria, hurla, frappa et injuria. Dans sa voix et dans ses gestes se mêlaient étroitement une colère froide, une rage sourde et un désespoir presque palpable. Mais pire que tout, l’étoile pouvait percevoir cette folie malsaine, née d’une souffrance indicible, qui suintait par tous les pores de sa peau et émanait de son être comme une aura terrifiante. Au bout d’une lutte bien plus mentale que physique, le vieil homme fatigué renvoya le roux d’un geste de la main. Ce n’était certainement pas un armistice. Tout au plus une courte trêve. Et Andréa savait qu’il ne pourrait pas gagner ce combat là… A un moment ou à un autre, il en viendrait à menacer de faire du mal à sa propre fille. Et à ce moment là, l’étoile devrait céder.
Son corps lui faisait mal. Son visage livide était auréolé de tâches violettes, chaque coup avait imprimé son empreinte douloureuse sur sa peau pâle. Ses jambes tremblaient, ses côtes lui faisaient mal. Mais qu’importe, désormais il ne lui restait plus qu’une solution : la fuite.
Et il ne le savait pas encore, mais cela deviendrait désormais l’ultime solution de sa vie entière. Fuir, désormais il ne ferait plus que ça.
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MessageSujet: Re: Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée   18.11.07 21:45

Ce soir là, rapidement, il fourra dans un sac le peu d’affaires personnelles qu’il possédait, embarquant au passage n’importe quel objet pouvant lui servir. Quand tout fut prêt, le jeune homme alla chercher la dernière chose qu’il se devait d’emmener avec lui, Maria. Il était hors de question qu’il la laisse avec cet homme fou qui l’aimait beaucoup trop, et surtout qui l’aimait mal.
Quelques minutes plus tard, le ciel déversait tous ces sanglots sur l’un de ses enfants envoyé sur terre, qui glissait comme une ombre dans la grande allée qui menait au portail. La pluie s’abattait sur lui presque avec fureur, et il était si trempé que ses vêtements alourdis collaient à son corps comme une seconde peau.

« Andréa ! Attend ! »

La voix claire de la jeune fille le fit stopper net au milieu de la cour boueuse, à quelques mètres de l’immense portail. Elle courait, chacun de ses pas s’imprimant dans la terre détrempée. Son visage était si ruisselant qu’on ne pouvait savoir si elle pleurait ou si il ne s’agissait que de la pluie. Il se tourna vers elle, ses cheveux trempés collés à ses tempes, ses yeux limpides exprimant une peur qu’il ne pouvait contenir.
Elle avait refusé de le suivre. Leur discussion avait été agitée. Son visage tuméfié l’avait mortifiée et il ne s’en était fallut que de peu qu’elle ne se mettre à sangloter. Il lui avait raconté le vœu de son père. Elle lui avait répondu qu’elle connaissait déjà ses intentions. Il lui avait fait la cour, lui avait avoué ses désirs, et insisté longtemps avant de se résoudre à employer son vœu pour parvenir à ses fins. Mais elle ne voulait pas s’enfuir ainsi, elle était persuadée qu’un tel choc le tuerait. Il restait son père, elle ne voulait pas lui causer une si grande souffrance. Il lui avait fait promettre de partir bientôt, de ne pas le laisser la toucher ni lui faire le moindre mal. Et il avait du se résoudre à partir sans elle. Elle l’avait aidé à sortir sans se faire remarqué, lui avait confié quelques objets utiles et fait des recommandations sur les endroits à éviter lorsqu’il serait inévitablement recherché.

« Maria… »

Arrivé à sa hauteur, elle avait la gorge si serrée et l’estomac si noué qu’elle ne pu d’abord pas prononcer le moindre mot. Tous deux partageait la même douleur d’une séparation trop brusque et inattendue, dans des circonstances pour le moins dramatiques. Andréa essaya bien de sourire, mais il en était devenu soudainement incapable. Alors doucement il l’attira contre lui et resserra ses bras autour de cette fragile petite sœur qui allait tant lui manquer. Il sentait son corps tremblant et mouillé contre le sien, les battements de son cœur affolé et son souffle embrouillé qui s’échouait contre sa nuque.

« Andréa je veux que tu exauces mon souhait. »

Ces mots le figèrent sur place tant il le stupéfiait. Ils étaient prononcés sans la moindre hésitation, avec cette exigence dans sa voix qui laissait déjà entendre qu’il devrait céder. Mourir… ? Mourir pour elle… Quelle meilleure fin pouvait-il envisager ? Son âme se transformerait en lumière, éclaircirait un peu le nuage d’encre. Et le vœu le plus cher de Maria serait exaucé…

« D’accord » souffla t-il d’une voix atone, sans la relâcher.

Par ce simple mot il venait de s’engager à exaucer son vœu, quel qu’il soit. Il sentit qu’elle cherchait à se libérer de son étreinte et desserra doucement ses bras. Elle leva vers lui un visage blême mais à l’air farouchement décidé. Il la fixa longuement, puis ferma doucement les yeux pour fixer cette image dans son esprit, devinant que sans doute il ne la reverrait jamais. Puis il hocha doucement la tête, lui signifiant qu’elle pouvait formuler son vœu. Elle exprima clairement son désir d’une voix où ne perçait aucune hésitation.

« Je veux que tu sauves les étoiles. »

Andréa sursauta presque de surprise tant ce souhait était inattendu. Etait-ce vraiment là son plus grand désir ? Il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser que si elle faisait ce vœu ce n’était ni pour elle, ni pour les étoiles, mais bien pour lui. Sauver les étoiles… Ses frères et ses sœurs. C’était pour lui le seul moyen de vivre en paix. Peut être même de vivre heureux, qui sait… Evidemment à cet instant, ni l’un ni l’autre ne pouvait savoir qu’il était déjà trop tard pour la première génération d’étoiles, à laquelle appartenait Andréa. Ni l’un ni l’autre n’aurait pu deviner que les seules étoiles qui pouvaient encore être sauvé n’étaient, à cette époque, mêmes pas nés. Ni l’un ni l’autre ne pouvait présager combien d’années devraient vivre Andréa pour exaucer ce vœu.

« - Est-ce que tu es sur…
- Oui.
- Très bien… J’accepte d’exaucer ton vœu et de sauver les étoiles. »

Evidemment cela impliquerait qu’il mourrait une fois ce destin accomplit. Mais c’était un sacrifice qu’il était prêt à faire. Après tout combien d’étoiles c’étaient déjà sacrifier pour des humains cupides et malhonnête ? Il était temps que quelqu’un pense un peu à elle…

« Andréa… »

La voix de Maria le rappela avec douceur à l’instant présent. Le sourire de la jeune fille tremblait un peu sur ses lèvres pâles.

« Tu seras heureux, hein ? »

Son cœur se serra brusquement, comme enserré dans un étau d’émotions palpables. Il sourit doucement, et souffla rapidement un
« oui » à peine audible avant de perdre le courage de lui mentir. Bien qu’il ne savait plus rien du monde dont il avait été coupé pendant toutes ses années, il pressentait déjà qu’il lui serait difficile d’être heureux. Comment une étoile pourrait-elle accéder au bonheur si elle ne peut même plus voir le ciel ?

C’est une question qu’il se pose encore aujourd’hui, allongé silencieusement dans le noir, à fixer les tâches du plafond. Comment rendre les étoiles heureuses ? Dilmun est sans doute la solution. La seule et unique solution, la seule qui soit acceptable pour eux, enfants du ciel trahis, traqués, convoités. Décimés. Les humains ne méritent ni qu’on exauce leurs vœux, ni qu’on leur rende la Lumière. Ne sont-ils pas eux-mêmes les responsables du Cataclysme ? Les Etoiles devraient-elles mourir pour réparer leurs innombrables erreurs ? Même si cela était le cas, il faudrait encore que tous ces Nobles saturés de richesses et de pouvoirs souhaitent revoir le ciel.
Il se lève, les membres encore tout engourdis d’un sommeil lourd, les pieds nus sur le sol froid et l’esprit emplit de souvenirs aussi vieux que lui. Il marche doucement dans l’obscurité, sans hésitation. Il connaît si bien l’ombre. Et puis ses yeux, comme ceux des autres, ont finit par s’habituer à ce manque de lumière, si bien que même la nuit ne lui paraît plus si impénétrable et mystérieuse qu’autrefois. Il s’assoit, la chaise grince plaintivement dans le silence. Une petite table lui sert de bureau. Un bazar incroyable l’encombre. Il porte une main à son cou où pend au bout d’une chaîne en argent une petite clé de cuivre. Il s’en sert pour ouvrir un tiroir, en sort un carnet épais, relié de cuir sombre. Il l’ouvre à peu près au milieu. La moitié des pages est encore vide, l’autre moitié est pleine de sa vie, de ses souvenirs qu’il écrit quand ils lui reviennent, pour ne pas les perdre. Ne pas oublier. Pour ne pas que les erreurs d’autrefois se répètent. C’est à ça que servira, un jour, ce petit carnet anodin. Doucement écarte les doigts et de sa paume offerte naît une luciole. Petit fragment de Lumière hésitant et tremblant. Bientôt elles sont une dizaine à danser au dessus du creux de sa main. Leur lueur chancelante éclaire à peine son visage méditatif. La nuit se pare d’ombres mouvantes, comme en réponse à cette clarté insolente et incongrue dans un monde de ténèbres. Le regard de l’Ancien s’égare sur les courbes déliées qui couvrent la page de gauche. Il se souvient.

Après avoir quitter Maria, ce soir pluvieux, il a erré longtemps. Au début son but était clair et précis : retourner à Tsel, exaucer le vœu de celle qu’il considérait comme sa sœur, mourir et retrouver le ciel. C’était un chemin tout tracé, et en apparence facile à suivre, même si il ignorait encore comment arracher les Etoiles des griffes des Nobles. Mais bien entendu, rien ne se déroula comme il l’avait prévu. Son errance dura presque 20 ans, de longues années mornes et grises durant lesquelles il apprit à connaître à nouveau ce monde duquel il avait été préservé, bien à l’abri dans le manoir avec Maria. Il apprit bien vite qu’on n’avait plus entendu parler des étoiles depuis longtemps. Bientôt il n’eu plus aucun doute sur leur destin funeste, et renonça à reprendre la route de Tsel. Il se contenta de voyager de ville en ville, s’attardant rarement plus de quelques mois au même endroit, de peur d’être retrouvé et reconduit chez le père de Maria. Il ne révéla jamais à personne qu’il était une étoile, il ne servit plus de ses pouvoirs pendant 20 ans. Même pas une luciole… Il survivait en effectuant des petits boulots, trouvait parfois quelqu’un de généreux qui lui offrait le gîte et le couvert. Pendant tout ce temps, il s’instruisait. Cherchait à comprendre le monde, les gens, les nobles et les pauvres humains de la plèbe. Il ne mit pas longtemps à voir que ces humains étaient tous porteurs d’un passé tellement illuminé, tellement plein de soleils d’été que leur présent leur semblait plus gris encore. Ils osaient à peine lever les yeux vers ce ciel toujours assombri, reflet terrifiant de cette mélancolie obsédante qui les habitaient. Et toute cette détresse, cette fatalité dans les yeux de tous ces gens qui avaient renoncé, ce monde en plein naufrage, fut sans doute l’une des plus rudes prises de conscience de sa longue errance.
Les années passaient, mais lui ne vieillissait plus. Du moins en apparence parce que son âme elle s’alourdissait toujours plus d’une conscience aiguë qu’il n’y avait plus rien à sauver ici bas. Sa peine pesait si lourd, il la traînait chaque jour derrière lui, comme un fardeau dont il ne pouvait se débarrasser. Il n’osait même plus lever les yeux vers le nuage, de peur d’y voir toute la noirceur des âmes de ses frères, accumulée dans le nuage qui tenait lieu de ciel, née de leurs morts douloureuses. Il n’osait plus essayer de se souvenir leurs prénoms ou leurs visages. A quoi bon désormais ?...
Cela dura jusqu’à ce qu’il arrive enfin au bout de son interminable voyage. Dilmun… Une terre fertile au pied d’un volcan, chauffée par des nappes de lave souterraines. A cet endroit s’exhibait, surprenante d’audace et de persévérance, la vie. Des plantes, des petits arbustes, rachitiques et sauvages, mais bien là. Moins ternes que celles que l’ont voyait habituellement, elles auraient presque pu ressembler à celles d’Avant. Le climat était beaucoup plus doux dans cet endroit reculé, protégé par une chaîne de montagnes hostiles et rocailleuses, barrière naturelle peu engageante et qui ne laissait en rien présager ce qui se cachait derrière. Personne n’y avait jamais mit les pieds et cet Eden providentiel devint le terminus d’une longue errance qui avait laissé Andréa mélancolique et fatigué de vivre. Au début il ne pensait pas rester. Mais bien vite il s’y était battis une véritable maisonnette, il avait cultivé des légumes et d’autres plantes, avait domestiqué quelques chèvres sauvages et avait confectionner de quoi pêcher dans le lac. Un vrai Robinson prenant possession de son île déserte. Petit à petit il s’était oublié dans cet univers aux airs de Paradis. Il y avait vécu lentement, faisant naître de ses mains un véritable Eden (du moins à l’échelle du monde obscur qu’il avait connu). Le temps s’était écoulé, glissant sur lui comme une pluie fine, sans qu’il ne s’en rende compte. Plus de deux siècles étaient passés, deux siècles durant lesquels il avait prit soin de ne pas remuer ses souvenirs, vivant au jour le jour, dans une solitude apaisante. Deux siècles sans qu’aucun cauchemar ne perturbe ses nuits… Il en avait perdus la notion du temps, la notion même qu’il existait un monde, peuplés d’humains hagards. La seule chose encore bien présente à son esprit était sa nature d’Etoile. En 200 ans il avait beaucoup travaillé son pouvoir, s’entraînant à manipuler l’ombre et la lumière, et se découvrant d’étranges possibilités qui ne lui étaient pas encore apparues durant son errance, alors qu’il avait ignoré complètement ses facultés, ne les utilisant jamais, afin de se préserver d’éventuels soupçons. Il pouvait désormais créer des formes d’ombres, et même leur donner une consistance, les contrôler. Quand à sa lumière, elle devenait bouclier solide, mais cela lui demandait énormément d’énergie.
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Andréa

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MessageSujet: Re: Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée   18.11.07 21:56

Andréa sourit. Il songe à Dilmun, à l’air tiède qui lui rappelle les printemps d’autrefois, à la douceur de l’herbe sous ses pieds. Il repense à sa vie, douce et coulante comme le miel, avec ce goût sucré, parfumé… Et aussitôt il se souvient. La solitude. Le jour où ses souvenirs l’ont rattrapés. Le jour où il a réalisé que si il vivait toujours, c’était à cause de son vœu. Oui… Il ne l’avait toujours pas accomplit… Pourtant en 200 ans, tout ses amis étaient morts, devenu ténèbre. Ou bien lumière… Il espérait qu’au moins quelques uns d’entre eux n’avait pas été forcé d’exaucer un vœu. Son regard s’assombrit légèrement. Les dernières de ses lucioles se meurent dans la nuit. Il songe à la première génération d’Etoiles. Il songe à cette douleur en lui qu’il n’a jamais accepté. Celle qui est encore là, et qui lui brûle la gorge quand il y repense. Celle qui le ferait sangloter comme un enfant si ses 200 ans d’expériences ne lui permettaient pas de maîtriser ses larmes. Il songe… Il les revoit tous, chacun d’entre eux, il entend leurs rires et il voit leurs visages. Leurs prénoms s’échouent sur ses lèvres, murmurés silencieusement les uns après les autres. Chaque nom est un ami perdu, chaque nom est une blessure de plus. Chaque nom jusqu’à ce qu’il arrive au dernier. Eliel. Son sourire s’agrandit, mais dans ses yeux les sanglots sont tout prêts de déborder. Alors il abaisse doucement ses paupières, avec ce sourire étrange, figé, meurtri. Eliel. Il ferme les yeux et dans ses ténèbres un sourire se dessine, lueur tremblotante comme la flamme d’une bougie. Et à la lumière de ce sourire se dévoile un visage, un visage encore presque enfantin, des cheveux clairs couleur d’été et des yeux aussi transparent que des rayons de lune. Eliel…

Il était déjà trop tard pour cette génération, trop tard pour sauver ces Etoiles là. Mais si il était encore en vie, c’est qu’il y avait sûrement quelque part d’autres Etoiles à sauver. Voilà pourquoi un matin Andréa avait quitter sa retraite, laisser derrière lui son coin de paradis, fort de 200 ans à se remettre de ses souffrances. Une nouvelle errance avait commencé, mais cette fois, l’Etoile avait un but. Un but et une destination : Tsel. Son voyage était absolument différent de l’errance qui l’avait mené à Dilmun. Le monde était toujours gris et froid, comme un jour d’hiver éternellement triste auquel aucun printemps ne succèderait jamais. Le contraste avec Dilmun était frappant, et douloureux pour ce vieux jeune homme qui avait eu le temps d’oublier un peu la morosité d’un monde en noir et blanc. C’était presque comme un second cataclysme, et Andréa eu énormément de mal à s’y réhabituer. Il aurait certainement abandonné bien vite son but, trahi son vœu pour retourner s’oublier à Dilmun. Oui sans doute aurait-il renoncé à sa destination si il n’avait pas rencontré Delian. Il ne se souvenait plus exactement comment il avait échoué entre ses bras, puis plus tard entre ses draps, mais il se souvenait parfaitement que cet idylle enflammé avait été la seule chose à laquelle il avait pu se raccrocher à cette période de sa vie. Une brève histoire, union des corps comme des âmes, comme on remonte à la surface juste le temps d’avaler une goulée d’air salvatrice avant de replonger dans les profondeurs abyssales de l’océan où les rayons du soleil ne parviennent même plus à imposer leur lumière. Il avait été sa bouffée d’air, sa trêve, un sursaut de vie dans son existence qui se mourrait de désespoir. Un bref rêve de lumière qui l’avait conduit à un réveil douloureusement sombre, mais nécessaire. Un éveil à la vie, comme pour célébrer son retour parmi les humains, sa renaissance au monde. Delian avait été le seul moyen pour Andréa de survivre à ce monde qu’il redécouvrait. Ils s’étaient quittés comme ils s’étaient trouvés, chacun puisant dans ce court instant de répit qui les avait uni de quoi poursuivre sa route. Maintenant l’Ancien savait qu’il y avait certaine chose qu’un nuage au dessus de leur tête ne pourrait jamais assombrir. L’Ancien savait qu’il existait encore quelque chose à sauver, quelque chose qui n’avait pas besoin du soleil pour exister, quelque chose que chaque être vivant portait en soi. Et sans jamais plus regarder en arrière, il reprit la route de Tsel. Tsel où il savait, sans savoir comment, qu’il y avait des Etoiles à sauver. Des petits frères et des petites sœurs qui avaient besoin d’un aîné. D’un aîné pour les conduire là où il pourrait vivre en paix. D’un Guide.

Avec un soupir il referme le calepin, le range soigneusement, ferme à clé le tiroir et remet la chaîne autour de son cou. Il se lève lentement, se dirige vers une fenêtre, écarte un coin du rideau et observe. Il observe cette aube sans soleil, cette nuit qui disparaît mais à laquelle ne succède aucun jour. Le ciel s’éclairci, de noir il devient gris. Dans ces moments là, l’Ancien a presque l’impression qu’il va s’éclaircir encore, puis se colorer de toutes les couleurs pastelles de l’aurore d’autrefois. Comme si le soleil allait renaître. Mais non, ce ciel reste obstinément gris. Alors il pose son front contre la vitre de froide, il soupire et la bué se colle sur les carreaux, masque un peu la ville fantôme. Bien sur il sait que Tsel regorge de vie, il sait que bientôt les gamins chétifs envahiront les rues tortueuses de la Basse Ville. Il sait que Sîn est là, partout, que Sîn vit malgré tout dans les entrailles de sa ville natale. Il sait mais il ne peut se départir de cette impression que tout est mort. La Basse Ville est presque dans le même état qu’au lendemain du cataclysme. Mais il est désormais le seul qui puisse s’en souvenir
Son regard ère lentement sur Tsel, cette ville qui l’a vu naître, celle ville qui abrite en son sein les derniers espoirs de l’humanité, cette ville dont le visage a tant changé. Son regard s’accroche sur la haute de l’Etenemanki, il se rive sur ses secrets cachés, sa domination écrasante. Puis il glisse, dérive jusqu’au mur de béton qui sépare les riches des pauvres, les chasseurs des chassés, les Nobles de la Plèbe, la Haute Ville de la Basse Ville. Ligne de démarcation honteuse, rempart à la misère, comme si il pouvait contenir le malheur crade du peuple, l’empêcher de déborder et d’atteindre tous ces pourris qui se noient dans le luxe et les privilèges. Enfin son regard s’égare dans les méandres de la Basse Ville, s’attarde sur des ruines qui lui rappellent la ville de l’Avant, et repart jusqu’aux grilles. Les portes symboliques de Tsel. Et au-delà, un désert de poussière… Un désert de poussière d’où il est arrivé, il y a quelques mois, las d’un voyage de retour long et épuisant.

Chaque pas semblait l’épuiser un peu plus, chaque trace dans la poussière grise du désert venait s’ajouter à la précédente, formant une longue piste dont on ne voyait plus l’origine, perdu à des kilomètres, des mois d’une déambulation éreintante qui avait épuisé ses forces, tant physique que morale. Il avançait comme un automate, depuis longtemps guidé par son instinct plus que par sa raison, évoluant comme un somnambule au hasard de ses pas. Qui sait comment il retrouva Tsel, comment il traversa cette lande morte et désertique. Le comment perdit toute son importance dès l’instant où il franchi les grilles de Tsel. Avec les épaules aussi voûtées que si elles avaient supporté tout le poids du monde, ses vêtements déchirés par endroits dont on ne pouvait plus deviner la couleur d’origine, son visage défait aux traits fatigués, ses yeux éteints, ses cheveux sales qui descendaient jusque sur ses épaules, le Guide ressemblait plus à un vagabond, un voyageur errant sorti de nulle part, aussi gris que les plaines de cendres désolées d’où il était soudain apparu. Lentement, il erra dans la ville, le ventre tordu par un étrange sentiment, comme si Tsel avait soudain surgi de sa mémoire brouillée et se dressait devant lui comme une réminiscence solide et matérielle, un fantôme revenu à la vie. C’était comme s’il retrouvait un très vieil ami au visage défiguré par les années derrière lequel il parvenait toujours à apercevoir les traits bien connus du compagnon d’autrefois. Il tendait parfois la main vers un pan de mur et l’effleurait d’une main hésitante, comme pour se persuader de son existence physique. Il était revenu. Il était bien de retour… Ici. Dans cette ville qui l’avait vu naître, qui l’avait vu grandir, qui avait connu le cataclysme et où reposait sa bien aimée petite sœur, cette ville où il avait souffert, rit, aimer, jouer, pleurer, où il avait vécu. Une tristesse implacable tempérait cependant son émotion brûlante à mesure qu’il se rendait compte de ce que la ville était devenue. Oh elle n’avait pas tant changé en deux siècles, et c’était bien ce qui le peinait. Elle avait gardé cette apparence de ville détruite, mais elle paraissait encore plus sombre, hostile et ses rues semblaient engluées de misère. Il avait presque l’impression d’être revenu au lendemain du Cataclysme, et dans sa tête des images du passé se mêlait à cette étrange scène de retrouvaille qu’il vivait. L’épuisement de son corps comme de son esprit ne l’aidait pas vraiment à discerner l’hier d’aujourd’hui et tout se mélangeait dans sa tête.
Finalement il arriva près de la voie ferrée, presque hagard, sans se donner la peine de diriger ses pas. Il était rentré. Mais il n’avait jamais songé à ce qu’il ferait ensuite. Où aller à présent ? Ou plutôt, jusqu’où les pauvres forces qui lui restaient pouvaient-elles encore le porter ? Les rares personnes qui croisaient sont chemin s’efforçaient de l’ignorer ou le regardaient passer avec perplexité. Leurs visages exprimaient parfois de la pitié, souvent de l’incompréhension, de la méfiance ou de l’étonnement. Mais Andréa ne les remarquait même pas, plongé dans un état second, autant dû à son état d’extrême fatigue qu’au bouleversement que provoquait en lui ce retour en plein cœur de son passé, comme si le film de sa vie s’était rembobiné trop vite et qu’il s’était retrouvé catapulté plus de deux siècles et demi en arrière.
Bientôt l’Ancien se figea, ses jambes s’immobilisèrent et refusèrent d’esquisser le moindre mouvement tandis que ses pieds semblaient river au sol, incapables de s’en détacher. Son corps tout entier était d’une immobilité statuaire. Quelque chose venait de capturer son attention. Devant lui un train. Immobile sur ses railles. Silhouette sombre, impersonnelle, machine endormie. Les lourdes portes de ses wagons étaient ouvertes. Et quelqu’un déchargeait des caisses dont le contenu intéressait peu l’Etoile. En vérité ce qui semblait l’avoir soudain hypnotisé était ce quelqu’un. Ce jeune homme. Ce fantôme, lui aussi surgit de ses souvenirs. C’était impossible. Ses yeux lui mentaient, sa mémoire croyait le reconnaître, mais ce n’était pas lui. Il restait là, immobile, figé, statufié. Dans son esprit revenaient soudain des vagues incessantes de souvenirs vieux comme le monde. Des visages, des sourires, des prénoms. Des deuils. A chaque visage un sourire, à chaque sourire un prénom, à chaque prénom un deuil. A chaque deuil la même douleur, la même colère, la même révolte. A chaque deuil une larmes de plus au bord de ses yeux délavés. Et devant ses yeux, le tableau brouillé d’un souvenir. Lalit… C’était lui. Malgré les années, il ne pouvait qu’en être certain. Lalit, cette étoile brisé en deux, séparé de la moitié de lui-même. Lalit et son rire claire, Lalit et sa joie obstinée. Et si un autre avait survécu ?...

« Mais Lalit est mort… »

Sa propre voix le fit sursauter. Il n’avait plus prononcé de mots depuis si longtemps. Et pourtant il avait dit ceux là sans même s’en rendre compte. Il senti son cœur battre. Il senti la vie pulser dans ses veines, la vie dans ses poumons, dans ses muscles épuisés. Il vivait. Il vivait alors pourquoi pas Lalit ? Pourquoi pas une autre Etoile ? Si lui était en vie, Lalit l’était aussi. Mais il sentait bien que quelque chose n’allait pas. Son œil unique demeurait rivé sur la silhouette de Lalit, il l’observait en silence s’activer avec des gestes d’automate. Il l’observait et soudain il su ce qui n’allait pas. Il n’était pas humain. Son regard n’exprimait rien, ses yeux étaient vides, son visage lisse, ses geste linéaires se répétaient identiques à l’infini alors qu’il déchargeait caisse après caisse. Alors il tourna doucement la tête. Et il les vit. Des dizaines de Lalit. Autour des dizaines de wagons, à décharger des dizaines de caisses. Des dizaines de petits robots en forme d’étoile, de belles marionnettes à l’effigie du Gémeau, de magnifiques clones obéissant au visage d’un ami. Et quelque chose en lui se brisa. Et comme si une digue venait de céder, tout à la fois le submergea. Un flot continu de douleur et de fatigue, de peine et d’épuisement, d’horreur et de nausée, de tristesse et de lassitude, de désespoir et de déception, de solitude et d’amertume. Un trop plein de tout, une sensation brutale et violente de quelque chose qu’il ne pouvait plus retenir. Les larmes débordèrent de ses yeux, ses jambes cédèrent sous son poids, les sanglots s’échappèrent de sa gorges noués, son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine comme si lui aussi cherchait à s’échapper de ce corps arrivé à bout, à fuir cette âme mutilé. Tout débordait et Andréa ne pouvait plus rien retenir, ni son corps qui vacillait ni ses sanglots qui éclataient sur ses joues. Et tout autour de lui, comme autant de guignols au théâtre de l’horreur, les Elefs déchargeaient les wagons. Et pas un de leurs regards de se posa sur l’Etoile agonisante qui semblait s’éteindre, pas même un indifférent coup d’œil.
Il ne se souvenait plus avec exactitude de ce qui s’était passé ensuite. Il se rappelait simplement d’un ciel de nuit, un bleu profond dans un regard troublant. D’une cascade de boucles ensoleillées, reflet miroitant de la Lumière perdue. De la douceur d’une voix, de la chaleur d’une main. La force qu’il n’avait plus pour l’aider à se relever, à avancer de nouveau. Des jambes pour marcher presque à sa place. Assez de bonté pour aider le vieil homme qu’il était à l’intérieur de lui-même, pour l’éloigner de Lalit, des Elefs, des souffrances passées. Entamer avec lui une marche vers l’avenir. Astéride. A cet instant il ne savait pas qu’elle était une Etoile, qu’elle était chef d’un espoir nouveau. Il ne savait rien de Sîn. Il ne savait pas que Sîn était la vie qui battait au cœur de Tsel, la promesse de meilleurs lendemains pour des jeunes rebelles, l’obstination à rêver encore, la force nouvelle pour s’élever en protestations. Il ne savait pas que Sîn s’allierait à lui, que ses chefs deviendraient ses bras droits. Il ne savait pas car à cet instant il n’était plus le Guide, juste un vieillard au corps d’adolescent rattrapé trop violemment par un passé trop lourd.
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MessageSujet: Re: Andréa { Etoile de la Balance } - Morte & réincarnée   18.11.07 22:01

Il ferme les yeux, le front toujours collé à la vitre froide. Sa gorge se noue lorsqu’il songe aux Elefs. Les plébéiens superstitieux qui les prenaient pour des fantômes n’imaginaient même pas à quel point Andréa pouvait ressentir la même impression. Des fantômes, spectres d’un autre temps monstrueusement enchaînés à cette terre. Lalit méritait de rejoindre le ciel… L’Ancien soupire à nouveau, rouvre les paupières pour chasser de son esprit les souvenirs de son retour à Tsel et de ses terribles découvertes. Il songe à son projet. L’Exode. Il songe à ces gens qu’il laissera en arrière. Ces humains de la Plèbe qui ne méritent pas son paradis. Il sait qu’il a tord, que cette génération n’y est pour rien, et que ces gens là souffrent. Mais ils sont humains, et il leur en veut pour ça. C’est ainsi, c’est une haine dont il ne peut se débarrasser, graver dans sa peau de la même manière que cette marque en étoile sur sa clavicule, sceau indélébile de sa tare, lui né Etoile. Il songe à ses frères, ses sœurs. Ceux qu’il a déjà découverts, rallié à sa cause. Ceux dont il ignore la présence et qu’il cherche encore. Ils sont désormais les personnes le plus précieuses de sa vie. Ceux qu’il sauvera, envers et contre tout. Et puis il songe à ses douze amis. A leurs vies sacrifiés, et à la sienne mutilée. Et la colère l’envahi, le besoin de justice, l’amour qu’il leur porte encore dans son cœur qui continue de battre même après tant de siècles et la peine que le temps n’a pas atténué.
D’une main moins ferme qu’il ne l’aurait voulu, il ouvre la fenêtre, laisse entrer l’air glacé de ce jour nouveau dans la petite chambre. Il inspire à s’en brûler les poumons, laisse le froid piquer sa peau de ses dards invisibles et chasser de son esprit embrumé les dernières traces de sommeil comme de souvenirs. Une Etoile aussi vieille que lui a trop de mémoire pour vivre en paix avec son passé. Mais il ne faut rien oublier. Surtout, ne pas oublier. Pour ne pas répéter les erreurs. Ne pas laisser les hommes recommencer, ne pas laisser les Etoiles s’éteindre à nouveau. Ne pas laisser l’histoire se répéter, peu importe le prix qu’il faudra payer pour cela. Ne pas laisser l’histoire se répéter…





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